J.P. Euzéby : Dictionnaire de Bactériologie Vétérinaire

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Dernière mise à jour le 19 mars 1999

 

RIEMERELLA COLUMBINA

 

Riemerella columbina est la nomenclature valide, proposée en 1999 par Vancanneyt et al., pour 13 souches bactériennes préalablement connues sous le nom de Riemerella anatipestifer-like et isolées de pigeons atteints d'infections respiratoires.

Les hybridations ADN - ARNr montrent que Riemerella columbina et ¤ Riemerella anatipestifer appartiennent à un même genre. Au sein du genre ¤ Riemerella, l'individualisation de cette espèce repose sur l'analyse des acides gras, l'analyse du profil des protéines cellulaires, sur les résultats des hybridations ADN - ADN (12 p. cent d'homologie entre la souche type de Riemerella columbina et la souche type de ¤ Riemerella anatipestifer) et sur la valeur du G + C p. cent (36 pour la souche type de Riemerella columbina et 35 pour celle de ¤ Riemerella anatipestifer).

Riemerella columbina présente tous les caractères bactériologiques du genre ¤ Riemerella. Sur gélose Columbia contenant 7 p. cent de sang de mouton, les colonies sont pigmentées et leur coloration va du gris/blanc au beige. En aérobiose, la croissance est obtenue pour une température de 37 °C. Lorsque l'incubation est réalisée dans une atmosphère micro-aérophile, Riemerella columbina cultive à 24 °C, à 37 °C et à 42 °C. Aucune culture n'est obtenue en anaérobiose, sur gélose de MacConkey ou sur gélose LLA*. En utilisant le milieu BSS**, Riemerella columbina acidifie le D-glucose, le maltose, le D-mannose, la dextrine et, parfois, le D-fructose et le L-sorbose.

Il est difficile de distinguer Riemerella columbina de ¤ Riemerella anatipestifer. Les principaux éléments du diagnostic différentiel figurent sur le tableau I.
Les caractères bactériologiques permettant de distinguer Riemerella columbina d'autres bactéries isolées chez le pigeon, figurent dans le tableau II.

Les souches de Riemerella columbina ont été isolées des sacs aériens, des poumons, de la fente palatine, de la trachée ou du cerveau de pigeons souffrant d'aérosacculite, de pneumonie ou d'hépatite. Ce germe est également isolé de pigeons présentant des lésions similaires à celles observées lors de sérosite infectieuse aviaire (voir ¤ Riemerella anatipestifer). L'intervention de facteurs associés (mauvaises conditions d'élevages, stress, ...) qui jouent un rôle important pour l'expression clinique des infections à ¤ Riemerella anatipestifer, n'est pas connue.

La sensibilité aux antibiotiques a été étudiée à l'aide de disques de marque Oxoid, déposés sur une gélose enrichie de 5 p. cent de sang de mouton et incubée à 37 °C en atmosphère micro-aérophile. Une zone d'inhibition de plus de 1 mm autour des disques est interprétée comme une sensibilité. En retenant ces critères, les 6 souches testées sont résistantes à la nitrofurantoïne, à la gentamicine, à la néomycine et aux sulfamides. En revanche, elles sont sensibles à la pénicilline G, à l'ampicilline et à l'érythromycine. Une sensibilité variable selon les souches est notée pour l'oxytétracycline.

 

Orientation bibliographique

 

VANCANNEYT (M.), VANDAMME (P.), SEGERS (P.), TORCK (U.), COOPMAN (R.), KERSTERS (K.) and HINZ (K.H.): Riemerella columbina sp. nov., a bacterium associated with respiratory disease in pigeons. Int. J. Syst. Bacteriol., 1999, 49, 289-295.

 

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* : LL Agar (Litmus Lactose Agar)

Agar : 10,0 g
Lactose : 10,0 g
Peptone de viande : 5,0 g
Extraits de viande de bœuf : 3,0 g
Teinture de tournesol : 1,0 g

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** : Recherche de l'acidification des sucres dans le milieu BSS (Buffered Single Substrate) :

La recherche de l'acidification des sucres nécessite l'utilisation de techniques particulières car l'acidification est souvent faible et, dans un milieu peptoné, elle est souvent masquée par l'alcalinisation résultant du métabolisme protéique.

La technique utilisée par Vancanneyt et al. (1999) est la suivante :
. Préparer une solution tampon (KH2PO4 : 0,1 p. cent ; K2HPO4 : 0,1 p. cent ; NaCl : 0,5 p. cent ; pH : 7,6).
. Ajouter le sucre à étudier à la concentration de 2 p. cent et du rouge de phénol à la concentration finale de 1/50 000.
. Placer 0,5 mL de la solution tampon contenant le sucre et l'indicateur de pH dans un tube de 7 mm de diamètre.
. Mettre en suspension 400 mg de culture bactérienne dans 2 ml d'une solution de NaCl 0,15 M ; utiliser 100 mL de cette suspension pour ensemencer les tubes.
. Réaliser en parallèle 2 tubes témoins, l'un sans inoculum bactérien, l'autre sans sucre.
. Placer les tubes dans un bain marie à 37 °C et rechercher une acidification après 6 heures et 24 heures d'incubation.
. La réaction est notée faiblement positive si l'indicateur de pH vire à l'orange (pH compris entre 6,9 et 7,1) et positive si le rouge de phénol vire au jaune (pH inférieur ou égal à 6,8).

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