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Dernière mise à jour le 24 février 1999
STREPTOCOCCUS PNEUMONIAE
Autres dénominations :
En raison de son important pouvoir pathogène pour l'homme, Streptococcus pneumoniae a fait l'objet de nombreux travaux depuis la fin du 19ème siècle. L'étude de cette bactérie a permis de nombreuses découvertes concernant les mécanismes de pathogénicité, la réponse immunitaire à médiation humorale, les transferts génétiques (découverte de la transformation bactérienne dont l'étude a permis de montrer que l'ADN est le support de l'information génétique), ... Ces aspects historiques, bien que passionnant, sortent de notre propos mais, le lecteur intéressé pourra se reporter à l'article publié en 1993 par Watson et al.
Systématique
Dans le "Bergey's Manual of Systematic Bacteriology", Streptococcus pneumoniae est placé dans le groupe des "streptocoques pyogènes" ce qui peut se justifier compte tenu de la gravité des infections dont il est responsable. Toutefois, l'analyse de la séquence des gènes codant pour l'ARNr 16S montre une parenté (98,5 p. cent d'homologie) avec Streptococcus oralis ce qui permet de placer Streptococcus pneumoniae dans le groupe des "streptocoques oraux". Les homologies ADN - ADN et la composition chimique de la paroi avaient déjà permis à Kilpper-Bälz et al. (1983) d'arriver à une conclusion similaire.
Caractères bactériologiques
Les souches de Streptococcus pneumoniae sont constituées de coques ou de cocco-bacilles, à Gram positif (la coloration de Gram se perd dans les vieilles cultures et les bactéries peuvent alors apparaître comme des coques à Gram négatif), typiquement groupés par deux et d'allure lancéolée ou en huit mais pouvant se présenter de manière isolée ou en courtes chaînes (les repiquages favorisent la formation de chaînes), capsulés (fortement capsulés à l'isolement), aéro-anaérobies, à métabolisme fermentatif, catalase négative, VP négatif, hydrolysant l'esculine, acidifiant l'inuline, le fructose, le galactose, le glycogène, le glucose, le lactose, le maltose, le saccharose, le tréhalose et le raffinose, acidifiant lentement l'arabinose, l'érythritol, le glycérol et le xylose, n'acidifiant ni le cellobiose, ni le dulcitol, ni l'inuline, ni le mannitol, ni le ribose, ni la salicine, ni le sorbitol. Quelques souches produisent une pyrrolidonyl-arylamidase.
Deux caractères bactériologiques permettent de caractériser Streptococcus pneumoniae : la sensibilité à l'optochine1 et la lyse par la bile2.
La structure antigénique de la capsule permet de reconnaître des sérovars3 qui, sur la base de spécificités antigéniques communes, sont regroupés en 46 sérogroupes numérotés de 1 à 48 (les chiffres 26 et 30 ne sont pas attribués). Dans les formules antigéniques, la lettre "a" désigne la spécificité antigénique caractéristique du sérovar ou commune aux sérovars d'un même sérogroupe. Les lettres "b", "c", ... désignent les spécificités antigéniques additionnelles. Les sérovars d'un même sérogroupe sont désignés par des lettres capitales "A", "B", ... La lettre "F" (pour first) est parfois utilisée pour désigner le premier sérovar d'un sérogroupe. Dans le sérogroupe 9, les lettres "L", "N" et "V" sont également utilisées pour la désignation des sérovars (L pour Lederle, N pour Neufeld et V pour Valdemar). Les 90 sérovars identifiés sont présentés sur le tableau I.
La croissance, surtout à l'isolement, est favorisée par l'adjonction de sang, de sérum ou d'ascite et aucune culture ne se développe sur un milieu bile-esculine.
Habitat et pouvoir pathogène
Streptococcus pneumoniae est un parasite obligatoire qui colonise les muqueuses de l'homme et de quelques mammifères. Son principal habitat est constitué par le rhino-pharynx de l'homme et pratiquement tout individu a été en contact avec des pneumocoques avant l'âge de 2 ans.
Chez l'homme, l'incidence de l'infection est plus importante chez les enfants âgés de moins de 2 ans et chez les sujets âgés de plus de 60 ans. En dépit des traitements antibiotiques, le taux de mortalité est élevé et, à titre d'exemple, il est d'environ 25 p. cent en cas de septicémie et de 15 p. cent en cas pneumonie.
Chez l'animal, l'importance des pneumocoques est mal connue et l'infection est certainement mal diagnostiquée. Des infections ont été décrites chez des primates (pneumonies, méningites, septicémies observées chez Macaca sp., Hylobates sp., Cercopithecus sp., Papio sp., Pan troglodytes), chez un chat (septicémie et arthrite dues au sérovar 23F), chez des bovins, des caprins, des ovins, des équins et chez diverses espèces de rongeurs.
La présence de Streptococcus pneumoniae à la fois chez l'homme et chez l'animal, suggère que cette bactérie puisse être l'agent de zoonoses. Aucun cas humain ne semble avoir eu pour origine la contamination des animaux (mais cette possibilité ne peut être écartée) alors que, à plusieurs occasions, il semble que l'homme soit à l'origine d'une contamination des animaux (anthropozoonose).
Facteurs de pathogénicité
Le pouvoir pathogène des pneumocoques a été attribué à de nombreux facteurs de pathogénicité et plus de 125 gènes pourraient être impliqués dans la virulence. Toutefois, les raisons permettant d'expliquer le taux élevé de mortalité sont encore mal comprises. Les principaux facteurs de virulence peuvent être divisés en deux groupes.
Les principaux facteurs de virulence figurent dans le tableau II.
Diagnostic bactériologique
En médecine vétérinaire, l'isolement et l'identification de Streptococcus pneumoniae ne sont pas toujours réalisés de façon optimale pour diverses raisons (voir les articles de Vaissaire et al.) :
L'examen bactérioscopique des prélèvements est une étape importante qui permet d'observer des diplocoques à Gram positif dont la morphologie est évocatrice de Streptococcus pneumoniae.
L'ensemencement doit être effectué sur une gélose Columbia contenant 5 p. cent de sang de cheval et incubée à 37 °C dans une atmosphère contenant 5 p. cent de CO2 pendant un temps ne dépassant pas 18 heures. Ces conditions de culture sont optimales pour observer l'aspect typique des colonies.
La culture en bouillon cœur-cervelle enrichi de 5 p. cent de sang de cheval et incubé 7 heures à 37 °C dans une atmosphère contenant 5 p. cent de CO2 offre les meilleures conditions pour observer la morphologie et caractériser la capsule (état frais en présence d'encre de Chine). Après avoir vérifié le type respiratoire et l'absence de catalase, l'identification peut faire appel à une galerie API 20 STREP mais elle doit toujours être confirmée par un test à l'optochine.
Des tests d'agglutination de particules de latex sensibilisées par des anticorps dirigés contre les 90 sérovars permettent une identification simple de Streptococcus pneumoniae à condition d'avoir préalablement vérifié que la bactérie à tester est bien un coque à Gram positif (il existe des réactions croisées avec certains bacilles à gram négatif comme Klebsiella pneumoniae ou Haemophilus influenzae). Les anticorps utilisés dans les kits commerciaux sont fournis par le "Statens Seruminstitut de Copenhague" (Omniserum).
L'identification précise du sérovar fait appel à des sérums polyvalents (9 sérums pools) puis à des sérums spécifiques. Le sérotypage est réalisé soit par agglutination soit par le test de gonflement de la capsule5 (ou réaction de Quellung). Le sérotypage est souvent confié à des laboratoires de référence.
Sensibilité aux antibiotiques
Streptococcus pneumoniae présente une résistance naturelle aux aminosides (résistance de bas niveau), à l'acide nalidixique, à l'acide fusidique (résistance de bas niveaux) et aux polymyxines. Parmi les nouvelles fluoroquinolones, la sparfloxacine est considérée comme active alors que la péfloxacine et la norfloxacine sont inactives. Les pneumocoques sont modérément sensibles à l'ofloxacine et à la ciprofloxacine et peu ou pas sensibles à la bacitracine.
En revanche, Streptococcus pneumoniae possède une sensibilité naturelle à de nombreux antibiotiques (bêta-lactamines à l'exception du mécillinam et de l'aztréonam, tétracyclines, chloramphénicol, macrolides, lincosamides, synergistines, sulfamides, triméthoprime, rifampicine, fosfomycine et glycopeptides) et la réalisation d'un antibiogramme a longtemps était considérée comme superflue car la pénicilline G était l'antibiotique de choix.
L'apparition en 1967 de souches présentant une sensibilité anormale à la pénicilline et l'augmentation progressive des CMI pose de graves problèmes thérapeutiques. La résistance à la pénicilline G est croisée avec les autres bêta-lactamines mais à des niveaux variables et elle est souvent associée à une résistance vis-à-vis d'autres familles d'antibiotiques (en particulier sulfamides, macrolides, tétracyclines et chloramphénicol). Chez les pneumocoques, l'acquisition d'une résistance aux bêta-lactamines ne résulte pas de la synthèse de bêta-lactamases mais d'une modification des PLP (protéines liant les pénicillines). Au moins quatre des PLP de haut poids moléculaire peuvent être modifiées et ces nouvelles PLP peuvent présenter jusqu'à 20 p. cent de divergence par rapport aux PLP des souches sensibles. La constitution de ces PLP "mosaïques" est certainement secondaire à des événements multiples de recombinaison avec des gènes provenant d'autres streptocoques. Le caractère naturellement transformable des pneumocoques aurait favorisé ces événements.
L'antibiogramme se réalise sur une gélose de Mueller Hinton additionnée de 5 p. cent de sang de cheval (ou de mouton) incubée 18 heures à 37 °C dans une atmosphère enrichie en CO2.
Prophylaxie
Les premiers vaccins à usage humain faisaient appel à des souches inactivées. Ces vaccins ont été abandonnés du fait de leur manque d'efficacité et de leurs effets secondaires. Dans les années 1930, l'immunogénicité des polyosides capsulaires a été démontrée et, l'immunité étant spécifique de sérovars, un vaccin hexavalent a été commercialisé. L'utilisation des antibiotiques et l'engouement pour l'antibiothérapie ont conduit à abandonner la pratique de la vaccination.
Aucun vaccin n'est disponible en médecine vétérinaire.
Orientation bibliographique
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AVIS JURIDIQUE IMPORTANT : Les informations qui figurent sur ce site sont soumises à une clause de non responsabilité et sont protégées par un copyright.
Réaliser un ensemencement en stries sur une gélose au sang.
Pour un disque de 6 mm, le test est positif si la zone d'inhibition a un diamètre supérieur à 14 mm.
Ce test n'est généralement pratiqué que lorsque l'interprétation du test à l'optochine est délicate.
Placer 0,5 ml d'une suspension en eau physiologique (opacité de 0,5 à 1 de l'échelle de McFarland) dans deux tubes (13 sur 100 mm).
Ajouter à l'un des tubes 0,5 ml de désoxycholate de sodium à 2 p. cent et ajouter dans l'autre tube 0,5 ml d'eau physiologique (tube témoin). Incuber à 35 °C et examiner les tubes à partir de la deuxième heure. Une clarification du tube contenant le désoxycholate et une absence de clarification dans le tube témoin indique une réaction positive. Si la lyse est incomplète, il est nécessaire de recourir à des tests complémentaires.
3 : Il existe deux systèmes de nomenclature pour désigner les sérovars, le système américain et le système danois (ou de Kauffmann-Lund). Actuellement, la nomenclature danoise est très largement utilisée et c'est celle que nous suivrons dans la suite du texte.
4 : Des acides lipoteichoïques, insérés dans la membrane cytoplasmique, sont des inhibiteurs de l'autolysine. Durant la phase stationnaire de croissance, ces acides sont libérés ce qui permet à l'autolysine d'exercer son activité.
5 : Sérotypage des pneumocoques par le test de gonflement de la capsule
Réaliser, à partir d'une culture fraîche de pneumocoques, une suspension en eau distillée. La suspension ne doit pas être trop dense (opacité de 1 sur l'échelle de McFarland).
Dans un premier temps, le sérotypage se réalise avec chacun des sérums polyvalents. Dans un deuxième temps, on teste individuellement chacun des sérums monovalents contenus dans le sérum polyvalent ayant donné un résultat positif.
6 : Les souches de sensibilité anormale aux bêta-lactamines sont classées en souches de moindre sensibilité (CMI comprise entre 0,1 et 1 mg/L) et en souches résistantes (CMI supérieure à 1 mg/L).
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