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Créé le 06 septembre 2001
THALASSOMONAS
Systématique
En 1994, Ortigosa et al. publient une étude de taxonomie numérique portant sur 245 souches de bacilles à Gram négatif, aérobies strictes, isolées soit de l'eau soit d'huîtres des côtes méditerranéennes (sud de la région de Valence, Espagne). Les résultats* ont permis d'identifier plusieurs taxons déjà décrits ainsi que des phénons non encore caractérisés. C'est ainsi que deux souches, préalablement rapprochées des Alteromonas spp. ont été placées par Ortigosa et al. dans le phénon 29. Ces souches ont fait l'objet d'études complémentaires dont les résultats ont conduit à proposer la description d'un nouveau genre et d'une nouvelle espèce, Thalassomonas viridans.
Les séquences des ARNr 16S des deux souches du taxon 29 sont pratiquement identiques (plus de 99,8 p. cent d'homologie) et une analyse phylogénétique permet de les placer dans la classe des ¤ Gammaproteobacteria, à proximité du genre Colwellia (93,2 à 94,8 p. cent d'homologie) et dans une moindre mesure des genres Idiomarina et Glaciecola.
Le 11 mars 2004, Yi et al. valident la publication de Thalassomonas ganghwensis pour une unique souche isolée en Corée d'une zone intertidale (banc découvert à marée basse et recouvert à marée haute). En 2006, Thompson et al. étudient la position taxonomique de la souche CBMAI 722 (= LMG 22536) isolée de coraux malades. Le séquençage des ADNR 16S révèle que cette souche est un représentant du genre Thalassomonas. Toutefois, les pourcentages d'homologie obtenus avec les souches types de Thalassomonas viridans et de Thalassomonas ganghwensis sont inférieurs ou égaux à 95. En accord avec les conclusions de Stackebrandt et Goebel, Thompson et al. proposent la création d'une nouvelle espèce, Thalassomonas loyana, dont la nomenclature a été validement publiée le 10 février 2006. Le juin 2006, Jean et al. valident la publication de Thalassomonas agarivorans pour une unique souche isolée de sédiments marins à Taiwan et capable de dégrader l'agar.
Caractères bactériologiques
Le genre Thalassomonas regroupe des bacilles à Gram négatif, de 1,5 à 2,3 µm de longueur sur 0,5 à 1 µm de diamètre, immobiles ou mobiles grâce à un unique flagelle polaire, aérobies stricts, incapables de fermenter les sucres, chimio-organotrophes, catalase positive, halophiles, mésophiles (croissance pour des températures comprises entre 13 et 36 °C, mais absence de croissance à 4 ou à 45 °C), possédant principalement des acides gras non ramifiés et saturés ou mono-insaturés, donnant une réponse négative aux tests ADH, LDCC, ODC.
Thalassomonas viridans est oxydase positive, elle hydrolyse la gélatine, l'ADN, la caséine, l'amidon et la lécithine, elle produit une bêta-galactosidase, elle donne une réponse négative aux tests réduction des nitrates, production d'indole, hydrolyse de l'alginate, hydrolyse de l'agar, hydrolyse de la chitine, arginine di-hydrolase, lysine décarboxylase et ornithine décarboxylase. L'hydrolyse du Tween 80 est négative sauf si l'incubation est prolongée durant plus de sept jours.
Thalassomonas ganghwensis est oxydase positive, elle réduit les nitrates, elle ne produit ni amylase ni lécithinase et elle hydrolyse le Tween 80.
Thalassomonas loyana donne un résultat positif aux tests réduction des nitrates, gélatinase, amylase, alginase, DNase et bêta-galactosidase.
Thalassomonas agarivorans est une bactérie immobile, oxydase positive, nitrate réductase positive, elle hydolyse l'esculine, l'agar, l'alginate et l'amidon.
Les principaux caractères permettant de différencier les espèces du genre Thalassomonas sont donnés dans le tableau I.
Le genre Thalassomonas se distingue facilement des espèces du genre Colwellia qui sont aéro-anaérobies et psychrophiles.
Habitat et pouvoir pathogène
Les deux souches de Thalassomonas viridans, isolées par Ortigosa et al., proviennent d'huîtres méditerranéennes. Aucun pouvoir pathogène n'a été décrit pour cette espèce. Thalassomonas ganghwensis n'a été isolée que de sédiments marins.
L'unique souche de Thalassomonas loyana a été isolée de coraux de la Mer Rouge, Favia favus (corail cerveau)***, atteints de peste blanche et cette souche est capable de reproduire la maladie chez des coraux sains.
Orientation bibliographique
JEAN (W.D.), SHIEH (W.Y.) et LIU (T.Y.) : Thalassomonas agarivorans sp. nov., a marine agarolytic bacterium isolated from shallow coastal water of An-Ping Harbour, Taiwan, and emended description of the genus Thalassomonas. Int. J. Syst. Evol. Microbiol., 2006, 56, 1245-1250. MACIÁN (M.C.), LUDWIG (W.), SCHLEIFER (K.H.), GARAY (E.) and PUJALTE (M.J.): Thalassomonas viridans gen. nov., sp. nov., a novel marine g-proteobacterium. Int. J. Syst. Evol. Microbiol., 2001, 51, 1283-1289. ORTIGOSA (M.), GARAY (E.) et PUJALTE (M.J.) : Numerical taxonomy of aerobic, Gram-negative bacteria associated with oysters and surrounding seawater of the Mediterranean coast. Syst. Appl. Microbiol., 1994, 17, 589-600. STACKEBRANDT (E.) et GOEBEL (B.M.) : Taxonomic note: A place for DNA-DNA reassociation and 16S rRNA sequence analysis in the present species definition in bacteriology. Int. J. Syst. Bacteriol., 1994, 44, 846-849. THOMPSON (F.L.), BARASH (Y.), SAWABE (T.), SHARON (G.), SWINGS (J.) et ROSENBERG (E.) : Thalassomonas loyana sp. nov., a causative agent of the white plague-like disease of corals on the Eilat coral reef. Int. J. Syst. Evol. Microbiol., 2006, 56, 365-368. YI (H.), BAE (K.S.) et CHUN (J.) : Thalassomonas ganghwensis sp. nov., isolated from tidal flat sediment. Int. J. Syst. Evol. Microbiol., 2004, 54, 377-380.
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Pour une photographie de Favia favus voir Favia favus (Ginette Allard et Frédéric André). Pour des photographies et une description de la "white plague", voir le fichier White Plague sur le site The Coral Disease Page. Pour des informations scientifiques sur l'ordre des Scléractiniaires, voir, sur le site Invertébrés protégés et/ou menacés en France (Laboratoire de Biologie des Invertébrés Marins et Malacologie, Muséum National d'Histoire Naturelle), la page Scleractinia.
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