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Créé le 15 septembre 1999
PHOTOBACTERIUM
Autres dénominations :
Voir aussi le fichier : ¤ "Vibrionales", Vibrionaceae, Vibrio. Note : Pour une information concernant les poissons cités dans ce fichier, voir le site FishBase (rentrer le nom du genre et le nom de l'espèce dans le fichier Search FishBase).
Systématique
Le genre Photobacterium et les espèces Photobacterium angustum, Photobacterium fischeri, Photobacterium leiognathi et Photobacterium phosphoreum sont cités dans les Approved Lists of Bacterial Names.
Photobacterium angustum, Photobacterium indicum, Photobacterium frigidiphilum, Photobacterium ganghwense, Photobacterium halotolerans, Photobacterium lipolyticum, Photobacterium lutimaris et Photobacterium profundum sont isolés de l'eau de mer ou de sédiments marins ou de lacs salés et ces espèces ne présentent pas d'intérêt en médecine vétérinaire. Photobacterium angustum est également isolé des organes lumineux de diverses espèces de poissons. Photobacterium aplysiae a été isolé des oeufs de Aplysia kurodai (lièvre de mer ou aplysie de kuroda). Photobacterium iliopiscarium est un hôte normal de l'intestin de poissons vivant dans des eaux froides. Photobacterium leiognathi est une espèce luminescente isolée des organes lumineux de divers poissons (famille des Leiognathidae et famille des Apogonidae). Photobacterium kishitanii est également une bactérie luminescente vivant en symbiose avec des poissons de grande profondeur. Photobacterium fischeri et Photobacterium logei ne seront pas étudiés dans ce fichier car ces taxons ont été reclassées dans le genre ¤ Aliivibrio. Photobacterium histaminum est un synonyme hétérotypique et ultérieur de Photobacterium damselae subsp. damselae (Cf. infra). Aussi, seules ont un intérêt en biologie vétérinaire les espèces Photobacterium phosphoreum, Photobacterium damselae et Photobacterium rosenbergii. Le genre Photobacterium est classé dans la famille des ¤ Vibrionaceae (ordre des ¤ "Vibrionales", classe des Gammaproteobacteria, division or phylum des ¤ "Proteobacteria", domaine ou empire des "Bacteria"). Photobacterium phosphoreum Photobacterium phosphoreum a été décrit par Cohn (1878 ) sous le nom de "Micrococcus phosphoreus". Cette dénomination a connu de nombreux changements et c'est l'appellation de Photobacterium phosphoreum qui sera retenue par les Approved Lists of Bacterial Names. Photobacterium phosphoreum est l'espèce type du genre Photobacterium. Photobacterium damselae
Photobacterium damselae a été décrit en 1981 sous l'appellation de Vibrio damsela (sic) puis transféré en 1985 dans le genre Listonella.
Photobacterium damselae subsp. piscicida a été isolé en 1963 lors d'une épidémie touchant des poissons vivant dans l’estuaire du Potomac et dans la baie de Chesapeake. Initialement, cette bactérie a été qualifiée de "Pasteurella sp." puis de "Pasteurella piscicida".
Dans un article publié en mai 2000, Kimura et al. montrent que Photobacterium histaminum et Photobacterium damselae subsp. damselae constituent une unique sous-espèce.
Photobacterium rosenbergii La nomenclature de Photobacterium rosenbergii a été validement publiée le 18 mars 2005 pour cinq souches bactériennes isolées de coraux sains ou atteints de blanchiment. L'individualisation de cette espèce repose sur l'analyse des séquences des gènes recA, rpoA et des gènes codant pour les ARNr 16S.
Caractères bactériologiques
Le genre Photobacterium rassemble des bacilles rectilignes, à Gram négatif, de 0,8 à 2 µm de diamètre sur 1,8 à 2,4 µm de longueur, non sporulés, halophiles, présentant des inclusions de poly-b-hydroxybutyrate lorsque la culture est effectuée sur un milieu glucosé mais incapables d’utiliser les monomères exogènes de DL-bêta-hydroxybutyrate, le plus souvent mobile grâce à des flagelles polaires non entourés d'une gaine, chimio-organotrophes, à métabolisme respiratoire et fermentatif, oxydase et catalase positives.
Photobacterium phosphoreum Photobacterium phosphoreum est une espèce luminescente, nitrate réductase positive, ne produisant ni gélatinase ni lipase, capable de cultiver à 4 et à 20 °C, mais ne cultivant pas à 35 °C. Quelques caractères permettant de différencier Photobacterium phosphoreum d'autres espèces du genre Photobacterium sont donnés dans le tableau II. Photobacterium damselae
Outre les caractères du genre, les souches de Photobacterium damselae sont constituées de bacilles mobiles ou immobiles, non luminescents, dont la culture nécessite au moins 0,5 p. cent de NaCl.
. Une réponse positive est notée pour les tests fermentation du D-glucose, du D-fructose et du D-mannose.
Les travaux de Kimura et al. (2000) ont conduit à modifier la description de Photobacterium damselae subsp. damselae. En effet, contrairement à la description originale de Photobacterium damselae, cette sous-espèce produit une amylase, elle produit de l'histamine lorsqu'elle est cultivée à pH 5,5 et elle assimile l'acétate, le lactose, le maltose et le pyruvate. En galerie API ZYM, Photobacterium damselae subsp. piscicida donne une réponse positive aux tests phosphatase alcaline, estérase (C4), estérase lipase (C8), leucine arylamidase, phosphatase acide, naphtol-AS-BI-phosphohydrolase et N-acétyl-bêta-glucosaminidase.
Photobacterium damselae est un germe halophile et la croissance est obtenue sur des milieux tels que la gélose trypticase soja ou la gélose cœur-cervelle contenant de 0,5 à 3 p. cent de NaCl.
Quelques caractères permettant de différencier les deux sous-espèces de Photobacterium damselae d'autres espèces du genre Photobacterium sont figurent dans le tableau II. Des caractères complémentaires sont donnés dans le tableau III. Photobacterium rosenbergii Les souches de Photobacterium rosenbergii rassemblent des bacilles mobiles, résistants au O/129 (150 µg par disque), ne cultivant ni à 4 ni à 40 °C, mais cultivant abondamment pour des températures comprises entre 20 et 30 °C. Après deux jours d'incubation à 28 °C, les colonies obtenues sur une gélose trypticase soja sont convexes, rondes, opaques, de couleur beige et leur diamètre atteint 1 cm.
Les caractères biochimiques présentés ci-dessous ont été étudiés à l'aide de galeries API 20E et API ZYM.
Quelques caractères permettant de différencier Photobacterium rosenbergii d'autres espèces du genre Photobacterium sont donnés dans le tableau II.
Habitat, pouvoir pathogène et facteurs de pathogénicité
Photobacterium damselae subsp. damselae
À des températures comprises entre 14 et 22 °C, Photobacterium damselae subsp. damselae est capable de survivre plus d'un an dans de l'eau de mer tout en conservant son pouvoir pathogène. L'eau pourrait ainsi constituer une des sources de contamination.
Chez l’homme, Photobacterium damselae subsp. damselae est un agent de surinfection de plaies conduisant à de sévères lésions de nécrose. Plus rarement, cette bactérie est responsable de septicémies et de fasciites nécrosantes.
Photobacterium damselae subsp. damselae est également impliqué dans des intoxications à l'histamine, également appelées intoxications histaminiques ou, en anglais, "histamine poisoning".
Photobacterium damselae subsp. damselae élabore une cytolysine (la damselysine) qui est une phospholipase D codée par le gène dly présent sur le chromosome. Le rôle de cette toxine dans le pouvoir pathogène a été remis en question par Osorio et al. (2000) qui montrent que des souches dépourvues du gène dly sont pathogènes aussi bien pour le turbot que pour la souris. D'autres facteurs de virulence, non caractérisés, sont également présents et ils permettent aux souches virulentes d'adhérer au mucus cutané, de résister au pouvoir bactéricide de ce mucus (dû à la présence de lysozyme, de protéases, d'anticorps et de complément), de résister au pouvoir bactéricide du sérum et d'acquérir du fer.
Photobacterium damselae subsp. piscicida
Initialement, Photobacterium damselae subsp. piscicida a été isolé lors d'une épidémie qui a provoqué la mort d’environ 50 p. cent de la population des Serranidés (Morone americanus et Morone saxatilis) vivant dans l’estuaire du Potomac et dans la baie de Chesapeake. En 1969, cette bactérie a été isolée au Japon de plusieurs espèces de poissons sauvages ou d’élevage (notamment la sériole à cinq bandes, Seriola quinqueradiata) et, à partir de 1991, la pasteurellose des poissons a été identifiée en Espagne, en France, en Grèce, en Israël, en Italie, à Malte, en Norvège et au Portugal. En Europe, l’infection a été décrite chez le bar (Dicentrarchus labrax), la sole (Solea solea), le muge (Mugil cephalus), la dorade (Sparus aurata), le turbot (Scophthalmus maximus), le pagre (Pagrus pagrus), le saumon de l'Atlantique (Salmo salar) et le cabot (Atherina boyeri). Expérimentalement, Photobacterium damselae subsp. piscicida est pathogène pour plusieurs espèces de poissons (y compris la truite, Oncorhynchus mykiss).
Cliniquement, l’infection conduit à une importante mortalité (40 à 50 p. cent dans les élevages affectés) et elle se traduit par une septicémie et par le développement de granulomes (d’où le nom de pseudotuberculose parfois donné à cette infection) formés de bactéries, de cellules épithéliales et de fibroblastes et siégeant sur la rate et les reins.
Plusieurs facteurs de virulence ont été mis en évidence :
Photobacterium phosphoreum
Photobacterium phosphoreum a pour habitat les eaux de mer froides et tempérées et il vit en symbiose avec diverses espèces de poissons (voir la référence Dunlap et Kita-Tsukamoto). Photobacterium phosphoreum peut également survivre, sans se multiplier, en dehors de l'environnement marin. En effet, cette espèce a été retrouvée chez un saumon en migration capturé à 1228 Km de la mer.
Photobacterium rosenbergii
Les souches de Photobacterium rosenbergii ont été isolées de coraux vivant au large de l'Île Magnétique (Magnetic Island, Australie). Une souche a pour origine un corail sain (Pachyseris speciosa) et quatre souches ont été isolées de coraux (Barabattoia amicorum, Merulina ampliata, Pachyseris speciosa) atteints de blanchiment.
Diagnostic bactériologique
L'isolement de Photobacterium damselae à partir de lésions se réalise sur divers milieux gélosés (gélose cœur-cervelle ou gélose nutritive enrichies au sang de mouton, milieu Difco marine agar 2216E) contenant 0,5 à 1,5 p. cent de NaCl et incubés 2 à 5 jours à 25 °C.
Une technique simple permet la recherche de Photobacterium damselae subsp. piscicida dans l'eau de mer. Deux cent cinquante mL d'eau sont filtrés sur un filtre d'acétate de cellulose de porosité 0,45 µm puis le filtre est déposé sur une boîte de milieu Difco marine agar 2216E auquel on a ajouté 1 p. cent de mannitol et 0,5 p. cent de rouge de phénol. Après incubation, les colonies de Photobacterium damselae subsp. piscicida sont de couleur rouge (absence de fermentation du mannitol). Des techniques de mise en évidence rapide ont été développées pour le diagnostic des infections à Photobacterium damselae subsp. piscicida : immunofluorescence, PCR utilisant des amorces dirigées contre des séquences chromosomiques ou plasmidiques (plasmide pZP1), tests immuno-enzymatiques utilisant soit des anticorps polyclonaux soit des anticorps monoclonaux.
Sensibilité aux antibiotiques et prophylaxie
De nombreuses souches de Photobacterium damselae sont résistantes à un ou plusieurs antibiotiques et hébergent des plasmides de résistance et des transposons. Les résultats obtenus par Thyssen et al. (1998) et portant sur des souches isolées de différentes régions du monde entre 1963 et 1997, figurent dans le tableau II. Les antibiotiques les plus utilisés pour lutter contre les infections à Photobacterium damselae subsp. damselae sont le chloramphénicol (dans les pays où son utilisation n'est pas interdite), l'ampicilline et l'oxytétracycline. De nombreux vaccins ont été proposés pour prévenir les infections à Photobacterium damselae subsp. damselae mais aucun d'entre eux n'est commercialisé en Europe. Les vaccins inactivés par le formol ou la chaleur ainsi que des préparations vaccinales contenant du lipopolysaccharide purifié ou des protéines ribosomales donnent des résultats médiocres. De meilleurs résultats sont obtenus en utilisant un vaccin tué enrichi en substance extracellulaire ou en lipopolysaccharide.
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