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Créé le 3 mars 2006
PASTEURELLA
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Systématique
Le genre Pasteurella a été proposé en 1887 par le bactériologiste italien Count Trevisan pour honorer les travaux de Pasteur sur l'étiologie du choléra aviaire. En 1954, la Commission Judiciaire place le genre Pasteurella sur la liste des noms de genres devant être conservés et elle désigne Pasteurella cholerae-gallinarum comme l'espèce type du genre [voir "Judicial Opinion 13" in Bacteriological Code (1990 Revision)].
Le 01 janvier 1980, le genre Pasteurella, ainsi que les espèces Pasteurella aerogenes, Pasteurella gallicida, Pasteurella gallinarum, Pasteurella haemolytica, Pasteurella multocida, Pasteurella pneumotropica et Pasteurella ureae, sont cités dans les Approved Lists of Bacterial Names. Dans ces listes, l'espèce type du genre est Pasteurella multocida.
Depuis la parution des Approved Lists of Bacterial Names, le genre Pasteurella a fait l'objet de nombreux changements (description de nouvelles espèces, description de nouvelles sous-espèces et transfert de certaines espèces dans d'autres genres) et il est probable que d'autres changements interviendront dans les prochaines années.
En 1982, Snipes et Biberstein valident la publication de Pasteurella testudinis.
En juillet1985, Mutters et al. redéfinissent le genre Pasteurella sur la base des résultats d'hybridations ADN-ADN. Pour ces auteurs, le genre Pasteurella doit être restreint aux espèces qui présentent des homologies ADN-ADN supérieures ou égales à 55 p. cent, ce qui exclut du genre les espèces Pasteurella haemolytica, Pasteurella pneumotropica, Pasteurella testudinis et Pasteurella ureae.
En 1986, Mutters et al. formalisent l'exclusion de Pasteurella ureae qu'ils renomment Actinobacillus ureae.
En 1990 le genre Pasteurella s'enrichit des espèces Pasteurella bettyae corrig., Pasteurella caballi, Pasteurella granulomatis, Pasteurella lymphangitidis, Pasteurella mairii corrig. et Pasteurella trehalosi.
En 1999, Angen et al. reclassent Pasteurella granulomatis et Pasteurella haemolytica dans le genre ¤ Mannheimia.
Les analyses phylogénétiques, basées sur l'étude des séquences des ARNr 16S et des gènes atpD, montraient que les espèces isolées principalement (Pasteurella anatis) ou uniquement (Pasteurella avium, Pasteurella gallinarum, Pasteurella volantium et Pasteurella species A) chez les des volailles, n'étaient pas d'authentiques pasteurelles.
En 2007, Blackall et al. transfèrent Pasteurella trehalosi dans le genre ¤ Bibersteinia.
Compte tenu de tous ces changements, 13 espèces sont encore dénommées Pasteurella : Pasteurella aerogenes, Pasteurella bettyae, Pasteurella caballi, Pasteurella canis, Pasteurella dagmatis, Pasteurella langaaensis, Pasteurella lymphangitidis, Pasteurella mairii, Pasteurella multocida (Pasteurella multocida subsp. gallicida, Pasteurella multocida subsp. multocida et Pasteurella multocida subsp. septica), Pasteurella pneumotropica, Pasteurella skyensis, Pasteurella stomatis et Pasteurella testudinis.
Les analyses phylogénétiques, réalisées par Olsen et al., montrent que le genre Pasteurella sensu stricto doit être restreint au groupe phylogénétique 12 comprenant Pasteurella canis, Pasteurella dagmatis, Pasteurella multocida et Pasteurella stomatis.
Pasteurella aerogenes, Pasteurella bettyae, Pasteurella caballi, Pasteurella langaaensis, Pasteurella mairii, Pasteurella pneumotropica, Pasteurella skyensis et Pasteurella testudinis n'appartiennent pas au genre Pasteurella sensu stricto et elles devront être reclassées dans d'autres genres de la famille des Pasteurellaceae (pour plus d'informations, voir le fichier ¤ "Pasteurellaceae, Pasteurellales").
Caractères bactériologiques
Les Pasteurella sensu stricto, au sens de Olsen et al., sont des bacilles ou de cocco-bacilles à Gram négatif (une coloration bipolaire est fréquemment observée), de 0,3 à 1,0 µm de diamètre sur 1,0 à 2,0 µm de longueur, formant parfois des filaments dans les vieilles cultures, se présentant de manière isolée ou groupés par deux ou, plus rarement, en courtes chaînes, immobiles, non sporulés, aéro-anaérobies, chimio-organotrophes, à métabolisme respiratoire et fermentatif, oxydase positive (à l'exception de quelques souches de Pasteurella dagmatis), nitrate réductase positive, très généralement catalase positive et phosphatase alcaline positive. Quatre-vingt dix pour cent des souches ou plus donnent une réponse positive pour les tests alanine aminopeptidase, phosphatase, indole (à l'exception de quelques souches de Pasteurella species B), acidification (sans gaz) du D-fructose, du D-galactose, du glucose, du D-mannose, du ribose et du saccharose (à l'exception de quelques souches de Pasteurella multocida). Quatre-vingt dix pour cent des souches ou plus donnent une réponse négative pour les tests citrate de Simmons, malonate, production d'hydrogène sulfuré (milieu TSI), croissance sur un milieu au KCN, rouge de méthyle, production d'acétoïne, ADH, LDC, TDA, gélatinase (en 48 heures), hydrolyse des Tweens 20 et 80, alpha-fucosidase, alpha-galactosidase, bêta-glucosidase, bêta-glucuronidase, alpha-mannosidase, bêta-xylosidase, acidification de l'adonitol, de l'amygdaline, du L-arabinose, de l'arbutine, du D-arabitol, du cellobiose, du m-érythritol, de l'esculine, du D-fucose, du gentiobiose, de la N-acétyl-bêta-glucosamine, du D-glycogène, du m-inositol, de l'inuline, du D-mélézitose, du D-mélibiose, du mucate, du L-rhamnose, de la salicine, du L-sorbose, du D-turanose et du L-xylose. Les caractères permettant de distinguer le genre Pasteurella des autres genres de la famille des ¤ Pasteurellaceae sont donnés dans le tableau I. La réponse aux test ODC, uréase, alpha-glucosidase, acidification de la dextrine, du dulcitol, du maltose, du D-mannitol, du xylitol et du D-xylose permet de différencier les espèces du genre Pasteurella sensu stricto (voir tableau II).
Les tests ONPG, acidification du raffinose et acidification du lactose donnent une réponse variable pour Pasteurella dagmatis et une réponse négative pour les autres espèces.
Les caractères permettant de différencier tous les taxons dénommés Pasteurella (Pasteurella sensu lato) sont donnés dans le tableau III. La température optimale de croissance est comprise entre 35 et 37 °C, mais les pasteurelles peuvent cultiver à 22 °C ou à 44 °C. La croissance ne nécessite ni le facteur X ni le facteur V (à l'exception de quelques souches de Pasteurella multocida subsp. multocida), mais elle nécessite généralement des milieux complexes. Pour certaines souches, la croissance sur des milieux solides est favorisée par la présence de dioxyde de carbone. Aucune culture n'est observée sur un milieu de MacConkey.
Les colonies obtenues sur une gélose chocolat ou sur une gélose Columbia au sang sont rondes, lisses, convexes, grisâtres et non translucides. Après 24 heures d'incubation à 37 °C, le diamètre des colonies est généralement compris entre 0,5 et 2 mm. Sur une gélose au sang de bovin ou de mouton, les colonies peuvent s'entourer d'une zone verdâtre, mais elles ne sont pas bêta-hémolytiques.
En bouillon, la culture se traduit généralement par un trouble homogène. Des granules peuvent toutefois être observés.
Habitat et pouvoir pathogène
À l'exception de Pasteurella lymphangitidis et de Pasteurella skyensis, les représentants du genre Pasteurella sensu lato colonisent les muqueuses respiratoires et génitales des mammifères, des oiseaux et des reptiles. L'isolement de souches de Pasteurella multocida à partir du cloaque de poulets suggère que l'habitat de ces bactéries puisse être plus vaste.
Pasteurella multocida (fichier en préparation) est l'espèce la plus importante en médecine vétérinaire. Elle est responsable du choléra aviaire, de la rhinite atrophique (porcs, lapins, petits ruminants), de la septicémie hémorragique des bovidés, de broncho-pneumonies chez les ruminants et les porcs, de troubles respiratoires chez les carnivores, les rongeurs et les lagomorphes.
Pasteurella bettyae a été isolée, exclusivement chez l’homme, d’une infection digitale et d’un abcès des glandes de Bartholin. Pasteurella langaaensis est isolée des voies respiratoires de poulets apparemment sains. Pasteurella lymphangitidis est responsable, dans le sud est de l’Inde, de cas de lymphangites chez les bovins (Bos indicus). Les souches incluses dans l'espèce Pasteurella pneumotropica colonisent les voies respiratoires des rongeurs et se comportent comme des pathogènes opportunistes. Pasteurella testudinis est présente dans l'appareil respiratoire de tortues (Gopherus agassizii) saines ou présentant des signes d'infections des voies respiratoires supérieures. Cette espèce est également isolée du tube digestif. L'habitat et le pouvoir pathogène des autres espèces sont envisagés dans d'autres fichiers (voir, ¤ Pasteurella aerogenes, ¤ Pasteurella caballi, ¤ Pasteurella canis, ¤ Pasteurella dagmatis, ¤ Pasteurella mairii, ¤ Pasteurella stomatis, ¤ Pasteurella skyensis et ¤ Pasteurella species B).
Orientation bibliographique
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