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Dernière mise à jour le 03 mai 1999
ORNITHOBACTERIUM RHINOTRACHEALE
Autres dénominations : Isolats de Beichel, taxon 28 de Bisgaard.
Systématique
La nomenclature de Ornithobacterium rhinotracheale a été proposée pour des souches bactériennes isolées de l’appareil respiratoire d’oiseaux (dindons, poulets, freux, perdrix) et phénotypiquement proches de ¤ Riemerella anatipestifer et de ¤ Riemerella columbina. Le pourcentage d’hybridation ADN - ADN, supérieur à 93 p. cent, montre que les souches appartiennent à un même genomospecies (pour la définition d'une genomospecies voir le fichier Définitions d'une genomospecies et d'une espèce bactérienne). Les hybridations ADN - ARNr ainsi que l’étude de la séquence de l’ARNr 16S suggèrent que ces souches forment un nouveau genre baptisé Ornithobacterium et une nouvelle espèce appelée Ornithobacterium rhinotracheale. Le genre Ornithobacterium est actuellement placé dans la famille des ¤ Flavobacteriaceae.
Caractères bactériologiques
Le genre Ornithobacterium rassemble de courts bacilles trapus, à Gram négatif, immobiles, non sporulés, mésophiles (croissance entre 30 et 42 °C), chimio-organotrophes, donnant des colonies non pigmentées. L’unique espèce de ce genre est Ornithobacterium rhinotracheale. Les principaux caractères permettant de différencier ce genre des genres apparentés sont présentés sur le tableau I. La description de Ornithobacterium rhinotracheale est la suivante : Bacilles à Gram négatif, de 1 à 3 mm de longueur sur 0,2 à 0,9 mm de diamètre, immobiles, non sporulés, chimio-organotrophes. Un résultat positif est obtenu pour les tests : oxydase (la technique la plus sensible est celle de Mannheim et al. ¤), phosphatase alcaline, bêta-galactosidase, uréase (méthode de Lautrop), production d’acétoïne, utilisation comme seule source de carbone du D-galactose, du D-glucose, du D-mannose, du lactose et du saccharose. Un résultat négatif est obtenu pour les tests : catalase, nitrate réductase, lysine décarboxylase, ornithine décarboxylase, phénylalanine désaminase, lécithinase, DNase, gélatinase (Van Empel et al. observent que quelques souches donnent un résultat positif en plaque API 20E), hydrolyse de l’esculine, indole, H2S (Kligler ou TSI), rouge de méthyle, utilisation comme seule source de carbone du D-xylose, du D-mannitol, du D-sorbitol et du malonate. Un résultat variable mais généralement positif est obtenu pour la recherche de l’arginine di-hydrolase (à condition de cultiver les souches 3 jours à 36 °C dans le milieu de Møller), pour l’acidification de l’amidon de blé en 1 à 5 jours à 36 °C et pour l’acidification (souvent lente et faible) du fructose, du galactose, du glucose, du lactose, du maltose ou de la N-acétylglucosamine. Un résultat variable mais généralement négatif est obtenu pour l’acidification du saccharose. La recherche d’activités enzymatiques (système API ZYM) est variable pour la chymotrypsine, négative pour la lipase (C14), la bêta-glucuronidase, la bêta-glucosidase, l’alpha-mannosidase ou l’alpha-fucosidase et positive pour les 13 autres tests. La culture est obtenue à 30, 35 et 42 °C, dans diverses atmosphères gazeuses (aérobiose, anaérobiose, micro-aérophilie, atmosphère enrichie en CO2). Après 2 jours d’incubation sur gélose Columbia, sur gélose Columbia au sang de cheval ou sur gélose chocolat, les colonies sont lisses, circulaires, petites (1 mm de diamètre), légèrement opaques ou grisâtres, d’aspect butyreux, non pigmentées, non hémolytiques, non adhérantes à la gélose et ne présentent aucune tendance à l’étalement. Aucune culture ne se développe sur gélose de MacConkey, sur gélose de Drigalski, sur gélose Endo ou sur le milieu au citrate de Simmons. Actuellement, 7 sérovars (de A à G) ont été mis en évidence.
Habitat et pouvoir pathogène
Les premières souches de Ornithobacterium rhinotracheale ont été isolées en 1981 en Allemagne. Ultérieurement, cette bactérie a été isolée en Afrique du Sud, en Israël, aux USA et dans de nombreux pays européens. En France, les premières souches ont été isolées en 1993 et, depuis cette date, la fréquence d’isolement est en progression notamment dans les élevages de dindes situés dans l’ouest du pays. Les techniques d’épidémiologie moléculaire, mises en œuvre sur un nombre limité de souches, suggèrent que cette bactérie a été transmise récemment aux volailles domestiques à partir d’oiseaux sauvages (freux) et qu’un nombre limité de clones circule au sein des élevages aviaires.
Ornithobacterium rhinotracheale a été isolé de l’appareil respiratoire (trachée, sacs aériens, poumons) ainsi que d’autres localisations (foie, tissu sous-cutané, péricarde) chez diverses espèces d’oiseaux notamment poulets et dindes. Cette bactérie est responsable de troubles respiratoires et la maladie a été reproduite expérimentalement.
Les principales lésions sont une aérosacculite avec présence de fibrine et d’un exsudat crémeux (ressemblant à du yaourt) ainsi qu’une pneumonie avec œdème, foyers de consolidation et présence d’un exsudat purulent. De manière inconstante, on peut également observer des lésions de péricardite, de péritonite, un ramollissement du foie et de la rate et des lésions dégénératives du myocarde.
Diagnostic bactériologique
L’isolement peut être réalisé sur une gélose au sang incubée 48 heures dans une atmosphère contenant 5 à 10 p. cent de CO2 (la présence de CO2 apparaît indispensable pour l’isolement). Les colonies obtenues ont une taille hétérogène ( de 1 à 3 mm) puis, lors de sub-cultures, elles prennent une taille homogène. L’utilisation de plaque API 20 NE permet d’orienter le diagnostic. Les galeries doivent être incubées à 30 °C car certains résultats (uréase, gélatinase et ADH) diffèrent selon la température d’incubation. A 30 °C, la PNPG est positive, 65 p. cent des souches sont uréase positive, 1 p. cent des souches sont ADH positive et tous les autres tests donnent un résultat négatif. Compte tenu de ces données, 99 p. cent des souches donnent un score de 0 2 2 0 0 0 4 ou de 0 0 2 0 0 0 4 et 1 p. cent des souches donnent un score de 0 3 2 0 0 0 4 ou de 0 1 2 0 0 0 4. L’identification du sérovar peut se réaliser par une technique d’immunodiffusion double en gélose. Les souches de référence, permettant la préparation des immunsérums spécifiques, devraient être déposées à l’ATCC mais, actuellement (juin 1998), elles ne sont pas disponibles.
En microbiologie vétérinaire, il est important de distinguer Ornithobacterium rhinotracheale des espèces du genre ¤ Riemerella (notamment de ¤ Riemerella anatipestifer) et de ¤ Coenonia anatina car ces bactéries possèdent la même niche écologique et présentent des caractères bactériologiques proches. Le tableau II présente quelques caractères utiles pour le diagnostic différentiel.
Diagnostic sérologique
Le diagnostic sérologique (par une technique ELISA ou par une technique d’agglutination sur lame à l’aide de bactéries tuées et colorées par le rose Bengale) se heurte à la multiplicité des sérovars. De plus, certains oiseaux infectés donnent un résultat négatif ou une réponse faiblement positive ou une réponse positive n’apparaissant que plusieurs semaines après la contamination. En revanche le nombre des faux positifs est faible ou nul.
Sensibilité aux antibiotiques
Si les souches isolées d’oiseaux sauvages semblent sensibles à de nombreux antibiotiques, il n’en va pas toujours de même pour les souches isolées de volailles d’élevage. Des souches isolées de gallinacés peuvent présenter une CMI vis-à-vis de la pénicilline, de l’ampicilline et du ceftiofur 20 fois plus élevée que la CMI des souches sauvages. Ces souches produisent une bêta-lactamase mise en évidence par le test à la nitrocéfine. La sensibilité aux lincosamides, aux macrolides, aux quinolones et aux tétracyclines est variable selon les souches. La majorité des souches est résistante à la gentamicine, à la streptomycine, aux sulfamides, au triméthoprime et à l’association sulfamide - triméthoprime. En pratique courante, l’association colistine - spectinomycine donne des résultats satisfaisants.
Orientation bibliographique
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Une goutte d’une solution à 1 p. cent de N,N,N’,N’-tétraméthyl-1,4-phénylènediamine dichlorure, préparée extemporanément, est déposée sur une colonie bien isolée. Une réaction positive se traduit par une coloration violette de la colonie après un délai de 15 à 60 secondes.
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