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Créé le 17 novembre 1999
SERRATIA
Autres dénominations :
Systématique
Le genre Serratia appartient à la famille des Enterobacteriaceae (voir le fichier Enterobacteriaceae, "Enterobacteriales").
La nomenclature et la taxonomie de quelques espèces du genre Serratia ont fait l'objet de quelques controverses ou de remaniements récents (postérieurs au 31 octobre 2002) :
. Serratia liquefaciens est une espèce connue depuis longtemps sous le nom de Enterobacter liquefaciens mais, les travaux de Steigerwalt et al. suggéraient l'hétérogénéité de ce taxon.
. Serratia marinorubra et Serratia rubidaea apparaissent dans les Approved Lists of Bacterial Names avec la même souche type (ATCC 27593) et ces deux espèces sont des "synonymes homotypiques". D’après Brenner, il s’agit d’une erreur du sous-comité chargé de la nomenclature des Enterobacteriaceae car la souche type de Serratia marinorubra est en fait la souche ATCC 27614 et ces espèces devraient avoir le statut de "synonymes hétérotypiques". Pour éviter toutes confusions, Grimont et Grimont (1984) proposent que la nomenclature de Serratia rubidaea (qui a priorité) soit la seule utilisée pour désigner le taxon "Serratia rubidaea-Serratia marinorubra". Bien que cette proposition ne soit pas validement publiée, nous respecterons la recommandation de ces auteurs. . Serratia fonticola était préalablement connue sous la dénomination de "Citrobacter lysine +" ou de "Citrobacter-like". Les études d'hybridation ADN - ADN montrent que ces souches sont apparentées au genre Serratia et Gavini et al. proposent la nomenclature de Serratia fonticola. Serratia fonticola diffère des autres espèces du genre par de nombreux caractères si bien que le Bergey's Manual of Systematic Bacteriology la considère comme incertae sedis et que de nombreux auteurs utilisent des guillemets pour désigner ce taxon ("Serratia" fonticola). Toutefois, les études de séquences nucléotidiques des ARNr 16S montrent que Serratia fonticola appartient bien au genre Serratia.
. Une souche bactérienne, la souche KRED (= CIP 107489 = JCM 11315), isolée d'eaux usées, constitue une sous-espèce de Serratia marcescens. Cette souche est sporulée et, pour cette raison, elle a d'abord été considérée comme un Bacillus sp. Toutefois, la structure de sa paroi est celle d'une bactérie à Gram négatif et ses caractères phénotypiques ainsi que la valeur de son G + C p. cent la rapprochent des Serratia sp. L'ARNr 16S de cette souche présente 99,6 p. cent d'homologie avec l'ARNr 16S de la souche type de Serratia marcescens et les homologies ADN - ADN entre ces deux souches sont de 97 p. cent. La souche KRED est donc une souche de Serratia marcescens mais, compte tenu de la présence d'une spore, Ajithkumar et al. proposent de la placer dans une sous-espèce distincte pour laquelle ils valident, le 7 février 2003, la nomenclature de Serratia marcescens subsp. sakuensis. En accord avec la règle 40d du Code de Nomenclature, la validation de cette sous-espèce crée, automatiquement, la sous-espèce Serratia marcescens subsp. marcescens.
Caractères bactériologiques
Les Serratia sp. sont des entérobactéries généralement mobiles, très généralement ONPG positive, le plus souvent VP positive (sauf Serratia fonticola), le plus souvent DNAse positive (sauf Serratia fonticola), le plus souvent lipase positive (sauf Serratia fonticola), le plus souvent gélatinase positive (sauf Serratia fonticola), fermentant le glucose, le mannitol, le D-mannose et le tréhalose, capables d’utiliser comme seule source de carbone le 4-aminobutyrate (sauf Serratia fonticola), le caprate (sauf Serratia fonticola), le caprylate (sauf Serratia fonticola), le L-fucose (sauf Serratia fonticola) et la tyrosine (sauf Serratia fonticola).
Certaines souches de Serratia marcescens (y compris la souche KRED de Serratia marcescens subsp. sakuensis) et la plupart des souches de Serratia plymuthica et de Serratia rubidaea élaborent un pigment insoluble dans l’eau, non diffusible, lié aux enveloppes cellulaires et connu sous le nom de prodigiosine. Ce pigment confère aux colonies des souches productrices une coloration rouge très prononcée tirant sur le violet. Sa formation est favorisée par une culture effectuée à 30 °C sur un milieu pauvre tel que l’agar au glycérol (peptone : 5 g, glycérol : 10 mL, agar : 20 g, eau distillée : 1000 mL). La production de prodigiosine a été à l'origine de phénomènes considérés comme miraculeux ou diaboliques (les hosties sanglantes, les fournées sanglantes...) et c'est l'étude d'une polenta colorée en rouge qui a permis la première description de Serratia marcescens.
L’étude des caractères phénotypiques permet de reconnaître des biogroupes et/ou des biovars au sein de la sous-espèce Serratia marcescens subsp. marcescens et de l'espèce Serratia odorifera :
L’étude des antigènes O, H et K permet de définir des sérovars. En ce qui concerne Serratia marcescens subsp. marcescens, 26 antigènes H, 19 antigènes O* et 14 antigènes K* ont été décrits. Plus de 70 sérovars ont été trouvés en France mais, le sérotypage est réservé aux laboratoires spécialisés.
La culture des espèces du genre Serratia est obtenue avec un optimum thermique de 37 °C pour Serratia ficaria, Serratia marcescens et Serratia odorifera et de 22 à 30 °C pour Serratia grimesii, Serratia liquefaciens, Serratia proteamaculans, Serratia plymuthica, Serratia quinivorans et Serratia rubidaea.
Habitat et pouvoir pathogène
D’une manière générale, les espèces du genre Serratia sont isolées des plantes (légumes, champignons, mousses), du tube digestif des rongeurs (40 p. cent des petits mammifères sauvages sont porteurs de Serratia sp.), des insectes, de l’eau et du sol. Serratia fonticola, Serratia grimesii, Serratia liquefaciens, Serratia proteamaculans et Serratia quinivorans sont les espèces le plus souvent isolées de l’environnement.
À l'exception de Serratia entomophila, de Serratia marcescens subsp. sakuensis et de Serratia proteamaculans, les autres taxons du genre Serratia peuvent se comporter comme des bactéries pathogènes opportunistes notamment chez les malades affaiblis ou présentant un déficit immunitaire ou souffrant de traumatismes. Chez l’homme, comme chez l’animal, il convient de noter la fréquence des infections nosocomiales ou iatrogènes : individus opérés, sondés, cathétérisés, traités avec des solutés ou des antiseptiques contaminés, porteurs d’implants contaminés...
Serratia marcescens subsp. marcescens est l'espèce la plus importante en bactériologie médicale.
Serratia ficaria a pu être isolée d’expectorations, d’infections des voies respiratoires, de plaies d’origine traumatique, de la bile, du sang et d’un cas d’ulcère de la jambe. Dans quelques cas, une relation a pu être établie entre l'infection et la consommation de figues fraîches ou un contact avec des figues. Serratia fonticola est (rarement) mise en évidence dans les sécrétions bronchiques, les selles, le pus sans que son pouvoir pathogène soit démontré. Un des seuls cas d’infections authentiques concerne un abcès de la jambe survenu après un traumatisme.
Serratia odorifera et Serratia rubidaea sont isolées du tractus respiratoire, du pharynx, des selles, de l’urine, du sang, de la bile, de plaies... Des cas d’infections authentiques à Serratia odorifera ont été décrits chez des individus souffrant de pancréatites ou de diverses maladies chroniques. Le biovar 1 de Serratia odorifera est exceptionnellement responsable de septicémies, de pancréatites ou d'infections urinaires chez des individus affaiblis et/ou porteurs de cathéters. Le biovar 2 est isolé de nombreux prélèvements, notamment sang et LCR, ce qui suggère qu'il puisse être pathogène dans certains cas.
Serratia liquefaciens est occasionnellement impliquée dans des infections opportunistes et c’est une espèce responsable de mammites sub-cliniques ou chroniques chez les bovins. Les infections intramammaires surviennent durant le tarissement et se perpétuent durant la lactation. Serratia liquefaciens n’est cependant en cause que dans 4 p. cent des cas de mammites à Serratia sp.
Serratia plymuthica est occasionnellement isolée chez l'homme, principalement lors d'infections nosocomiales (surinfections de plaies de brûlure, ostéomyélites, septicémies, infections post-chirurgicales, infections respiratoires...).
Les cas d'infection à Serratia quinivorans sont exceptionnels chez l'homme et ne semblent pas avoir été décrits chez les animaux. Serratia entomophila, Serratia liquefaciens, Serratia marcescens subsp. marcescens et Serratia proteamaculans sont pathogènes pour les insectes. Le pouvoir pathogène est lié à la production de chitinases, de lécithinases et de protéases. Serratia entomophila est responsable de la "maladie ambrée" ("amber disease") des larves d'un coléoptère (Costelytra zealandica). En Nouvelle-Zélande, cette espèce (souche AgRB154) est utilisée en agriculture pour lutter contre les larves de Costelytra zealandica qui s'attaquent aux racines des herbes et occasionnent des dégâts importants aux prairies.
Diagnostic bactériologique
L’isolement des Serratia sera facilement réalisé à partir de prélèvements peu contaminés.
L’identification se base sur les caractères biochimiques étudiés en galeries classiques ou à l’aide de galeries prêtes à l’emploi de type galerie API 20E (toutefois, il convient de ne pas faire une confiance absolue aux bases de données des fabriquants). Ces galeries devraient être ensemencées en double et incubées à deux températures (37 ° et 25 °C). Quelques caractères utiles au diagnostic figurent sur le tableau I.
La caractérisation des ribovars, des biovars, des sérovars, des lysovars, des bactériocinovars... est utile pour des enquêtes épidémiologiques mais elle est du domaine des laboratoires spécialisés.
Sensibilité aux antibiotiques
Les Serratia présentent une résistance naturelle aux céphalosporines de première génération, à la colistine et à la polymyxine B (rappelons que l’aspect des cultures autour des disques de colistine et de polymyxine B est évocateur du genre Serratia). De plus, les souches de Serratia marcescens subsp. marcescens (notamment les souches hospitalières) et plus rarement les souches des autres espèces ont évolué vers la résistance à de nombreux antibiotiques (ampicilline, carbénicilline, tétracyclines, aminosides, chloramphénicol, sulfamides, triméthoprime...).
Orientation bibliographique
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Les analyses sérologiques et chimiques ont montré que parmi les 29 antigènes O préalablement identifiés, certains correspondaient en fait à des antigènes K. Aussi, Aucken et al. ont proposé un nouveau schéma comprenant 19 antigènes O et 14 antigènes K. Les antigènes O sont caractérisés en utilisant des bouillons autoclavés (pour éliminer les antigènes K). Les antigènes K sont identifiés à l'aide de bactéries cultivées sur une gélose au glycérol (pour favoriser l'expression des antigènes K) puis traitées au formol. Référence : AUCKEN (H.M.), WILKINSON (S.G.) et PITT (T.L.) : Re-evaluation of the serotypes of Serratia marcescens and separation into two schemes based on lipopolysaccharide (O) and capsular polysaccharide (K) antigens. Microbiology, 1998, 144, 639-653.
Depuis 1973 (date de la description de la maladie de la bande noire), les coraux et notamment les scléractiniaires constructeurs de récifs, sont de plus en plus fréquemment victimes de maladies provoquant à la fois une diminution du nombre des coraux et une diminution de leur diversité. Même si certaines de ces maladies sont provoquées par des micro-organismes, la plupart d'entre elles ne sont observées que lorsque la température de l'eau augmente. Si le réchauffement de la planète se confirme, il faut s'attendre à une diminution du nombre et de la surface des récifs coralliens.
Acropora palmata est une espèce hermatypique (construisant des récifs) et appartenant à l'ordre des Scléractiniaires. Comme de nombreux représentants de l'ordre des Scléractiniaires coloniaux, Acropora palmata vit en symbiose avec des algues unicellulaires et photosynthétiques, présentes dans les cellules du gastroderme des polypes (endosymbiose) et communément appelées "zooxanthelles". Les zooxanthelles des coraux hermatypiques appartiennent au genre Symbiodinium, elles jouent un rôle primordial dans la nutrition et la calcification de leurs hôtes et elles sont responsables de la couleur brune des coraux.
La maladie des taches blanches, qui n'affecte que l'espèce Acropora palmata, a été décrite en 1996 chez des coraux vivant au large de la Floride à proximité d'îles appelées les clefs de la Floride ou Florida Keys (les Florida Keys comprennent des milliers de petites îles et de récifs de corail formant un archipel courbé s'étendant sur plusieurs centaines de kilomètres). Ultérieurement, la maladie a été observée dans toutes les Caraïbes.
Classification de Acropora palmata d'après le NCBI Taxonomy Browser : Eukaryota ; Fungi/Metazoa group ; Metazoa ; Eumetazoa ; Cnidaria ; Anthozoa ; Zoantharia ; Scleractinia ; Astrocoeniina ; Acroporidae ; Acropora ; Acropora palmata. Pour des photographies et une description de la "white pox disease", voir le fichier White Pox sur le site The Coral Disease Page. Pour des informations scientifiques sur l'ordre des Scléractiniaires, voir, sur le site Invertébrés protégés et/ou menacés en France (Laboratoire de Biologie des Invertébrés Marins et Malacologie, Muséum National d'Histoire Naturelle), la page Scleractinia. Références :
. GRENN (E.P.) et BRUCKNER (A.W.) : The significance of coral disease epizootiology for coral reef conservation. Biological Conservation, 2000, 96, 347-361.
*** : Gélose DTC (Deoxyribonucleic acid, Toluidine blue, Cephalotin), composition pour un litre.
Agar : 20,0 g
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