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Créé le 11 février 2000
STREPTOCOCCUS ORISRATTI
Systématique
L'ensemble des "streptocoques oraux", également dénommé "streptocoques viridans" pour l'opposer aux streptocoques bêta hémolytiques, comprend de nombreuses espèces commensales des muqueuses de l'homme ou des animaux. Ces bactéries sont également responsables de caries (notamment Streptococcus mutans) et elles sont associées à des endocardites, des septicémies, des pneumopathies ou des suppurations.
En étudiant l'influence d'une nourriture riche en saccharose sur la composition de la flore orale de rats Sprague-Dawley, Zhu et al. (1999) ont isolé, sur milieu MSA* (Mitis Salivarius Agar), des souches de streptocoques alpha hémolytiques.
Les ADN de ces souches présentent au moins 98,8 p. cent d'homologie alors que les pourcentages d'homologie avec les ADN des autres streptocoques oraux sont compris entre 6,4 et 28,6.
L'analyse de 1337 bases de l'ADNr 16S révèle que cette nouvelle espèce appartient au "groupe de Streptococcus mutans".
Caractères bactériologiques
Les souches de Streptococcus orisratti sont constituées de coques à Gram positif, immobiles, groupés par deux ou en courtes chaînes de trois à six cellules, aéro-anaérobies, catalase négative, possédant l'antigène du groupe A de Lancefield. Un caractère positif est noté pour les tests hydrolyse de l'esculine, hydrolyse de l'amidon, leucine arylamidase (API 20 Strep), acidification (galeries API) de l'amygdaline, de l'arbutine, du cellobiose, du fructose, du galactose, de la glucosamine, du glucose, du glycogène, de l'inuline, du lactose, du maltose, du mannose, du mélibiose, du raffinose, du saccharose, de la salicine et du tréhalose. La réponse est négative pour les tests ADH, hydrolyse de l'hippurate, VP, formation de polyosides (dextranes et levanes) à partir du saccharose, pyrrolidonyl arylamidase, alpha-galactosidase, bêta-galactosidase, bêta-glucuronidase, phosphatase alcaline, acidification du L-arabinose, du mannitol, du mélézitose, du ribose et du sorbitol. En galeries API 20 Strep, le profil numérique est 4 0 4 0 4 7 3 ce qui oriente le diagnostic vers ¤ Streptococcus bovis, ¤ Streptococcus pneumoniae, Streptococcus sanguinis ou ¤ Streptococcus suis. En galerie Rapid ID32, le profil 2 0 0 7 2 0 6 1 1 1 1 oriente vers ¤ Streptococcus bovis ou ¤ Streptococcus suis et en galerie API 50 CHS le germe est identifié comme étant une souche de ¤ Streptococcus suis.
La présence de l'antigène du groupe A de Lancefield permet de différencier Streptococcus orisratti de ¤ Streptococcus suis, de ¤ Streptococcus equinus (synonyme antérieur et hétérotypique de Streptococcus bovis), de ¤ Streptococcus gallolyticus, de ¤ Streptococcus pneumoniae, de Streptococcus sanguinis et des autres espèces du "groupe de Streptococcus mutans".
La culture est obtenue à 37 °C, à 45 °C, en présence de 10 ou de 40 p. cent de bile et dans un bouillon à pH 9,6. En revanche, la croissance est impossible à 50 °C ou en présence de 6,5 p. cent de NaCl.
Quelques caractères permettant de différencier Streptococcus orisratti des autres espèces formant le groupe de Streptococcus mutans sont donnés dans le tableau I.
Habitat et pouvoir pathogène
Les souches de Streptococcus orisratti ont été isolées de la bouche de rats Sprague-Dawley. Elles sont présentes chez environ 50 p. cent des animaux et leurs nombres augmentent lorsque les rats sont nourris avec une alimentation riche en saccharose. Le pouvoir pathogène et notamment le pouvoir cariogène de cette nouvelle espèce sont inconnus. On peut cependant remarquer que cette bactérie ne produit pas de polyosides à partir du saccharose.
Les souches des sérovars 32 et 34 de ¤ Streptococcus suis seraient en fait des souches de Streptococcus orisratti si bien que le spectre d'hôte de cette bactérie ne serait pas restreint au rat.
Orientation bibliographique
BOUVET (A.), DELMAS (P.) et FRENEY (J.) : Streptococcaceae : Streptococcus, Enterococcus, Lactococcus. In : J. FRENEY, F. RENAUD, W. HANSEN et C. BOLLET : Manuel de bactériologie clinique, volume 2, 2ème édition, Elsevier, collection Option Bio, Paris, 1994, 99. 705-740. HILL (J.E.), GOTTSCHALK (M.), BROUSSEAU (R.), HAREL (J.), HEMMINGSEN (S.M.) et GOH (S.H.) : Streptococcus suis serotypes 32 and 34, isolated from pigs, are Streptococcus orisratti. Vet. Microbiol., 2005, 107, 63-69. SAUVÊTRE (E.) : Bactériologie de la carie dentaire et des maladies du parodonte, de l'endodonte et du périapex. In : J. FRENEY, F. RENAUD, W. HANSEN et C. BOLLET : Manuel de bactériologie clinique, volume 2, 2ème édition, Elsevier, collection Option Bio, Paris, 1994, 99. 643-664. SCHLEGEL (L.) et BOUVET (A.) : Streptocoques et genres apparentés : abiotrophes et entérocoques. Bull. Soc. Fr. Microbiol., 1998, 13 HS, 7-17. ZHU (H.), WILLCOX (M.D.P.) et KNOX (K.W.) : A new species of oral Streptococcus isolated from Sprague-Dawley rats, Streptococcus orisratti sp. nov. Int. J. Syst. Evol. Microbiol., 2000, 50, 55-61.
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Milieu MSA ou Mitis-Salivarius Agar (composition pour un litre de milieu) :
Saccharose : 50,0 g
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