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Dernière mise à jour le16 mars 1999
STREPTOCOCCUS UBERIS, STREPTOCOCCUS PARAUBERIS
Autre dénomination :
Systématique
Streptococcus uberis a été décrit en 1932 par Diernhofer et cette nomenclature figure dans les "Approved lists of bacterial names". Au sein de ce taxon, les pourcentages d'homologie ADN - ADN permettent de distinguer 2 genomospecies (pour la définition d'une genomospecies voir le fichier Définitions d'une genomospecies et d'une espèce bactérienne) : Streptococcus uberis type I et Streptococcus uberis type II. L'étude de la séquence des ARNr 16S montre que ces deux types sont phylogénétiquement distincts et, en 1990, Williams et Collins proposent de réserver l'appellation de Streptococcus uberis pour les souches du type I et de placer les souches du type II dans une nouvelle espèce, Streptococcus parauberis.
Caractères bactériologiques
Streptococcus uberis et Streptococcus parauberis sont des espèces phénotypiquement très proches et seule la croissance à 10 °C permet de les différencier : Streptococcus parauberis est capable de croître (faiblement) à 10 °C alors que Streptococcus uberis en est incapable. Ces bactéries sont des coques à Gram positif, immobiles, parfois capsulés (environ la moitié des souches élabore une capsule formée d'acide hyaluronique), groupés par deux ou formant des chaînes de taille modérée, aéro-anaérobies, catalase négative, incapables de résister à un chauffage de 30 minutes à 60 °C.
Caractère positif : hydrolyse de l'esculine, ADH (à l'exception de quelques souches), leucine arylamidase, acidification de l'amygdaline, de l'arbutine, du cellobiose, du fructose, du bêta-gentiobiose, du galactose, du glucose, du lactose (à l'exception de quelques souches), du maltose, du mannose, du mannitol, de la N-acétylglucosamine, du saccharose, de la salicine, du sorbitol et du tréhalose. Caractère négatif : DNase, acidification de l'adonitol, du D-arabitol, du L-arabitol, de l'érythritol, du D-fucose, du L-fucose, du glycérol, du glycogène, du gluconate, du 2-céto-gluconate, du 5-céto-gluconate, de l'inositol, du lyxose, du mélibiose, de l'alpha-méthyl-D-glucoside, de l'apha-méthyl-D-mannoside, de l'alpha-méthyl-D-xyloside, du rhamnose, du sorbose, du turanose, du xylitol, du D-xylose et du L-xylose. Caractère variable : alpha-galactosidase, phosphatase alcaline, pyrrolidonyl-arylamidase (caractère généralement positif), VP (les résultats divergent selon les études), agglutination par la lectine de Helix pomatia (Sigma), acidification de l'amidon, de l'arabinose (les résultats divergent selon les études), du dulcitol, de l'inuline, du mélézitose, du raffinose, du ribose et du D-tagatose. L'hydrolyse de l'hippurate est positive pour Streptococcus uberis et variable pour Streptococcus parauberis. La production de bêta-glucuronidase et le test de CAMP semblent négatifs pour Streptococcus parauberis et variables pour Streptococcus uberis. D'autres caractères bactériologiques figurent dans le tableau I. La croissance est optimale pour une température de 35 à 37 °C, elle est possible en présence de 4 p. cent de NaCl mais ne peut avoir lieu en présence de 6,5 p. cent de NaCl* ou à pH 9,6. Sur gélose au sang de mouton, les colonies sont alpha-hémolytiques ou non hémolytiques.
Habitat, pouvoir pathogène et facteurs de virulence
Streptococcus uberis et Streptococcus parauberis comptent parmi les principaux agents responsables de mammites chez les bovins et, selon les études, 20 à 33 p. cent des mammites seraient dues à ces germes. Compte tenu de la difficulté à différencier ces deux espèces, leur importance relative est mal connue mais, il semblerait que Streptococcus uberis soit plus souvent en cause que Streptococcus parauberis. Ces bactéries sont à l'origine de mammites cliniques et sub-cliniques chez les vaches en lactation (notamment en début de lactation) et elles sont les principales espèces isolées au cours du tarissement. Contrairement aux autres streptocoques responsables de mammites, ces germes sont également isolés de la peau de la mamelle, de l'intestin, des amygdales, du vagin et de l'environnement.
Plus rarement, Streptococcus uberis (ou Streptococcus parauberis ?) est isolé d'autres prélèvements effectués chez des animaux apparemment sains (cornets nasaux de porcs, sperme de porcs et de taureaux, naseaux de chevaux) et il peut être responsable de septicémies (veaux, porcs charcutiers, visons d'élevage), d'encéphalites (veaux) et d'avortements (bovins, équins).
Les facteurs de virulence sont encore mal connus :
Diagnostic bactériologique
Le diagnostic bactériologique doit tenir compte de l'origine du prélèvement et du caractère alpha-hémolytique ou non hémolytique. La détermination de l'antigène de groupe n'est d'aucune utilité pour l'identification de Streptococcus uberis ou de Streptococcus parauberis mais, les souches réagissant avec un anti-sérum dirigé contre l'antigène du groupe C de Lancefield, peuvent être confondues avec ¤ Streptococcus dysgalactiae subsp. dysgalactiae. Toutefois, Streptococcus dysgalactiae subsp. dysgalactiae n'acidifie pas le mannitol et il est pyrrolidonyl-arylamidase négative (sauf de rares exceptions) et DNase positive. D'autres caractères utiles pour le diagnostic différentiel figurent dans le tableau I.
Des techniques de PCR suivies de l'analyse des profils de restriction des gènes codant pour l'ARNr 16S (enzymes de restriction RsaI et AvaII) ou l'utilisation de sondes froides (spécifiques de l'ARNr 16S de Streptococcus uberis ou de Streptococcus parauberis) permettent de différencier les deux espèces.
Sensibilité aux antibiotiques et prophylaxie
Streptococcus uberis et Streptococcus parauberis sont généralement sensibles aux bêta-lactamines (pénicilline G, ampicilline, céphalotine), à la novobiocine, à la lincomycine et au chloramphénicol. Des résistances sont observées vis-à-vis de la streptomycine, de la gentamicine, de la kanamycine, de la spectinomycine, des tétracyclines et de l'érythromycine. Aucun plasmide de résistance n'a été identifié.
Les techniques classiques de prophylaxie (hygiène de la traite, désinfection des trayons et traitement au tarissement) ont peu d'effet sur la prévention des mammites à Streptococcus uberis ou à Streptococcus parauberis car ces germes sont susceptibles d'infecter la mamelle entre deux traites ou durant la période sèche.
Orientation bibliographique
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* : R.R. Facklam (1977) rapporte l'existence de souches capables de croître en présence de 6,5 p. cent de NaCl.
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