J.P. Euzéby : Dictionnaire de Bactériologie Vétérinaire

home

Dernière mise à jour le 05 avril 2005

 

TRABULSIELLA

 

Systématique

 

Trabulsiella guamensis, espèce type du genre Trabulsiella, rassemble des souches d'entérobactéries préalablement connues sous la dénomination de "Enteric Group 90". Ces souches présentent des caractères phénotypiques proches des salmonelles ce qui a conduit McWhorther et al. (1991) à étudier leurs caractères phénotypiques et génotypiques.
L'individualisation de Trabulsiella guamensis repose sur les résultats d'études d'homologies ADN - ADN. Les ADN de huit souches du "groupe entéritique 90" présentent une homologie supérieure à 80 p. cent alors que les pourcentages d'homologie sont inférieurs à 42 avec les ADN des autres entérobactéries. Cette nouvelle genomospecies (pour la définition d'une genomospecies voir le fichier Définitions d'une genomospecies et d'une espèce bactérienne) étant facilement identifiable par des tests phénotypiques, McWhorter et al. proposent la création d'un nouveau genre et d'une nouvelle espèce, Trabulsiella guamensis. Ces nomenclatures seront validement publiées le 06 avril 1992 par inscription sur la liste de validation n° 41.

Le 05 avril 2007, Chou et al. valident la publication de Trabulsiella odontotermitis pour deux souches bactériennes isolées de l'intestin de termites (Odontotermes formosanus). La caractérisation de cette nouvelle espèce repose sur l'étude des séquences des ARNr 16S, sur les résultats des hybridations ADN-ADN et sur les caractères phénotypiques.

 

Caractères bactériologiques

 

Les espèces du genre Trabulsiella sont constituées des bacille à Gram négatif, mobiles, non pigmentés, non sporulés aéro-anaérobies, catalase positive, oxydase négative, acidifiant le glucose et présentant les caractères généraux de la famille des Enterobacteriaceae (voir le fichier ¤ "Enterobacteriaceae, "Enterobacteriales"").

Les principaux caractères de Trabulsiella guamensis sont les suivants :
. Un résultat positif est obtenu en 48 heures pour les tests réduction des nitrates, rouge de méthyle, production d’hydrogène sulfuré, lysine décarboxylase, ornithine décarboxylase, bêta-galactosidase, croissance dans un milieu de Braun au KCN, fermentation du glucose avec production de gaz, fermentation du L-arabinose, du cellobiose, du D-galactose, du D-galacturonate, du maltose, du D-mannitol, du D-mannose, du mucate, du L-rhamnose, du D-sorbitol, du tréhalose et du D-xylose.
. Un résultat négatif est obtenu en 48 heures pour les tests pigmentation des colonies, oxydase, réaction de Voges-Proskauer, uréase, phénylalanine désaminase, utilisation du malonate, DNase, lipase, fermentation de l’adonitol, du D-arabitol, du dulcitol, de l’érythritol, de l'alpha-méthyl-D-glucoside, du glycérol, du myo-inositol, du lactose, du mélibiose, du raffinose et du saccharose.
. Des résultats variables sont obtenus pour la production d’indole (40 p. cent de souches positives en 48 heures), l’utilisation du citrate trisodique (88 p. cent de souches positives en 48 heures), l'arginine di-hydrolase (50 p. cent de souches positives en 48 heures), l’hydrolyse de l’esculine (40 p. cent de souches positives en 48 heures), hydrolyse de la gélatine (méthode utilisant un film photographique ; 66 p. cent de souches positives), la fermentation de la salicine (13 p. cent de souches positives en 48 heures) et la fermentation du D-tartrate (50 p. cent de souches positives en 48 heures).

Trabulsiella odontotermitis se distingue facilement de Trabulsiella guamensis car c'est une espèce nitrate réductase négative, ne produisant pas d'hydrogène sulfuré et produisant de l'acétoïne (réponse positive au test VP).

 

Habitat et pouvoir pathogène

 

La majorité des souches de Trabulsiella guamensis a été isolée de la poussière de maison prélevée dans des aspirateurs, une souche provient du sol, deux souches ont été isolées de l’environnement (sans autre précision) et trois souches étaient présentes dans des selles diarrhéiques sans que l’on puisse leur attribuer un rôle pathogène.
Il est toutefois important de connaître l’existence de cette bactérie car elle peut être confondue avec une salmonelle et, notamment, avec Salmonella bongori ou Salmonella enterica subsp. houtenae. En effet, Trabulsiella guamensis ne fermente ni le lactose (en 48 heures) ni le saccharose (en 7 jours) mais elle produit de grandes quantités d’hydrogène sulfuré si bien que sur des milieux sélectifs comme la gélose SS (Salmonella-Shigella) ou sur des milieux d’orientation tels que le milieu de Kligler ou le milieu TSI elle présente les caractères d'une salmonelle. Les principaux critères du diagnostic différentiel sont présentés dans le tableau I.

Les souches de Trabulsiella odontotermitis ont été isolées à Taiwan de l'intestin de termites.
 

Sensibilité aux antibiotiques

 

Les huit souches de Trabulsiella guamensis, testées par McWorter et al., étaient sensibles à la colistine, à l'acide nalidixique, à la gentamicine, à la streptomycine, à la kanamycine, au chloramphénicol et à l'association sulfaméthoxazole-triméthoprime. En revanche, elles étaient résistantes à la pénicilline G, à l'ampicilline et à la céfalotine. La sensibilité vis-à-vis de la carbénicilline, de la tétracycline et de la sulfadiazine était variable selon les souches.
 

Orientation bibliographique

 

CHOU (J.H.), CHEN (W.M.), ARUN (A.B.) et YOUNG (C.C.) : Trabulsiella odontotermitis sp. nov., isolated from the gut of the termite Odontotermes formosanus Shiraki. Int. J. Syst. Evol. Microbiol., 2007, 57, 696-700.

FARMER III (J.J.) : Enterobacteriaceae: Introduction and identification. In : P.R. MURRAY, E.J. BARON, M.A. PFALLER, F.C. TENOVER et R.H. YOLKEN (éd.) : Manual of Clinical Microbiology, 7th edition, ASM Press, Washington, D.C., 1999, pp. 442-458.

FARMER III (J.J.) et KELLY (M.T.) : Chapter 36. Enterobacteriaceae. In : A. BALOWS, W.H. HAUSLER, K.L. HERRMANN, H.D. ISENBERG et H.J. SHADOMY (éditeurs), Manual of Clinical Microbiology, fifth edition, American Society for Microbiology, Washington, D.C., 1991, p. 360-383.

LINSQUIST (J.A.) et FARMER III (J.J.) : Genus XXXVIII. Trabulsiella McWhorter, Haddock, Nocon, Steigerwalt, Brenner, Aleksic, Bockemühl and Farmer 1992, 327VP (Effective publication Haddock, Nocon, Steigerwalt, Brenner, Aleksic, Bockemühl and Farmer 1991, 1482) (Enteric Group 90 Murlin, Brenner, Steigerwalt and Farmer 1988). In: D.J. BRENNER, N.R. KRIEG, J.T. STALEY and G. M. GARRITY (eds), Bergey’s Manual of Systematic Bacteriology, second edition, vol. 2 (The Proteobacteria), part B (The Gammaproteobacteria), Springer, New York, 2005, pp. 827-828.

McWHORTER (A.C.), HADDOCK (R.L.), NOCON (F.A.), STEIGERWALT (A.G.), BRENNER (D.J.), ALEKSIC (S.), BOCKEMÜHL (J.) et FARMER III (J.J.) : Trabulsiella guamensis, a new genus and species of the family Enterobacteriaceae that resembles Salmonella subgroups 4 and 5. J. Clin. Microbiol., 1991, 29, 1480-1485.

 

AVIS JURIDIQUE IMPORTANT : Les informations qui figurent sur ce site sont soumises à une clause de non responsabilité et sont protégées par un copyright.