J.P. Euzéby : Dictionnaire de Bactériologie Vétérinaire

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Créé le 10 juin 1999
Dernière mise à jour le 25 novembre 2003

 

STREPTOCOCCUS DYSGALACTIAE

 

Autre dénomination :
Streptococcus dysgalactiae subsp. equisimilis : "Streptococcus equisimilis".

 

Systématique

 

Streptococcus dysgalactiae porte les antigènes des groupes C, G ou L de Lancefield et la systématique des streptocoques possédant ces antigènes est complexe.

Streptocoques du groupe C :

Historiquement, les souches du groupe C ont été réparties en 4 espèces sur la base de leur pouvoir hémolytique, sur leur capacité à fermenter le sorbitol et le tréhalose et sur leur pouvoir pathogène :
. Streptococcus dysgalactiae : hémolyse alpha, sorbitol -, tréhalose +, responsable de mammites chez les bovins ;
. "Streptococcus equisimilis" : hémolyse bêta, sorbitol -, tréhalose +, responsable d'infections chez l'homme et les animaux ;
. Streptococcus equi : hémolyse bêta, sorbitol -, tréhalose -, responsable d'infections chez le cheval ;
. "Streptococcus zooepidemicus" : hémolyse bêta, sorbitol +, tréhalose -, responsable d'infections chez les animaux et parfois chez l'homme.

En 1980, seule la nomenclature de Streptococcus equi sera incluse dans les "Approved Lists of Bacterial Names".

D'autres souches de streptocoques peuvent posséder l'antigène du groupe C. Il s'agit, d'une part, de souches d'origine humaine et, d'autre part, de souches isolées de phoques.
. Les souches d'origine humaine forment des colonies de petite taille (inférieure à 0,5 mm de diamètre après 24 heures d'incubation), elles sont bêta-hémolytiques, alpha-hémolytiques ou non hémolytiques et elles sont commensales du tube digestif de l'homme et parfois des muqueuses génitales. Ces bactéries sont potentiellement pyogènes et susceptibles de provoquer des infections chez l'homme.
. Les souches isolées du phoque sont bêta-hémolytiques et elles forment une genomospecies particulière pour laquelle la nomenclature de ¤ Streptococcus phocae a été validée en 1994 (pour la définition d'une genomospecies voir le fichier Définitions d'une genomospecies et d'une espèce bactérienne).

Streptocoques du groupe G :

Les souches du groupe G forment un ensemble hétérogène au sein duquel il est possible de reconnaître 4 groupes : 1) les souches du groupe G d'origine humaine, formant de grandes colonies (taille supérieure à 0,5 mm de diamètre après 24 heures d'incubation) bêta-hémolytiques et incapables de cultiver à 45 °C ; 2) les souches du groupe G d'origine animale, formant de grandes colonies bêta-hémolytiques, incapables de cultiver à 45 °C et différant des souches précédentes par leur activité fibrinolytique et par d'autres caractères bactériologiques (Cf. infra) ; 3) les souches du groupe G isolées de l'intestin du porc, donnant des colonies de taille variable selon les souches, alpha-hémolytiques (gélose Columbia au sang de mouton), uréase positive et capables de cultiver à 45 °C ; 4) les souches du groupe G d'origine humaine formant de petites colonies bêta-hémolytiques.

En 1988, Robinson et al. montrent que les souches du groupe G (ainsi que des souches non groupables), uréase positive, alpha-hémolytiques, isolées de l'intestin du porc appartiennent à une nouvelle espèce, Streptococcus intestinalis. Actuellement, les souches de Streptococcus intestinalis sont incluses dans l'espèce ¤ Streptococcus alactolyticus (Streptococcus intestinalis est un synonyme ultérieur de Streptococcus alactolyticus).

Streptocoques du groupe L :

Les souches du groupe L sont bêta-hémolytiques et elles sont génétiquement apparentées aux souches du groupe G d'origine humaine formant de grosses colonies.

Streptocoques du complexe "Streptococcus milleri" :

Les souches du groupe C, formant de petites colonies et commensales de l'homme ainsi que les souches du groupe G d'origine humaine, formant de petites colonies bêta-hémolytiques sont souvent rassemblées (avec d'autres souches formant de petites colonies et pouvant être non groupables ou posséder les antigènes des groupes A ou F) sous le terme de "Streptococcus du complexe milleri". Ces bactéries ont une taxonomie et donc une nomenclature particulièrement complexes. Elles ont été distinguées en 3 espèces : Streptococcus anginosus, Streptococcus constellatus et Streptococcus intermedius. Les travaux de Coykendall et al. (1987) et de Vandamme et al. (1998) tendent à montrer qu'elles constituent une unique espèce pour laquelle la nomenclature de Streptococcus anginosus a priorité.
L'analyse de la séquence des ARNr 16S révèle que les streptocoques du "complexe milleri" appartiennent à l'ensemble des "streptocoques oraux" et qu'ils sont donc phylogénétiquement éloignés des autres streptocoques des groupes C ou G ou des streptocoques du groupe L dont l'analyse des ARNr 16S révèle l'appartenance à l'ensemble des "streptocoques pyogènes".

Évolution de la systématique des streptocoques de l'ensemble des "streptocoques pyogènes" portant les antigènes C, G ou L :

A partir de 1983, la systématique de ces streptocoques a connu de nombreux bouleversements.

En 1983, Garvie et al. décrivent (selon les normes du Code de Nomenclature), "ressuscitent" et valident la nomenclature de Streptococcus dysgalactiae pour des souches alpha-hémolytiques isolées de mammites chez les bovins.

En 1984, Farrow et Collins montrent 1) que toutes les souches du groupe C donnant des colonies alpha-hémolytiques, même si elles ne sont pas isolées de mammites, doivent être considérées comme des souches de Streptococcus dysgalactiae ; 2) que Streptococcus dysgalactiae et "Streptococcus equisimilis" appartiennent à une unique genomospecies ; 3) que les streptocoques du groupe G d'origine humaine, formant de grandes colonies ainsi que les streptocoques du groupe L appartiennent au groupe d'homologie de Streptococcus dysgalactiae ; et 4) que Streptococcus equi et "Streptococcus zooepidemicus" sont génétiquement apparentés.
Ces auteurs proposent une modification de la description de Streptococcus dysgalactiae pour tenir compte de l'inclusion dans cette espèce de toutes les souches du groupe C alpha-hémolytiques, des souches de "Streptococcus equisimilis", des souches du groupe G d'origine humaine, formant de grandes colonies et des souches du groupe L. Ainsi constitué, l'espèce Streptococcus dysgalactiae est formée de 5 groupes : 1) les souches du groupe C alpha-hémolytiques ; 2) les souches du groupe C, bêta-hémolytiques ("Streptococcus equisimilis") et responsables d'infections chez les animaux ; 3) les souches du groupe C, bêta-hémolytiques ("Streptococcus equisimilis") et responsables d'infections chez l'homme ; 4) les souches du groupe L, bêta-hémolytiques, associées à diverses infections chez les animaux (porcs, chiens, ruminants) mais rarement responsables d'infections chez l'homme ; et 5) les souches du groupe G, donnant de grandes colonies bêta-hémolytiques et isolées de l'homme.
Farrow et Collins proposent également que les souches de "Streptococcus zooepidemicus" soient considérées comme une sous-espèce de Streptococcus equi : ¤ Streptococcus equi subsp. zooepidemicus ce qui créé automatiquement la sous-espèce ¤ Streptococcus equi subsp. equi.

En 1986, Devriese et al. proposent la dénomination de ¤ Streptococcus canis pour les souches du groupe G d'origine animale* et formant de grandes colonies bêta-hémolytiques. L'individualisation de cette espèce repose sur les résultats des homologies ADN - ADN, sur la composition du peptidoglycane et sur les caractères biochimiques.

En 1996, Vandamme et al. subdivisent Streptococcus dysgalactiae en deux sous-espèces. Cette proposition repose, principalement, sur les résultats de l'analyse des profils de migration électrophorétique des protéines cellulaires qui montrent que les 80 souches étudiées, choisies en raison de leur diversité (souches d'origine humaine et animale, souches du groupe C, G ou L, souches présentant des hémolyses différentes), se répartissent en deux groupes qu'il est possible de différencier par des caractères phénotypiques.
- L'un de ces groupes, rassemblant toutes les souches d'origine animale et renfermant la souche type de l'espèce, est dénommé Streptococcus dysgalactiae subsp. dysgalactiae. Les souches de cette sous-espèce appartiennent aux groupes C ou L de Lancefield, elles sont alpha-, bêta- ou non hémolytiques, elles ne synthétisent pas de streptokinase active sur le plasminogène humain, elles n'ont pas d'activité protéolytique sur la fibrine humaine et leur habitat principal est constitué par l'appareil respiratoire et l'appareil génital de diverses espèces animales mais pas de l'homme.
- L'autre groupe, dénommé Streptococcus dysgalactiae subsp. equisimilis, rassemble les souches humaines isolées de l'appareil respiratoire ou du vagin, appartenant aux groupes C ou G de Lancefield, bêta-hémolytiques, synthétisant une streptokinase active sur le plasminogène humain et possédant une activité protéolytique pour la fibrine humaine.
L'électrophorèse en champ pulsé des fragments de restriction de l'ADN, effectuée sur 87 souches d'origine humaine ou animale, suggère également l'existence de souches adaptées à l'homme et de souches adaptées à l'animal.

En utilisant des techniques d'hybridation ADN - ADN, Vieira et al. (1998) confirment l'existence de deux groupes au sein de Streptococcus dysgalactiae mais, la répartition des souches entre les 2 groupes est très différente.
L'un de ces groupes renferme toutes les souches alpha-hémolytiques ou non hémolytiques et l'autre toutes les souches bêta-hémolytiques. Ces résultats sont confirmés par une analyse du polymorphisme électrophorétique de 10 enzymes et par l'étude des séquences des ARNr 23S (réalisée en 2003 par Kawata et al.). Ces deux groupes peuvent être identifiés par des caractères phénotypiques.
Vieira et al. proposent donc une description modifiée des 2 sous-espèces de Streptococcus dysgalactiae : Streptococcus dysgalactiae subsp. dysgalactiae (ex Diernhofer 1932) Garvie et al. 1983 emend. Vieira et al. 1998 et Streptococcus dysgalactiae subsp. equisimilis Vandamme et al. 1996 emend. Vieira et al. 1998.
- Streptococcus dysgalactiae subsp. dysgalactiae regroupe les souches du groupe C, alpha-hémolytiques ou non hémolytiques, ne synthétisant pas de streptokinase active sur le plasminogène humain et isolées de cas de mammites chez les bovins et parfois de la bouche, des amygdales ou du vagin des bovins.
- Streptococcus dysgalactiae subsp. equisimilis rassemble les souches des groupes C, G ou L, bêta-hémolytiques, synthétisant une streptokinase active sur le plasminogène humain et isolées de l'homme et des animaux. Au sein de cette sous-espèce, il est possible de distinguer les souches d'origine humaine du groupe C, les souches d'origine animale du groupe C, les souches humaines du groupe G et les souches du groupe L.
Dans la suite de cette étude, nous respecterons les propositions de Vieira et al.

 

Caractères bactériologiques

 

Les souches de Steptococcus dysgalactiae sont constituées de coques (parfois ovales) à Gram positif, groupés en paires ou en chaînes, immobiles, parfois capsulés (Steptococcus dysgalactiae subsp. dysgalactiae), aéro-anaérobies, catalase négative, chimio-organotrophes, à métabolisme fermentatif, portant les antigènes des groupes C, G ou L de Lancefield, donnant (sur gélose au sang) des colonies alpha- ou bêta- ou non hémolytiques, ne survivant pas à un chauffage de 30 minutes à 60 °C.

Un caractère positif est obtenu pour les tests phosphatase alcaline, ADH, bêta-glucuronidase, leucine arylamidase, acidification de l'amidon, du glucose, du maltose, du ribose, du saccharose et du tréhalose.

Une réponse négative est notée pour les tests VP, alpha-galactosidase, acidification de l'arabinose, de l'inuline, du mannitol et du raffinose.

Une réponse variable selon les souches est obtenue pour les tests hydrolyse de l'esculine, hydrolyse de l'hippurate, pyrrolidonyl-arylamidase (réponse généralement négative), bêta-galactosidase (réponse toujours négative en galerie API 20 STREP), acidification du glycogène, du glycérol, du lactose, de la salicine, du tagatose et du sorbitol.
La recherche de l'acidification du tagatose et du sorbitol permet de reconnaître 4 biovars au sein des souches de Streptococcus dysgalactiae subsp. dysgalactiae isolées de mammites chez la vache.

Les caractères permettant de différencier Streptococcus dysgalactiae des autres streptocoques pouvant être bêta-hémolytiques figurent dans le tableau I et les caractères permettant de différencier les 2 sous-espèces sont données dans le tableau II.

La température optimale de croissance est de 37 °C et aucune culture n'est obtenue à 10 °C ou à 45 °C ou en présence de 6,5 p. cent de NaCl ou à un pH de 9,6.
La culture n'est possible que sur des milieux complexes et, sur une gélose au sang, les colonies de Streptococcus dysgalactiae subsp. dysgalactiae sont non hémolytiques ou s'entourent d'une zone d'hémolyse alpha alors que les colonies de Streptococcus dysgalactiae subsp. equisimilis sont bêta-hémolytiques.

 

Habitat et pouvoir pathogène

Streptococcus dysgalactiae subsp. dysgalactiae

Streptococcus dysgalactiae subsp. dysgalactiae est principalement isolé chez les bovins où il peut être présent dans la bouche, les amygdales et le vagin. Il est responsable de lésions du trayon et de mammites cliniques ou sub-cliniques, observées aussi bien en période de lactation que durant le tarissement. Lors de mammites, sa fréquence d'isolement est de l'ordre de14 à 20 p. cent et une même souche peut persister dans la mamelle d'une lactation sur l'autre. Son isolement à partir de mouches (Hydrotaea irritans) suggère que ces arthropodes puissent jouer un rôle dans la dissémination du germe. Plus rarement, cette bactérie est responsable de lésions cutanées ainsi que d'arthrites et de septicémies chez le veau.

Plusieurs facteurs de pathogénicité ont été mis en évidence chez les souches associées à des mammites : facteurs permettant l'adhésion aux cellules épithéliales puis la pénétration et la survie dans ces cellules, production d'une fibrinolysine (active sur la fibrine bovine mais non sur la fibrine humaine), production d'une hyaluronidase, production d'une streptokinase qui convertit le plasminogène en plasmine (la plasmine exerce une activité protéolytique ce qui permet à la bactérie d'utiliser les acides aminés pour sa croissance), fixation du fragment Fc des IgG, fixation de l'albumine, de la fibronectine, du fibrinogène, du collagène, de la vitronectine, du plasminogène et de l'alpha2-macroglobuline.

Streptococcus dysgalactiae subsp. dysgalactiae est plus rarement isolé chez les petits ruminants. Il est toutefois capable de provoquer des arthrites et des septicémies chez les agneaux ainsi que des arthrites chez la chèvre.

Streptococcus dysgalactiae subsp. equisimilis

- Homme (d'après Bouvet, Delmas et Freney 1994)
Les souches de Streptococcus dysgalactiae subsp. equisimilis des groupes C et G sont responsables d'infections pharyngées qui entraînent rarement des glomérulonéphrites post-streptococciques et jamais de rhumatisme articulaire aigu. Ces streptocoques sont également à l'origine d'infections très diverses : septicémies, méningites, endocardites, infections des tissus mous, infections ostéo-articulaires, pneumopathies.
Des souches du groupe G sont également isolées au cours de septicémies du post-partum et, parfois, elles sont responsables d'un syndrome de choc toxique.
Ces streptocoques possèdent de la protéine G qui fixe le fragment Fc des immunoglobulines G mais aussi, le fibrinogène, la fibronectine, la bêta2-microglobuline et l'apha2-macroglobuline.

Les souches du groupe L sont rarement présentes chez l'homme mais, Barnham et Neilson ont isolé de telles souches, à partir d'infections cutanées, chez des employés d'abattoir et des éleveurs de porcs.

- Carnivores
Les souches de streptocoques du groupe G, isolées des carnivores, appartiennent à l'espèce ¤ Streptococcus canis. En revanche des souches de Streptococcus dysgalactiae subsp. equisimilis des groupes C et L sont hébergées par le chat et le chien.
Les infections dues aux souches du groupe C n'ont été décrites que chez le chien. Ces bactéries ont été impliquées dans des pneumonies hémorragiques et purulentes, dans des infections urinaires, dans des septicémies voire même dans des cas de mort subite.
Les souches du groupe L sont rarement isolées. Chez le chien et chez le chat, elles sont impliquées dans de multiples infections (abcès, pharyngites, otites, infections ombilicales, arthrites, dermites, infections génitales, avortements...). Des souches du groupe L ont également été isolées de divers organes chez des phoques (Phoca vitulina et Halichoerus grypus) victimes d'épizooties à Morbillivirus (voir aussi le fichier ¤ Streptococcus phocae).

- Cétacés
Des souches du groupe L sont responsables de la formation d'abcès, de bronchopneumonies et de septicémies chez les marsouins (Phocoena phocoena) de la mer Baltique et de la mer du Nord. Les 35 souches étudiées par Swenshon et al. semblent avoir une origine clonale ou appartenir à un nombre limité de clones apparentés. Les animaux se contamineraient par contact direct et ces infections seraient, en partie, responsables de la diminution de la population de marsouins observée depuis le début du vingtième siècle.

- Équidés
Streptococcus dysgalactiae subsp. equisimilis provoque des infections similaires aux infections provoquées par ¤ Streptococcus equi subsp. zooepidemicus mais, avec une fréquence moindre. Il est isolé de lésions suppuratives très diverses, de septicémies néonatales, de polyarthrites, d'endométrites, de mammites et c'est un agent de complication des infections respiratoires.

- Porcs
Streptococcus dysgalactiae subsp. equisimilis est fréquemment isolé chez le porc. Les souches du groupe C sont présentes dans les cavités nasales, la gorge, les amygdales et les sécrétions vaginales. Les souches du groupe L sont isolées de la peau, de la gorge, des sécrétions vaginales et du prépuce.
Les infections sont fréquentes chez les porcelets, âgés de 1 à 3 semaines, qui se contaminent au contact des truies. Le germe pénètre à la faveur de plaies cutanées, par l'ombilic ou par les amygdales et il provoque une bactériémie et parfois une septicémie. Les animaux présentent une hyperthermie, un abattement et une anorexie. Des localisations secondaires à un ou plusieurs organes sont à l'origine d'arthrites (conduisant à des boiteries), d'endocardites ou de méningites. Pour éviter les infections, il est indispensable de conférer aux porcelets une immunité passive par l'intermédiaire du colostrum et d'éviter toutes lésions des pieds et des membres en utilisant des revêtements de sol non traumatisants. L'utilisation d'auto-vaccins, administrés aux truies, a également été préconisée.
Streptococcus dysgalactiae subsp. equisimilis (souches des groupes C et L) est également responsable d'infections cutanées, d'abcès sous-cutanés, de pneumonies, de pleurésies, de septicémies, d'infertilité, d'avortements ou d'agalaxie et il a été impliqué dans le syndrome "nécrose des oreilles". Cette affection a pour origine des lésions des oreilles dues principalement à des morsures ou à la contention des animaux. Les lésions sont contaminées par des staphylocoques (notamment ¤ Staphylococcus hyicus) mais elles peuvent également être colonisées par des streptocoques.

- Rongeurs de laboratoire
Des streptocoques du groupe C sont responsables d'infections chez les rongeurs de laboratoire (rats, souris, cobayes) mais, le plus souvent, ce sont des souches appartenant à la sous-espèce ¤ Streptococcus equi subsp. zooepidemicus. Greestein et al. ont cependant décrit, chez la souris, des cas d'infection par des souches du groupe C appartenant à l'espèce Streptococcus dysgalactiae subsp. equisimilis. Les souris présentaient des abcès hépatiques et péritonéaux et hébergeaient le germe dans la gorge et dans les selles.

- Ruminants
Des souches de Streptococcus dysgalactiae subsp. equisimilis des groupes C et L sont responsables de septicémies, d'abcès, d'arthrites, d'avortements, de mortinatalités ainsi que de mammites chez la vache. Chez les agneaux des omphalites et des arthrites à Streptococcus dysgalactiae subsp. equisimilis ont été décrites et cette bactérie est la principale cause d'arthrites infectieuses en Angleterre et au Pays de Galle.

 

Diagnostic bactériologique

 

Le diagnostic de certitude nécessite l'isolement et l'identification du germe. Le nombre de bactéries est parfois faible, notamment lors d'une inflammation importante (arthrite, mammite) et l'inoculum doit être important.

L'isolement est généralement réalisé sur une gélose au sang exempte de sucres réducteurs qui influencent l'hémolyse. Les milieux fréquemment utilisés sont une gélose trypticase soja ou une gélose Columbia au sang de mouton ou de cheval (le sang de cheval permettrait une meilleure expression de l'hémolyse et son utilisation est recommandée par certains auteurs). La concentration en sang du milieu ainsi que la hauteur de la gélose peuvent influer sur l'hémolyse et il convient d'utiliser une gélose de 4 mm d'épaisseur contenant 5 p. cent de sang. Les boîtes sont incubées à 37 °C en aérobiose ou mieux, dans une atmosphère anaérobie ou une atmosphère contenant 10 p. cent de CO2.

L'ensemencement sur gélose peut être précédé d'une étape d'enrichissement effectuée dans un milieu liquide tel que le bouillon de Todd-Hewitt incubé une nuit à 37 °C. L'isolement devra alors être réalisé, en parallèle, sur un milieu non sélectif et sur un milieu sélectif tel qu'une gélose Columbia ANC (acide nalidixique - colimycine) au sang.

L'identification présomptive du genre Streptococcus repose sur les caractères morphologiques, les caractères culturaux, l'absence de catalase et le type respiratoire.

L'identification de l'espèce tient compte de l'origine du prélèvement, de l'hémolyse, des caractères antigéniques et biochimiques.
- Hémolyse :
Les colonies de Streptococcus dysgalactiae subsp. dysgalactiae s'entourent d'une hémolyse verdâtre à bords mal limités (hémolyse alpha) ou sont non hémolytiques. Les colonies de Streptococcus dysgalactiae subsp. equisimilis s'entourent d'une zone d'hémolyse totale à bords nets (hémolyse bêta).
- Sérogroupage :
L'extraction de l'antigène de groupe par la technique de Lancefield (traitement à l'acide chlorhydrique à 100 °C) ou de Fuller (traitement à la formamide à 160 °C), suivie d'une caractérisation par une technique de précipitation en milieu liquide (réaction effectuée dans des tubes capillaires et utilisant des immunsérums spécifiques) est rarement utilisée par les laboratoires de diagnostic non spécialisés. La plupart des laboratoires de diagnostic utilisent des kits de réactif (extraction enzymatique de l'antigène et identification à l'aide de particules de latex recouvertes d'anticorps) permettant la caractérisation des antigènes des groupes A, B, C, D, F et G. Le gros inconvénient de ces kits tient au fait qu'ils ne permettent pas la caractérisation des souches du groupe L.
- Étude des caractères biochimiques :
Actuellement, la majorité des laboratoires utilise des galeries prêtes à l'emploi comme les galeries API 20 STREP. L'établissement d'un profil par codage des résultats et recherche de ce profil dans la base de données du fabricant peut conduire à des erreurs et il est souvent préférable de se reporter à des tableaux d'identification.

Les souches du groupe G appartenant à l'espèce Streptococcus dysgalactiae subsp. equisimilis se distinguent de ¤ Streptococcus canis et de ¤ Streptococcus alactolyticus par les caractères mentionnés sur le tableau III.

Les souches du groupe C appartenant à l'espèce Streptococcus dysgalactiae subsp. equisimilis se différencient des souches du groupe C du complexe "Streptococcus milleri" car ces dernières donnent de petites colonies et elles sont VP positive.

En médecine vétérinaire, les souches bêta-hémolytiques de Streptococcus dysgalactiae subsp. equisimilis portant l'antigène C peuvent être confondues avec ¤ Streptococcus equi subsp. equi ou avec ¤ Streptococcus equi subsp. zooepidemicus. Les éléments du diagnostic différentiel sont donnés dans le tableau IV.

 

Sensibilité aux antibiotiques

 

Streptococcus dysgalactiae est sensible à l'ensemble des bêta-lactamines et notamment à la pénicilline G. Des résistances acquises vis-à-vis des aminosides (rendant illusoire l'association avec une bêta-lactamine car on n'observe plus de synergie), du chloramphénicol, des macrolides et surtout des tétracyclines sont possibles.

 

Orientation bibliographique

 

Articles consacrés à la systématique

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Autres articles

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* : L'étude de Devriese et al. a concerné 28 souches isolées de mammites cliniques chez les bovins et 3 souches isolées du chien. Toutefois, les souches du groupe G, formant de grandes colonies bêta-hémolytiques et isolées du chat appartiennent également à l'espèce ¤ Streptococcus canis.

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