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Créé le 02 février 2005
PASTEURELLA MAIRII
Autre dénomination : Pasteurella mari (sic), taxon 19 de Bisgaard, phénon 5 de Sneath et Stevens (1985), Pasteurella sp. souche "Mair" de Kilian et al. (1981).
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Systématique
La nomenclature de Pasteurella mairi (sic) a été validement publiée, le 9 avril 1990 par Sneath et Stevens, pour des souches bactériennes isolées de l'appareil génital des truies, d'avortons et de septicémies chez des porcelets. L'individualisation de cette espèce reposait sur les résultats d'une étude de taxonomie numérique et sur les résultats d'hybridations ADN-ADN.
L'analyse des séquences des ARNr 16S révèle que Pasteurella mairii est bien un représentant de la famille des Pasteurellaceae et que cette espèce constitue, avec ¤ Pasteurella aerogenes et ¤ Actinobacillus seminis, le groupe 2A de Dewhirst et al.
Les travaux de Christensen et al. (séquençage des ARNr 16S, hybridations ADN-ADN et RAPD) confirment les résultats précédents et ils montrent (i) que les 11 souches de Pasteurella mairii étudiées forment un groupe homogène ; (ii) que Pasteurella mairii, ¤ Pasteurella aerogenes et ¤ Actinobacillus seminis forment un groupe monophylétique appelé le "groupe Seminis" (terminologie proposée par Olsen et al.) et (iii) que les souches types de Pasteurella mairii et de ¤ Pasteurella aerogenes présentent 47 p. cent d'homologie ADN-ADN. Pasteurella mairii et ¤ Pasteurella aerogenes semblent constituer deux espèces d'un nouveau genre. Aucune conclusion formelle ne peut être établie en ce qui concerne l'appartenance de ¤ Actinobacillus seminis à ce nouveau genre car aucune hybridation ADN-ADN n'a été réalisée entre ¤ Actinobacillus seminis et Pasteurella mairii ou ¤ Pasteurella aerogenes. Aussi, pour Christensen et al., il semble prématuré de faire des propositions formelles et ces auteurs proposent uniquement une nouvelle description des espèces Pasteurella mairii et ¤ Pasteurella aerogenes.
Caractères bactériologiques
La description de Pasteurella mairii, telle qu'elle a été proposée par Sneath et Stevens, est donnée dans une note infra paginale.
Les souches de Pasteurella mairii (11 souches étudiées) sont constituées de bacilles ou de cocco-bacilles à Gram négatif, d'une longueur généralement inférieure à 1 µm, d'un diamètre inférieur à 0,5 µm, se présentant de manière isolée ou sous la forme de filaments, immobiles (à 22 et à 37 °C), aéro-anaérobies, fermentant le D-glucose sans production de gaz, catalase positive, NAD-indépendante. Une réponse positive est notée pour les tests réduction des nitrates (sans production de gaz), uréase, alanine aminopeptidase, ODC, phosphatase, ONPG, NPG (bêta-glucosidase étudiée en utilisant du 4-nitrophényl bêta-D-glucopyranoside), PGUA (bêta-glucuronidase étudiée en utilisant du 4-nitrophényl acide bêta-D-glucopyranosiduronique), hydrolyse de l'esculine, acidification du L-arabinose, du D-fructose, du L-fucose, du D-galactose, du m-inositol, du D-mannose, du D-mannitol, du D-ribose, du saccharose, du D-sorbitol et du D-xylose. Une réponse négative est observée avec les tests VP, rouge de méthyle, ADH, LDC, phénylalanine désaminase, alpha-fucosidase, alpha-mannosidase, alpha-galactosidase, PNPG ( p-nitrophényl-bêta-D-galactopyranoside), production d'hydrogène sulfuré (milieu TSI), indole, gélatinase, hydrolyse du Tween 80, hydrolyse du Tween 20, croissance sur le milieu au citrate de Simmons, croissance dans un bouillon au malonate, croissance sur un milieu au KCN, croissance sur une gélose de MacConkey, acidification de l'adonitol, de l'amygdaline, du D-arabinose, de l'arbutine, du cellobiose, de la dextrine, du dulcitol, du m-érythritol, de l'esculine, du D-fucose, du gentiobiose, du D-glycogène, de l'inuline, du lactose, du maltose, du D-mélézitose, du D-mélibiose, du raffinose, du L-rhamnose, de la salicine, du L-sorbose, du tréhalose, du D-turanose, du xylitol et du L-xylose. Une réponse variable selon les souches est obtenue pour les tests oxydase, ONPX (bêta-xylosidase étudiée en utilisant du 2-nitrophényl bêta-D-xylopiranoside), acidification du D-arabitol et du glycérol. Après 24 heures d'incubation à 37 °C, les colonies obtenues sur une gélose au sang de bovin sont circulaires, convexes, grisâtres, non pigmentées, semi-transparentes et leur diamètre est d'environ 1 à 1,5 mm. Une hémolyse peut être observée, notamment sous les colonies.
L'étude des caractères phénotypiques ne permet pas de distinguer avec certitude Pasteurella mairii et ¤ Pasteurella aerogenes. Selon Christensen et al. l'identification devrait également faire appel au séquençage des ARNr 16S et au ribotypage.
Habitat et pouvoir pathogène
Pasteurella mairii est isolée du vagin et de l'utérus des truies, d'avortons et de porcelets présentant des septicémies. Une des souches étudiées par Sneath et Stevens, la souche A212 = LPHL 4376/79, a pour origine une marmotte ("prairie marmot"), mais les auteurs ne donnent aucune information complémentaire. Quatre souches de Pasteurella mairii ont été isolées par Ward et al. de l'appareil respiratoire de chevaux. Ces souches n'acidifient ni le lactose ni la salicine ni le tréhalose et leur appartenance à l'espèce Pasteurella mairii doit être considérée avec une certaine prudence.
Diagnostic bactériologique
L'isolement de Pasteurella mairii ne pose pas de problèmes particuliers car cette espèce cultive facilement sur une gélose au sang.
L'identification est délicate et l'étude des caractères phénotypiques ne permet pas de différencier avec certitude Pasteurella mairii, ¤ Pasteurella aerogenes et ¤ Actinobacillus rossii.
Quelques caractères permettant d'orienter le diagnostic sont donnés dans le tableau I et dans le tableau II.
Orientation bibliographique
BISGAARD (M.) : Ecology and significance of Pasteurellaceae in animals. Zbl. Bakt., 1993, 279, 7-26. BISGAARD (M.), HOUGHTON (S.B.), MUTTERS (R.) et STENZEL (A.) : Reclassification of German, British and Dutch isolates of so-called Pasteurella multocida obtained from pneumonic calf lungs. Vet. Microbiol., 1991, 26, 115-124. CHRISTENSEN (H.), FOSTER (G.), CHRISTENSEN (J.P.), PENNYCOTT (T.), OLSEN (J.E.) et BISGAARD (M.) : Phylogenetic analysis by 16S rDNA gene sequence comparison of avian taxa of Bisgaard and characterization and description of two new taxa of Pasteurellaceae. J. Appl. Microbiol., 2003, 95, 354-363. CHRISTENSEN (H.), KUHNERT (P.), BISGAARD (M.), MUTTERS (R.), DZIVA (F.) et OLSEN (J.E.) : Emended description of porcine [Pasteurella] aerogenes, [Pasteurella] mairii and [Actinobacillus] rossii. Int. J. Syst. Evol. Microbiol., 2005, 55, 209-223. DEWHIRST (F.E.), PASTER (B.J.), OLSEN (I.) et FRASER (G.J.) : Phylogeny of the Pasteurellaceae as determined by comparison of 16S ribosomal ribonucleic acid sequences. Zbl. Bakt., 1993, 279, 35-44. SNEATH (P.H.A.) : Correction of orthography of epithets in Pasteurella and some problems with recommendations on latinization. Letter to the Editor. Int. J. Syst. Bacteriol., 1992, 42, 658-659. SNEATH (P.H.A.) et STEVENS (M.) : A numerical txonomic study of Actinobacillus, Pasteurella and Yersinia. J. Gen. Microbiol., 1985, 131, 2711-2738. SNEATH (P.H.A.) et STEVENS (M.) : Actinobacillus rossii sp. nov., Actinobacillus seminis sp. nov., nom. rev., Pasteurella bettii sp. nov., Pasteurella lymphangitidis sp. nov., Pasteurella mairi sp. nov., and Pasteurella trehalosi sp. nov. Int. J. Syst. Bacteriol., 1990, 40, 148-153. WARD (C.L.), WOOD (J.L.), HOUGHTON (S.B.), MUMFORD (J.A.) et CHANTER (N.) : Actinobacillus and Pasteurella species isolated from horses with lower airway disease. Vet. Rec., 1998, 143, 277-279.
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Les souches du taxon 6 de Bisgaard ont été isolées de l'oreille, du pharynx et de l'intestin de cobayes sains. D'autres souches ont pour origine le rat musqué, un rongeur de laboratoire (espèce non précisée) et des porcs. Les souches d'origine porcine, notamment les souches P1350 et P1209 avaient été primitivement identifiées comme des souches de ¤ Pasteurella aerogenes. Les souches du taxon 6 sont phénotypiquement proches de ¤ Pasteurella aerogenes. Toutefois, elles sont généralement catalase négative ou faiblement positive, elles ne décarboxylent pas l'ornithine, elles acidifient le mélibiose et le tréhalose, elles n'acidifient pas l'inositol et la majorité des souches acidifie le L-rhamnose.
** : Description de Pasteurella mairii selon Sneath et Stevens
Sneath et Stevens décrivent Pasteurella mairii (9 souches étudiées) comme de petits bacilles ou cocco-bacilles à Gram négatif, immobiles, non sporulés, aéro-anaérobies, fermentant le glucose sans production de gaz, généralement catalase positive, oxydase positive, réduisant les nitrates en nitrites, mésophiles, NAD-indépendants, sensibles au vert malachite et à 1 p. cent de Teepol, donnant généralement une réponse positive au test ODC, capables de croître sur une gélose à l'ADN (Oxoid, Ltd.), phosphatase positive, uréase positive, non indologènes, acidifiant le L-arabinose, le galactose, le mannose, le saccharose et le D-xylose, n'acidifiant ni l'arbutine ni le cellobiose ni le dulcitol ni le mélibiose ni le raffinose ni la salicine.
Après 48 heures d'incubation à 37 °C, les colonies obtenues sur une gélose au sang de mouton sont rondes, grisâtres, semi-transparentes et leur diamètre atteint 3 mm. Une étroite zone d'hémolyse est fréquemment observée autour des colonies.
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