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Dernière mise à jour le 08 juin 1998
NEISSERIA WEAVERI
Autres dénominations : souches du "groupe CDC M-5", "Neisseria parelongata".
Systématique
Neisseria weaveri est la nomenclature actuelle des souches du "groupe CDC M-5" (CDC : Center Disease Control d’Atlanta) appelées parfois "Neisseria parelongata".
Les études réalisées par ces deux équipes concernent plus de 40 souches du "groupe CDC M-5" et elles ont porté sur les caractères culturaux, les caractères biochimiques, les homologies ADN-ADN ainsi que sur l’analyse des profils protéiques et la séquence de l’ARNr 16S . Les conclusions de ces deux équipes sont identiques : ces bactéries forment un groupe homogène, elles appartiennent bien à la famille des ¤ Neisseriaceae et elles sont proches de ¤ Neisseria animaloris, de ¤ Neisseria zoodegmatis, de Neisseria elongata et de Neisseria canis.
Caractères bactériologiques
La description de Neisseria weaveri est la suivante: - Bacilles à Gram négatif, immobiles, aérobies strictes, présentant tous les caractères de la famille des ¤ Neisseriaceae telle qu’elle est définie par Rossau et al. - Toutes les souches donnent un résultat positif pour les tests catalase et oxydase, croissance à 20, 37 et 42 °C, croissance sur MacConkey (dans l’étude de Andersen et al., aucune souche ne croît sur MacConkey !). - Toutes les souches donnent un résultat négatif pour la production de pigment, la réduction des nitrates, la production d’indole, la présence d’une bêta-galactosidase, d’une phénylalanine désaminase (ce caractère est positif dans l’étude de Andersen et al. lorsque le germe est cultivé sur gélose au sang de mouton), d’une lysine décarboxylase, d’une ornithine décarboxylase, d’une arginine dihydrolase, d’une uréase, d’une DNase, d’une lécithinase ou d’une gélatinase, la production d’H2S sur milieu TSI (la production d’H2S étudiée par la méthode du papier à l’acétate est positive), la croissance sur milieu au citrate de Simmons, la croissance sur gélose au cétrimide, l’acidification des sucres, l’hydrolyse du tween 80, de l’esculine ou de l’amidon. - Une réponse variable mais très généralement positive est notée pour le pouvoir hémolytique et la réduction des nitrites. Les principaux caractères permettant de différencier Neisseria weaveri des taxons apparentés sont présentés dans le tableau I et dans le tableau II.
Habitat et pouvoir pathogène
La terminologie de "groupe CDC M-5" a été proposée par Tatum et al. pour 41 souches bactériennes ressemblant à des moraxelles et isolées soit du chien (langue, gencive, trachée) soit de plaies consécutives à des morsures de chien (25 souches) soit de plaies dont l’origine est inconnue des auteurs (12 souches). Ultérieurement, un autre rapport du CDC d’Atlanta fait état de 74 souches isolées entre 1953 et 1980 et dont 53 proviennent de morsures de chiens (parmi les autres souches, 13 ont pour origine des plaies de nature indéterminée et 2 sont isolées de l’appareil respiratoire supérieur de l’homme). D’autres équipes ont également caractérisé des souches du "groupe CDC M-5" soit dans la cavité buccale du chien soit dans des plaies infligées par des morsures de chiens. Si la plupart des isolements ont été réalisés en Amérique du Nord, certains d’entre eux ont eu lieu au Royaume-Uni, en France, en Espagne, en Suède et en Norvège. Quelques caractères permettant de différencier Neisseria weaveri des autres bacilles à Gram négatif, non anaérobies, n'appartenant pas à la famille des Enterobacteriaceae et isolés de plaies occasionnées par des morsures ou des griffures de carnivores sont donnés dans le tableau III.
Orientation bibliographique
ANDERSEN (B.M.), STEIGERWALT (A.G.), O’CONNOR (S.P.), HOLLIS (D.G.), WEYANT (R.S.), WEAVER (R.E.) et BRENNER (D.J.) : Neisseria weaveri sp. nov., formerly CDC group M-5, a Gram-negative bacterium associated with dog bite wounds. J. Clin. Microbiol., 1993, 31, 2456-2466. BAILIE (W. E.), STOWE (E.C.) et SCHMITT (A.M.) : Aerobic bacterial flora of oral and nasal fluids of canines with reference to bacteria associated with bites. J. Clin. Microbiol., 1978, 7, 223-231. BARNHAM (M.) et HOLMES (B.) : Isolation of CDC group M-5 and Staphylococcus intermedius from infected dog bites. J. Infect., 1992, 25, 332-334. GANIERE (J.P.), ESCANDE (F.) et ANDRE-FONTAINE (G.) : Caractérisation et comparaison de bactéries des groupes EF-4 et M-5 d’origine humaine et canine. In : Microorganismes et infections transmis par les animaux. Colloque des 27 et 28 janvier 1993. Société Française de Microbiologie, Paris, 1993, p. 18. GOLDSTEIN (E.J.C.) : Bite wouds and infection. Clin. Infect. Dis., 1992, 14, 633-640. GRAHAM (D.R.), BAND (J.D.), THORNSBERRY (C.), HOLLIS (D.G.) et WEAVER (R.E.) : Infections caused by Moraxella, Moraxella urethralis, Moraxella-like groups M-5 and M-6, and Kingella kingae in the United States, 1953-1980. Rev. Infect. Dis., 1990, 12, 423-430. HOLMES (B.), COSTAS (M.), ON (S.L.W.), VANDAMME (P.), FALSEN (E.) et KERSTERS (K.) : Neisseria weaveri sp. nov. (formerly CDC group M-5), from dog bite wounds of humans. Int. J. Syst. Bacteriol., 1993, 43, 687-693. ROSSAU (R.), VANDENBUSSCHE (G.), THIELEMANS (S.), SEGERS (P.), GROSCH (H.), GOTHE (E.), MANNHEIM (W.) et DE LEY (J.) : Ribosomal ribonucleic acid cistron similarities and deoxyribonucleic acid homologies of Neisseria, Kingella, Eikenella, Simonsiella, Alysiella, and Centers for disease Control groups EF-4, and M-5 in the emended family Neisseriaceae. Int. J. Syst. Bacteriol., 1989, 39, 185-198. STRADY (A.), ROUGER (C.), VERNET (V.), COMBREMONT (A.G.), REMY (G.), DEVILLE (J.) et CHIPPAUX (C.) : Morsures d’animaux. Epidémilogie et risques infectieux. Presse Médicale, 1988, 17, 2229-2233. TATUM (H.W.), EWING (W.H.) et WEAVER (R.E.) : Chapter 24. Miscellaneous Gram-negative bacteria. In : Manual of clinical microbiology, second edition. E.H. LENNETTE, E.H. SPAULDING et J.P. TRUANT (ed.), American Society for Microbiology, Washington, 1974, 270-294.
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M-6 est un sigle proposé par le CDC d’Atlanta pour désigner des bacilles à Gram négatif, immobiles, aérobies stricts, oxydase positive, catalase négative, nitrate réductase positive, non saccharolytiques, n’hydrolysant ni l’urée ni la gélatine. Sur gélose au sang, les colonies sont non pigmentées et non hémolytiques. Environ 50 p. cent des souches poussent sur gélose de MacConkey. Ces bactéries sont isolées du tractus respiratoire et du sang chez l’homme. Retour : ¤.
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