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Créé le 09 octobre 2006
NEISSERIA ANIMALORIS, NEISSERIA ZOODEGMATIS
Autres dénominations :
Systématique
Les nomenclatures de Neisseria animaloris et de Neisseria zoodegmatis ont été validement publiées le 16 août 2006 pour des bactéries préalablement connues sous les sigles de EF-4a et de EF-4b. Le sigle EF est une appellation du CDC d’Atlanta signifiant Eugonic Fermenter c’est à dire bactérie à métabolisme fermentatif et cultivant facilement. En dépit d'une ressemblance avec les pasteurelles, les analyses phylogénétiques montraient clairement que les souches du groupe EF-4 appartenaient à la famille des ¤ Neisseriaceae et au genre Neisseria. Le groupe EF-4 était divisé en deux sous-groupes : le sous-groupe EF-4a constitué de bactéries possédant une arginine dihydrolase et le sous-groupe EF-4b rassemblant les souches dépourvues de cette enzyme. La détermination des G + C p. cent, l'étude des acides gras et l'étude des protéines cellulaires suggéraient que chacun de ces deux sous-groupes constituait une espèce distincte.
En 2006, Vandamme et al. soumettent à une analyse taxonomique trois souches qualifiées de EF-4a et trois souches connues sous le nom de EF-4b. L'analyse des séquences des ARNr 16S confirment que ces souches appartiennent au genre Neisseria et qu'elles sont apparentées à Neisseria canis, à ¤ Neisseria dentiae et à ¤ Uruburuella suis. Les hybridations ADN-ADN révèlent que les souches EF-4a et EF-4b forment deux espèces distinctes de la famille des ¤ Neisseriaceae.
Caractères bactériologiques
Les souches de Neisseria animaloris et de Neisseria zoodegmatis sont constituées de cocco-bacilles, souvent très courts, à Gram négatif, immobiles, non capsulés, catalase et oxydase positives, nitrate réductase généralement positive, nitrite réductase psotive, aéro-anaérobies mais aérobies préférentiels, acidifiant le glucose et le ribose sans production de gaz, résistants au composé vibriostatique O/129, dépourvus d’uréase, de lysine décarboxylase, d’ornithine décarboxylase, de phénylalanine désaminase et de galactosidase, ne produisant ni indole ni acétoïne ni DNase, ne liquéfiant pas la gélatine.
Contrairement aux souches de Neisseria zoodegmatis, les souches de Neisseria animaloris possèdent une arginine dihydrolase.
Une croissance est observée sur gélose nutritive et sur gélose de MacConkey (en 5 à 7 jours).
Habitat et pouvoir pathogène
L’habitat de Neisseria animaloris et de Neisseria zoodegmatis est inconnu mais ces espèces semblent être normalement présentes dans les cavités buccales et nasales du chien et du chat. Ainsi, 30 p. cent des chiens hébergent ces bactéries sur leurs gencives et 75 à 82 p. cent d’entre eux les hébergent dans la salive ou dans les fosses nasales. La majorité de ces souches appartiennent à l'espèce Neisseria zoodegmatis. Chez l’homme, ces espèces sont isolées de plaies provoquées, le plus souvent, par des morsures ou des griffures de chiens ou de chats et l’infection peut évoquer une pasteurellose d’inoculation. Les autres localisations sont exceptionnelles : endocardites, méningites, lésions gastriques, ulcération périnéale chez un malade atteint de SIDA, bactériémie chez une femme souffrant d’un carcinome, infection bronchique chez une patiente guérie d’une tuberculose. Une souche de Neisseria zoodegmatis a été isolée du vagin d'une canadienne. Chez les animaux, Neisseria animaloris et Neisseria zoodegmatis sont responsables de cas graves de pneumonies nécrosantes qui résulteraient d’une invasion des voies respiratoires à la faveur d’un "stress". La majorité de ces cas a été décrite chez les félidés (chats domestiques, un lion et un tigre élevés en captivité) et plus rarement chez le chien. L’évolution clinique est généralement très rapide et conduit à la mort de l’animal. Les poumons présentent de nombreux nodules de 3 à 5 mm de diamètre et le germe (le plus souvent Neisseria animaloris) peut être isolé en culture pure à partir des lésions pulmonaires.
D’autres localisations ont été décrites chez les carnivores domestiques :
Chez le blaireau, une souche a été isolée d’un cas de septicémie. Chez le furet, l'infection par Neisseria animaloris est associée à des lésions gastriques.
Diagnostic bactériologique
Le diagnostic n’est pas particulièrement difficile dans la mesure où le laboratoire pense à l’existence de ces germes. Le diagnostic différentiel avec les espèces du genre ¤ Pasteurella repose sur l’aspect des cultures, sur la croissance presque exclusive de Neisseria animaloris et de Neisseria zoodegmatis dans la zone aérobie d’une gélose profonde, sur la résistance au O/129 et sur la capacité de ces germes à n’acidifier que quelques sucres (glucose et ribose). Le diagnostic différentiel avec ¤ Neisseria weaveri (voir tableau I) reposera sur l’acidification du glucose et du ribose (Neisseria weaveri n’acidifie pas les sucres) et la réduction des nitrates (¤ Neisseria weaveri est dépourvue de nitrate réductase). Quelques caractères permettant de différencier Neisseria animaloris et Neisseria zoodegmatis des autres bacilles à Gram négatif, non anaérobies, n'appartenant pas à la famille des Enterobacteriaceae et isolés de plaies occasionnées par des morsures ou des griffures de carnivores sont donnés dans le tableau II.
Sensibilité aux antibiotiques
Les souches de Neisseria animaloris et de Neisseria zoodegmatis sont sensibles à de nombreux antibiotiques : ampicilline, chloramphénicol, tétracyclines, érythromycine, spiramycine, sulfamides, triméthoprime-sulfaméthoxazole, acide nalidixique. La sensibilité aux aminosides est variable selon les souches et la majorité des isolats se révèle de sensibilité intermédiaire à la pénicilline et résistant à la clindamycine et à la licomycine. Le traitement de choix serait la doxycycline.
Orientation bibliographique
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