J.P. Euzéby : Dictionnaire de Bactériologie Vétérinaire

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Dernière mise à jour le 19 août 1999

 

STREPTOCOCCUS PLURANIMALIUM

 

Systématique

 

Streptococcus pluranimalium est la nomenclature proposée en 1999, par Devriese et al., pour des streptocoques capables d'hydrolyser l'esculine et isolés de mammites sub-cliniques chez les bovins (5 souches) ainsi que pour 18 autres souches, phénotypiquement proches, isolées de bovins (7 souches isolées du vagin et 5 souches isolées des amygdales), d'un caprin (1 souche isolée des amygdales), d'un chat (1 souche isolée des amygdales) et de canaris (2 souches isolées des poumons, 1 souche isolée du jabot et 1 souche isolée de lésions cutanées).

L'analyse électrophorétique des protéines montre que les 23 souches forment une unique espèce. L'analyse de la séquence de l'ADNr 16S, effectuée sur 2 souches, révèle qu'elles sont étroitement apparentées et qu'elles méritent de constituer une nouvelle espèce, phylogénétiquement proche de ¤ Streptococcus hyovaginalis et de ¤ Streptococcus thoraltensis.

 

Caractères bactériologiques

 

Les souches de Streptococcus pluranimalium sont des coques à Gram positif, immobiles, non capsulés, groupés en chaînes de longueur variable ou par deux ou en petits amas, aéro-anaérobies, catalase négative, à métabolisme fermentatif. Les caractères biochimiques ont été étudiés à l'aide de galeries API® (API 20 STREP, API 50CH, rapid ID32 STREP) et de galeries BBL CRYSTAL® Gram-Positive Identification Kit (voir : ¤).

Un caractère positif est obtenu pour les tests hydrolyse de l'hippurate, leucine arylamidase, alanine-phénylalanine-proline arylamidase, hydrolyse de la 4-méthyl-umbelliferone-phosphate, hydrolyse de la L-phénylalanine 7-amido-4-méthyl-coumarine, hydrolyse du L-tryptophane 7-amido-4-méthyl-coumarine, acidification (parfois faible et lente avec certaines souches) du glucose, du fructose et du tréhalose.

Une réponse négative est notée pour les caractères VP, amylase, uréase, hydrolyse du p-nitrophényl alpha-D-maltoside, bêta-mannosidase, acidification de l'adonitol, de l'amidon, du D- et du L-arabitol, du D- et du L-arabinose, de la D-cyclodextrine, du 2- et du 5-cétogluconate, du dulcitol, de l'érythritol, du D- et du L-fucose, du méthyl alpha-D-glucoside, du gluconate, du glycogène, de l'inositol, de l'inuline, du D-lyxose, du méthyl alpha-D-mannoside, du pullulane, du rhamnose, du L-sorbose, du D-turanose, du D- et du L-xylose, du xylitol et du méthyl bêta-xyloside.

De nombreux caractères biochimiques conduisent à une réponse variable selon les souches. Pour Devriese et al. (1999), cette variabilité pourrait refléter la diversité de l'habitat et pourrait correspondre à l'existence de plusieurs taxons d'un rang hiérarchique inférieur à l'espèce (sans doute des écovars). De ce point de vue, l'étude de la variabilité biochimique permet d'individualiser les souches isolées de l'appareil génital des bovins (voir tableau I).

Sur gélose Columbia au sang de mouton, les colonies obtenues après 24 heures d'incubation à 37 °C, sont non pigmentées, transparentes, à contour régulier, d'un diamètre inférieur à 1 mm et elles s'entourent d'une zone d'hémolyse alpha et d'une zone verdâtre très marquée et à contour très net. La croissance après incubation à 42 °C est similaire à celle observée après incubation à 37 °C par contre, elle est extrêmement faible à 25 °C. L'incubation en présence de 5 p. cent de CO2 stimule faiblement la croissance de certaines souches.
Toutes les souches cultivent sur la gélose de Edwards* en donnant des colonies brunes ou noires, le plus souvent entourées d'une zone brune. La croissance sur gélose de Slanetz et Bartley** conduit au développement de colonies minuscules sans noircissement du milieu et sur gélose esculine-azide-kanamycine*** la croissance est faible ou nulle.
Après 24 heures d'incubation en bouillon cœur-cervelle, la plupart des souches donnent un dépôt surmonté d'un surnageant limpide. La croissance dans un bouillon contenant 6,5 p. cent de NaCl est variable selon les souches (tableau I).

 

Habitat et pouvoir pathogène

 

Les souches de Streptococcus pluranimalium ont été isolées de plusieurs espèces animales (bovins, chèvre, chat, oiseaux) et de divers tissus (amygdales, mamelles, appareil génital, poumons, peau). Une telle diversité de l'habitat est un caractère inhabituel pour une espèce du genre Streptococcus.
Bien que le germe ait été isolé de cas de mammites sub-cliniques chez la vache et de lésions pulmonaires et cutanées chez le canari, le pouvoir pathogène de cette espèce demeure incertain.

 

Diagnostic bactériologique

 

Sur gélose au sang, les colonies entourées d'une large zone d'hémolyse verdâtre à contour net, peuvent correspondre à des colonies de Streptococcus pluranimalium. Il en va de même pour les colonies de couleur brune foncée ou noire, entourées d'une zone brune, obtenues sur le milieu de Edwards. L'identification sera assurée par la recherche des caractères bactériologiques et les principaux caractères permettant de différencier Streptococcus pluranimalium des autres espèces du genre Streptococcus phénotypiquement ou phylogénétiquement proches figurent sur le tableau II.
Streptococcus pluranimalium peut également être confondu avec des ¤ entérocoques ou avec des lactocoques. Toutefois, le caractère VP négatif de Streptococcus pluranimalium permet d'assurer le diagnostic différentiel.

 

Sensibilité aux antibiotiques

 

Aucune donnée n'est disponible.

 

Orientation bibliographique

 

DEVRIESE (L.A.) : Streptococcal ecovars associated with different animal species: epidemiological significance of serogroups and biotypes. J. Appl. Bacteriol., 1991, 71, 478-483.

DEVRIESE (L.A.), VANDAMME (P.), COLLINS (M.D.), ALVAREZ (N.), POT (B.), HOMMEZ (J.), BUTAYE (P.) et HAESEBROUCK (F.) : Streptococcus pluranimalium sp. nov., from cattle and other animals. Int. J. Syst. Bacteriol, 1999, 49, 1221-1226.

 

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* : Gélose de Edwards (composition pour un litre) :
Agar : 15,0 g
Extraits de viande de bœuf : 10,0 g
Peptone : 10,0 g
NaCl : 5,0 g
Esculine : 1,0 g
Tl2SO4 : 0,33 g
Cristal violet : 1,3 mg
Sang de bovin ou de mouton : 50,0 mL

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** : Gélose de Slanetz et Bartley (composition pour un litre) :
Tryptose : 20,0 g
Agar : 10,0 g
Extraits de levure : 5,0 g
Na2HPO4 2H2O : 4,0 g
Glucose : 2,0 g
NaN3 : 0,4 g
Chlorure de tétrazolium : 0,1 g

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*** : Gélose esculine-azide-kanamycine (composition en grammes par litre) :

Tryptone : 20,0
Extraits de levure : 5,0
Glucose : 1,0
NaCl : 5,0
Citrate de fer ammoniacal : 0,5
Citrate de sodium : 1,0
Azide de sodium : 0,15
Sulfate de kanamycine : 0,02
Agar : 10,0

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