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Créé le 01 juillet 2004
PORPHYROMONAS CIRCUMDENTARIA
Systématique
Le genre Porphyromonas a été proposé en 1988 par Shah et Collins pour reclasser Bacteroides asaccharolyticus, Bacteroides gingivalis et Bacteroides endodontalis. Ces trois espèces diffèrent du genre Bacteroides sensu stricto par leur absence de pouvoir glucidolytique, par la pigmentation noire de leurs colonies, par un G + C p. cent plus élevé (46 à 57 contre 40 à 48) et par leurs caractères chimiotaxonomiques (voir tableau I).
Lors de l'étude ayant permis de caractériser Bacteroides salivosus (voir le fichier ¤ "Porphyromonas macacae"), Love et al. individualisent un groupe de trois souches isolées de la bouche des chats. Ces souches, placées dans le groupe 2, sont phénotypiquement proches de Porphyromonas (Bacteroides) asaccharolytica, mais elles forment une genomospecies distincte (voir le fichier ¤ "Définitions d'une genomospecies et d'une espèce bactérienne"). Cette genomospecies n'a pas été nommée en raison du faible nombre de souches isolées et de la difficulté à la différencier de Porphyromonas asaccharolytica.
Caractères bactériologiques
Porphyromonas circumdentaria présente les caractères généraux du genre Porphyromonas*. Les souches de Porphyromonas circumdentaria sont constituées de bacilles ou de coccobacilles, immobiles, non sporulés, entourés d'une capsule de 0,5 µm d'épaisseur, mesurant de 0,3 à 0,6 µm de diamètre sur 0,8 à 1,5 µm de longueur (des formes pouvant atteindre 10 µm de longueur sont également observées), se présentant de manière isolée ou groupés en amas, strictement anaérobies, acidifiant très faiblement certains sucres**, possédant de fines fimbriae mais incapables d'agglutiner les globules rouges de moutons, de chevaux ou de porcs. Une réponse positive est notée pour les tests catalase, gélatinase, indole, phosphatase alcaline, phosphatase acide, naphtol-AS-BI phosphohydrolase (réponse faiblement positive) et production d'acide phénylacétique. Une réponse négative est obtenue pour les tests réduction des nitrates, hydrolyse de l'urée, hydrolyse de l'esculine, chymotrypsine, trypsine, alpha-fucosidase, N-acétyl-bêta-glucosaminidase, estérase (C4), estérase lipase (C8), utilisation du lactate, utilisation du pyruvate, acidification de l'adonitol, de l'amidon, du cellobiose, du fructose, du glucose, du glycogène, de l'inositol, du lactose, du maltose, du mannitol, du rhamnose, du saccharose, de la salicine, du tréhalose et du xylose. Les principaux caractères permettant de différencier Porphyromonas circumdentaria des autres espèces du genre Porphyromonas sont donnés dans le tableau II et dans le tableau III. La croissance nécessite la présence de vitamine K et d'hémine. Après 72 heures d’incubation, la croissance de Porphyromonas circumdentaria sur une gélose au sang de mouton se traduit par l'obtention de colonies circulaires, à contour régulier, légèrement convexes, opaques, de couleur légèrement brune et dont le diamètre est de 1 à 2 mm. Après 7 jours de culture, les colonies sont brunes et d’aspect crémeux et après 14 jours la coloration se renforce et devient presque noire. La taille des colonies et leur pigmentation sont accentuées si la croissance est effectuée à proximité d’une souche de Staphylococcus epidermidis. En bouillon, après 48 heures d’incubation à 37 °C, la croissance se traduit par un aspect gélatineux.
Habitat et pouvoir pathogène
Les souches de Porphyromonas circumdentaria sont isolées chez le chat d’abcès, de pyothorax, d’empyèmes, du sillon gingival et de la plaque dentaire. Cette espèce semble relativement peu fréquente et elle représente moins de 2 p. cent des souches de Bacteroides sp. sensu lato isolées chez le chat.
Chez l'homme, les recherches effectuées chez des individus mordus par des chats et par des chiens ont permis d'isoler des souches de Porphyromonas circumdentaria. De manière schématique, cette espèce est présente chez environ moins de 2 p. cent des individus mordus par des chiens ou des chats.
Diagnostic bactériologique
L'utilisation d'une gélose Brucella enrichie en sang de mouton, en vitamine K1 et en hémine constitue un excellent milieu d'isolement et les cultures doivent être examinées durant au moins sept jours. Porphyromonas circumdentaria peut être identifiée en utilisant des kits commercialisés. Le tableau III présente les caractères obtenus avec des galeries API ZYM (bioMérieux) et/ou le système Triple test WEE-TABS*** (Key Scientific Products).
Sensibilité aux antibiotiques
Les souches isolées de la bouche du chat et étudiées par Norris et Love, étaient sensibles à la pénicilline G, à l'amoxicilline, à l'association amoxicilline-acide clavulanique, à la clindamycine, à la doxycycline, à l'érythromycine et au métronidazole.
À la connaissance de l'auteur, seules deux souches d'origine humaine ont été testées vis-à-vis de divers antibiotiques**** ce qui est trop peu pour en tirer des conclusions.
Orientation bibliographique
CITRON (D.M.), GERARDO (S.H.), CLAROS (M.C.), ABRAHAMIAN (F.), TALAN (D.) et GOLDSTEIN (E.J.C.) : Frequency of isolation of Porphyromonas species from infected dog and cat bite wounds in humans and their characterization by biochemical tests and arbitrarily primed-polymerase chain reaction fingerprint. Clin. Infect. Dis., 1996, 23 Suppl. 1, S78-S82. HUDSPETH (M.K.), HUNT GERARDO (S.), CITRON (D.M.) et GOLDSTEIN (EJ.) : Growth characteristics and a novel method for identification (the WEE-TAB system) of Porphyromonas species isolated from infected dog and cat bite wounds in humans. J. Clin. Microbiol., 1997, 35, 2450-2453. ISOGAI (H.), KOSAKO (Y.), BENNO (Y.) et ISOGAI (E.) : Ecology of genus Porphyromonas in canine periodontal disease. Zentralbl. Veterinarmed. B., 1999, 46, 467-743. LOVE (D.N.), BAILEY (G.D.), COLLINGS (S.) et BRISCOE (D.A.) : Description of Porphyromonas circumdentaria sp. nov. and reassignment of Bacteroides salivosus (Love, Johnson, Jones, and Calverley 1987) as Porphyromonas (Shah and Collins 1988) salivosa comb. nov. Int. J. Syst. Bacteriol., 1992, 42, 434-438. LOVE (D.N.), JOHNSON (J.L.), JONES (R.F.) et CALVERLEY (A.) : Bacteroides salivosus sp. nov., an asaccharolytic, black-pigmented species from cats. Int. J. Syst. Bacteriol., 1987, 37, 307-309. LOVE (D.N.), MALIK (R.) et NORRIS (J.M.) : Bacteriological warfare amongst cats: what have we learned about cat bite infections? Vet. Microbiol., 2000, 74, 179-193. LOVE (D.N.) et REDWIN (J.) : Characterization of the catalase of the genus Porphyromonas isolated from cats. J. Appl. Bacteriol., 1994, 77, 421-425. NORRIS (J.M.) et LOVE (D.N.) : The isolation and enumeration of three feline oral Porphyromonas species from subcutaneous abscesses in cats. Vet. Microbiol., 1999, 65, 115-122. NORRIS (J.M.) et LOVE (D.N.) : Associations amongst three feline Porphyromonas species from the gingival margin of cats during periodontal health and disease. Vet. Microbiol., 1999, 65, 195-207. NORRIS (J.M.) et LOVE (D.N.) : In vitro antimicrobial susceptibilities of three Porphyromonas spp and in vivo responses in the oral cavity of cats to selected antimicrobial agents. Aust. Vet. J., 2000, 78, 533-537. PASTER (B.J.), DEWHIRST (F.E.), OLSEN (I.) et FRASER (G.J.) : Phylogeny of Bacteroides, Prevotella, and Porphyromonas spp. and related bacteria. J. Bacteriol., 1994, 176, 725-732.
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* : Description du genre Porphyromonas
Bacilles ou coccobacilles à Gram négatif, immobiles, non sporulés, anaérobies stricts. Après culture en bouillon, les cellules sont généralement de petite taille (0,5 à 0,8 µm de diamètre sur 1,0 à 3,5 µm de longueur) mais des formes plus longues (4 à 16 µm) sont parfois observées. Après culture sur des géloses au sang, les colonies sont lisses (rarement rugueuses), brillantes, convexes et leur diamètre varie de 1 à 3 mm. Les colonies de la plupart des espèces se pigmentent progressivement, de la périphérie vers le centre, en noir. Cette coloration est due à la production d'hème (protoporphyrine ayant fixé un ion ferreux). La croissance est optimale pour une température de 37 °C, elle est stimulée par des extraits de levure et par la présence de peptides ou d'acides aminés mais elle n'est généralement pas stimulée par la présence de sucres. Toutefois, certaines espèces sont glucidolytiques (Porphyromonas catoniae) ou faiblement glucidolytiques (Porphyromonas levii et Porphyromonas macacae). L'acide butyrique, l'acide acétique et plus rarement l'acide propionique sont les principaux produits terminaux du métabolisme. L'acide propionique, l'acide isobutyrique et l'acide isovalérique peuvent également être produits en plus faible quantité. La malate déshydrogénase et la glutamate déshydrogénase sont synthétisées alors que la plupart des espèces ne synthétisent ni glucose 6 phosphodéshydrogénase ni 6 phospho-gluconate deshydrogénase. Les souches de Porphyromonas sp. sont indologènes, nitrate réductase négative et elles n'hydrolysent ni l'amidon ni l'esculine. Le peptidoglycane est dépourvu d'acide 2-céto-3-désoxyoctonique et l'acide aminé "basique" est la lysine. Les principales quinones respiratoires sont des ménaquinones insaturées à 9 ou 10 unités isoprènes. Les acide gras iso-C15 (ou, plus rarement, C15 et ante-iso C15) sont les principaux acides gras cellulaires.
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