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Créé le 07 décembre 2001
NEORICKETTSIA RISTICII
Voir aussi les fichiers Neorickettsia, Ehrlichiaceae, Ehrlichieae, Groupes génomiques de la tribu des Ehrlichieae ou de la famille des Ehrlichiaceae.
Autre dénomination : Ehrlichia risticii.
Systématique
La fièvre équine du Potomac a été identifiée pour la première fois en 1979 lors d'une épizootie observée dans une région proche de la rivière Potomac (comté de Montgomery, Maryland, USA). Dès 1983, le caractère infectieux et transmissible de la maladie a été établi car l'injection intraveineuse de sang, prélevé sur des chevaux malades, reproduit la maladie chez des animaux sains. Par la suite, des examens microscopiques ont révélé la présence de morulas dans les monocytes des chevaux infectés et le rôle d'une rickettsie a été suspecté.
L'étude de la séquence des ARNr 16S permettait de placer Ehrlichia risticii dans le groupe génomique III de la tribu des Ehrlichieae (voir tableau I) qui comprenait également Ehrlichia sennetsu, l'agent SF* et Neorickettsia helminthoeca. Toutes les espèces du groupe III présentent des similitudes génétiques, antigéniques et écologiques si bien que, en novembre 2001, Dumler et al. transfèrent les espèces Ehrlichia risticii et Ehrlichia sennetsu dans le genre Neorickettsia sous la forme de nouvelles combinaisons, Neorickettsia risticii et Neorickettsia sennetsu. L'étude des séquences de l'ARNr 16S et du gène codant pour une protéine de 51 kDa, montrent que les souches de Neorickettsia risticii sont hétérogènes et peuvent se répartir en trois groupes : Neorickettsia risticii sensu stricto, Neorickettsia risticii-like groupe Kentucky et Neorickettsia risticii-like groupe Ohio 081. Au vu de ces résultats, Wen et al. estiment nécessaire la création de deux nouvelles espèces pour accueillir les souches des groupes Kentucky et Ohio 081 mais ces auteurs ne proposent aucune nomenclature.
Caractères bactériologiques
Les caractères bactériologiques de Neorickettsia risticii sont ceux du genre Neorickettsia.
Neorickettsia risticii se présente sous la forme de bactéries polymorphes (rondes, ovales ou allongées), de 0,4 à 0,75 µm de diamètre sur 0,5 à 1,2 µm de longueur, présentes dans des morulas contenant un seul ou plusieurs corps réticulés ou corps élémentaires.
L'analyse de plusieurs souches révèle une variabilité antigénique importante. Deux souches, la souche 25-D isolée en 1984 et la souche 90-12 isolée en 1990 d'un cheval vacciné, ont fait l'objet de nombreux travaux. Une différence majeure entre ces deux souches concerne des antigènes de surface qui semblent jouer un rôle important pour susciter la synthèse d'anticorps protecteurs. La souche 25-D possède un antigène de 50 kDa mais elle est dépourvue d'un antigène de 85 kDa alors que des résultats inverses sont obtenus avec la souche 90-12. Des souris immunisées avec la souche 25-D ou avec la protéine de 50 kDa sont protégées vis-à-vis de la souche homologue mais pas vis-à-vis de la souche 90-12. Par contre, des souris immunisées avec la souche 90-12 ou avec la protéine de 85 kDa sont protégées vis-à-vis des deux souches. Les souches vaccinales, actuellement utilisées aux USA, sont des souches proches de la souche 25-D ce qui pourrait expliquer les nombreux échecs de vaccination observés sur le terrain (Cf. infra).
Habitat et pouvoir pathogène
Neorickettsia risticii provoque une maladie du cheval connue sous les noms de "fièvre équine du Potomac" (du nom d’une rivière du Maryland) ou de "ehrlichiose monocytique équine", termes qui devraient être remplacés par ceux de "néorickettsiose monocytique équine". Dans certains pays d'Amérique du Sud, la maladie est également appelée "churrio" ou "churrido equino".
En utilisant des tests d'immunofluorescence indirecte, des anticorps anti-Neorickettsia risticii ont été mis en évidence chez le chat, le chien, le porc et la chèvre et, expérimentalement, le chien, le chat et la souris sont sensibles à l'infection. À la suite d'une inoculation expérimentale, le chien ne développe pratiquement aucun signe clinique et le chat présente, tout au plus, une diarrhée intermittente ou une adénopathie généralisée accompagnée d'anorexie et d'abattement. Dans une étude effectuée par Kakoma et al. et portant sur environ 2000 animaux atteints d'une ehrlichiose évoquant une infection à ¤ Ehrlichia canis, 100 chiens présentaient une sérologie positive vis-à-vis de Neorickettsia risticii (titres compris entre 10 et 640) alors que la réponse était négative vis-à-vis de ¤ Ehrlichia canis ou de Neorickettsia sennetsu. Des souches de rickettsies ont pu être isolées à partir de trois animaux. Ces souches ne peuvent être distinguées de Neorickettsia risticii ni par leurs caractères morphologiques ou structuraux ni par la séquence de leurs ARNr 16S. En raison de l'origine des souches (isolements effectués chez des chiens et non chez des chevaux) Kakoma et al. suggèrent de les placer dans une sous-espèce de Neorickettsia (Ehrlichia) risticii qu'ils appelent "Ehrlichia risticii subsp. atypicalis". Compte tenu du transfert de Ehrlichia risticii dans le genre Neorickettsia, cette sous-espèce peut être appelée "Neorickettsia risticii subsp. atypicalis". Les infections du chien à "Neorickettsia risticii subsp. atypicalis" n'ont été décrites qu'aux Etats Unis d'Amérique où leur existence rend nécessaire la réalisation d'un dosage d'anticorps anti-Neorickettsia risticii lorsqu'un animal atteint d'une maladie évoquant une ehrlichiose à ¤ Ehrlichia canis est dépourvu d'anticorps anti-Ehrlichia canis.
La nature des vecteurs ainsi que les modes de contamination sont restés longtemps mystérieux et il a fallu attendre 1998 pour que les premiers résultats probants soient publiés.
L'hypothèse d'une contamination naturelle par l'intermédiaire de l'ingestion de trématodes semble donc probable. Pour affiner les connaissances épidémiologiques et pour mettre en œuvre des moyens de lutte, il est nécessaire de dresser l'inventaire des espèces de trématodes jouant le rôle de vecteurs et l'inventaire des espèces d'escargots** et d'insectes** aptes à héberger les cercaires et les métacercaires des ces parasites. Il convient de remarquer que tous les travaux évoqués ci-dessus ont été effectués aux USA et que, à la connaissance de l'auteur, aucune étude similaire n'a été réalisée sur des escargots européens ou sur leurs parasites.
Diagnostic
L’isolement du germe en cultures cellulaires est une technique réservée aux travaux de recherche et elle n’est pas utilisée dans le cadre d’un diagnostic de routine.
Le diagnostic sérologique, utilisant des antigènes produits en culture cellulaire, reste la méthode la plus utilisée. Les chevaux infectés présentent une ascension très rapide du titre en anticorps spécifiques et les anticorps peuvent être décelés avant même l'apparition des signes cliniques. Le pic est atteint en quelques jours puis les anticorps se maintiennent en plateau durant une période prolongée (des titres égaux ou supérieurs à 2560 persistent fréquemment durant plus d'un an). L'analyse d'un unique sérum n'a donc aucun intérêt pour le diagnostic et il est nécessaire de disposer d'un sérum précoce (prélevé dans toutes premières heures de la maladie) et d'un sérum tardif afin de mettre en évidence une séroconversion. Dans certains cas, le sérum précoce présente déjà un titre élevé ne permettant pas de caractériser une séroconversion.
D’autres techniques sont utilisées pour le diagnostic des infections à Neorickettsia risticii :
Sensibilité aux antibiotiques et prophylaxie
In vitro, la croissance de Neorickettsia risticii est fortement inhibée par de faibles doses de tétracycline, d'oxytétracycline, de doxycycline, de minocycline, de pénicilline G, de streptomycine ou de gentamicine.
Pour prévenir les infections à Neorickettsia risticii, des vaccins inactivés et adjuvés sont disponibles aux USA (deux injections à trois semaines d’intervalle suivies d’un rappel quatre mois plus tard et d’un ou deux rappels annuels). La vaccination est loin de conférer une protection absolue (lors d'une étude effectuée en Virginie et dans le Maryland et portant sur 43 cas de fièvre équine du Potomac, 38 cas ont été observés sur des chevaux vaccinés !) mais elle est capable d'atténuer la sévérité des signes cliniques. Les échecs de vaccination semblent liés à l'hétérogénéité des souches de Ehrlichia risticii (Cf. supra) et à l'absence de production d'anticorps dirigés contre les antigènes de surface. Ces derniers semblent en effet être altérés lors de l'inactivation des souches vaccinales par le formol.
Orientation bibliographique
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L'agent SF a été isolé en 1962 de métacercaires de Stellantchasmus falcatus parasitant un mulet cabot (Mugil cephalus). Les caractères morphologiques et biologiques ainsi que les analyses antigéniques ont permis de placer cette bactérie dans la tribu des Ehrlichieae. L'analyse des séquences des ARNr 16S révèle une parenté phylogénétique avec Ehrlichia risticii, Ehrlichia sennetsu et, dans une moindre mesure, avec Neorickettsia helminthoeca.
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