J.P. Euzéby : Dictionnaire de Bactériologie Vétérinaire

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Créé le 23 mars 2005

 

URUBURUELLA, URUBURUELLA SUIS 

 

Systématique

 

L'étude de cinq souches bactériennes, isolées de porcs, a permis à Vela et al. de décrire le genre Uruburuella et l'espèce Uruburuella suis. Ces nomenclatures ont été validement publiées le 18 mars 2005.

Les caractères phénotypiques et l'étude des acides gras cellulaires rapprochaient ces cinq souches de la famille des ¤ Neisseriaceae. Afin de préciser la position phylogénétique de ces souches, Vela et al. ont procédé au séquençage des ARNr 16S.
Les séquences d'environ 1000 nucléotides montrent que les ARNr 16S des cinq souches présentent des homologies comprises entre 99,9 et 100 p. cent. L'ARNr 16S des cinq souches présente de l’adénine en position 585 et de l’uracile en position 756 ce qui correspond à la  "séquence signature" caractéristique de la famille des ¤ Neisseriaceae.
Le séquençage de plus de 1400 nucléotides a été réalisé sur deux souches, la souche 1258/02 et la souche 959/02. Une étude comparative, effectuée avec les séquences de la base GenBank, révèle que ces deux souches appartiennent bien à la famille des ¤ Neisseriaceae. Les homologies de séquence obtenues avec les Neisseria sp., les Simonsiella sp., les Kingella sp., Alysiella filiformis et Eikenella corrodens sont comprises entre 92 et 96 p. cent.

Si le classement des souches porcines au sein de la famille des ¤ Neisseriaceae semblait évident, il était plus difficile de se prononcer sur leur statut exact au sein de cette famille. En effet, il était possible de les considérer soit comme un nouveau genre soit comme une nouvelle espèce d'un des genres préalablement décrits.
La plus forte homologie de séquence est observée entre la souche 1258/02 et la souche type de Neisseria canis. Les espèces du genre Neisseria sont phylogénétiquement hétérogènes, mais les espèces Neisseria gonorrhoeae (espèce type du genre), Neisseria meningitidis, Neisseria flavescens et Neisseria mucosa forment un groupe homogène qui peut être considéré comme les authentiques Neisseria. Les souches 1258/02 et la souche 959/02 sont phylogénétiquement éloignées de ce groupe et elles ne peuvent être considérées comme de vrais représentants du genre Neisseria.

Les caractères phénotypiques permettent de différencier les souches isolées du porc de toutes les espèces de la famille des ¤ Neisseriaceae. Compte tenu des caractères phénotypiques et phylogénétiques, Vela et al. ont choisi de proposer le nouveau genre Uruburuella et la nouvelle espèce Uruburuella suis (souche type 1258/02 = CCUG 47806 = CECT 5685).

 

Caractères bactériologiques

 

Le genre Uruburuella est constitué de coccobacilles à Gram négatif, non sporulés, immobiles, aéro-anaérobies, catalase et oxydases positives, réduisant les nitrates et les nitrites, produisant un pigment jaune non diffusible, acidifiant le glucose et d'autres sucres, capables de croître en présence de 3 p. cent de NaCl, possédant des acides gras à longues chaînes et non ramifiés et possédant un G + C p. cent de 55.

Les caractères biochimiques de Uruburuella suis ont été étudiés à l'aide de galeries API 20NE, API NH et API ZYM.
. Une réponse positive est notée pour les tests phosphatase alcaline (réaction faiblement positive), phosphatase acide, estérase C4, estérase lipase C8, leucine arylamidase, proline arylamidase, assimilation de l'arabinose, du gluconate, du glucose, du malate et du malonate, acidification du fructose et du glucose.
. Une réponse négative est obtenue avec les tests indole, hydrolyse de l'esculine, gélatinase, arginine di-hydrolase, ornithine décarboxylase, lipase C14, valine arylamidase, cystine arylamidase, trypsine, chymotrypsine, naphtol-AS-BI-phosphohydrolase, alpha-glucosidase, bêta-galactosidase, bêta-glucuronidase, bêta-glucosidase, N-acétyl-bêta-glucosaminidase, alpha-mannosidase, alpha-fucosidase, assimilation de l'adipate, du caprate, du citrate, du maltose et du phényl-acétate, acidification du maltose et du saccharose.
. L'hydrolyse de l'urée et l'assimilation du mannose sont des caractères variables selon les souches.
. La réponse aux tests pénicillinase et gamma glutamyl transférase n'est pas indiquée dans la publication de Vela et al.

Après 24 heures d'incubation sur une gélose Columbia au sang (origine du sang non précisée), les colonies sont circulaires, à contour régulier, lisses, pigmentées en jaune, non hémolytiques et leur diamètre est compris entre 1 et 2 mm.
Aucune culture n'est obtenue sur gélose de MacConkey ou sur gélose de Thayer-Martin.

Les souches de Uruburuella suis se distinguent des Neisseria sp., de Alysiella filiformis et des Simonsiella sp. par leur morphologie et leur type respiratoire.
La présence d'une catalase et l'absence de mobilité permettent de différencier le genre Uruburuella des genres Kingella et Eikenella.

 

Habitat et pouvoir pathogène

 

Les souches de Uruburuella suis ont été isolées de porcs âgés de 5 à 6 mois et présentant des signes d'infection respiratoire. Deux souches ont été isolées de lésions de pneumonie et trois souches de lésions de péricardite.
L'habitat de cette espèce est inconnu.

 

Orientation bibliographique

 

Voir aussi le fichier ¤ Neisseriaceae.

VELA (A.I.), COLLINS (M.D.), LAWSON (P.A.), GARCÍA (N.), DOMÍNGUEZ (L.) et FERNÁNDEZ-GARAYZÁBAL (J.F.) : Uruburuella suis gen. nov., sp. nov., isolated from clinical specimens of pigs. Int. J. Syst. Evol. Microbiol., 2005, 55, 643-647.

 

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