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Créé le 03 octobre 2002
MYCOBACTERIUM PALUSTRE
La nomenclature de Mycobacterium palustre a été proposée pour 13 souches de mycobactéries. Six souches ont pour origine des prélèvements d'eau effectués en Finlande, deux souches proviennent de crachats de patients finlandais, une souche a été isolée en Italie d'une biopsie d'un nœud lymphatique effectuée chez un enfant et deux souches proviennent de nœuds lymphatiques sous-mandibulaires de porcs prélevés dans des abattoirs finlandais. L'analyse des acides gras permet de détecter quatre acides gras particuliers. Les séquences des régions comprises entre les gènes codant pour les ARNr 16S et 23S (séquence ITS 1, Internal Transcribed Spacer) et les séquences des ARNr 16S des treize souches sont identiques. Une analyse phylogénétique révèle une parenté avec Mycobacterium sp. souche IWGMT 90210* (les séquences des ARNr 16S diffèrent par seulement 2 nucléotides) et avec la souche type de Mycobacterium kubicae. Les caractères phénotypiques permettent une identification des souches et, le 11 septembre 2002, Torkko et al. valident la nomenclature de Mycobacterium palustre. Mycobacterium palustre est une mycobactérie non responsable de tuberculose (MAMT pour mycobactéries autres que les mycobactéries de la tuberculose) que l'on peut considérer comme appartenant au groupe II de la classification de Runyon** (mycobactéries scotochromogènes à croissance lente) bien que 85 p. cent des souches soient également photochromogènes à 42 °C.
Les huit souches isolées de l'eau et les deux souches isolées du porc donnent une réaction faussement positive avec la sonde Accuprobe® (Gen-Probe) permettant l'identification des souches du complexe Mycobacterium avium. Le test est toutefois négatif lorsque l'on utilise les sondes Accuprobe® spécifiques de Mycobacterium avium subsp. avium et de Mycobacterium intracellulare. En revanche, si Mycobacterium palustre est identifié au niveau du genre par les sondes Inno-LipaTM (Immunogenetics), elle n'est pas détectée par les sondes spécifiques de sept espèces de MAMT (Mycobacterium avium, Mycobacterium chelonae, Mycobacterium intracellulare, Mycobacterium gordonae, Mycobacterium kansasii, Mycobacterium scrofulaceum et Mycobacterium xenopi).
Les huit souches provenant du milieu extérieur appartiennent à une collection de 52 souches du genre Mycobacterium isolées en juin et juillet 1990 de 53 échantillons d'eau prélevés en Finlande (bande de 550 km de longueur située à 63° de latitude Nord). Sept des souches ont été isolées d'eaux riches en matières organiques, dont le pH varie 5,6 à 5,9 et drainant des régions couvertes à plus de 60 p. cent par des tourbières. La huitième souche a pour origine un échantillon d'eau prélevé dans une zone où les tourbières ne représentent que 20 p. cent de la surface.
Une des souches d'origine humaine a été responsable d'une adénite cervicale chez une fillette âgée de 4 ans. L'enfant infecté présentait une hypertrophie de la région sous-mandibulaire droite accompagnée d'une douleur au niveau d'un nœud lymphatique. Le test tuberculinique était positif et, en dépit d'un traitement à base de plusieurs antibiotiques (dont l'isoniazide et la rifampicine), la lésion laissait écouler un pus de couleur jaunâtre. Des bacilles acido-alcoolo-résistants étaient visibles à l'examen microscopique d'une biopsie du nœud lymphatique et la souche bactérienne a été isolée après deux semaines de culture dans le milieu liquide Bactec 12B (Becton Dickinson). L'exérèse chirurgicale du nœud lymphatique a permis d'obtenir une guérison sans récidive.
Les deux souches isolées du porc ont été identifiées à la faveur de l'inspection sanitaire des carcasses qui avait révélé des lésions des nœuds lymphatiques. Aucun rapport ne faisait état de signes cliniques observés du vivant des animaux et le pouvoir pathogène pour le porc est incertain. Il est possible que la faible durée de vie des porcs charcutiers n'ait pas permis l'apparition de symptômes.
Orientation bibliographique
Site Web : Tuberculose. Techniques de diagnostic en mycobactériologie (Michel Fabre, Frédéric Augu & Stéphane Lecaudey)
FLOYD (M.M.), GROSS (W.M.), BONATO (D.A.), SILCOX (V.A.), SMITHWICK (R.W.), METCHOCK (B.), CRAWFORD (J.T.) et BUTLER (W.R.) : Mycobacterium kubicae sp. nov., a slowly growing, scotochromogenic Mycobacterium. Int. J. Syst. Evol. Microbiol., 2000, 50, 1811-1816. IIVANAINEN (E.), MARTIKAINEN (P.J.), VÄÄNÄNEN (P.K.) et KATILA (M.L.) : Environmental factors affecting the occurence of mycobacteria in brook waters. Appl. Environ. Microbiol., 1993, 59, 398-404. REISCHL (U.), EMLER (S.), HORAK (Z.), KAUSTOVA (J.), KROPPENSTEDT (R.M.), LEHN (N.) et NAUMANN (L.) : Mycobacterium bohemicum sp. nov., a new slow-growing scotochromogenic mycobacterium. Int. J. Syst. Bacteriol., 1998, 48, 1349-1355. TORKKO (P.), SUOMALAINEN (S.), IIVANAINEN (E.), TORTOLI (E.), SUUTARI (M.), SEPPÄNEN (J.), PAULIN (L.) et KATILA (M.L.) : Mycobacterium palustre sp. nov., a potentially pathogenic, slowly growing mycobacterium isolated from clinical and veterinary specimens and from Finnish stream waters. Int. J. Syst. Evol. Microbiol., 2002, 52, 1519-1525. TORTOLI (E.), NANETTI (A.), PIERSIMONI (C.), CICHERO (P.), FARINA (C.), MUCIGNAT (G.), SCARPARO (C.), BARTOLINI (L.), VALENTINI (R.), NISTA (D.), GESU (G.), PASSERINI TOSI (C.), CROVATTO (M.) et BRUSAROSCO (G.) : Performance assessment of new multiplex probe assay for identification of mycobacteria. J. Clin. Microbiol., 2001, 39, 1079-1084.
AVIS JURIDIQUE IMPORTANT : Les informations qui figurent sur ce site sont soumises à une clause de non responsabilité et sont protégées par un copyright.
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** :
Dans la classification de Runyon, les MAMT sont distingués en quatre groupes :
*** : La famille des Mycobacteriaceae La famille des Mycobacteriaceae constitue avec les familles des Corynebacteriaceae (genres Corynebacterium et Turicella), des Dietziaceae (genre Dietzia) des Gordoniaceae (genre Gordonia) des Nocardiaceae (genres ¤ Nocardia et ¤ Rhodococcus) et des Tsukamurellaceae (genres Tsukamurella), le sous-ordre des Corynebacterineae placé dans l'ordre des Actinomycetales (voir le fichier ¤ Actinobacteria). Elle est constituée d'un unique genre, le genre Mycobacterium qui compte plus de 85 espèces dont deux (Mycobacterium avium et ¤ Mycobacterium fortuitum) sont divisées en sous-espèces (voir : ¤ Mycobacterium in ¤ List of Procaryotic Names with Standing in Nomenclature). La définition de la famille des Mycobacteriaceae et de son unique genre repose sur trois critères : l'acido-alcoolo-résistance, la composition des acides mycoliques et la valeur du G + C. p. cent.
. Acido-alcoolo-résistance
. Composition des acides mycoliques
. G + C p. cent
**** : Caractères bactériologiques du genre Mycobacterium Les mycobactéries sont des bacilles droits ou légèrement incurvés, de 0,2 à 0,6 mm de diamètre sur 1,0 à 10,0 mm de longueur, présentant parfois des renflements ou des ramifications, formant occasionnellement des hyphes rampants qui se fragmentent très facilement en éléments bacillaires (Mycobacterium farcinogenes et Mycobacterium senegalense donnent des filaments qui se fragmentent peu), ne formant jamais d’hyphes aériens visibles à l'œil nu, prenant difficilement la coloration de Gram mais considérés comme à Gram positif (en fait, la paroi des mycobactéries possède une structure plus complexe que la paroi des bactéries à Gram positif et, sur un frottis coloré par la technique de Gram, les mycobactéries apparaissent souvent comme non colorées, sous la forme de "fantômes" ce qui les fait qualifier parfois de "à Gram neutre"), acido-alcoolo-résistants (coloration de Ziehl-Neelsen, coloration de Kinyoun, coloration fluorescente à l’auramine phéniquée), immobiles, non sporulés, aérobies stricts, catalase positive.
Sur le plan structural, elles se caractérisent par une paroi originale, très riche en lipides (60 p. cent des constituants) et dont la constitution explique, au moins partiellement, les propriétés tinctoriales, la pathogénicité et la résistance à divers antibiotiques.
Selon les espèces, le temps de génération des mycobactéries varie de 2 heures à plus de 200 heures et les colonies ne sont visibles qu’après un temps d'incubation compris entre 2 jours et 10 semaines, voire plus. En fonction de leur vitesse de croissance, les espèces du genre Mycobacterium sont divisées en 2 groupes :
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