J.P. Euzéby : Dictionnaire de Bactériologie Vétérinaire

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Dernière mise à jour le 08 septembre 2000

  

NEISSERIA DENTIAE

 

En 1982, Dent isole 97 souches de Neisseria sp. isolées de la plaque dentaire de diverses espèces animales élevées dans un parc zoologique (primates non hominiens, omnivores, herbivores, carnivores) ainsi que de la plaque dentaire de vaches laitières.
Lors d’une étude de taxonomie numérique, Barrett et Sneath (1994) montrent que neuf souches, isolées par Dent de la plaque dentaire de la vache laitière, se répartissent en deux groupes phénotypiques, sept souches forment le groupe 23 et deux souches (ainsi qu’une souche isolée d’un gorille, Gorilla gorilla) forment le groupe 24. Les souches des groupes 23 et 24 ont été soumises à une nouvelle étude de taxonomie numérique dont les résultats montrent qu'elles sont phénotypiquement très proches mais distinctes les unes des autres et que les souches du groupe 23 constituent une nouvelle espèce pour laquelle Sneath et Barrett (1996) proposent la nomenclature de Neisseria dentiae. Ultérieurement, cette nomenclature sera validement publiée par inscription sur la liste de validation n° 62.

Neisseria dentiae présente les caractères bactériologiques de la famille des ¤ Neisseriaceae telle qu'elle est définie par Rossau et al. (1989). Les souches de cette espèce sont constituées de coques à Gram négatif, d’environ 1 mm de diamètre, groupés par 2 et parfois par 4, immobiles, non sporulés, aéro-anaérobies mais aérobies préférentielles, cultivant avec un optimum thermique de 35 °C, donnant sur gélose au sang de cheval des colonies non hémolytiques, non pigmentées, rondes, transparentes, bombées et dont le diamètre est d’environ 1 mm après 24 heures d’incubation. Sur gélose au sang de mouton, une légère zone d’hémolyse est parfois observée.

Les caractères biochimiques ont été étudiés par des techniques traditionnelles ou en utilisant des galeries API : API 50CH, API ZYM et ATB FGN. Les résultats obtenus avec ce dernier type de galerie ne sont pas mentionnés ci-dessous car, à la connaissance de l'auteur, les galeries ATB FGN ne sont pas commercialisées en France.
. Un caractère positif est noté pour les tests catalase, oxydase, sensibilité à la colistine, sensibilité à la pénicilline, synthèse d’une glucose-6-phosphate déshydrogénase, acidification du D-glucose, du D-gluconate, du saccharose et généralement du D-fructose (86 p. cent des souches donnent un résultat positif).
. Une réponse négative est obtenue avec les tests réduction des nitrates, indole, phénylalanine désaminase, hydrolyse de la gélatine, hydrolyse de l'esculine, hydrolyse des Tween 20, 40 60 et 80, hydrolyse de l'hippurate, bêta-galactosidase, alpha-glucosidase, lipase (C14), trypsine, naphtol-AS-BI-phosphohydrolase, acidification de l'arbutine, du galactose, du bêta-gentiobiose, de la N-acétyl-glucosamine, de l'alpha-méthyl-D-glucoside, du 5-céto-gluconate, du glycérol, du lactose, du D-mannitol, du D-mannose, du mélibiose, du ribose et du tréhalose.
. Une réponse variable selon les souches est observée pour les tests uréase (réponse généralement négative), DNase (réponse généralement négative), hydrolyse de l'amidon, réduction des nitrites (réponse généralement positive), estérase (C4), estérase lipase (C8), leucine arylamidase, glycine arylamidase, phosphatase acide, phosphatase alcaline, acidification du maltose et acidification de la salicine.
. D’autres caractères phénotypiques (réponse vis-à-vis de 100 tests différents) sont mentionnés dans l'article de Barrett et Sneath (1994)..
. Neisseria dentiae se différencie des autres espèces de Neisseria sensu stricto, isolées de l’animal, par les caractères indiqués sur le tableau I.

L'habitat de Neisseria dentiae est constitué par la bouches des bovins. Ces bactéries ne semblent pas directement impliquées dans la formation de caries car elles ne produisent pas de grandes quantités d’acides. Toutefois, elles pourraient avoir un rôle dans la constitution de la plaque dentaire car, du fait de leur métabolisme aérobie, elles provoquent une diminution rapide de la tension en oxygène permettant ainsi la croissance des bactéries anaérobies.

 

Orientation bibliographique

 

BARRETT (S.J.) et SNEATH (P.H.A.) : A numerical phenotypic taxonomic study of the genus Neisseria. Microbiology, 1994, 140, 2867-2891.

DENT (V.E). : Identification of oral Neisseria species of animals. J. Appl. Bacteriol., 1982, 52, 21-30.

ROSSAU (R.), VANDENBUSSCHE (G.), THIELEMANS (S.), SEGERS (P.), GROSCH (H.), GOTHE (E.), MANNHEIM (W.) et DE LEY (J.) : Ribosomal ribonucleic acid cistron similarities and desoxyribonucleic acid homologies of Neisseria, Kingella, Eikenella, Simonsiella, Alysiella, and Centers for Disease Control groups EF-4 and M-5 in the emended family Neisseriaceae. Int. J. Syst. Bacteriol., 1989, 39, 185-198.

SNEATH (P.H.A.) et BARRETT (S.J.) : A new species of Neisseria from the dental plaque of the domestic cow, Neisseria dentiae sp. nov. Lett. Appl. Microbiol., 1996, 23, 355-358.

VANDAMME (P.), HOLMES (B.), BERCOVIER (H.) and COENYE (T.): Classification of Centers for Disease Control Group Eugonic Fermenter (EF)-4a and EF-4b as Neisseria animaloris sp. nov. and Neisseria zoodegmatis sp. nov., respectively. Int. J. Syst. Evol. Microbiol., 2006, 56, 1801-1805.

 

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