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Créé le 07 novembre 2005
RICKETTSIELLA
Le genre Rickettsiella et les espèces Rickettsiella popilliae et Rickettsiella stethorae sont cités dans les Approved Lists of Bacterial Names. En 1984, Weiss et al. décrivent les espèces Rickettsiella chironomi et Rickettsiella grylli dont les nomenclatures seront validement publiées par inscription sur la liste de validation n° 15 publiée le 16 juillet 1984.
Le genre Rickettsiella pourrait également comprendre une dizaine d'espèces supplémentaires qui sont encore innomées ou dont les nomenclatures n'ont pas été validement publiées ("Rickettsiella crassificans", "Rickettsiella phytoseiuli", "Rickettsiella buthi").
Historiquement, les Rickettsiella spp. ont été considérées comme des bactéries appartenant à la tribu des Wolbachieae (famille des ¤ Rickettsiaceae, ordre des ¤ Rickettsiales, classe des ¤ Alphaproteobacteria, phylum ou division des ¤ "Proteobacteria", domaine ou empire des "Bacteria" ou des "Eubacteria").
Dans les années 1980, plusieurs auteurs ont proposé de transférer le genre Rickettsiella dans l'ordre des ¤ Chlamydiales (classe des Chlamydiae, phylum des "Chlamydiae", domaine ou empire des "Bacteria" ou des "Eubacteria"). Cette proposition se basait sur le fait que les Rickettsiella spp. et les représentants de l'ordre des ¤ Chlamydiales se multiplient dans les vacuoles des cellules infectées et que ces bactéries présentent un cycle de développement complexe avec des formes denses qui sont des formes infectieuses et des formes de grande taille, métaboliquement actives et capables de se multiplier.
Toutefois, l'analyse des séquences des ADNr 16S de Rickettsiella grylli et de deux souches de Rickettsiella sp. montrent que ces bactéries sont apparentées à ¤ Coxiella burnetii et aux ¤ Legionella spp. Dans la deuxième édition du "Bergey's Manual of Systematic Bacteriology", le genre Rickettsiella est placé dans la famille des ¤ Coxiellaceae (ordre des ¤ Legionellales, classe des ¤ Gammaproteobacteria, phylum ou division des ¤ "Proteobacteria", domaine ou empire des "Bacteria" ou des "Eubacteria").
Les Rickettsiella spp. se présentent sous la forme de bacilles ou de cellules en forme de disque, ne retenant pas la coloration de Gram, se multipliant dans les vacuoles des cellules infectées et présentant un cycle de multiplication complexe.
. Les formes infectieuses se présentent comme des particules denses et de petite taille qui pénètrent dans les cellules par phagocytose. Dans les vacuoles intracellulaires, la taille augmente et les formes denses donnent naissance à des formes de plus grande taille, moins denses aux électrons et capables de se multiplier. Quand les vacuoles contiennent un grand nombre de bactéries, on assiste à une condensation des formes de grande taille qui redonnent des formes denses capables de quitter les vacuoles et d'être à l'origine d'un nouveau cycle.
. Rickettsiella popilliae et Rickettsiella grylli conservent une forme bacillaire durant tout le cycle de multiplication. Les formes de grande taille peuvent parfois évoluer en formes géantes dont semblent émerger des corps cristallins. Ces corps cristallins, de forme bipyramidale, pourraient dériver des réserves albuminoïdes des larves et des pulpes et traduire une modification du métabolisme de l'hôte infecté.
. Les formes infectieuses de Rickettsiella chironomi ont la forme d'un disque d'une taille comprise entre 0,06 et 0,6 µm. Les formes infectieuses donnent naissance à des formes sphériques de 1 µm de diamètre qui sont aptes à se diviser. Occasionnellement, on observe des formes géantes de 1,5 à 2 µm de diamètre, également capables de se multiplier, mais on n'observe pas de formes cristallines.
. La culture est généralement obtenue par l'infection des hôtes naturels ou par l'infection de lignées cellulaires dérivées des hôtes naturels (culture de Rickettsiella grylli dans des cellules cardiaques de criquets). La culture de Rickettsiella popilliae a été obtenue dans des cellules endothéliales d'œufs embryonnés ou dans des cellules McCoy, mais la vitalité est perdue après 4 ou 5 passages. "Rickettsiella phytoseiuli" a pu être cultivée durant 66 jours sur un milieu utilisé pour la culture de mycoplasmes phytopathogènes.
Les formes infectieuses survivent plusieurs années dans le sol et elles peuvent contaminer des larves d'insectes (Coleoptera, Dictyoptera, Diptera, Lepidoptera, Orthoptera, Psylloidea), des arachnides (Acarina, Aranea, Scorpionida) et des crustacés (Amphipoda, Decapoda, Isopoda). Le pouvoir pathogène vis-à-vis de certains insectes nuisibles pourrait faire envisager une utilisation des Rickettsiella spp. dans la lutte biologique contre les insectes.
. Rickettsiella popilliae (espèce initialement décrite sous le nom de "Coxiella popilliae") est responsable d'une infection des larves de scarabées (Popillia japonica, Cetonia spp.), de hannetons (Melolontha melolontha), de vers de farine (Tenebrio molitor), de blattes (Blatta orientalis) et de tipules européennes (Tipula paludosa).
La maladie est connue sous le nom de "blue disease" (maladie bleue) car elle provoque une décoloration des larves. L'infection débute dans le corps gras (analogue du foie) puis gagne tous les organes. Expérimentalement, la dose létale et l'évolution de la maladie sont variables selon la souche utilisée et la température. L'injection de 104 cellules à des larves maintenues à 27 °C conduit à l'apparition de signes cliniques au bout de 19 jours et la mort intervient une vingtaine de jours après l'apparition des symptômes.
. Rickettsiella grylli infecte principalement les criquets (Gryllus spp.) et les sauterelles (Schistocerca gregaria). La maladie, observée aussi bien chez les larves que chez les adultes, se traduit par un gonflement de l'abdomen, par une altération des membranes inter-segmentaires et par un port anormal de la tête qui reste inclinée vers la face ventrale du corps des insectes adultes. Elle conduit à la mort après un temps d'évolution très variable.
L'infection expérimentale de criquets (Acheta domesticus, Gryllus bimaculatus) conduit à un phénomène connu sous le nom de "fièvre comportementale" ("behavioral fever"). Ces insectes vivent normalement à une température de l'ordre de 26 °C mais, après infection, ils recherchent une température plus élevée de l'ordre de 32-33°C. Tout se passe comme si les criquets infectés essayaient d'augmenter leur température corporelle ("fièvre") ce qui est favorable à leur survie car la mortalité est plus faible lorsque la température est plus élevée.
. Rickettsiella chironomi est pathogène pour les moucherons d'eau douce (Chironomus tentans) et pour des araignées (Argyrodes gibbosus, Pisaura mirabilis).
. Rickettsiella stethorae est pathogène pour les larves de coccinelles prédatrices d'acariens (Stethorus punctum, Stethorus gilvifrons, Stethorus punctillum).
Aucun pouvoir pathogène n'a été décrit chez les vertébrés. Expérimentalement, Rickettsiella popilliae et Rickettsiella grylli sont pathogènes pour la souris à condition d'utiliser un inoculum important.
Orientation bibliographique
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FOUNIER (P.E.) et RAOULT (D.) : Genus II. Ricketssiella Philip 1956, 276AL. In: D.J. BRENNER, N.R. KRIEG, J.T. STALEY and G. M. GARRITY (eds), Bergey’s Manual of Systematic Bacteriology, second edition, vol. 2 (The Proteobacteria), part B (The Gammaproteobacteria), Springer, New York, 2005, pp. 241-247.
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