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Dernière mise à jour le 02 juin 1999
STAPHYLOCOCCUS LUTRAE
Systématique
Staphylococcus lutrae est la nomenclature proposée en 1997 pour trois souches de staphylocoques à coagulase positive isolées de loutres. L’étude de la séquence de l’ADN codant pour l’ARNr 16S révèle que cette bactérie est distincte des autres espèces du genre Staphylococcus et l'étude des caractères phénotypiques permettent de l'identifier.
Caractères bactériologiques
Staphylococcus lutrae présente tous les caractères du genre Staphylococcus. Ce sont des coques à Gram positif, se présentant de manière isolée ou groupés par 2 ou en amas irréguliers, immobiles, aéro-anaérobies, catalase positive, nitrate réductase positive, oxydase négative. Un caractère positif est noté pour les tests coagulase, DNase* (réaction faiblement positive), sensibilité à la lysostaphine et à la novobiocine, uréase, acidification de l’adonitol, du dulcitol, du galactose, du glucose, de l’inositol, du lactose, du maltose, du mannose, du sorbitol, du tréhalose et du xylose. Une réponse négative est obtenue vis-à-vis des tests oxydase, clumping factor, hyaluronidase, ADH et VP. L'acidification du mannitol est positive pour 2 souches sur les 3 testées.
En utilisant les plaques API RAPIDEC STAPH, Staphylococcus lutrae est uréase négative mais phosphatase alcaline et bêta-galactosidase positives ce qui donne un profil correspondant, selon la notice du fabriquant, à ¤ Staphylococcus intermedius ou Staphylococcus xylosus.
Sur gélose P (après 3 jours d’incubation à 37 °C puis 2 jours d'incubation à 20 °C) les colonies sont lisses, circulaires, limitées par un contour régulier et leur taille varie de 3,5 à 4,5 mm.
Les principaux caractères permettant de différencier Staphylococcus lutrae des autres espèces de staphylocoques produisant ou pouvant produire une coagulase figurent sur le tableau I.
Habitat et pouvoir pathogène
Staphylococcus lutrae, a été isolé lors d’analyses bactériologiques effectuées sur des organes de loutres européennes (Lutra lutra) retrouvées mortes dans des îles situées à l’ouest de l’Écosse (îles du Jura, de Skye et de Mull). Les trois souches isolées proviennent du foie, de la rate et de la glande mammaire ainsi que du nœud lymphatique supramammaire. Le pouvoir pathogène de Staphylococcus lutrae est probable mais aucune tentative d’infection expérimentale n’a été faite.
Orientation bibliographique
FOSTER (G.), ROSS (H.M.), HUTSON (R.A.) et COLLINS (M.D.) : Staphylococcus lutrae sp. nov., a new coagulase-positive species isolated from otters. Int. J. Syst. Bacteriol., 1997, 47, 724-726. TAKAHASHI (T.), SATOH (I) et KIKUCHI (N.) : Phylogenetic relationships of 38 taxa of the genus Staphylococcus based on 16S rRNA gene sequence analysis. Int. J. Syst. Bacteriol., 1999, 49, 725-728.
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* : Production de DNase étudiée selon la technique de Devriese et Van De Kerckhove
Référence : DEVRIESE (L.A.) et VAN DE KERCKHOVE (A.) : A comparison of methods and the validity of deoxyribonuclease tests for the charaterization of staphylococci isolated from animals. J. Appl. Bacteriol., 1979, 46, 385-393.
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