|
||
|
Créé le 22 février 2002
PSEUDOALTEROMONAS
Autres dénominations :
Systématique
Quatorze espèces, actuellement considérées comme des représentants du genre Pseudoalteromonas, avaient été préalablement placées dans le genre Alteromonas. Le genre Alteromonas a été proposé en 1972 pour quatre espèces de bacilles à Gram négatif (Alteromonas communis, Alteromonas macleodii, "Alteromonas marinopraesens" ultérieurement renommée Alteromonas haloplanktis et Alteromonas vaga), aérobies, non pigmentés possédant un unique flagelle polaire et dont l'habitat est l'eau de mer. Ultérieurement, d'autres bacilles à Gram négatif, aérobies, mobiles grâce à un unique flagelle polaire et différant des espèces du genre Pseudomonas par leur G + C p. cent ont été placés dans ce genre. En 1980, neuf espèces du genre Alteromonas ont été incluses dans les Approved Lists of Bacterial Names et, en 1984, le Bergey's Manual of Systematic Bacteriology retient 11 espèces ainsi que quatre espèces considérées comme incertae sedis (Alteromonas putrefaciens, "Pseudomonas atlantica", "Pseudomonas nigrifaciens" et "Pseudomonas piscicida"). Pour Baumann et al., la liste des espèces citées dans la première édition du Bergey's Manual of Systematic Bacteriology devait être considérée comme provisoire en attendant des études phylogénétiques complémentaires. De telles études ont été effectuées et, en 1984, Alteromonas communis a été transférée dans le genre Marinomonas, en 1986 Alteromonas hanedai et Alteromonas putrefaciens intégraient le nouveau genre ¤ Shewanella et en 1995 Gauthier et al. proposent la création du nouveau genre Pseudoalteromonas.
L'analyse phylogénétique (étude des séquences des ARNr 16S) réalisée par Gauthier et al. a concerné trois espèces du genre ¤ Shewanella (dont l'espèce type Shewanella putrefaciens), Vibrio marinus, une espèce connue sous le nom de "Pseudomonas piscicida", l'espèce type du genre Alteromonas (Alteromonas macleodii) et 12 autres espèces du genre Alteromonas (Alteromonas atlantica, Alteromonas aurantia, Alteromonas carrageenovora, Alteromonas citrea, Alteromonas denitrificans, Alteromonas espejiana, Alteromonas haloplanktis, Alteromonas luteoviolacea, Alteromonas nigrifaciens, Alteromonas rubra, Alteromonas tetraodonis et Alteromonas undina).
Les espèces Alteromonas distincta et Alteromonas fuliginea, toutes deux placées dans le genre Alteromonas en 1995, n'avaient pu être étudiées par Gauthier et al.
Alteromonas elyakovii, espèce décrite en 1997, a été transférée dans le genre Pseudoalteromonas en 2000 ; Pseudoalteromonas bacteriolytica, espèce décrite en 1998 a été transférée dans la genre Algicola en 2004 (voir le fichier ¤ "Alteromonadaceae, Colwelliaceae, Moritellaceae, Pseudoalteromonadaceae, Shewanellaceae") ; Pseudoalteromonas sagamiensis, espèce décrite en 2003, a été transférée en 2007 dans le genre Algicola ; et 14 nouvelles espèces ont été décrites. Aussi, à la date du 23 janvier 2007, le genre Pseudoalteromonas rassemble 33 espèces (voir le fichier Pseudoalteromonas in List of Procaryotic Names with Standing in Nomenclature). Le genre Pseudoalteromonas forme, avec le genre Algicola la famille des ¤ Pseudoalteromonadaceae (classe des ¤ Gammaproteobacteria, division ou phylum des ¤ "Proteobacteria").
Caractères bactériologiques
La description du genre Pseudoalteromonas Gauthier et al. 1995 est la suivante :
L'incorporation de nouvelles espèces au sein du genre Pseudoalteromonas a conduit Ivanova et al. (2002) à modifier la description de ce genre. Les modifications proposées par ces auteurs sont les suivantes :
Quelques caractères bactériologiques de quelques espèces du genre Pseudoalteromonas sont donnés dans le tableau I.
Habitat et pouvoir pathogène
L'habitat des Pseudoalteromonas sp. est constitué par l'eau de mer et l'environnement marin. Les deux espèces les plus importantes en médecine vétérinaire, font l'objet d'une étude particulière (voir ¤ Pseudoalteromonas piscicida et ¤ Pseudoalteromonas tetraodonis). En ce qui concerne les autres espèces, on peut préciser les points suivants : Pseudoalteromonas agarivorans a été isolée de l'eau de mer (océan Pacifique) et d'ascidies (Halocynthia aurantium, Polysyncraton sp. et Clarelina molucensis). Pseudoalteromonas distincta a été isolée d'une éponge récoltée à 350 mètres près des îles Komandorskie. Pseudomonas elyakovii a été isolée d'un mollusque, Crenomytilus grayanus, dans la baie de Troitsa (mer du Japon ou mer de l'Est) et cette bactérie est responsable d'une maladie d'une algue brune (Laminaria japonica) cultivée et utilisée dans l'alimentation. Pseudoalteromonas maricaloris a été isolée d'une éponge, Fascaplysinopsis reticulata, prélevée à 10 mètres de profondeur dans la mer de Corail (à proximité de l'île Lizzard). Quelques souches de Pseudoalteromonas peptidolytica produisent des enzymes extra-cellulaires capables de dégrader la protéine responsable de la fixation de certains coquillages sur un support inerte. La fixation des coquillages sur les coques des bateaux, les pipe-lines et les filets de pêche est à l'origine de pertes économiques et les enzymes de Pseudomonas peptidolytica pourraient avoir un intérêt industriel. Pseudoalteromonas paragorgicola a été isolée d'un corail (Paragorgia arborea) récolté à 202 mètres de profondeur au large de l'île Onekotan (une des îles des Kouriles) situé dans la partie Nord-Ouest de l'océan Pacifique. Pseudoalteromonas phenolica produit un antibiotique actif sur les souches de Staphylococcus aureus subsp. aureus résistantes à la méthicilline. Pseudoalteromonas ruthenica a été isolée de mollusques, Crenomytilus grayanus et Patinopecten yessoensis, de la mer du Japon ou mer de l'Est. L'unique souche de Pseudoalteromonas spongiae a été isolée d'une éponge (Mycale adhaerens) récoltée au large de Hong Kong. Pseudomonas tunicata a été isolée d'une ascidie adulte (Ciona intestinalis) récoltée à 10 mètres de profondeur à l'ouest de la Suède. Cette espèce produit des substances aptes à tuer les larves de Balanus amphitrite et de Ciona intestinalis et à inhiber le développement de diverses bactéries, algues, champignons et diatomées. Pseudoalteromonas ulvae inhibe le développement des larves de Balanus amphitrite et elle perturbe la reproduction de certaines algues (Ulva lactuca et Polysiphonia sp.). Pseudoalteromonas violacea produit des antibiotiques dont une molécule active sur les bactéries à Gram positif et les bactéries à Gram négatif et une molécule apte à tuer Paramecium caudatum.
Orientation bibliographique
BAUMANN (P.), GAUTHIER (M.J.) et BAUMANN (L.) : Genus Alteromonas Baumann, Baumann, Mandel and Allen 1972, 418AL. In: N.R. KRIEG and J.G. HOLT (ed.), Bergey’s Manual of Systematic Bacteriology, vol. 1, The Williams & Wilkins Co, Baltimore, 1984, pp. 343-352.. EUZÉBY (J.P.) : Alteromonas et Pseudoalteromonas in List of Procaryotic Names with Standing in Nomenclature. GAUTHIER (G.), GAUTHIER (M.) et CHRISTEN (R.) : Phylogenetic analysis of the genera Alteromonas, Shewanella and Moritella using genes coding for small-subunit rRNA sequences and division of the genus Alteromonas into two genera, Alteromonas (emended) and Pseudoalteromonas gen. nov., and proposal of twelve new species combinations. Int. J. Syst. Bacteriol., 1995, 45, 755-761. IVANOVA (E.P.), SAWABE (T.), LYSENKO (A.M.), GORSHKOVA (N.M.), HAYASHI (K.), ZHUKOVA (N.V.), NICOLAU (D.V.), CHRISTEN (R.) et MIKHAILOV (V.V.) : Pseudoalteromonas translucida sp. nov. and Pseudoalteromonas paragorgicola sp. nov., and emended description of the genus. Int. J. Syst. Evol. Microbiol., 2002, 52, 1759-1766. ROMANENKO (L.A.), ZHUKOVA (N.V.), ROHDE (M.), LYSENKO (A.M.), MIKHAILOV (V.) et STACKEBRANDT (E.) : Pseudoalteromonas agarivorans sp. nov., a novel marine agarolytic bacterium. Int. J. Syst. Evol. Microbiol., 2003, 53, 125-131.
AVIS JURIDIQUE IMPORTANT : Les informations qui figurent sur ce site sont soumises à une clause de non responsabilité et sont protégées par un copyright. |
||