J.P. Euzéby : Dictionnaire de Bactériologie Vétérinaire

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Créé le 14 janvier 2002

  

CDC GROUPE NO-1

 

Le sigle NO-1 est une appellation des Centers for Disease Control and Prevention (CDC) d’Atlanta signifiant "nonoxidizer". La première souche du groupe NO-1 a été isolée en 1965 (d'après Hollis et al.) ou en 1974 (d'après Kaiser et al.) d'une plaie résultant d'une morsure. En mars 1993, Hollis et al. publient les résultats d'une étude portant sur 17 souches isolées de plaies infligées par des morsures de chiens ou de chats et, depuis cette date, au moins cinq autres souches du groupe NO-1 ont été caractérisées par les CDC.

Les souches du groupe NO-1 sont des bacilles ou des coccobacilles à Gram négatif (coloration bipolaire), immobiles, non sporulés et n'acidifiant pas les sucres.
. Une réponse positive est notée pour les tests catalase et réduction des nitrates en nitrites.
. Une réponse négative est obtenue pour les tests citrate de Simmons, indole, production d'hydrogène sulfuré en milieu TSI (Triple Sugar Iron), hydrolyse de la gélatine, hydrolyse de l'esculine, LDC, ODC, ADH, ONPG, réduction des nitrites, croissance sur gélose Salmonella-Shigella et croissance en présence de 6 p. cent de NaCl.
. Une réponse variable (mais généralement négative) est observée pour les tests oxydase (5 p. cent des souches sont oxydase positive), uréase de Christensen (5 p. cent des souches donnent une réponse positive), production d'hydrogène sulfuré détectée par la méthode du papier au sous-acétate de plomb (50 p. cent des souches donnent un résultat positif), croissance sur gélose de MacConkey (5 p. cent des souches cultivent sur ce milieu après 48 heures d'incubation et 15 p. cent des souches cultivent après 3 à 7 jours d'incubation), croissance à 25 °C (20 p. cent des souches donnent une réponse positive) et croissance à 42 °C (15 p. cent des souches donnent une réponse positive).

Après 18 à 24 heures d'incubation à 35 °C dans une atmosphère normale ou micro-aérophile (méthode à la bougie), la croissance, obtenue sur une gélose nutritive enrichie de 5 p. cent de sang de lapin ou sur une gélose trypticase soja enrichie de 5 p. cent de sang de mouton, est faible. Les colonies sont circulaires, lisses, convexes, translucides ou semi-translucides, inodores, non hémolytiques et leur diamètre n'excède pas 0,25 mm. L'utilisation d'une aiguille ou d'une effilure de pipette permet de détacher, d'un seul bloc, l'intégralité d'une colonie qu'il est ensuite très difficile d'émulsionner dans un bouillon.
Aucune croissance n'est observée après 24 heures d'incubation en anaérobiose mais, après une incubation de 48 heures, on peut observer quelques minuscules colonies.

Toutes les souches du groupe NO-1 ont été isolées, le plus souvent en association avec d'autres bactéries, de plaies consécutives à des morsures de chiens ou de chats. Le germe n'a pas été isolé chez les carnivores domestiques. Toutefois, les caractères bactériologiques des souches du groupe NO-1 rappellent les caractères de deux souches isolées du nez et de la cavité orale du chien et qualifiées de "unidentifiable species N° 4" par Bailie et al. En effet, ces deux souches sont constituées de bacilles a Gram négatif polymorphes, immobiles, oxydase négative, n'acidifiant pas le glucose, nitrate réductase positive, uréase négative et non indologènes.
Cliniquement, les plaies infectées par les souches du groupe NO-1 sont douloureuses, purulentes et elles sont le siège d'un érythème et d'un œdème. L'infection demeure localisée mais un patient, chez lequel une souche du groupe NO-1 a été isolée en culture pure, présentait des signes évocateurs d'une septicémie (notamment fièvre et frissons).

Le diagnostic bactériologique est difficile et il est intéressant de remarquer qu'aucune des souches reçues par les CDC n'avait été correctement identifiée par les laboratoires de microbiologie.
. Les souches du groupe NO-1 ressemblent aux espèces asaccharolytiques du genre ¤ Acinetobacter. Elles s'en distinguent par la réduction des nitrates (cependant environ 3 p. cent des souches asaccharolytiques du genre ¤ Acinetobacter réduisent les nitrates), par leur composition en acide gras et par la présence d'une ubiquinone à 8 unités isoprènes.
. Parmi les espèces bactériennes isolées de morsures et n'acidifiant pas les sucres, les souches du groupe NO-1 se distinguent de ¤ Bergeyella zoohelcum et de ¤ Neisseria weaveri par l'absence d'oxydase et par leur capacité à réduire les nitrates. De plus, les souches de ¤ Bergeyella zoohelcum sont indologènes et uréase positive et les souches de ¤ Neisseria weaveri cultivent à 20 et à 42 °C.

Les souches étudiées par Hollis et al. étaient sensibles aux bêta-lactamines, aux aminosides, aux tétracyclines, aux quinolones et aux sulfamides. En revanche, 8 des 16 souches testées présentaient une résistance au triméthoprime (CMI égale ou supérieure à 16 µg/mL).

 

Orientation bibliographique

 

BAILIE (W.E.), STOWE (E.C.) et SCHMITT (A.M.) : Aerobic bacterial flora of oral and nasal fluids of canines with reference to bacteria associated with bites. J. Clin. Microbiol., 1978, 7, 223-231.

BOTTONE (E.J.), HANNA (B.), HONG (T.), INZANA (T.J.), NAMDARI (H.), NASAR QURESHI (M.) et WEYANT -R.S.) : Laboratory diagnosis of zoonotic infections: bacterial infections obtained from companion and laboratory animals. CUMITECH N° 27, ASM Press, Washington D.C., 1996, 24 pages.

HOLLIS (D.G.), MOSS (C.W.), DANESHVAR (M.I.), MEADOWS (L.), JORDAN (J.) et HILL (B.) : Characterization of Centers for Disease Control group NO-1, a fastidious, nonoxidative, Gram-negative organism associated with dog and cat bites. J. Clin. Microbiol., 1993, 31, 746-748.

KAISER (R.M.), GARMAN (R.L.), BRUCE (M.G.), WEYANT (R.S.) et ASHFORD (D.A.) : Clinical significance and epidemiology of NO-1, an unusual bacterium associated with dog and cat bites. Emerg. Infect. Dis., 2002, 8, 171-174.

SCHRECKENBERGER (P.C.) et von GRAEVENITZ (A.) : Acinetobacter, Achromobacter, Alcaligenes, Moraxella, Methylobacterium, and other nonfermentative Gram-negative rods. In : P.R. MURRAY, E.J. BARON, M.A. PFALLER, F.C. TENOVER et R.H. YOLKEN (éditeurs) : Manual of clinical microbiology, 7th edition, ASM Press, Washington, D.C., 1999, pp. 539-560.

 

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