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Dernière mise à jour le 05 juillet 2008
Nomenclature des procaryotes (bactéries)
Voir aussi les fichiers / See also the files :
Note: Dans ce fichier, les termes de bactérie et de procaryote sont considérés comme synonymes.
Sommaire : La notion de nomenclature correcte La notion de nomenclature validement publiée
. Les Approved Lists of Bacterial Names
Les rangs hiérarchiques et leurs nomenclatures
. Généralités
Les changements de nomenclature
. Nouvelle combinaison (combinatio nova)
. Introduction
. Généralités
Date de validation et priorité de publication
. Date de validation
Les dérogations aux règles du Code de Nomenclature Rôles des sous-comités de taxonomie Publication d'un nouvelle nomenclature
Annexe 1 : Le latin dans la nomenclature bactérienne
Ce fichier est complété par deux annexes :
La systématique a pour but de classer les êtres vivants de manière rationnelle en se basant sur les ressemblances et sur les relations qui existent entre eux.
Les nomenclatures scientifiques sont des noms latins ou latinisés. Seule l'utilisation d'une nomenclature scientifique permet de communiquer sans ambiguïté et elle présente l'avantage d'indiquer le rang hiérarchique du taxon. Par exemple, l'utilisation du nom vernaculaire "bacille du choléra" prête à confusion car ce terme désigne aussi bien l'agent du choléra de l'homme (Vibrio cholerae) que celui du choléra aviaire (Pasteurella multocida subsp. multocida). De plus l'expression "bacille du choléra" pourrait aussi bien désigner une espèce ou une sous-espèce alors que l'utilisation de Vibrio cholerae désigne clairement une espèce et celle de Pasteurella multocida subsp. multocida désigne clairement une sous-espèce. La nomenclature est la branche de la systématique bactérienne la plus ignorée des scientifiques. Elle est souvent considérée comme un ensemble de règles apparemment compliquées, obscures, relevant plus du domaine juridique et du domaine linguistique que du domaine scientifique. Pourtant, loin d'être ésotérique ou absurde, la nomenclature est vitale pour la systématique bactérienne. Son but est d'attribuer un nom à un taxon de telle manière qu'il n'existe aucun risque de confusion.
Donner un nom à un taxon bactérien permet de le désigner sans être obligé de décrire tous ses caractères. Par exemple, le placement d'une souche bactérienne dans le genre Salmonella permet à un bactériologiste de comprendre que cette souche rassemble des bacilles à Gram négatif, non sporulés, aéro-anaérobies, très généralement mobiles grâce à une ciliature péritriche, ... En d'autres termes, le nom résume l'ensemble des caractéristiques d'un taxon et l'utilisation d'une nomenclature correcte permet à tous les protagonistes d'une même discipline de se comprendre sans ambiguïté. Ainsi, en bactériologie médicale, il est indispensable que les bactériologistes, les chercheurs, les cliniciens, les épidémiologistes, les responsables de la santé publique, les fabriquants de réactifs ou de galeries d'identification, les fabriquants de vaccins... utilisent une nomenclature commune afin de pouvoir collaborer efficacement.
Pour être fonctionnel, un système de nomenclature doit être rigoureux, précis, unique, universel et non ambigu. Le but des Codes de Nomenclature est de répondre à ces exigences. Les changements de nomenclature, concernant parfois des noms utilisés depuis des décennies, sont une source d'exaspération constante pour les bactériologistes. Toutefois, la nomenclature se contente de refléter les progrès taxonomiques qui permettent une caractérisation de plus en plus fine des taxons. Comme le souligne M. Véron, "Ce n'est pas le bactériologiste qui complique à plaisir la nomenclature des bactéries ; c'est au contraire le chercheur qui, avec beaucoup d'humilité, observe la diversité considérable du monde bactérien".
Il n'existe pas de classification officielle des bactéries et la classification "la plus officielle" est celle adoptée par la majorité des bactériologistes (voir les fichiers Introduction à la taxonomie des procaryotes et Taxons inclus dans les groupes taxonomiques d'un rang hiérarchique supérieur au genre). En revanche, il existe des règles gouvernant la nomenclature bactérienne et dont le respect conduit au concept de "nomenclature correcte" (Cf. infra). Ces règles sont rassemblées dans le "Code International de Nomenclature des Bactéries" ("International Code of Nomenclature of Bacteria") établi par le "Comité International de Systématique des Procaryotes" ("International Committee on Systematics of Prokaryotes" ou ICSP) et notamment par sa "Commission Judiciaire" ("Judicial Commission"). Cette dernière a pour principales missions d'envisager les modifications à apporter au Code et de se prononcer sur tous les problèmes concernant la nomenclature (pour de plus amples informations concernant la "Judicial Commission", voir l'entrée Commission judiciaire in Glossaire de nomenclature bactérienne ou le fichier Definitions and abbreviations in List of Procaryotic Names with Standing in Nomenclature).
C'est à Carl von Linné (1707-1778) que l'on doit les premières propositions concernant la nomenclature des êtres vivants. De manière un peu surprenante, ces propositions et notamment l'utilisation d'une nomenclature "binomiale" pour les espèces, ont été acceptées sans contestation par les scientifiques de son époque. Ultérieurement, lors de congrès internationaux, les botanistes et les zoologistes ont développé des codes de nomenclature distincts. Jusqu'à l'année 1930, la plupart des bactériologistes suivaient le code de nomenclature de botanique, quelques-uns le code de nomenclature de zoologie et d'autres ne respectaient aucune règle.
Pour des informations complémentaires voir l'entrée Code International de Nomenclature des Bactéries in Glossaire de nomenclature bactérienne.
La notion de nomenclature correcte
En accord avec la note 5 de la règle 23a, seule une nomenclature correcte doit être utilisée. Le Principe 6 du Code de Nomenclature précise qu'une nomenclature est correcte lorsqu'elle est validement publiée (Cf. infra), prioritaire (Cf. infra) et légitime.
Ce fichier n'a pas pour but d'envisager la totalité des règles et il sera consacré à quelques points importants et susceptibles d'intéresser une majorité de bactériologistes.
La notion de nomenclature validement publiée
Une nomenclature est validement publiée si elle est citée dans les Approved Lists of Bacterial Names ou si elle est publiée dans la revue International Journal of Systematic Bacteriology (IJSB) devenue, depuis le 01 janvier 2000, International Journal of Systematic and Evolutionary Microbiology (IJSEM)2.
Les Approved Lists of Bacterial Names La nomenclature bactérienne moderne a pris naissance le 01 janvier 1980 lorsque les Approved Lists of Bacterial Names furent publiées dans International Journal of Systematic Bacteriology.
La décision d'établir des listes approuvées des dénominations bactériennes a été prise par la "Judicial Commission" lors de son congrès de Leicester (1968) mais il a fallu attendre la réunion de Jérusalem (29 mars 1973) pour qu'un comité spécialisé soit créé.
Les Approved Lists of Bacterial Names sont au nombre de deux, une liste pour les noms des taxons d'un rang hiérarchique supérieur au genre et une liste pour les noms des genres, des espèces et des sous-espèces.
Les noms publiés avant le 01 janvier 1980 mais non inclus dans les Approved Lists n'ont plus de statut dans la nomenclature. Toutefois, de tels noms peuvent faire l'objet d'une nouvelle publication valide (Cf. infra).
Dans les Approved Lists, certaines bactéries identiques peuvent porter deux noms différents (ce qui est une illustration de l'absence de taxonomie officielle). Ces deux noms sont des synonymes3 et un bactériologiste, selon son opinion, peut utiliser, l'une ou l'autre de ces nomenclatures.
Nomenclatures validement publiées après la parution des Approved Lists of Bacterial Names
Les nomenclatures des taxons décrits après le 01 janvier 1980 et les modifications de nomenclature proposées après cette date ne sont validement publiées que dans deux cas : (i) elles sont publiées in extenso dans IJSB ou IJSEM ou (ii) elles figurent dans une des listes de validation régulièrement publiées dans IJSB ou IJSEM.
(i) Publication in extenso dans International Journal of Systematic Bacteriology ou dans International Journal of Systematic and Evolutionary Microbiology. La parution dans IJSB ou dans IJSEM ne constitue une publication valide que dans la mesure où les règles du Code de Nomenclature sont respectées. Ainsi, la nomenclature de Clostridium piliforme (publiée dans IJSB) est illégitime car aucune souche type n'a été désignée pour cette espèce. De même, la nomenclature de Microcystis aeruginosa (publiée dans IJSEM) est illégitime car le genre Microcystis n'a jamais été validement publié selon les règles du Code de Nomenclature.
Pour faciliter le travail des bactériologistes, lors de son congrès tenu à Osaka en 1990, la "Judicial Commission" a décidé de publier des listes de notification ["Notification that new names and new combinations have appeared in volume X, N° Y, of the IJSB (ou of the IJSEM")]. Ces listes citent les nouvelles nomenclatures et les modifications de nomenclature validement publiées dans le précédent numéro de IJSB ou de IJSEM. La première liste de notification figure dans le numéro 3 du tome 41 de IJSB (paru en juillet 1991) et elle donne la liste des nomenclatures validement publiées dans le numéro 2 du tome 41.
(ii) Publication dans une liste de validation.
Les listes de validation sont régulièrement publiées dans IJSB ou dans IJSEM. Ces listes ont pour but de valider les nomenclatures effectivement publiées, mais non validement publiées. Le plus souvent il s'agit de nomenclatures proposées dans un périodique autre que IJSB/IJSEM ou dans un ouvrage scientifique.
Une nomenclature est effectivement publiée lorsqu'elle est proposée dans une revue ou dans un ouvrage accessibles à la communauté scientifique. Depuis juillet 2008, un article publié dans une revue scientifique disponible uniquement sur Internet peut constituer une publication effective. Pour être effective, la description d'un nouveau taxon doit être effectuée en respectant les exigences du Code de Nomenclature. Depuis le 14 décembre 2000 (date de parution du numéro de IJSEM contenant les comptes rendus des réunions de l'ICSP et de la "Judicial Commission" tenues à Sydney en août 1999), en accord avec la nouvelle recommandation 25a, la publication devrait inclure une description du taxon en langue anglaise (la publication peut être rédigée en n'importe quelle langue mais la description du taxon devrait être traduite en anglais)4.
Il est important de noter qu'il appartient à l'auteur qui a proposé la nomenclature de demander l'inscription sur une liste de validation. Cette demande est ensuite examinée par un responsable désigné par l'ICSP (Lists Editor) qui décidera ou non d'inclure la nomenclature dans une des listes de validation.
Les listes de validation peuvent comporter des erreurs. Plus d'une centaine d'entre elles ont été corrigées en septembre 2001 par Euzéby et Kudo et d'autres sont mentionnées dans List of Procaryotic Names with Standing in Nomenclature. Nomenclature validement publiée et existence réelle d'un taxon
Il est important de remarquer que la publication valide d'un nom dans International Journal of Systematic Bacteriology ou dans International Journal of Systematic and Evolutionary Microbiology signifie simplement que le taxon a été décrit en respectant les règles du Code de Nomenclature et ne préjuge pas de la réalité de l'existence du taxon. En effet, certains taxons validement publiés se révèlent des synonymes ultérieurs ("later synonyms") d'autres taxons.
Inversement, le fait qu'une nomenclature ne soit pas validement publiée, ne signifie pas que le taxon n'existe pas. Tant qu'un taxon n'a pas fait l'objet d'une publication valide, les bactériologistes sont obligés d'utiliser une nomenclature non officielle et une telle nomenclature est généralement écrite entre guillemets (par exemple, "Aegyptianella botuliformis"). D'autres exemples sont donnés dans le fichier Some prokaryotic names without standing in nomenclature in List of Procaryotic Names with Standing in Nomenclature.
Par contre, dès qu'un taxon a fait l'objet d'une publication valide, la nomenclature validement publiée DOIT être utilisée par tous les bactériologistes.
Nomenclatures validement publiées et Internet Entre le 01 janvier 1980 et le 31 décembre 2005 une moyenne annuelle de 277 nouveaux noms ou nouvelles combinaisons ont été validement publiés (voir le fichier Number of validly published names in List of Procaryotic Names with Standing in Nomenclature). Pour la seule année 2005, le nombre total des modifications (nouveaux taxons, nouvelles combinaisons, Candidatus, synonymies, modifications orthographiques...) s'élève à 774 (voir : le fichier Nomenclatural changes validly published in the 2005 issues of the IJSEM in List of Procaryotic Names with Standing in Nomenclature). Aussi, même pour un lecteur assidu de International Journal of Systematic Bacteriology ou de International Journal of Systematic and Evolutionary Microbiology il est parfois difficile d'assimiler ces nouveautés et de retrouver rapidement un renseignement. Cette situation n'a pas échappé à l'ICSP qui a patronné la publication des Index of the Bacterial and Yeast Nomenclatural Changes (Moore et al. 1985, Moore et Moore 1989, Moore et Moore 1992). Malheureusement, la dernière édition de ces index date de 1992 et la publication sous la forme d'un fascicule imprimé ne permet pas une mise à jour rapide. Actuellement, il est possible de consulter sur le réseau Internet, deux sites web régulièrement remis à jour :
. List of Procaryotic Names with Standing in Nomenclature (J.P. Euzéby, SBSV & ENVT).
Les rangs hiérarchiques et leurs nomenclatures
Le Code de Nomenclature reconnaît les groupes taxonomiques suivants : classe (classis), sous-classe (subclassis), ordre (ordo ; abréviation ord.), sous-ordre (subordo ; abréviation subord.), famille (familia ; abréviation fam.), sous-famille (subfamilia ; abréviation subfam.), tribu (tribus), sous-tribu (subtribus), genre (genus ; abréviation gen.), sous-genre (subgenus ; abréviation subgen.), espèce (species ; abréviation sp.), sous-espèce (subspecies ; abréviation subsp.).
Toutes les nomenclatures sont des mots latins ou latinisés et de tels mots sont traditionnellement écrits en italiques ou ils sont soulignés dans un manuscrit. La typographie relève du domaine éditorial et non de la nomenclature si bien que le Code de Nomenclature ne donne aucune directive concernant l'utilisation des italiques ou du soulignement. Cette absence de directive est volontaire et ne correspond nullement à un oubli. D'ailleurs, un paragraphe semblable à celui figurant dans l'International Code of Botanical Nomenclature (voir International Code of Botanical Nomenclature, (Saint Louis Code), Electronic version, Preface) devrait être ajoutée à la préface de la nouvelle édition du Code afin d'attirer l'attention des bactériologistes sur ce point particulier (voir aussi l'entrée Utilisation des italiques in Glossaire de nomenclature bactérienne).
Aucun signe diacritique (á, à, â, ä, ã, é, è, ê, ë, í, î, ï, ñ, ó, ò, ô, ö, õ, ú, ù, û, ü, ø, æ...) n'est toléré et les mots ne doivent pas contenir de trait d'union. Par exemple, on doit écrire Bacteroides et non Bacteroïdes ou Nocardia otitidiscaviarum et non Nocardia otitidis-caviarum.
Conformément à la règle 33a (Note 2) du Code de Nomenclature, les abréviations (sp., subsp., gen., fam., nov., ...), placées après un nom scientifique, devraient se distinguer des noms des taxons par une typographie particulière (caractères romains ou caractères romains gras si les noms scientifiques sont en italiques et caractères romains gras si les noms scientifiques sont écrits en caractères romains).
Depuis le 14 décembre 2000, conformément à la nouvelle version de la recommandation n° 6, un auteur ne devrait pas donner son patronyme à un taxon qu'il vient de décrire. Ainsi, si l'auteur de ce fichier propose une nouvelle espèce incluse dans un nouveau genre, il ne devrait pas l'appeler Euzebyella euzebyi.
La formation d'un néologisme devrait être évitée lorsqu'il existe un équivalent latin ou grec.
Une nomenclature ne doit pas être un homonyme d'une autre nomenclature bactérienne. En bactériologie, le terme d'homonymie s'applique à deux taxons d'un même rang hiérarchique dont les descriptions sont basées sur des nomenclatures types différentes. Le premier nom publié est qualifié d'homonyme antérieur ou senior et l'autre est qualifié d'homonyme ultérieur ou junior. Un homonyme ultérieur est une nomenclature illégitime.
Une nomenclature ne doit pas être un homonyme d'un nom déjà attribué à une plante (plantes supérieures, algues, champignons...) ou à un animal (vertébrés, invertébrés, protozoaires...) ou à un virus. Par exemple, le genre Micromonas, validement publié en juillet 2000, est illégitime car la nomenclature de Micromonas est déjà utilisée pour une algue. D'autres exemples sont donnés dans List of Procaryotic Names with Standing in Nomenclature (voir: ¤ Microcyclus, ¤ Pirella, ¤ Quadricoccus, ¤ Reichenbachia, ¤ Rhizomonas, ¤ Serpula ou ¤ Schineria).
Les noms des genres ou les noms des épithètes au sein d'un même genre doivent être suffisamment différents pour éviter toutes confusions. Si les noms sont trop proches ils peuvent être considérés comme des nomina perplexa et le nom le plus récent peut être placé sur la liste des noms devant être rejetés (nomina rejicienda, cf. infra). Un exemple hypothétique de tels noms est donné dans le Code de Nomenclature ("Salmonella gamaba" et "Salmonella gambaga") mais on pourrait considérer que Hahella et Hallella ou que Moorella et Moellerella ou que Nitrospira et Nitrospina ou que Propionispira et Propionispora rentrent dans cette catégorie.
Les noms des classes et des sous-classes prennent une majuscule. Ils sont formés par l'ajout du suffixe -ia (classes) ou idae (sous-classes) à la racine du nom du genre type de l'ordre type.
Ordres, sous-ordres, familles, sous-familles, tribus et sous-tribus Les noms des taxons d'un rang hiérarchique supérieur au genre et incluant les ordres sont au féminin pluriel, ils prennent une majuscule et ce sont des substantifs ou des adjectifs traités comme des substantifs. Ces noms sont formés en rajoutant un suffixe à la racine du nom du genre type : -ales pour l'ordre, -ineae pour le sous-ordre, -aceae pour la famille, -oideae pour la sous-famille, -eae pour la tribu et -inae pour la sous-tribu. En latin ou en grec, la racine d'un nom se trouve généralement dans le génitif (voir annexe I). Ainsi, la racine du nom de genre Actinomyces (nom grec actis -inis signifiant un rayon et nom grec myces -etis signifiant un champignon) est actinomycet- d'où les noms corrects donnés à la famille des Actinomycetaceae et à l'ordre des Actinomycetales. En revanche, la nomenclature du sous-ordre des Actinomycineae est incorrecte et elle devrait être remplacée par "Actinomycetineae". D'autres exemples de noms corrects ou incorrects sont donnés dans l'annexe I. Les noms des genres et des sous-genres sont au singulier, ils prennent une majuscule, ce sont des substantifs ou des adjectifs traités comme des substantifs et ce sont des noms latins ou latinisés.
Lorsqu'il est suivi d'un nom d'espèce, le nom d'un sous-genre est placé entre parenthèses et il est précédé de l'abréviation "subgen."
Les noms de genre et de sous-genre sont identiques pour le taxon qui inclut l'espèce type.
Ces noms peuvent dériver de n'importe quelle origine : noms latins, noms grecs latinisés, noms composés de deux éléments latins ou de deux éléments grecs latinisés ou d'un élément grec latinisé et d'un élément latin, noms vernaculaires latinisés, noms propres latinisés voire même noms arbitraires.
Dans le cas d'un nom propre, il est déconseillé d'utiliser le nom d'une personne étrangère à la bactériologie ou aux sciences biologiques. De ce point de vue, on peut remarquer que la nomenclature de Serratia semble mal choisie (Bizio a donné le nom de Serratia à un genre bactérien en l'honneur du physicien italien Serafino Serrati, inventeur d'un bâteau à vapeur). Une liste des noms de genre dérivés d'un patronyme est donnée dans le fichier Genus names formed from personal names in List of Procaryotic Names with Standing in Nomenclature. Les noms de genre peuvent être au masculin ou au féminin ou au neutre. Une liste complète des genres, classés selon le genre masculin, féminin ou neutre, est disponible sur le fichier Genders of generic names in List of Procaryotic Names with Standing in Nomenclature. L'attribution d'un genre au nom d'un genre bactérien est réglementée par la règle 65 et par la recommandation 10a(2) du Code de Nomenclature :
. Un nom de genre emprunté au latin ou au grec conserve son genre d'origine.
. Un nom de genre résultant d'une combinaison de mots latins ou grecs conserve le genre du dernier mot.
. Pour les noms arbitraires, l'auteur ayant proposé la nomenclature a le droit de choisir le genre. Les noms arbitraires, actuellement en vigueur (Afipia, Cedecea, Desemzia, Kribbella, Waddlia et Yokenella) sont du genre féminin.
. Un néologisme latin choisi pour honorer une personne devrait être au féminin quel que soit le sexe de la personne.
Les noms des espèces sont formés d'une combinaison binaire dont le premier terme est le nom de genre et le deuxième terme est une épithète (épithète spécifique). Le premier terme prend une majuscule et le deuxième terme commence par une minuscule.
Les noms des sous-espèces sont formés d'une combinaison ternaire dont le premier terme est le nom de genre, le deuxième est l'épithète spécifique et le troisième une épithète propre à la sous-espèce (épithète sous-spécifique). Les épithètes prennent une minuscule et elles sont séparées par l'abréviation "subsp.".
Les épithètes spécifique et sous-spécifique sont identiques pour la sous-espèce dont la souche type est celle de l'espèce.
Au sein d'un même genre, les épithètes spécifiques ne peuvent être identiques et ceci est également vrai pour les épithètes sous-spécifiques. Ainsi, Staphylococcus cohnii subsp. urealyticus est une nomenclature illégitime car elle a été validement publiée alors qu'il existait déjà une sous-espèce du genre Staphylococcus ayant pour épithète sous-spécifique urealyticus (Staphylococcus capitis subsp. urealyticus).
Les épithètes spécifiques et sous-spécifiques peuvent dériver de n'importe quelle origine et elles peuvent même être composées de manière arbitraire comme c'est le cas pour Bacteroides thetaiotaomicron (non composé à partir des lettres grecques theta, iota et omicron) ou pour Bartonella vinsonii subsp. arupensis (nom dérivé du sigle ARUP pour "Associated and Regional University Pathologists") ou pour Paenibacillus kribbensis (nom dérivé du sigle KRIBB pour "Korea Research Institute of Bioscience and Biotechnology") ou pour Flavobacterium micromati (nom dérivé du projet MICROMAT, "Biodiversity of microbial mats in Antarctica").
Les épithètes spécifiques et sous-spécifiques peuvent être des adjectifs qui doivent s'accorder avec le nom de genre ou des génitifs (au singulier ou au pluriel) ou des nominatifs en apposition5. Exemples :
. Adjectifs : épithètes constituées de l'adjectif latin albus (masculin), alba (féminin), album (neutre) signifiant blanc : Marinococcus albus (genre masculin), Brevundimonas alba (genre féminin), Methylomicrobium album (genre neutre), Streptomyces albus subsp. albus (genre masculin), Nocardiopsis alba subsp. alba (genre féminin)...
. Génitifs au singulier : Escherichia coli (génitif singulier du nom latin colum signifiant côlon), Fusobacterium nucleatum subsp. vincentii (génitif singulier du néologisme latin créé à partir du nom du bactériologiste H. Vincent), Helicobacter bilis (génitif singulier du nom latin bilis signifiant bile ; dans cet exemple, le nominatif et le génitif sont identiques mais l'emploi du nominatif en apposition n'aurait aucun sens), Streptococcus equi subsp. equi (génitif singulier du mot latin equus signifiant cheval)... . Génitifs au pluriel : Aegyptianella pullorum (génitif pluriel du nom latin pullus signifiant petit d'un animal et notamment poulet), Bifidobacterium boum (génitif pluriel du nom latin bos signifiant bœuf, vache), Campylobacter sputorum subsp. sputorum (génitif pluriel du mot latin sputum signifiant crachat), Carnobacterium gallinarum (génitif pluriel du nom latin gallus signifiant coq)... . Nominatifs en apposition : Aquaspirillum serpens (nominatif du mot latin serpens signifiant serpent ; nom donné à cette espèce en raison de sa morphologie), Bacillus pumilus (nominatif du nom latin pumilus signifiant le nain ; nom donné à cette bactérie en raison de sa taille), Treponema denticola (nominatif du néologisme latin formé à partir du nom latin dens (génitif dentis) signifiant dent et du suffixe -cola dérivé du nom latin incola signifiant un habitant ; nom donné à cette bactérie en raison de son habitat), Eubacterium ramulus (nominatif du nom latin ramulus signifiant petite branche ; nom donné à cette espèce en raison de sa morphologie)...
Les épithètes sont généralement choisies pour attirer l'attention sur un caractère bactériologique de l'espèce (albus, aureus, haemolytica, indologenes, ureae...) ou pour honorer un auteur (falsenii pour Falsen, trueperi pour Trüper, pasteurii pour Pasteur, schleiferi pour Schleifer, ...) ou pour désigner un nom de lieu (birminghamensis pour une espèce isolée originellement à Birmingham, cincinnatiensis pour Cincinnati, yellowstonensis pour le parc de Yellowstone...) ou pour désigner une espèce animale (bovis, boum, suis, canis, caprae, equi, gallinarum...) ou pour faire allusion à l'habitat (ruminis, intestinalis, delphinicola, denticola) ou pour faire allusion au pouvoir pathogène (pestis, tuberculosis, mallei, lymphangitidis, dysenteriae...) ou pour faire allusion simultanément à l'espèce animale et au pouvoir pathogène ou à l'habitat (hyointestinalis, lagogenitalium, otitidiscaviarum, salmonicida, gallicida, anatipestifer...)...
Dans son chapitre 4, le Code de Nomenclature donne quelques conseils destinés aux auteurs et aux éditeurs de publications scientifiques. Quelques-uns de ces conseils, relatifs à l'abréviation d'un nom de genre lorsqu'il est suivi d'une épithète spécifique, sont présentés dans le chapitre Abréviations des noms de genres in Glossaire de nomenclature bactérienne. Rangs hiérarchiques non réglementés par le Code de Nomenclature Il existe d'autres rangs hiérarchiques non régis par les règles du Code de Nomenclature et qui peuvent donc être désignés de manières différentes par divers auteurs : Les domaines ont été proposés par Woese et al. (1990) sur la base de l'étude des séquences des ARNr 16S. Ces auteurs divisent le monde vivant en trois domaines d'un rang hiérarchique supérieur au règne, les "Eucarya", les "Bacteria" et les "Archaea". En 1994, Trüper suggère de remplacer le terme de domaine par celui d'empire et le terme de "Bacteria" par "Eubacteria". . Les règnes (voir le fichier Taxa above the rank of class in List of Procaryotic Names with Standing in Nomenclature) :
Selon les auteurs, les règnes (regnum) correspondent aux premières subdivisions au sein des domaines (ou empires) ou occupent un rang hiérarchique supérieur au domaine.
. Les divisions ou phylums (voir le fichier Taxa above the rank of class in List of Procaryotic Names with Standing in Nomenclature) : Les divisions (divisiones ; au singulier divisio) constituent un rang hiérarchique situé entre les règnes et les classes. Les divisions ne sont pas réglementées par le Code de Nomenclature toutefois, la division des Firmicutes et la division des Gracilicutes sont citées dans les Approved Lists of Bacterial Names. Depuis la parution de ces listes, les noms de deux nouvelles divisions (Mendosicutes et Tenericutes) ont été publiés dans la liste de validation n° 15 et en janvier 2002 Cavalier-Smith a proposé la création de huit nouvelles divisions. Cet auteur introduit également les nouvelles catégories de subdivisio (par exemple Euryarchaeota) et de superdivisio (par exemple Exoflagellata). Le Biocode (ou code universel de nomenclature qui devrait voir le jour dans un avenir plus ou moins lointain) prévoit de remplacer le nom de division par celui de phylum (phylum). Ce remplacement a été anticipé dans la deuxième édition du Bergey's Manual of Systematic Bacteriology qui qualifie les divisions de phylums et neuf de ces phylums ont été cités dans la liste de validation n° 85 publiée dans le numéro de mai 2002 de IJSEM.
Le concept de "Candidatus" a été proposé en 1994 par Murray et Schleifer pour des taxons qui ne peuvent être décrits selon les règles du Code de Nomenclature. Ce sont des procaryotes non cultivables ou qui ne peuvent être cultivés de manière stable et dont on connaît, au moins partiellement, la séquence génomique ainsi que des données concernant la structure, le métabolisme, l'habitat... La notion de "Candidatus" correspond à un statut et non à un rang hiérarchique. Les "Candidatus" ne sont pas régis par le Code de Nomenclature mais l'ICSP a reconnu la validité de ce concept.
. Les taxons d'un rang hiérarchique inférieur à la sous-espèce :
Les nomenclatures des taxons d'un rang hiérarchique inférieur à la sous-espèce, bien que non régies par les règles, font l'objet d'un appendice (l'appendice 10) annexé au Code de Nomenclature. Cet appendice rappelle quelques définitions et formule quelques recommandations. L'une des recommandations conseille l'utilisation des suffixes "-var" (biovar, chémovar, cultivar, morphovar, sérovar, phagovar, pathovar) ou "-form" (chémoform) de préférence au suffixe "-type" (biotype, chémotype...). En effet, pour les auteurs du Code de Nomenclature, le terme de "type" doit être réservé aux nomenclatures types.
En bactériologie médicale, les sérovars d'une espèce ou d'une sous-espèce sont généralement désignés par leurs formules antigéniques (par exemple, Escherichia coli O157:H7 ou Yersinia enterocolitica O3:Ha,b,c). Toutefois, pour les salmonelles de la sous-espèce choleraesuis (Salmonella choleraesuis subsp. choleraesuis) et pour les leptospires, les sérovars sont traditionnellement désignés par un nom.
Pour les salmonelles, on n'utilise, généralement, que le nom des sérovars et, pour éviter toutes confusions, ces noms sont souvent écrits avec une majuscule et en caractères romains.
Pour les leptospires, la désignation préconisée par le "sous-comité de taxonomie des leptospires" est la suivante : les noms des sérogroupes et des sérovars ne sont pas écrits en italiques, les noms des sérogroupes et des sérovars sont écrits avec une première lettre en capitale. Le "sous-comité de taxonomie des leptospires" souligne également qu'il est incorrect d'écrire le nom du sérovar après Leptospira.
Ces propositions n'étant pas officielles leur respect n'est pas obligatoire et certains auteurs écrivent, par exemple, Salmonella indiana ou Leptospira alice.
Dans tous les cas, l'utilisation de l'abréviation du nom de genre suivie d'un nom de sérovar ou de sérogroupe est illicite car l'abréviation n'est autorisée que lorsqu'elle est suivie d'un nom d'espèce.
Un taxon d'un rang hiérarchique inférieur à la sous-espèce, élevé au rang d'espèce ou de sous-espèce, conserve sa nomenclature si celle-ci est sous une forme latine ou latinisée.
Les changements de nomenclature Les progrès taxonomiques conduisent inévitablement à reclasser des bactéries et notamment à transférer des espèces dans un autre genre ou des sous-espèces dans une autre espèce. Nouvelle combinaison (combinatio nova)
Lorsqu'une espèce (dont la nomenclature est validement publiée) est transférée dans un autre genre ou lorsqu'une sous-espèce (dont le nom est validement publié) est transférée dans une autre espèce elle deviennent des "nouvelles combinaisons" (combinatio nova ; abréviation : comb. nov.) et la précédente nomenclature devient le synonyme originel ("basonyme").
Comme il n'existe pas de taxonomie officielle des bactéries, selon sa propre opinion scientifique, un bactériologiste peut utiliser une nomenclature ancienne dans la mesure où elle a été validement publiée et dans la mesure ou elle est légitime.
Une erreur, parfois commise, consiste à utiliser les termes de combinatio nova lorsqu'une espèce (ou une sous-espèce), décrite après le 01 janvier 1980 mais non validement publiée, est transférée dans un autre genre (ou dans une autre espèce).
Lorsque le transfert d'une espèce (dont la nomenclature est validement publiée) dans un autre genre ou le transfert d'une sous-espèce (dont la nomenclature est validement publiée) dans une autre espèce nécessite un changement d'épithète afin d'éviter une homonymie, la nouvelle nomenclature devient un "nom nouveau" (nomen novum ; abréviation nom. nov.) et non une nouvelle combinaison.
Comme pour les nouvelles combinaisons, selon son opinion scientifique, un bactériologiste peut utiliser une nomenclature ancienne dans la mesure où elle a été validement publiée et dans la mesure où elle est légitime. Ainsi, il est possible d'utiliser les nomenclatures de Haemobartonella felis ("basonyme") ou de Mycoplasma haemofelis (nom nouveau). En revanche l'ancienne dénomination de "Eperythrozoon felis", dépourvue de statut dans la nomenclature, ne doit pas être utilisée.
Les nomenclatures types
Pour chaque taxon appartenant à un des rangs hiérarchiques reconnus par le Code de Nomenclature, une nomenclature type doit être désignée.
L'importance de la nomenclature type est considérable car la description d'un taxon repose sur elle et le nom d'un taxon est, en permanence, associé à la nomenclature type. Aussi, le nom d'un taxon doit être changé si la nomenclature type est transférée dans un autre taxon.
Il en découle que dans tous les travaux de taxonomie, les nomenclatures types devraient être systématiquement étudiées. Malheureusement ce n'est pas toujours le cas. Ainsi, le transfert de Pseudomonas caryophylli dans le genre Burkholderia a été proposé sans étude de la souche type. Toutefois, des travaux ultérieurs incluant la souche type ont confirmé le bien fondé de ce transfert. Pour la classe et la sous-classe, la nomenclature type est l'un des ordres inclus dans le taxon.
On peut remarquer que de nombreuses classes ou sous-classes ont été décrites sans désignation d'un ordre type ce qui, en toute rigueur, signifie que leurs nomenclatures sont illégitimes.
Ordres, sous-ordres, familles, sous-familles, tribus et sous-tribus Pour l'ordre, le sous-ordre, la famille, la sous-famille, la tribu et la sous-tribu, la nomenclature type est le genre dont le nom sert de racine à la dénomination de ces taxons. Une erreur fréquemment répandue consiste à désigner une famille type pour les ordres et les sous-ordres. Voir par exemple l'ordre des Halanaerobiales, l'ordre des Halobacteriales, l'ordre des Methanobacteriales, l'ordre des Methanococcales, l'ordre des Methanomicrobiales... En toute rigueur, ces nomenclatures sont illégitimes. Pour le genre et le sous-genre, la nomenclature type est l'une des espèces du genre.
Lorsqu'un genre comprend plusieurs sous-genres, un de ceux-ci renferme l'espèce type du genre qui devient automatiquement l'espèce type de ce sous-genre. Rappelons que le nom de ce sous-genre est alors identique au nom de genre.
Pour l'espèce et la sous-espèce, la nomenclature type est l'une des souches de l'espèce.
Avant le 14 décembre 2000, pour les espèces non cultivables, une souche type pouvait être représentée par une description, par une illustration ou par un exemplaire non viable d'une souche bactérienne.
Le remplacement d'une souche type par une autre souche nécessite l'avis de la "Judicial Commission". Par exemple, le remplacement de la souche type de Proteus vulgaris, demandé par Brenner et al. en 1995, a été accepté par la "Judicial Commission" en 1999 (voir le fichier Proteus in List of Procaryotic Names with Standing in Nomenclature).
Si la souche sur laquelle repose la description d'une espèce ne peut être trouvée, il est possible de proposer une nouvelle souche type (souche néotype). La proposition d'une souche néotype doit faire l'objet d'une publication dans International Journal of Systematic and Evolutionary Microbiology. Les auteurs doivent montrer qu'en dépit d'une recherche soigneuse de la souche originale, celle ci n'a pu être trouvée. Les auteurs doivent également montrer que la souche néotype possède des caractères très proches de la souche type originale. La souche néotype ainsi proposée ne sera "officiellement" adoptée que deux ans après la publication dans IJSEM sous réserve qu'aucune objection ne soit formulée. En effet, durant un an, les bactériologistes peuvent formuler des objections qui seront alors examinées par la Judicial Commission.
Lorsqu'une espèce est divisée en plusieurs sous-espèces, l'une des sous-espèces inclut la souche type de l'espèce qui devient automatiquement la souche type de cette sous-espèce. Rappelons que pour cette sous-espèce, les épithètes spécifique et sous-spécifique sont identiques.
Contrairement à une idée répandue, la souche type (à ne pas confondre avec une souche de référence) n'est pas obligatoirement la souche qui reflète le mieux les caractères de l'espèce ! Certaines espèces sont individualisées sur la description d'une unique souche (voir par exemple : Actinomyces coleocanis, Arcanobacterium hippocoleae, Bartonella clarridgeiae, Brachyspira aalborgi, Mycobacterium elephantis, Phocoenobacter uteri, Rothia nasimurium, Vagococcus lutrae, Waddlia chondrophila...) qui devient donc la souche type et, les souches ultérieurement décrites, peuvent présenter un ou des caractères importants que ne possède pas la souche originale. De plus, avant l'introduction des techniques modernes de conservation des souches, il était nécessaire de procéder à de nombreux repiquages pouvant conduire à la perte de certains caractères phénotypiques importants.
La citation complète et correcte d'un taxon ne figure, habituellement, que dans des travaux de systématique et cette citation peut être délicate. Le nom du taxon doit être suivi du nom ou des noms des auteurs ayant décrit le taxon et de la date de publication valide. Si le nombre des auteurs est supérieur à deux, on peut ne citer que le nom du premier auteur suivi de et al. (et alii : et d'autres).
Citation d'un nom inclus dans les Approved Lists of Bacterial Names La citation d'un nom figurant dans les Approved Lists peut se faire de 3 manières différentes :
. Nom du taxon + noms des auteurs (ou nom du premier auteur suivi de et al. s'il y a plus de 2 auteurs) + date de la publication + la mention Approved Lists 1980 écrite entre parenthèses.
. Nom du taxon + la mention Approved Lists 1980 écrite entre parenthèses.
. Nom du taxon + la mention nom. approb. pour nomen approbatum.
Citation d'une nomenclature non retenue dans les Approved Lists mais validement publiée après le 01 janvier 1980 Une nomenclature, publiée avant le 01 janvier 1980 mais non citée dans les Approved Lists, peut à nouveau être utilisée par un auteur.
. Si l'auteur considère que le taxon qu'il décrit est identique à un taxon proposé avant le 01 janvier 1980, il proposera un "nom remis en vigueur, rétabli, ressuscité" (nomen revictum ; abréviation : nom. rev.). L'auteur pourra faire figurer, entre parenthèses, les noms des premiers auteurs et la date de publication précédés de "ex".
. En revanche, si l'auteur désire réutiliser une nomenclature non citée dans les Approved Lists pour un taxon qu'il considère comme différent du taxon original, il proposera non pas un nomen revictum mais un nouveau taxon. Dans ce cas, il est possible de faire suivre la citation du taxon de "non" (ou de "not") suivi de la nomenclature d'origine, des noms des premiers auteurs et de la date de première publication.
Citation d'une nouvelle combinaison
Dans la citation d'une nouvelle combinaison, les noms des auteurs ayant décrit le taxon pour la première fois doivent figurer entre parenthèses.
Il est intéressant de remarquer que le Code de Nomenclature n'envisage pas le statut d'une espèce transférée dans une sous-espèce. Dans List of Procaryotic Names with Standing in Nomenclature, ces taxons sont considérés comme de nouvelles combinaisons.
Contrairement aux nouvelles combinaisons, dans la citation d'un nomen novum, les noms des premiers auteurs ne sont pas cités.
Citation des sous-espèces résultant de la subdivision d'une espèce
Lorsqu'une espèce est ultérieurement divisée en sous-espèces, l'épithète sous-spécifique de la sous-espèce incluant la souche type doit être identique à l'épithète spécifique. De plus, les noms des auteurs et la date de publication valide attribués à cette sous-espèce sont ceux de l'espèce.
Lorsqu'un taxon d'un rang hiérarchique inférieur à la sous-espèce est élevé au rang d'espèce ou de sous-espèce, les noms des auteurs et la date attribués au taxon sont ceux de la publication validement publiée dans laquelle le changement de rang hiérarchique est proposé.
Lorsque la description d'un taxon a été modifiée, il est possible d'ajouter l'abréviation "emend." (pour emendavit parfait du verbe emendo à la troisième personne du singulier et signifiant il ou elle a amendé) suivie du nom des auteurs responsables de la modification et de la date.
La citation d'un taxon inscrit sur une "liste des noms conservés" (Cf. infra) peut être suivie de l'abréviation "nom. cons." (nomen conservandum signifiant nom devant être conservé) et de la mention "(Opinion X)" ou "(Jud. Opin. X)".
La citation d'un nom inscrit sur une "liste des noms rejetés" (Cf. infra) peut être suivie de l'abréviation "nom. rej." ou "nom. rejic." (nomen rejiciendum signifiant nom devant être rejeté) et de la mention "(Opinion X)" ou "(Jud. Opin. X)". Ce mode de citation n'est pas prévu par l'actuelle édition du Code de Nomenclature mais il devrait être permis par la nouvelle édition et il est utilisé par de nombreux auteurs.
La citation d'un nom publié comme un synonyme peut être suivie de "pro synon." (pour pro qui, dans ce cas, signifie pour ou comme (dans le but de marquer une identité) et synonymon signifiant synonyme).
Lorsqu'une erreur typographique ou orthographique a été corrigée (Cf. infra), il est possible de faire suivre le nom du taxon de l'abréviation "corrig." (pour corrigendum signifiant devant être corrigé).
Signification des abréviations AL et VP Dans certaines publications, la citation d'un taxon est suivie d'un chiffre avec les abréviations AL ou VP placées en exposant. Le chiffre correspond à un numéro de page et les abréviations correspondent à Approved Lists (la nomenclature a été inscrite dans une des Listes Approuvées des Noms Bactériens) ou à Valid Publication (la nomenclature a été validement publiée après le 1er janvier 1980). Pour des informations complémentaires voir l'entrée Utilisation des abréviations AL et VP in Glossaire de nomenclature bactérienne.
Date de validation et priorité de publication Pour les nomenclatures citées dans les Approved Lists, la date de validation est le 01 janvier 1980.
Pour les noms publiés après le 01 janvier 1980, la date de validation est la date de parution dans International Journal of Systematic Bacteriology ou dans International Journal of Systematic and Evolutionary Microbiology.
. Si deux noms inclus dans les Approved Lists sont en compétition, la priorité est déterminée par la date de publication originale.
. Si deux noms inclus dans les Approved Lists sont en compétition et si ces deux noms ont été publiés dans un même article, la priorité est déterminée par l'ordre de la description dans la publication originale.
. Si deux noms publiés après le 01 janvier 1980 sont en compétition, la priorité est déterminée par la date de publication dans International Journal of Systematic Bacteriology ou dans International Journal of Systematic and Evolutionary Microbiology.
. Quand deux noms sont proposés dans le même numéro de International Journal of Systematic Bacteriology ou de International Journal of Systematic and Evolutionary Microbiology, la priorité est déterminée par les numéros de pages.
. Quand deux noms sont proposés dans un même article paru dans IJSB ou dans IJSEM, la priorité est déterminée par l'ordre de la description dans la publication.
. Lorsque deux noms, apparaissant dans une même liste de validation, sont en compétition, la priorité est déterminée par la date à laquelle le comité éditorial de International Journal of Systematic Bacteriology ou de International Journal of Systematic and Evolutionary Microbiology a reçu la demande de validation (dans les listes de validation, les nomenclatures proposées reçoivent un numéro qui reflète la date de réception).
La procédure des numéros de priorité n'a été mise en place qu'en janvier 1988 (liste de validation n° 24) si bien qu'il est impossible d'établir la priorité de deux synonymes cités dans une même liste de validation publiée avant janvier 1988.
. Lorsqu'un taxon d'un rang hiérarchique inférieur à la sous-espèce est élevé au rang d'espèce ou de sous-espèce, la date servant à déterminer la priorité est la date à laquelle le changement de rang hiérarchique a été validement publié.
Les dérogations aux règles du Code de Nomenclature
La "Judicial Commission" a pour mission de résoudre tous les problèmes liés à la nomenclature bactérienne et, notamment, les problèmes résultant d'une application stricte des règles de nomenclature.
Parmi les décisions prises par la "Judicial Commission", les plus importantes concernent les modifications à apporter au Code de Nomenclature, le remplacement d'une nomenclature type et l'inscription d'un nom sur l'une des "listes des noms conservés ou rejetés" (nomina taxorum conservanda et rejicienda).
Lorsqu'une nomenclature est inscrite sur une "liste des noms conservés" elle DOIT être utilisée en dépit de l'existence éventuelle de synonymes ou d'homonymes antérieurs. Inversement, quand une nomenclature est placée sur une "liste des noms rejetés" elle NE DOIT PLUS être utilisée. Conformément à la règle 56 du Code de Nomenclature, le placement d'un nom sur l'une de ces listes n'est pas obligatoirement justifié par des considérations scientifiques.
Exemples d'avis rendus par la "Judicial Commission" et concernant des taxons d'intérêt médical :
1) En 1958, le nom de la famille des Enterobacteriaceae Rahn 1937 (genre type Escherichia) a été placé sur la liste des "noms de familles conservés" et ce placement a été confirmé en 1981.
2) Clostridium botulinum (van Ermengem 1896) Bergey et al. 1923 (Approved Lists 1980), Clostridium putrificum (Trevisan 1889) Reddish and Rettger 1922 (Approved Lists 1980) et Clostridium sporogenes (Metchnikoff 1908) Bergey et al. 1923 (Approved Lists 1980) constituent en fait une unique genomospecies7 et la nomenclature de Clostridium putrificum a priorité.
3) En 1981, Bercovier et al. proposent de faire de Yersinia pestis (l'agent de la peste) une sous-espèce de Yersinia pseudotuberculosis (Yersinia pseudotuberculosis subsp. pestis). Cette proposition est scientifiquement justifiée mais Williams a demandé à la "Judicial Commission" de rejeter cette nomenclature car elle risquait de créer une confusion dans l'esprit des médecins et des responsables de la santé publique (nomen periculosum). En 1985, la "Judicial Commission" a accepté la demande de Williams, elle a placé Yersinia pseudotuberculosis subsp. pestis sur la liste des "noms d'espèces et de sous-espèces rejetés" et elle a inscrit Yersinia pestis sur la liste des "noms d'espèces conservés". Aussi, le bacille de la peste doit être dénommé Yersinia pestis.
Rôles des sous-comités de taxonomie dans la nomenclature bactérienne Les sous-comités de taxonomie (International Committee on Systematics of Prokaryotes, Subcommittee on the taxonomy of...) sont des comités rassemblant des spécialistes d'un ou de plusieurs groupes bactériens considérés comme voisins. Ces sous-comités sont institués par l'ICSP (International Committee on Systematics of Prokaryotes) et leur nombre ainsi que leur domaine de compétence peuvent évoluer au cours du temps (pour la liste des divers sous-comités voir l'entrée Sous-comités de taxonomie in Glossaire de nomenclature bactérienne). Ces sous-comités ont pour fonction d'établir des recommandations minimales pour la description d'un nouveau taxon (voir le fichier Minimal standards for the description of new taxa in List of Procaryotic Names with Standing in Nomenclature) et de donner des avis concernant la taxonomie et la nomenclature. En ce qui concerne la nomenclature, les avis des sous-comités doivent être approuvés par la "Judicial Commission" et/ou l'ICSP pour que les éventuelles modifications proposées aient un statut dans la nomenclature. De manière erronée, certains bactériologistes considèrent que les avis formulés par les divers sous-comités ont force de loi ce qui peut être à l'origine de confusions. Quelques exemples d'interprétations correctes de ces avis sont donnés ci-dessous :
. Le "sous-comité de taxonomie des Pasteurellaceae" a désapprouvé le transfert de Actinobacillus actinomycetemcomitans dans le genre Haemophilus (Haemophilus actinomycetemcomitans comb. nov.). Comme il n'existe pas de taxonomie officielle des bactéries, ce jugement n'invalide pas la nomenclature de Haemophilus actinomycetemcomitans qui peut être utilisée par les bactériologistes estimant que ce taxon est apparenté au genre Haemophilus. Bien sûr, la nomenclature de Actinobacillus actinomycetemcomitans pourra être employée par les bactériologistes qui considèrent que ce taxon est une espèce du genre Actinobacillus.
. En juin 1985 (voir IJSB, 1986, 36, 114-115), le "sous-comité de taxonomie des bactéries phototrophes" a proposé que les noms des cyanobactéries, décrites selon les règles du code de nomenclature de botanique, soient reconnus comme validement publiés selon les règles du code de nomenclature des bactéries. Cette proposition n'a jamais été entérinée par l'ICSP et n'a donc aucune valeur juridique. Pourtant, en se basant sur cette proposition, Otsuka et al. décrivent dans IJSEM (IJSEM, 2001, 51, 873-879) l'espèce Microcystis aeruginosa. Pour ces auteurs cette nomenclature est légitime car le genre Microcystis a été validement publié selon les règles du code de botanique. Dans la réalité, l'espèce Microcystis aeruginosa est illégitime car le genre Microcystis, non validement publié selon les règles du code de nomenclature des bactéries, n'a pas de statut dans la nomenclature bactérienne. . La nomenclature de Staphylococcus vitulus a été corrigée en Staphylococcus vitulinus par Trüper et De' Clari en 1998 et, contrairement à ce qui est parfois écrit, cette correction validement publiée n'a pas besoin d'être approuvée par le "sous-comité de taxonomie des staphylocoques et des streptocoques" pour s'imposer à tous les bactériologistes. . Le "sous-comité de taxonomie des staphylocoques et des streptocoques", lors de sa réunion du 4 juillet 1994, a émis un avis défavorable à une modification de nomenclature de Streptococcus sanguis. En dépit de cet avis, cette nomenclature a été corrigée en Streptococcus sanguinis. Cette correction a été validement publiée et elle doit être utilisée, d'autant plus que la "Request for an Opinion" de M. Kilian (demandant la conservation de l'ancienne nomenclature) a été rejetée par la Judicial Commission (voir "Requests for Opinions, Judicial Opinions, and actions of the Judicial Commission on Requests for Opinions" in List of Prokaryotic Names with Standing in Nomenclature).
Baptiser un nouveau taxon est également délicat car il est nécessaire de respecter, de manière stricte, les règles de la grammaire latine. Pour éviter la majorité des erreurs, il convient de lire les documents suivants :
1 BOONE (D.R.) : Naming a new procaryotic taxon (Help for naming new taxa). Disponible sur Internet : http://methanogens.pdx.edu/naming.html
Avant le 14 décembre 2000, tous les bactériologistes avaient le droit de corriger toutes les erreurs typographiques, grammaticales ou orthographiques et d'ajouter l'abréviation "corrig." (corrigendum) au nom du taxon. L'utilisation de l'abréviation "corrig." n'est pas obligatoire et une correction n'a de répercussion ni sur le nom des auteurs ni sur la date de publication.
Les corrections orthographiques irritent les bactériologistes et il convient de ne pas en abuser. Aussi, Euzéby avait proposé d'interdire la correction des noms répertoriés dans les Approved Lists et Tindall avait proposé d'interdire la correction d'une nomenclature validement publiée depuis plus de 10 ans.
Même lorsqu'elles sont théoriquement permises, les corrections orthographiques, grammaticales ou typographiques ne devraient pas entraîner une modification de la première syllabe ou de la première lettre d'un nom ou d'une épithète.
Publication d'un nouvelle nomenclature La publication valide d'une nouvelle nomenclature, y compris celle d'une nouvelle combinaison, d'un "nom nouveau" ou d'un "nom remis en vigueur", doit être effectuée dans IJSB ou dans IJSEM, éventuellement par inscription dans une des listes de validation.
Les règles 27(2) et 27(3), modifiées en août 1999 par la "Judicial Commission", ainsi que l'appendice 7 du Code de Nomenclature rappellent les exigences nécessaires à une publication valide. De nouveaux paragraphes ont été ajoutés à la règle 27(2) afin de mettre en place un plan cohérent et standardisé ("protologue") pour la description d'un nouveau taxon (voir aussi la note 8).
. La nomenclature doit être conforme aux règles exposées dans le paragraphe ¤ "Les rangs hiérarchiques et leurs nomenclatures". La nomenclature type doit être indiquée et, pour une espèce ou une sous-espèce, les numéros de la souche type (déposée dans au moins deux collections différentes situées dans au moins deux pays différents) doivent être mentionnés. . Le nom doit être clairement proposé comme une nouvelle nomenclature. Ce point est important car, en cas de doute, la nouvelle nomenclature n'est pas validée. Par exemple, en janvier 2000, Wasserfallen et al. ont proposé de transférer deux espèces du genre Methanobacterium dans le nouveau genre Methanothermobacter. Dans cette publication, les auteurs semblaient également proposer le transfert d'autres espèces du genre Methanobacterium. Toutefois, ces dernières propositions n'étaient pas clairement formulées et elles n'ont pas été incluses dans la liste de notification publiée dans le numéro de mars 2000 de IJSEM. Il a fallu attendre le mois de mai 2002 pour que l'intégralité des propositions formulées par Wasserfallen et al. soit validement publiée (pour de plus amples informations voir les fichiers Methanothermobacter et Methanobacterium in List of Procaryotic Names with Standing in Nomenclature). Pour éviter toutes ambiguïtés, la citation d'un nouveau taxon doit être suivie d'une des mentions suivantes : . Pour une nouvelle division également appelée phylum : diviso nov. (pour divisio nova) ou phyl. nov. (pour phylum novum). Rappelons toutefois que ce rang hiérarchique n'est pas reconnu par le Code de Nomenclature. . Pour une nouvelle classe : class. nov (pour classis nova). . Pour une nouvelle sous-classe : subclass. nov. (pour subclassis nova). . Pour un nouvel ordre : ord. nov. (pour ordo novus). . Pour un nouveau sous-ordre : subord. nov (pour subordo novus). . Pour une nouvelle famille : fam. nov. (pour familia nova). . Pour une nouvelle sous-famille : subfam. nov. (pour subfamilia nova). . Pour un nouveau genre : gen. nov. (pour genus novum). . Pour un nouveau sous-genre : subgen. nov. (pour subgenus novum). . Pour une nouvelle espèce : sp. nov. (pour species nova). . Pour une nouvelle sous-espèce : subsp. nov. (pour subspecies nova). . Pour une nouvelle combinaison : comb. nov. (pour combinatio nova). . Pour un "nom nouveau" : nom. nov. (pour nomen novum).
. Pour un "nom remis en vigueur, rétabli, ressuscité" : nom. rev. (pour nomen revictum).
. Depuis le 14 décembre 2000 [règle 27(2) b], l'étymologie d'un nouveau nom doit être obligatoirement donnée. De ce point de vue, on peut remarquer que la nomenclature de Anaplasma platys est illégitime car l'étymologie de platys n'est pas indiquée dans la publication validant cette nouvelle espèce.
. La description du taxon doit inclure les caractères permettant de le rattacher à un rang hiérarchique donné (par exemple, les caractères permettant de placer une espèce dans un genre donné) ainsi que les caractères permettant de le différencier des autres taxons placés dans le même rang hiérarchique (par exemple les caractères permettant de différencier une espèce des autres espèces du genre).
La méconnaissance des règles de nomenclature est à l'origine de prises de position erronées et elle peut conduire un taxonomiste a faire une proposition incorrecte dont la rectification est une source de confusions préjudiciable à l'ensemble de la communauté scientifique. Ainsi, il a fallu s'y reprendre à trois fois pour que le transfert de Eperythrozoon suis dans le genre Mycoplasma soit effectué de manière conforme aux règles du Code de Nomenclature (voir Eperytrozoon suis, "Candidatus Mycoplasma haemosuis", Mycoplasma haemosuis et Mycoplasma suis dans les fichiers Eperythrozoon, Candidatus et Mycoplasma in List of Procaryotic Names with Standing in Nomenclature).
Les multiples modifications de la nomenclature bactérienne, dictées par l'évolution de la taxonomie, sont ressenties comme une gêne par certains cliniciens et bactériologistes. Toutefois, des bactéries autrefois confondues peuvent avoir un rôle pathogène très différent et, dans un but médical, il est indispensable de les différencier et de les nommer. L'utilisation d'une nomenclature correcte permet alors d'affiner un diagnostic et d'éviter tous risques d'erreurs.
Pour éviter les ambiguïtés, les bactériologistes devraient informer régulièrement les cliniciens des changements intervenus dans la systématique bactérienne.
Il serait également souhaitable que les laboratoires de bactériologie indiquent entre parenthèses les anciennes nomenclatures tant qu'elles ne sont pas devenues familières aux cliniciens. Exemples : Rothia mucilaginosa (Stomatococcus mucilaginosus), Anaplasma phagocytophilum (Ehrlichia phagocytophila), Mycoplasma wenyonii (Eperythrozoon wenyonii), Tenacibaculum maritimum (Flexibacter maritimus)...
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WOESE (C.R.), KANDLER (O.) et WHEELIS (M.L.) : Towards a natural system of orgnisms. Proposal for the domains Archaea and Bacteria. Proc. Natl. Acad. Sci. USA, 1990, 87, 4576-4579.
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1 : Taxonomie versus taxinomie
Le mot taxonomie ou taxinomie est composé de deux éléments empruntés au grec : taxis = arrangement (et dans le domaine militaire un escadron) et nomos = usage, règlement.
Le nom taxonomie (proposé par Candolle en 1818) et le nom taxinomie (correction proposée par Littré) n'existent pas en grec et ce sont donc des néologismes. En français, il n'existe aucun risque de confusion avec l'if si bien que les deux formes peuvent être admises : taxinomie si on veut respecter l'usage grec ou taxonomie si on se plie à la règle courante de la formation des noms composés dérivés du grec.
Il est intéressant de remarquer que ni taxonomie ni taxinomie ne figurent dans la 8ème édition du Dictionnaire de l'Académie française (1932-1935). La 9ème édition est en cours de publication mais, à la date du 17 décembre 2005, elle s'arrête au mot "onglette". Il est donc impossible de connaître la position de l'Académie. Retiendra-t-elle taxonomie, taxinomie, les deux noms ou, ce qui serait surprenant, aucun des deux ?
Le 01 janvier 1966, International Journal of Systematic Bacteriology (Int. J. Syst. Bacteriol., IJSB) a remplacé International Bulletin of Bacterial Nomenclature and Taxonomy (créé le 01 janvier 1951). Puis, à compter du 01 janvier 2000, International Journal of Systematic Bacteriology a changé de nom pour devenir International Journal of Systematic and Evolutionary Microbiology (Int. J. Syst. Evol. Microbiol., IJSEM).
Pour des renseignements complémentaires voir les entrées International Journal of Systematic and Evolutionary Microbiology (IJSEM) et International Journal of Systematic Bacteriology (IJSB) in Glossaire de nomenclature bactérienne.
. Deux taxons sont des synonymes homotypiques (anciennement appelés synonymes objectifs ou "objective synonyms") lorsqu'ils possèdent la même nomenclature type.
Exemples :
Voir aussi l'entrée Synonyme in Glossaire de nomenclature bactérienne.
Autant il est légitime d'avoir une description qui puisse être comprise par un grand nombre de bactériologistes autant le choix exclusif de la langue anglaise peut paraître regrettable. Tant qu'à suggérer l'utilisation d'une langue, l'auteur de ce fichier aurait préféré que le choix se porte sur une langue culturellement et politiquement plus neutre comme le latin. L'utilisation du latin est d'ailleurs prévue par le "Code International de Nomenclature Botanique" qui, depuis le 01 janvier 1935, exige que la publication d'un nouveau nom soit accompagnée d'une description latine du taxon.
De manière schématique, en grammaire, une apposition est un procédé par lequel deux termes (mots ou groupe de mots), dans la même construction grammaticale, sont juxtaposés de telle manière que le deuxième terme vienne compléter le sens du premier : Lune, astre des nuits.... ; Cicéron, orateur romain ... ; Attila, le fléau de Dieu ...
6 : Collections de cultures bactériennes Contrairement à ce qui est parfois écrit, une souche type n'est pas généralement (sic) déposée à l'ATCC !!! Les auteurs sont libres de déposer les souches types dans les collections de leurs choix dans la mesure où ces collections sont reconnues au plan international et dans la mesure où elles consentent à distribuer (le plus souvent à titre onéreux) les souches types. Le dépôt de souches présentant un risque d'infection pour l'homme, notamment les souches du groupe 3 (voir le fichier Classification des bactéries en fonction du risque d'infection pour l'homme), n'est actuellement accepté que par deux collections (ATCC et NCTC). La distribution de ces souches est, bien sûr, soumise à conditions. Par exemple, les souches ATCC présentant un risque de niveau 3 sont distribuées par un organisme américain (le "Biodefense & Emerging Infections Research Resources Repository") créé par le "National Institute of Allergy and Infectious Diseases". Un scientifique non américain aura certainement beaucoup de mal à obtenir de telles souches !
Même pour des souches totalement dépourvues de pouvoir pathogène ou d'intérêt industriel, la politique actuelle de l'ATCC constitue un frein à la libre circulation des souches (voir sur le site de l'ATCC le fichier Material Transfer Agreement). Un bactériologiste déposant une souche à l'ATCC doit être conscient du fait que la souche ne pourra pas être librement distribuée à l'ensemble de la communauté scientifique!!!
Une liste des collections bactériennes est donnée dans le fichier Culture collections of prokaryotes in List of Procaryotic Names with Standing in Nomenclature.
Pour des informations complémentaires voir l'entrée ¤ "Collections de cultures" in ¤ "Glossaire de nomenclature bactérienne".
7 : Pour la définition d'une genomospecies voir les fichiers Introduction à la taxonomie des procaryotes et Définitions d'une genomospecies et d'une espèce bactérienne.
8 : "Protologue" ou plan standardisé pour la description d'un nouveau taxon En 1999, Brian Tindall a proposé de standardiser la description d'un nouveau taxon (voir Int. J. Syst. Bacteriol., 1999, 49, 1309-1312).
Lors de sa réunion du 14 août 1999, la "Judicial Commission" a approuvé cette proposition et plusieurs paragraphes ont été ajoutés à la règle 27(2) :
L'utilisation d'un plan standardisé est applicable à compter du 14 décembre 2000, date de publication du numéro de IJSEM contenant les comptes rendus des réunions de la "Judicial Commission" tenues à Sydney en août 1999 (voir Int. J. Syst. Evol. Microbiol., 2000, 50, 2239-2244). Voir aussi l'entrée Plan standardisé pour la description d'un nouveau taxon in Glossaire de nomenclature bactérienne.
9 : Exemples de titres d'articles respectant ou non les recommandations de l'appendice 7 Le titre de l'article de Imhoff et al. 1998 a l'avantage d'annoncer clairement les changements de nomenclature proposés dans la publication : Reclassification of species of the spiral-shaped phototrophic purple non-sulfur bacteria of the a-Proteobacteria: description of the new genera Phaeospirillum gen. nov., Rhodovibrio gen. nov., Rhodothalassium gen. nov. and Roseospira gen. nov. as well as transfer of Rhodospirillum fulvum to Phaeospirillum fulvum comb. nov., of Rhodospirillum molischianum to Phaeospirillum molischianum comb. nov., of Rhodospirillum salinarum to Rhodovibrio salinarum comb. nov., of Rhodospirillum sodomense to Rhodovibrio sodomensis comb. nov., of Rhodospirillum salexigens to Rhodothalassium salexigens comb. nov. and of Rhodospirillum mediosalinum to Roseospira mediosalina comb. nov. Int. J. Syst. Bacteriol., 1998, 48, 793-798.
Inversement le titre de l'article de Kasai et al. 2000 (Intrageneric relationships among Micromonospora species deduced from gyrB-based phylogeny and DNA relatedness. Int. J. Syst. Evol. Microbiol., 2000, 50, 127-134.) ne laisse pas présager des nombreuses modifications proposées par les auteurs :
Le titre de la publication de Stackebrandt, Rainey et Ward-Rainey ("Proposal for a new hierarchic classification system, Actinobacteria classis nov.") ne cite pas les modifications et nouveautés proposées, mais celles-ci sont tellement nombreuses qu'il était pratiquement impossible de respecter les recommandations de l'appendice 7. Pour plus d'informations, voir le fichier Actinobacteria.
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