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Créé le 07 juin 1998
SPIROPLASMA
Systématique
Le genre Spiroplasma est l’unique genre de la famille des Spiroplasmataceae qui a été exclue de l’ordre des Mycoplasmatales et qui est actuellement placée dans l’ordre des Entomoplasmatales (classe des ¤ Mollicutes, phylum des "Firmicutes", domaine ou empire des "Bacteria" ou des "Eubacteria"). Au sein de l’ordre des Entomoplasmatales, les bactéries de la famille des Spiroplasmataceae se caractérisent par leur morphologie hélicoïdale (au moins lors de la phase exponentielle de croissance), leur mobilité par flexion et translation et par leur température optimale de croissance comprise entre 30 et 37 ° C.
Caractères bactériologiques
Le genre Spiroplasma rassemble des micro-organismes de 100 à 200 nm de diamètre sur 3 à 5 mm de longueur, de forme hélicoïdale durant la phase exponentielle de croissance et parfois durant la phase stationnaire, parfois ramifiés, mobiles grâce à des fibrilles intracellulaires, aéro-anaérobies facultatifs, chimio-organotrophes, acidifiant le glucose, possédant le plus souvent une arginine di-hydrolase, n’hydrolysant ni l’urée ni l’esculine, résistante à 10 000 UI de pénicilline, exigeants en cholestérol, sensibles à la digitonine. La culture (la composition des milieux est donnée dans la référence Tully et Whitcomb, disponible gratuitement sur Internet) se développe avec un optimum thermique de 20 à 37 °C. Elle se traduit par un trouble en bouillon et, en milieu gélosé, les colonies de 0,1 à 4 mm de diamètre (parfois de taille moindre lorsque les conditions optimales ne sont pas réunies) sont généralement non circonscrites, diffuses, avec présence de colonies satellites. Cet aspect des cultures reflète la mobilité des bactéries lors de la croissance. Des colonies en "œuf sur le plat" ne sont observées que lorsque la culture est effectuée sur un milieu fortement gélosé (2,5 p. cent d’agar Noble).
Habitat et pouvoir pathogène
Le genre comprend de nombreuses espèces isolées des plantes et parfois phytopathogènes (comme Spiroplasma citri, Spiroplasma kunkelii et Spiroplasma phoeniceum), des insectes (ordres des Hymenoptera, des Coleoptera, des Diptera, des Lepidoptera, des Homoptera, des Hemiptera) et des tiques. Toutefois, l'habitat de ces bactéries est plus vaste et elles ont pu être isolées d'animaux vivant en eau douce ou en eau de mer. Dans le domaine médical ou vétérinaire, l’intérêt des spiroplasmes est triple :
1 - Certaines espèces comme Spiroplasma mirum (isolée de la tique du lapin Haemaphysalis leporipalustris) et Spiroplasma melliferum (pathogène pour les abeilles Cf. infra) sont aptes à se multiplier, expérimentalement, chez des hôtes vertébrés. Après inoculation par voie intracérébrale à des individus nouveau-nés, Spiroplasma mirum produit chez le rat, la souris, le hamster et le lapin des infections persistantes du cerveau et des lésions oculaires (cataracte, dégénérescence rétinienne, panophtalmie). Chez le rat, les lésions sont comparables à celles de la maladie de Creutzfeldt-Jakob.
2 - D’autres espèces comme Spiroplasma floricola, Spiroplasma melliferum et Spiroplasma apis sont des bactéries pathogènes pour les insectes. Spiroplasma floricola est l’agent du "syndrome léthargie" du hanneton (Melolontha melolontha) alors que Spiroplasma melliferum et Spiroplasma apis sont pathogènes pour les abeilles (Apis mellifera). L’infection à Spiroplasma melliferum a d’abord été décrite dans le Maryland mais sa répartition géographique est plus vaste puisque la maladie a également été décrite à Hawaii et en Savoie. Les animaux se contaminent en butinant des fleurs puis les spiroplasmes gagnent l’hémolymphe et provoquent la mort dans un délai compris entre une semaine et 20 jours. Dans certains ruchers, le taux de mortalité atteint 30 à 40 p. cent. Spiroplasma apis est l’agent d’une maladie identifiée dans le sud-ouest de la France et connue sous le nom de "mal de mai". L’inoculation d’une culture ou l’ingestion des bactéries conduit à la présence de Spiroplasma apis dans l’hémolymphe et induit des symptômes nerveux provoquant la mort des insectes. Dans les conditions naturelles, les abeilles se contaminent en butinant des plantes hébergeant des spiroplasmes à la surface des fleurs. L’administration de tétracyclines, par l’intermédiaire d’eau sucrée, semble apte à prévenir l’infection des abeilles par les spiroplasmes.
3 - Des spiroplasmes sont à l'origine de maladies graves pour les crustacés.
Des Spiroplasma spp. ont été isolés de crabes chinois (Eriocheir sinensis) élevés en Chine. Ces spiroplasmes sont à l'origine de la maladie du tremblement ("tremor disease" ou "trembling disease") qui provoque des pertes importantes dans les élevages de crabes chinois. Expérimentalement, l'agent de la maladie du tremblement est incapable d'infecter les écrevisses ou les souris, mais il infecte le cerveau des oeufs embryonnés.
À partir de janvier 2002, une mortalité importante (pouvant atteindre 90 p. cent) a été observée en Colombie dans des élevages de crevettes blanches du Pacifique (Penaeus vannamei). L'agent responsable de cette infection a été isolé, caractérisé et dénommé Spiroplasma penaei (nomenclature validement publiée le 07 novembre 2005). Expérimentalement, l'inoculation de Spiroplasma penaei à des crevettes saines a permis de reproduire la maladie et les spiroplasmes peuvent être isolés des animaux infectés.
Orientation bibliographique
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