J.P. Euzéby : Dictionnaire de Bactériologie Vétérinaire

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Dernière mise à jour le 03 mai 1999

 

PELISTEGA, Pelistega europaea

 

Voir aussi les fichiers : ¤ Alcaligenaceae et ¤ Burkholderiales, Burkholderiaceae.

 

Systématique

 

Le genre Pelistega a été créé pour classer 24 souches bactériennes isolées de pigeons. L’individualisation de ce nouveau genre repose sur l’analyse de la séquence de l’ADN codant pour l’ARNr 16S qui montre qu’il appartient à la sous-classe bêta des Proteobacteria et qu’il est proche de ¤ Taylorella equigenitalis (94,8 p. cent de similitude). Le genre Pelistega est composé de plusieurs sous-groupes génétiquement distincts et qui constituent certainement autant d’espèces. Toutefois, ces génomovars ne peuvent être différenciés par des tests phénotypiques et ils ont été placés dans une unique espèce, Pelistega europaea.

Le genre Pelistega est placé dans la famille des ¤ Alcaligenaceae (ordre des ¤ Burkholderiales, classe des ¤ Betaproteobacteria, phylum des ¤ "Proteobacteria", domaine ou empire des "Bacteria" ou des "Eubacteria").

 

Caractères bactériologiques

 

Le genre Pelistega et son unique espèce, Pelistega europaea, est constitué de bacilles à Gram négatif, capsulés, non sporulés, immobiles. La taille présente une certaine variabilité mais, généralement, elle est de 0,2 à 0,4 mm de diamètre sur 1 à 2 mm de longueur (examen effectué sur des cultures âgés 16 à 24 heures et obtenus sur gélose au sang).

Une réponse positive est notée pour les tests catalase, oxydase et oxydation du glucose avec alcalinisation du milieu.

Une réponse négative est observée pour l’acidification des sucres, la réduction des nitrates, la production d’acétyl-méthylcarbinol (VP), la production d’indole, l’hydrolyse de l’esculine, l’ONPG, la synthèse d’une DNase, d’une gélatinase (à l’exception d’une souche), d’une ornithine décarboxylase, d’une lysine décarboxylase et d’une phénylalanine désaminase.

Une réponse variable est obtenue pour la présence d’une arginine di-hydrolase, d’une uréase et l’utilisation du citrate de Simmons (par comparaison avec une gélose au citrate de Simmons (Oxoid), le nombre de souches capables d’assimiler le citrate est plus important en plaque API 20 NE).

En plaque API ZYM, la recherche d’une activité enzymatique est positive pour la phosphatase alcaline, l’estérase C4, l’estérase lipase C8, la leucine arylamidase et la phosphatase acide. Une réponse variable est notée pour la phosphoamidase et toutes les autres activité enzymatiques sont négatives.

En plaque API 20 NE, pratiquement toutes les souches assimilent le L-malate (18 souches sur 19 testées) et la plupart assimilent le citrate. Les autres tests d’assimilation donnent un résultat négatif.

D’autres caractères figurent sur le tableau I.

La culture ne nécessite pas de facteurs de croissance particuliers et le germe cultive sur une gélose trypticase soja mais pas sur gélose de MacConkey. La croissance est obtenue en aérobiose mais la bactérie cultive mieux en micro-aérophile et pour des températures comprises entre 36 et 42 °C. Aucune culture ne se développe en anaérobiose ou à une température de 24 °C. Sur gélose Columbia ou trypticase soja enrichie avec 7 p. cent de sang de mouton, et incubée en micro-aérophilie à 36-37 °C, les colonies sont lisses, circulaires, convexes et d’une couleur grisâtre ou blanchâtre. En bouillon nutritif, après 24-48 heures d’incubation, on observe un trouble modéré, une pellicule située près de la surface et souvent un petit culot de sédimentation.

 

Habitat et pouvoir pathogène

 

Les souches de Pelistega europaea ont été isolées principalement des poumons, des sacs aériens et de la muqueuse trachéale de pigeons présentant souvent des signes respiratoires (pneumonies, aéro-sacculites, trachéites, bronchites, rhinites). De rares souches ont été également isolées du foie, de la rate, du jabot et de la fissure palatine.
D’autres souches, phénotypiquement similaire à Pelistega europaea, avaient été isolées en 1993 par Andreasen et Sandhu, à partir de deux pigeons dont l’un souffrait de trachéite et l’autre de pneumonie et de trachéite.
Actuellement, il n’est pas possible d’affirmer que Pelistega europaea est pathogène mais, il y a une forte probabilité pour que cette bactérie soit impliquée dans la pathogénie des infections respiratoires du pigeon.

 

Diagnostic bactériologique

 

Pelistega europaea peut être isolée sur des milieux non sélectifs, comme une gélose au sang, incubés en micro-aérophilie (méthode à la bougie). L’identification repose sur les caractères bactériologiques déjà mentionnés. Les principaux caractères permettant de distinguer Pelistega europaea des autres bactéries isolées de l’appareil respiratoire du pigeon, figurent sur le tableau I.
¤ Coenonia anatina et ¤ Riemerella anatipestifer ne semblent pas présentes chez le pigeon (les souches de Riemerella anatipestifer-like, isolées du pigeon, sont actuellement placées dans l'espèce ¤ Riemerella columbina) mais leurs caractères phénotypiques sont proches de ceux de Pelistega europaeae et les principaux caractères permettant de distinguer ces 3 espèces ont été inclus dans le tableau I.

 

Orientation bibliographique

 

ANDREASEN (J.R.) et SANDHU (T.) : Pasteurella anatipestifer-like bacteria associated with respiratory disease in pigeons. Avian Dis., 1993, 37, 908-911.

VANDAMME (P.), SEGERS (P.), RYLL (M.), HOMMEZ (J.), VANCANNEYT (M.), COOPMAN (R.), DE BAERE (R.), VAN DE PEER (Y.), KERSTERS (K.), DE WACHTER (R.), and HINZ (K.H.): Pelistega europaea gen. nov., sp. nov., a bacterium associated with respiratory disease in pigeons: taxonomic structure and phylogenetic allocation. Int. J. Syst. Bacteriol., 1998, 48, 431-440.

 

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