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Créé le 10 juin 1999
STREPTOCOCCUS DYSGALACTIAE
Autre dénomination :
Systématique
Streptococcus dysgalactiae porte les antigènes des groupes C, G ou L de Lancefield et la systématique des streptocoques possédant ces antigènes est complexe. Streptocoques du groupe C :
Historiquement, les souches du groupe C ont été réparties en 4 espèces sur la base de leur pouvoir hémolytique, sur leur capacité à fermenter le sorbitol et le tréhalose et sur leur pouvoir pathogène :
En 1980, seule la nomenclature de Streptococcus equi sera incluse dans les "Approved Lists of Bacterial Names".
D'autres souches de streptocoques peuvent posséder l'antigène du groupe C. Il s'agit, d'une part, de souches d'origine humaine et, d'autre part, de souches isolées de phoques.
Streptocoques du groupe G : Les souches du groupe G forment un ensemble hétérogène au sein duquel il est possible de reconnaître 4 groupes : 1) les souches du groupe G d'origine humaine, formant de grandes colonies (taille supérieure à 0,5 mm de diamètre après 24 heures d'incubation) bêta-hémolytiques et incapables de cultiver à 45 °C ; 2) les souches du groupe G d'origine animale, formant de grandes colonies bêta-hémolytiques, incapables de cultiver à 45 °C et différant des souches précédentes par leur activité fibrinolytique et par d'autres caractères bactériologiques (Cf. infra) ; 3) les souches du groupe G isolées de l'intestin du porc, donnant des colonies de taille variable selon les souches, alpha-hémolytiques (gélose Columbia au sang de mouton), uréase positive et capables de cultiver à 45 °C ; 4) les souches du groupe G d'origine humaine formant de petites colonies bêta-hémolytiques. En 1988, Robinson et al. montrent que les souches du groupe G (ainsi que des souches non groupables), uréase positive, alpha-hémolytiques, isolées de l'intestin du porc appartiennent à une nouvelle espèce, Streptococcus intestinalis. Actuellement, les souches de Streptococcus intestinalis sont incluses dans l'espèce ¤ Streptococcus alactolyticus (Streptococcus intestinalis est un synonyme ultérieur de Streptococcus alactolyticus). Streptocoques du groupe L : Les souches du groupe L sont bêta-hémolytiques et elles sont génétiquement apparentées aux souches du groupe G d'origine humaine formant de grosses colonies. Streptocoques du complexe "Streptococcus milleri" :
Les souches du groupe C, formant de petites colonies et commensales de l'homme ainsi que les souches du groupe G d'origine humaine, formant de petites colonies bêta-hémolytiques sont souvent rassemblées (avec d'autres souches formant de petites colonies et pouvant être non groupables ou posséder les antigènes des groupes A ou F) sous le terme de "Streptococcus du complexe milleri". Ces bactéries ont une taxonomie et donc une nomenclature particulièrement complexes. Elles ont été distinguées en 3 espèces : Streptococcus anginosus, Streptococcus constellatus et Streptococcus intermedius. Les travaux de Coykendall et al. (1987) et de Vandamme et al. (1998) tendent à montrer qu'elles constituent une unique espèce pour laquelle la nomenclature de Streptococcus anginosus a priorité.
Évolution de la systématique des streptocoques de l'ensemble des "streptocoques pyogènes" portant les antigènes C, G ou L : A partir de 1983, la systématique de ces streptocoques a connu de nombreux bouleversements. En 1983, Garvie et al. décrivent (selon les normes du Code de Nomenclature), "ressuscitent" et valident la nomenclature de Streptococcus dysgalactiae pour des souches alpha-hémolytiques isolées de mammites chez les bovins.
En 1984, Farrow et Collins montrent 1) que toutes les souches du groupe C donnant des colonies alpha-hémolytiques, même si elles ne sont pas isolées de mammites, doivent être considérées comme des souches de Streptococcus dysgalactiae ; 2) que Streptococcus dysgalactiae et "Streptococcus equisimilis" appartiennent à une unique genomospecies ; 3) que les streptocoques du groupe G d'origine humaine, formant de grandes colonies ainsi que les streptocoques du groupe L appartiennent au groupe d'homologie de Streptococcus dysgalactiae ; et 4) que Streptococcus equi et "Streptococcus zooepidemicus" sont génétiquement apparentés.
En 1986, Devriese et al. proposent la dénomination de ¤ Streptococcus canis pour les souches du groupe G d'origine animale* et formant de grandes colonies bêta-hémolytiques. L'individualisation de cette espèce repose sur les résultats des homologies ADN - ADN, sur la composition du peptidoglycane et sur les caractères biochimiques.
En 1996, Vandamme et al. subdivisent Streptococcus dysgalactiae en deux sous-espèces. Cette proposition repose, principalement, sur les résultats de l'analyse des profils de migration électrophorétique des protéines cellulaires qui montrent que les 80 souches étudiées, choisies en raison de leur diversité (souches d'origine humaine et animale, souches du groupe C, G ou L, souches présentant des hémolyses différentes), se répartissent en deux groupes qu'il est possible de différencier par des caractères phénotypiques.
En utilisant des techniques d'hybridation ADN - ADN, Vieira et al. (1998) confirment l'existence de deux groupes au sein de Streptococcus dysgalactiae mais, la répartition des souches entre les 2 groupes est très différente.
Caractères bactériologiques
Les souches de Steptococcus dysgalactiae sont constituées de coques (parfois ovales) à Gram positif, groupés en paires ou en chaînes, immobiles, parfois capsulés (Steptococcus dysgalactiae subsp. dysgalactiae), aéro-anaérobies, catalase négative, chimio-organotrophes, à métabolisme fermentatif, portant les antigènes des groupes C, G ou L de Lancefield, donnant (sur gélose au sang) des colonies alpha- ou bêta- ou non hémolytiques, ne survivant pas à un chauffage de 30 minutes à 60 °C. Un caractère positif est obtenu pour les tests phosphatase alcaline, ADH, bêta-glucuronidase, leucine arylamidase, acidification de l'amidon, du glucose, du maltose, du ribose, du saccharose et du tréhalose. Une réponse négative est notée pour les tests VP, alpha-galactosidase, acidification de l'arabinose, de l'inuline, du mannitol et du raffinose.
Une réponse variable selon les souches est obtenue pour les tests hydrolyse de l'esculine, hydrolyse de l'hippurate, pyrrolidonyl-arylamidase (réponse généralement négative), bêta-galactosidase (réponse toujours négative en galerie API 20 STREP), acidification du glycogène, du glycérol, du lactose, de la salicine, du tagatose et du sorbitol.
Les caractères permettant de différencier Streptococcus dysgalactiae des autres streptocoques pouvant être bêta-hémolytiques figurent dans le tableau I et les caractères permettant de différencier les 2 sous-espèces sont données dans le tableau II.
La température optimale de croissance est de 37 °C et aucune culture n'est obtenue à 10 °C ou à 45 °C ou en présence de 6,5 p. cent de NaCl ou à un pH de 9,6.
Habitat et pouvoir pathogène Streptococcus dysgalactiae subsp. dysgalactiae Streptococcus dysgalactiae subsp. dysgalactiae est principalement isolé chez les bovins où il peut être présent dans la bouche, les amygdales et le vagin. Il est responsable de lésions du trayon et de mammites cliniques ou sub-cliniques, observées aussi bien en période de lactation que durant le tarissement. Lors de mammites, sa fréquence d'isolement est de l'ordre de14 à 20 p. cent et une même souche peut persister dans la mamelle d'une lactation sur l'autre. Son isolement à partir de mouches (Hydrotaea irritans) suggère que ces arthropodes puissent jouer un rôle dans la dissémination du germe. Plus rarement, cette bactérie est responsable de lésions cutanées ainsi que d'arthrites et de septicémies chez le veau. Plusieurs facteurs de pathogénicité ont été mis en évidence chez les souches associées à des mammites : facteurs permettant l'adhésion aux cellules épithéliales puis la pénétration et la survie dans ces cellules, production d'une fibrinolysine (active sur la fibrine bovine mais non sur la fibrine humaine), production d'une hyaluronidase, production d'une streptokinase qui convertit le plasminogène en plasmine (la plasmine exerce une activité protéolytique ce qui permet à la bactérie d'utiliser les acides aminés pour sa croissance), fixation du fragment Fc des IgG, fixation de l'albumine, de la fibronectine, du fibrinogène, du collagène, de la vitronectine, du plasminogène et de l'alpha2-macroglobuline. Streptococcus dysgalactiae subsp. dysgalactiae est plus rarement isolé chez les petits ruminants. Il est toutefois capable de provoquer des arthrites et des septicémies chez les agneaux ainsi que des arthrites chez la chèvre. Streptococcus dysgalactiae subsp. equisimilis
- Homme (d'après Bouvet, Delmas et Freney 1994)
Les souches du groupe L sont rarement présentes chez l'homme mais, Barnham et Neilson ont isolé de telles souches, à partir d'infections cutanées, chez des employés d'abattoir et des éleveurs de porcs.
- Carnivores
- Cétacés
- Équidés
- Porcs
- Rongeurs de laboratoire
- Ruminants
Diagnostic bactériologique
Le diagnostic de certitude nécessite l'isolement et l'identification du germe. Le nombre de bactéries est parfois faible, notamment lors d'une inflammation importante (arthrite, mammite) et l'inoculum doit être important. L'isolement est généralement réalisé sur une gélose au sang exempte de sucres réducteurs qui influencent l'hémolyse. Les milieux fréquemment utilisés sont une gélose trypticase soja ou une gélose Columbia au sang de mouton ou de cheval (le sang de cheval permettrait une meilleure expression de l'hémolyse et son utilisation est recommandée par certains auteurs). La concentration en sang du milieu ainsi que la hauteur de la gélose peuvent influer sur l'hémolyse et il convient d'utiliser une gélose de 4 mm d'épaisseur contenant 5 p. cent de sang. Les boîtes sont incubées à 37 °C en aérobiose ou mieux, dans une atmosphère anaérobie ou une atmosphère contenant 10 p. cent de CO2. L'ensemencement sur gélose peut être précédé d'une étape d'enrichissement effectuée dans un milieu liquide tel que le bouillon de Todd-Hewitt incubé une nuit à 37 °C. L'isolement devra alors être réalisé, en parallèle, sur un milieu non sélectif et sur un milieu sélectif tel qu'une gélose Columbia ANC (acide nalidixique - colimycine) au sang. L'identification présomptive du genre Streptococcus repose sur les caractères morphologiques, les caractères culturaux, l'absence de catalase et le type respiratoire.
L'identification de l'espèce tient compte de l'origine du prélèvement, de l'hémolyse, des caractères antigéniques et biochimiques.
Les souches du groupe G appartenant à l'espèce Streptococcus dysgalactiae subsp. equisimilis se distinguent de ¤ Streptococcus canis et de ¤ Streptococcus alactolyticus par les caractères mentionnés sur le tableau III. Les souches du groupe C appartenant à l'espèce Streptococcus dysgalactiae subsp. equisimilis se différencient des souches du groupe C du complexe "Streptococcus milleri" car ces dernières donnent de petites colonies et elles sont VP positive. En médecine vétérinaire, les souches bêta-hémolytiques de Streptococcus dysgalactiae subsp. equisimilis portant l'antigène C peuvent être confondues avec ¤ Streptococcus equi subsp. equi ou avec ¤ Streptococcus equi subsp. zooepidemicus. Les éléments du diagnostic différentiel sont donnés dans le tableau IV.
Sensibilité aux antibiotiques
Streptococcus dysgalactiae est sensible à l'ensemble des bêta-lactamines et notamment à la pénicilline G. Des résistances acquises vis-à-vis des aminosides (rendant illusoire l'association avec une bêta-lactamine car on n'observe plus de synergie), du chloramphénicol, des macrolides et surtout des tétracyclines sont possibles.
Orientation bibliographique
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* : L'étude de Devriese et al. a concerné 28 souches isolées de mammites cliniques chez les bovins et 3 souches isolées du chien. Toutefois, les souches du groupe G, formant de grandes colonies bêta-hémolytiques et isolées du chat appartiennent également à l'espèce ¤ Streptococcus canis.
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