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Dernière mise à jour le 11 septembre 2000
NEISSERIA IGUANAE
Neisseria iguanae est la nomenclature proposée par Barrett et al. pour cinq souches de neisseries isolées d'iguanes élevés en captivité.
Les études de taxonomie numérique effectuées par Barrett et al. et par Barrett et Sneath montrent que ces souches appartiennent au genre Neisseria sensu stricto* et qu'elles forment un groupe homogène. Ce groupe, dénommé groupe 22 dans l'étude de Barrett et Sneath, est proche de Neisseria animalis (groupe 18), de Neisseria canis (groupe 19), de ¤ Neisseria dentiae (groupe 23) ainsi que de souches de Neisseria sp. isolées de la plaque dentaire de diverses espèces animales (bovins, chiens, chats, singes) et incluses dans les groupes 18, 19 et 24. La plus forte parenté est observée avec les souches de ¤ Neisseria dentiae et de Neisseria sp. groupe 24. Toutefois, les souches isolées des iguanes forment une phenospecies distincte.
En 1994, la nomenclature de Neisseria iguanae a été validement publiée par inscription sur la liste de validation n° 51.
Neisseria iguanae présente les caractères bactériologiques de la famille des ¤ Neisseriaceae telle qu'elle est définie par Rossau et al. (1989). Les souches de cette espèce sont constituées de coques à Gram négatif, immobiles, non sporulés, de 0,8 mm de diamètre, groupés par 2 ou en tétrades, aérobies et chimio-organotrophes.
. Une réponse positive est notée pour les tests oxydase, catalase, acidification (galerie API 50CH) du glucose (réaction positive pour 80 p. cent des souches), du gluconate, du saccharose et parfois du tréhalose (réaction positive pour 20 p. cent des souches). La réduction des nitrates en nitrites est positive pour 60 p. cent des souches et la réduction des nitrites apparaît variable selon les techniques utilisées (réaction positive en utilisant une technique classique**).
. Une réponse négative est obtenue pour les tests uréase, indole, phénylalanine désaminase, DNase, hydrolyse de l'amidon, hydrolyse de l'hippurate, hydrolyse de l’esculine, hydrolyse de la gélatine, hydrolyse du Tween (20, 40, 60, 80 et 85), assimilation de l'acétate et du citrate, acidification (galerie API 50CH) de l'arbutine, du D-fructose, du galactose, du bêta-gentiobiose, du 5-céto-gluconate, de l'alpha-méthyl-D-glucoside, de la N-acétyl-glucosamine, du glycérol, du lactose, du maltose, du mannitol, du D-mannose, du mélibiose, du ribose et de la salicine.
. En galerie API ZYM, la réponse est négative pour les tests estérase (C4), estérase lipase (C8), lipase (C14), bêta-galactosidase, alpha-glucosidase, trypsine et naphtol-AS-BI-phosphohydrolase. Les réactions phosphatase acide, phosphatase alcaline et leucine arylamidase donnent un résultat variable selon les souches.
. La croissance est observée pour des températures comprises entre 25 et 37 °C. Sur gélose au sang de mouton ou au sang de cheval, incubée 72 heures à 35 °C et en aérobiose, les colonies ont un diamètre de 1 mm, elles sont non pigmentées, rondes, translucides, entourées d’une zone d’hémolyse alpha très marquée. La culture n’est obtenue ni sur gélose nutritive ni sur gélose de MacConkey.
. Neisseria iguanae se différencie des autres espèces de Neisseria sensu stricto, isolées de l’animal, par les caractères indiqués sur le tableau I.
Neisseria iguanae a été identifiée chez des iguanes maintenus en captivité dans un zoo de Washington D.C. (U.S.A.). Cette bactérie a été isolée chez un iguane rhinocéros (Cyclura cornuta) atteint de septicémie et présentant des granulomes sur de nombreux organes et notamment sur le foie. Ultérieurement, d'autres isolements ont été effectués à partir d'abcès de la queue chez des iguanes communs (Iguana iguana) et de la cavité buccale d’animaux sains (Iguana iguana et Cyclura cornuta).
Orientation bibliographique
BARRETT (S.J.), SCHLATER (L.K.), MONTALI (R.J.) et SNEATH (P.H.A.) : A new species of Neisseria from iguanid lizards, Neisseria iguanae sp. nov. Lett. Appl. Microbiol., 1994, 18, 200-202.
BARRETT (S.J.) et SNEATH (P.H.A.) : A numerical phenotypic taxonomic study of the genus Neisseria. Microbiology, 1994, 140, 2867-2891.
ROSSAU (R.), VANDENBUSSCHE (G.), THIELEMANS (S.), SEGERS (P.), GROSCH (H.), GOTHE (E.), MANNHEIM (W.) et DE LEY (J.) : Ribosomal ribonucleic acid cistron similarities and desoxyribonucleic acid homologies of Neisseria, Kingella, Eikenella, Simonsiella, Alysiella, and Centers for Disease Control groups EF-4 and M-5 in the emended family Neisseriaceae. Int. J. Syst. Bacteriol., 1989, 39, 185-198.
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* : Neisseria caviae, Neisseria cuniculi et Neisseria ovis, parfois appelées les "fausses neisseries", sont généralement considérées comme des espèces du genre Moraxella : Moraxella (subgen. Branhamella) caviae = Moraxella caviae, Moraxella cuniculi et Moraxella (subgen. Branhamella) ovis = Moraxella ovis.
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** : Recherche de la nitrite réductase :
(D'après : BARROW (G.I.) et FELTHAM (R.K.A.) (éd.) : Cowan and Steel's manual for the identification of medical bacteria. Cambridge University Press, Cambridge, 1993, 1 vol., 331 + XIX pages.)
Ensemencer un bouillon nutritif contenant 0,01 p. cent de NaNO2.
Incuber durant 7 à 14 jours.
Ajouter une goutte du réactif 1 (acide sulfanilique à 0,33 p. cent dans de l'acide acétique 5 N) et une goutte du réactif 2 (diméthyl-alpha-naphtylamine à 0,6 p. cent dans de l'acide acétique 5 N).
Une absence de coloration rouge indique une réduction des nitrites.
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