|
|||||||||||||||||||||||||||||||
|
Créé le 20 novembre 2003
MYCOBACTERIUM CAPRAE
Autres dénominations : Mycobacterium tuberculosis subsp. caprae, Mycobacterium bovis subsp. caprae.
Note : Une des priorités de ce dictionnaire est d'étudier les taxons de description récente (voir le fichier ¤ Introduction). aussi, nous présentons ci-dessous quelques informations concernant Mycobacterium caprae (nomenclature validement publiée le 13 novembre 2003). Ultérieurement, l'étude de ce taxon sera incorporée dans un fichier consacré aux mycobactéries du "complexe Mycobacterium tuberculosis".
Systématique
En 1999, l'étude de 119 souches isolées de chèvres, d'une souche isolée d'un mouton et d'une souche isolée d'un porc permettait à Aranaz et al. de décrire Mycobacterium tuberculosis subsp. caprae. La publication valide de cette sous-espèce créait automatiquement (règle 40d du Code de Nomenclature) la sous-espèce Mycobacterium tuberculosis subsp. tuberculosis.
Dans un article publié le 11 mars 2001, Niemann et al. montraient que les caractères culturaux, biochimiques et génétiques de Mycobacterium tuberculosis subsp. caprae sont plus proches des caractères de Mycobacterium bovis que des caractères de Mycobacterium tuberculosis. Aussi, ces auteurs proposaient de transférer cette sous-espèce dans l'espèce Mycobacterium bovis avec la nomenclature de Mycobacterium bovis subsp. caprae. La validation de Mycobacterium bovis subsp. caprae crée automatiquement (règle 40d du Code de Nomenclature) la sous-espèce Mycobacterium bovis subsp. bovis.
En 2003, Aranaz et al. rappellent à nouveau les caractères permettant de caractériser les souches de Mycobacterium bovis subsp. caprae (voir le tableau I). Ces auteurs font remarquer que l'évolution supposée des espèces placées dans le "complexe Mycobacterium tuberculosis" (voir la note infrapaginale n° 4) suggère que Mycobacterium bovis subsp. caprae a émergé avant Mycobacterium bovis subsp. bovis.
Même si Mycobacterium caprae apparaît phylogénétiquement plus proche de Mycobacterium tuberculosis que de Mycobacterium bovis, il est toujours possible de trouver des arguments susceptibles de considérer ce taxon comme une sous-espèce de Mycobacterium tuberculosis ou comme une sous-espèce de Mycobacterium bovis. Le fait d'élever la sous-espèce caprae au rang d'espèce devrait calmer les polémiques et bénéficier à l'ensemble des bactériologistes, des vétérinaires, des médecins, des épidémiologistes et des responsables de la santé publique. En effet, des changements de nomenclature trop fréquents (dans le cas présent trois noms différents proposés entre le 28 juin 1999 et le 13 novembre 2003) compliquent le travail des personnes impliquées dans la santé animale et/ou humaine.
Caractères bactériologiques
Mycobacterium caprae présente tous les caractères du genre Mycobacterium5. Les souches de cette espèce sont constituées de bacilles acido-alcoolo-résistants, non sporulés, immobiles, parfois groupés en amas allongés et torsadés (formation de "cordes").
La croissance est stimulée par le pyruvate et lors de l'isolement la croissance n'est visible qu'après 4 à 6 semaines d'incubation à 36 °C. Lors des repiquages, la croissance est plus rapide (3 à 4 semaines à 36 °C) mais elle n'est pas observée pour des températures d'incubation de 25, de 30 ou de 43 °C.
Quelques caractères permettant de différencier cette espèce des autres représentants du "complexe Mycobacterium tuberculosis" figurent dans le tableau I.
Habitat et pouvoir pathogène
À l'origine, les souches de Mycobacterium caprae ont été isolées, en Espagne, de nœuds lymphatiques et de poumons de chèvres atteintes de tuberculose. Par la suite cette espèce a été identifiée en Allemagne, en Autriche et en France. Comme c'est le cas pour les autres représentants du "complexe Mycobacterium tuberculosis" la spécificité pour un hôte de prédilection n'est pas totale. Ainsi, des souches de Mycobacterium caprae ont été isolées de porcs, de sangliers (Sus scrofa), de moutons, de bovins et de cervidés (Cervus elaphus). Plusieurs souches (au moins trois souches en Espagne et au moins 12 souches en Allemagne) de cette espèce ont été isolées de l'homme. Les souches humaines isolées en Espagne provenaient d'un employé d'abattoir, d'un vétérinaire ayant des contacts avec les chèvres et d'un habitant vivant dans une région où l'élevage caprin est très développé. Ces données laissent supposer la possibilité d'une transmission à l'homme à partir des animaux et notamment des petits ruminants. Les souches de Mycobacterium bovis sensibles à la pyrazinamide, possédant un spoligotype original (absence des espaceurs 3 à 16 et des espaceurs 18 à 43) et isolées par Niemann et al. pourraient appartenir à l'espèce Mycobacterium caprae.
Diagnostic bactériologique
Les techniques utilisées par Aranaz et al. (1999) pour l'isolement et l'identification de cette bactérie sont les suivantes :
Le diagnostic de genre est facile mais le diagnostic d'espèce n'est pas à la portée de tous les laboratoires (voir tableau I). La souche devra être confiée à un laboratoire spécialisé dans l'étude des mycobactéries et tout particulièrement dans l'étude des bacilles tuberculeux.
Sensibilité aux antibiotiques
La souche type est sensible à l'isoniazide (0,2 µg/mL), à la rifampicine (1 µg/mL), à l'ethambutol (5 µg/mL), à la streptomycine (2 µg/mL), au p-aminosalicylate (2µg/mL), à l'ofloxacine (2,5 µg/mL), à la cyclosérine (30 µg/mL) et à 50 µg/mL de pyrazinamide (1 p. cent de colonies résistantes).
Orientation bibliographique
Site Web : Tuberculose. Techniques de diagnostic en mycobactériologie (Michel Fabre, Frédéric Augu & Stéphane Lecaudey)
ARANAZ (A.), COUSINS (D.), MATEOS (A.) et DOMÍNGUEZ (L.) : Elevation of Mycobacterium tuberculosis subsp. caprae Aranaz et al. 1999 to species rank as Mycobacterium caprae comb. nov., sp. nov. Int. J. Syst. Evol. Microbiol., 2003, 53, 1785-1789. ARANAZ (A.), LIÉBANA (E.), GÓMEZ-MAMPASO (E.), GALÁN (J.C.), COUSINS (D.), ORTEGA (A.), BLÁZQUEZ (J.), BAQUERO (F.), MATEOS (A.), SÚAREZ (G.) et DOMÍNGUEZ (L.) : Mycobacterium tuberculosis subsp. caprae subsp. nov.: a taxonomic study of a new member of the Mycobacterium tuberculosis complex isolated from goats in Spain. Int. J. Syst. Bacteriol, 1999, 49, 1263-1273. ARANAZ (A.), LIÉBANA (E.), MATEOS (A.), DOMINGUEZ (L.) et COUSINS (D.) : Restriction fragment length polymorphism and spacer oligonucleotide typing: a comparative analysis of fingerprinting strategies for Mycobacterium bovis. Vet. Microbiol., 1998, 61, 311-324. ARANAZ (A.), LIÉBANA (E.), MATEOS (A.), DOMINGUEZ (L.), VIDAL (D.), DOMINGO (M.), GONZOLEZ (O.), RODRIGUEZ-FERRI (E.F.), BUNSCHOTEN (A.E.) VAN EMBDEN (J.D.A.) et COUSINS (D.) : Spacer oligonucleotide typing of Mycobacterium bovis strains from cattle and other animals: a tool for studying epidemiology of tuberculosis. J. Clin. Microbiol., 1996, 34, 2734-2740. DAVIES (A.P.), BILLINGTON (O.J.), MCHUGH (T.D.), MITCHISON (D.A.) et GILLESPIE (S.H.) : Comparison of phenotypic and genotypic methods for pyrazinamide susceptibility testing with Mycobacterium tuberculosis. J. Clin. Microbiol., 2000, 38, 3686-3688. ESPINOSA DE LOS MONTEROS (L.E.), GALÁN (J.C.), GUTIÉRREZ (M.), SAMPER (S.), GARCÍA MARIN (J.F.), MARTÍN (C.), DOMÍNGUEZ (L.), DE RAFAEL (L.), BAQUERO (F.), GÓMEZ-MAMPASO (E.) et BLÁZQUEZ (J.) : Allele-specific PCR method based on pncA and oxyR sequences for distinguishing Mycobacterium bovis from Mycobacterium tuberculosis: intraspecific M. bovis pncA sequence polymorphism. J. Clin. Microbiol., 1998, 36, 239-242. GUTIÉRREZ (M.), SAMPER (S.), JIMÉNEZ (M.S.), VAN EMBDEN (J.D.), MARIN (J.F.) et MARTÍN (C.) : Identification by spoligotyping of a caprine genotype in Mycobacterium bovis strains causing human tuberculosis. J. Clin. Microbiol., 1997, 35, 3328-3330. HADDAD (N.), OSTYN (A.), KAROUI (C.), MASSELOT (M.), THOREL (M.F.), HUGHES (S.L.), INWALD (J.), HEWINSON (R.G.) et DURAND (B.) : Spoligotype diversity of Mycobacterium bovis strains isolated in France from 1979 to 2000. J. Clin. Microbiol., 2001, 39, 3623-3632. HIROAKI KASAI (H.), EZAKI (T.) et HARAYAMA (S.) : Differentiation of phylogenetically related slowly growing mycobacteria by their gyrB sequences. J. Clin. Microbiol., 2000, 38, 301-308. IMAEDA (T.) : Deoxyribonucleic acid relatedness among selected strains of Mycobacterium tuberculosis, Mycobacterium bovis, Mycobacterium bovis BCG, Mycobacterium microti, and Mycobacterium africanum. Int. J. Syst. Bacteriol, 1985, 35, 147-150. KAMERBEEK (J.), SCHOULS (L.), KOLK (A.), VAN AGTERVELD (M.), VAN SOOLINGEN (D.),KUIJPER (S.), BUNSCHOTEN (A.), MOLHUIZEN (H.), SHAW (R.), GOYAL (M.) et VAN EMBDEN (J.) : Simultaneous detection and strain differentiation of Mycobacterium tuberculosis for diagnosis and epidemiology. J. Clin. Microbiol., 1997, 35, 907-914. KASAI (H.), EZAKI (T.) et HARAYAMA (S.) : Differentiation of phylogenetically related slowly growing mycobacteria by their gyrB sequences. J. Clin. Microbiol., 2000, 38, 301-308. LÉVY-FRÉBAULT (V.V.) et PORTAELS (F.) : Proposed minimal standards for the genus Mycobacterium and for description of new slowly growing Mycobacterium species. Int. J. Syst. Bacteriol., 1992, 42, 315-323. LIÉBANA (E.), ARANAZ (A.), FRANCIS (B.) et COUSINS (D.) : Assessment of genetic markers for species differentiation within the Mycobacterium tuberculosis complex. J. Clin. Microbiol., 1996, 34, 933-938. MARTÍN (C.), SAMPER (S.), JIMÉNEZ (M.S.), ROMANO (I.), CATALDI (A.), GITIÉREZ (M.) et GARCÍA-MARÍN (J.F.) : Épidémiologie moléculaire des tuberculoses humaines et animales. In : J. RAJNCHAPEL-MESSAÏ, P. SALIOU, H.M. ANTOINE et B. DODET (éd.) : La tuberculose en médecine humaine et vétérinaire. Elsevier, Amsterdam, 1999, pp. 51-55. MONTSERRAT GUTIÉRREZ (M.), SAMPER (S.), JIMÉNEZ (M.S.), VAN EMBDEN (J.A.), MARÍN (J.F.G.) et MARTÍN (C.) : Identification by spoligotyping of a caprine genotype in Mycobacterium bovis strains causing human tuberculosis. J. Clin. Microbiol., 1997, 35, 3328-3330. NIEMANN (S.), HARMSEN (D.), RÜSCH-GERDES (S.) et RICHTER (E.) : Differentiation of clinical Mycobacterium tuberculosis complex isolates by gyrB DNA sequence polymorphism analysis. J. Clin. Microbiol., 2000, 38, 3231-3234. NIEMANN (S.), RICHTER (E.) et RÜSCH-GERDES (S.) : Differentiation among members of the Mycobacterium tuberculosis complex by molecular and biochemical features: evidence for two pyrazinamide-susceptible subtypes of M. bovis. J. Clin. Microbiol., 2000, 38, 152-157. NIEMANN (S.), RICHTER (E.) and RÜSCH-GERDES (S.): Biochemical and genetic evidence for the transfer of Mycobacterium tuberculosis subsp. caprae Aranaz et al. 1999 to the species Mycobacterium bovis Karlson and Lessel 1970 (Approved Lists 1980) as Mycobacterium bovis subsp. caprae comb. nov. Int. J. Syst. Evol. Microbiol., 2002, 52, 433–436. VAN SOOLINGEN (D.), HOOGENBOEZEM (T.), DE HAAS (P.E.W.), HERMANS (P.W.M.), KOEDAM (M.A.), TEPPEMA (K.S.), BRENNAN (P.J.), BESRA (G.S.), PORTAELS (F.), TOP (J.), SCHOULS (L.M.) et VAN EMBDEN (J.D.A.) : A novel pathogenic taxon of the Mycobacterium tuberculosis complex, Canetti: characterization of an exceptional isolate from Africa. Int. J. Syst. Bacteriol, 1997, 47, 1236-1245. VINCENT (V.) : Les mycobactéries : bacilles de la tuberculose. In : J. FRENEY, F. RENAUD, W. HANSEN et C. BOLLERT : Manuel de bactériologie clinique. Elsevier, collection Option Bio, Amsterdam, 2ème édition, 1994, 899-917.
AVIS JURIDIQUE IMPORTANT : Les informations qui figurent sur ce site sont soumises à une clause de non responsabilité et sont protégées par un copyright.
Note 1 : La famille des Mycobacteriaceae La famille des Mycobacteriaceae constitue avec les familles des Corynebacteriaceae (genres Corynebacterium et Turicella), des Dietziaceae (genre Dietzia) des Gordoniaceae (genre Gordonia) des Nocardiaceae (genres ¤ Nocardia et ¤ Rhodococcus) et des Tsukamurellaceae (genres Tsukamurella), le sous-ordre des Corynebacterineae placé dans l'ordre des Actinomycetales (voir le fichier ¤ Actinobacteria). Elle est constituée d'un unique genre, le genre Mycobacterium qui compte de multiples espèces dont deux (Mycobacterium avium et ¤ Mycobacterium fortuitum) sont divisées en sous-espèces (voir : ¤ Mycobacterium in ¤ List of Procaryotic Names with Standing in Nomenclature). La définition de la famille des Mycobacteriaceae et de son unique genre repose sur trois critères : l'acido-alcoolo-résistance, la composition des acides mycoliques et la valeur du G + C. p. cent.
. Acido-alcoolo-résistance
. Composition des acides mycoliques
. G + C p. cent
Note 2 : "Mycobacterium canettii"
En 1969, Canetti isole d'un patient français une souche de Mycobacterium tuberculosis donnant des colonies lisses ce qui est tout à fait inhabituel pour cette espèce. En 1997, van Soolingen et al. décrivent la souche So93, isolée d'un enfant somalien âgé de deux ans et présentant des adénites. Les caractères phénotypiques de cette souche sont identiques à ceux de Mycobacterium tuberculosis mais les colonies de la souche So93 sont lisses même si, au cours des repiquages, on peut voir apparaître des colonies rugueuses. Quelle que soit la morphologie des colonies, la souche So93 est pathogène pour le cobaye.
En ce qui concerne la nomenclature, la publication de van Soolingen et al. constitue une véritable source de confusion. En effet, ces auteurs proposent de rassembler les souches Canetti et So93 au sein d'un taxon qu'ils dénomment "Mycobacterium canetti" (sic) ou "Mycobacterium tuberculosis subsp. Canetti" (sic) ou Mycobacterium tuberculosis type Canetti. Si on ajoute que les auteurs ne désignent aucune souche type et que la description de leur taxon est loin d'être conforme aux exigences du Code de Nomenclature, on comprend qu'aucune des dénominations proposées par van Soolingen et al. ne possède un statut "officiel" dans la nomenclature bactérienne.
L'habitat de "Mycobacterium canettii" n'est pas connu avec certitude. Selon van Soolingen et al. le réservoir de germes pourrait être une espèce animale. En 1998, une publication rapporte l'isolement d'une souche de "Mycobacterium canettii" chez un patient suisse âgé de 56 ans, contaminé par le virus HIV et présentant des signes de tuberculose mésentérique. Ce patient a effectué plusieurs voyages en Afrique de l'est et les auteurs considèrent que la contamination a probablement eu lieu en Afrique. Toutefois, ce malade ne semble avoir eu aucun contact avec des animaux ce qui remet en cause l'hypothèse d'un réservoir animal.
Références:
Les régions DR (Direct Repeat), spécifiques du "complexe Mycobacterium tuberculosis", sont constituées de l'alternance de séquences identiques appelées DR et de séquences différentes les unes des autres et appelées espaceurs (spacers). Un espaceur donné peut être présent chez une espèce et être absent chez les autres représentants du "complexe Mycobacterium tuberculosis".
Les souches de Mycobacterium bovis se caractérisent par l'absence des espaceurs 3, 9 et 16 alors que les souches de Mycobacterium caprae se caractérisent par l'absence des espaceurs 1, 3-16 et 30-33. D'autres caractéristiques concernant les espaceurs des mycobactéries du "complexe Mycobacterium tuberculosis" sont sonnées dans le tableau Quelques caractères permettant de différencier les mycobactéries du "complexe Mycobacterium tuberculosis".
Note 4 : Evolution des espèces du "complexe Mycobacterium tuberculosis"
La mise en évidence de délétions dans le génome des espèces placées dans le "complexe Mycobacterium tuberculosis" suggère l'évolution suivante :
Ces résultats, résumés dans le tableau ci-dessous, montrent que l'hypothèse d'une évolution de Mycobacterium tuberculosis à partir de souches de Mycobacterium bovis est erronée. En fait, Mycobacterium bovis ainsi que les autres espèces du "complexe Mycobacterium tuberculosis" (à l'exception de "Mycobacterium canettii") semblent dériver de Mycobacterium tuberculosis.
Références :
Note 5 : Caractères bactériologiques du genre Mycobacterium Les mycobactéries sont des bacilles droits ou légèrement incurvés, de 0,2 à 0,6 mm de diamètre sur 1,0 à 10,0 mm de longueur, présentant parfois des renflements ou des ramifications, formant occasionnellement des hyphes rampants qui se fragmentent très facilement en éléments bacillaires (Mycobacterium farcinogenes et Mycobacterium senegalense donnent des filaments qui se fragmentent peu), ne formant jamais d'hyphes aériens visibles à l'œil nu, prenant difficilement la coloration de Gram mais considérés comme à Gram positif (en fait, la paroi des mycobactéries possède une structure plus complexe que la paroi des bactéries à Gram positif et, sur un frottis coloré par la technique de Gram, les mycobactéries apparaissent souvent comme non colorées, sous la forme de "fantômes" ce qui les fait qualifier parfois de "à Gram neutre"), acido-alcoolo-résistants (coloration de Ziehl-Neelsen, coloration de Kinyoun, coloration fluorescente à l'auramine phéniquée), immobiles, non sporulés, aérobies stricts, catalase positive.
Sur le plan structural, elles se caractérisent par une paroi originale, très riche en lipides (60 p. cent des constituants) et dont la constitution explique, au moins partiellement, les propriétés tinctoriales, la pathogénicité et la résistance à divers antibiotiques.
Selon les espèces, le temps de génération des mycobactéries varie de 2 heures à plus de 200 heures et les colonies ne sont visibles qu'après un temps d'incubation compris entre 2 jours et 10 semaines, voire plus. En fonction de leur vitesse de croissance, les espèces du genre Mycobacterium sont divisées en 2 groupes :
|
|||||||||||||||||||||||||||||||