|
|
Dernière mise à jour le 06 octobre 1999
"SPIRILLUM MINUS"
Autre dénomination : "Spirillum minor" (sic).
"Spirillum minus" est une bactérie mal caractérisée, qui ne cultive pas in vitro et qui n'est certainement ni un représentant du genre Spirillum ni un représentant du genre Aquaspirillum. Pour ces différentes raisons, la dénomination de "Spirillum minus" est absente des Approved Lists of Bacterial Names, elle n'a pas été validement publiée depuis le 01 janvier 1980 et elle n'a pas de statut dans la nomenclature bactérienne.
Les travaux consacrés à cette bactérie sont très peu nombreux :
. Elle n'est pas étudiée dans la septième édition (1999) du Manual of Clinical Microbiology (P.R. Murray et al., ASM Press).
. Elle n'est pas répertoriée dans l'index de la deuxième édition (1994) du Manuel de Bactériologie Clinique (J. Freney et al., Elsevier).
. L'interrogation de la base de données PubMed (http://www.ncbi.nlm.nih.gov/PubMed/), effectuée à la date du 6 octobre 1999, ne renvoie que 3 documents : un article historique consacré à Henry Van Dyke Carter qui a décrit ce germe pour la première fois, un article publié dans la revue East Afr Med J et un article publié dans la revue Rev Soc Bras Med Trop. Ces deux dernières publications décrivent 2 cas cliniques, l'un chez un sujet vivant au Kenya et l'autre chez un sujet vivant au Brésil.
"Spirillum minus" est une bactérie à Gram négatif, aérobie ou micro-aérophile, spiralée, présentant 2 à 6 tours de spires, mesurant 0,2 à 0,5 µm de diamètre sur 2 à 5 µm de longueur, aux extrémités mousses ou pointues. Le germe est très mobile grâce à un ou à plusieurs flagelles insérés à chacune des extrémités de la cellule.
Quelques travaux, déjà anciens (1944), font état de la culture de "Spirillum minus" dans des milieux liquides. Ces résultats n'ont jamais été confirmés et il semble que le germe ne soit pas cultivable in vitro.
"Spirillum minus" semble être un hôte de la cavité buccale du rat chez lequel l'infection est asymptomatique. Le taux de portage est variable selon les pays mais peut atteindre 25 p. cent. Expérimentalement, l'infection est transmissible à la souris, au cobaye et au singe.
Comme c'est le cas pour la streptobacillose à ¤ Streptobacillus moniliformis, les infections à "Spirillum minus" sont transmissibles à l'homme par morsure.
Chez l'homme, "Spirillum minus" est responsable d'une maladie connue sous le nom de "rat-bite fever" ou de "Sodoku" (du japonais so = rat et doku = poison). La maladie a une répartition mondiale mais serait plus fréquente en Asie, notamment au Japon. La contamination de l'homme résulte d'une morsure de rat et, plus rarement, d'une morsure de souris ou d'une morsure d'un animal ayant consommé des petits rongeurs (chat, chien, furet...).
La plaie cicatrise normalement puis, environ deux semaines plus tard, la plaie devient douloureuse, elle est le siège d'une inflammation, d'une induration voire même d'un ulcère. Cette lésion s'accompagne d'une adénite régionale, d'une lymphangite et d'un rash (érythème, macules ou papules) d'abord localisé autour de la plaie puis s'étendant progressivement. Les signes généraux apparaissent avec un retard de 24 à 48 heures et ils consistent en une fièvre et des céphalées. En quelques jours, les signes cliniques s'estompent mais, 3 à 7 jours plus tard, on assiste à un deuxième épisode clinique associant signes locaux et généraux. Au cours du temps, de nouveaux épisodes sont observés et, en l'absence de traitement, la maladie peut durer plusieurs mois et conduire à une altération importante de l'état général voire même à la mort dans 6 à 10 p. cent des cas.
Les infections à "Spirillum minus" se distinguent de la streptobacillose (voir ¤ Streptobacillus moniliformis) car on note une réactivation de la plaie, une adénite et une lymphangite, les arthrites sont rares et les signes cutanés sont différents.
Contrairement à ¤ Streptobacillus moniliformis, l'isolement de "Spirillum minus" ne peut se faire in vitro. Le diagnostic repose sur la mise en évidence du germe chez le malade ou sur l'inoculation à l'animal de laboratoire.
. La mise en évidence du germe nécessite l'examen au microscope à contraste de phase ou à fond noir du sang, du suc ganglionnaire ou d'un exsudat prélevé au niveau de la lésion de morsure ou au niveau d'une lésion cutanée. Cette recherche directe est souvent négative car les germes sont peu nombreux.
. L'inoculation à l'animal de laboratoire est effectuée chez la souris et le cobaye. Avant toute inoculation, le sang de ces animaux est examiné pour s'assurer qu'ils sont exempts de bactéries morphologiquement proches de "Spirillum minus". Quatre souris reçoivent 1 mL de sang par voie intrapéritonéale et un cobaye est inoculé par la même voie avec 2 mL de sang. Le sang ou le liquide péritonéal de ces animaux est examiné en microscopie (soit à l'état frais soit après coloration), chaque semaine, durant 4 semaines. Avant examen, le sang peut être défibriné puis centrifugé lentement et le test est effectué sur le surnageant. Chez la souris, le nombre maximal de bactéries est observé 2 à 3 semaines après l'inoculation d'un prélèvement positif et chez le cobaye le nombre maximal est obtenu après 1 à 3 semaines.
En cas de résultat négatif et si la suspicion clinique est forte, il est recommandé de sacrifier les animaux et d'examiner des calques de myocarde après coloration au Giemsa dilué (1 goutte pour 1 mL d'eau, temps de coloration 20 minutes, rinçage à l'acétone durant 15 secondes). Lors d'une réponse positive, il est souvent possible d'observer 5 à 50 bactéries par champ microscopique.
La sensibilité aux antibiotiques est inconnue mais les infections peuvent être guéries par un traitement à base de streptomycine, de pénicilline ou de tétracycline.
Orientation bibliographique
ANONYME : Le sodoku. In : B. TOMA (Coordonateur) : Les zoonoses infectieuses, polycopié rédigé de manière concertée par les enseignants de maladies contagieuses des quatre Écoles Nationales Vétérinaires françaises, distribué par la Société Merial, édition du mois d'octobre 1998, p. 75.
KRIEG (N.R.) : Genus Aquaspirillum Hylemon, Wells, Krieg and Jannasch 1973, 361AL. In : N.R. KRIEG and J.G. HOLT (ed.), Bergey’s Manual of Systematic Bacteriology, vol. 1, The Williams & Wilkins Co, Baltimore, 1984, p. 72-90.
NORWOOD (B.) : Rat-bite fever. http://ella.austin.cc.tx.us/microbio/2993c/rat.html
ROGOSA (M.) : Streptobacillus moniliformis and Spirillum minor. In : E.H. LENETTE, A. BALOWS, W.J. HAUSLER et J.P. TRUANT (éd.) : Manual of Clinical Microbiology, third edition, American Society for Microbiology, Washington, D.C., 1980, p. 350-356.
AVIS JURIDIQUE IMPORTANT : Les informations qui figurent sur ce site sont soumises à une clause de non responsabilité et sont protégées par un copyright.
|