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Créé le 07 octobre 2005
VIBRIO PARAHAEMOLYTICUS
Autres dénominations : "Pasteurella parahaemolytica", "Pseudomonas enteritis", "Oceanomonas parahaemolytica", Beneckea parahaemolytica. Voir aussi le fichier : ¤ "Vibrionales", Vibrionaceae, Vibrio.
Systématique
L'histoire de Vibrio parahaemolyticus commence les 20 et 21 octobre 1950 à Osaka lors d'une toxi-infection alimentaire collective, due à la consommation d'anchois japonais* (Engraulis japonica). Sur 272 patients atteints de gastro-entérite, 20 devaient décéder. Fujino et al. isolent des anchois une bactérie mobile évoquant Vibrio cholerae. Toutefois, cette bactérie ne réagit pas avec un antisérum anti-Vibrio cholerae, elle n'est pas incurvée et elle présente une coloration bipolaire. Sur une gélose au sang, le germe était hémolytique. Pour toutes ces raisons, cette bactérie a été placée dans le genre Pasteurella avec l'appellation de "Pasteurella parahaemolytica" (pour Fujino et al., le germe semblait proche de Pasteurella haemolytica = ¤ Mannheimia haemolytica). Ultérieurement, "Pasteurella parahaemolytica" a été isolée des fèces des malades.
En 1951, lors d'une toxi-infection alimentaire collective survenue à l'hôpital de Yokohama, Takikawa isole un germe semblable à "Pasteurella parahaemolytica". Cet auteur montre qu'il est halophile et il conclut que la bactérie doit être placée dans le genre Pseudomonas ("Pseudomonas enteritis").
En 1963, Sakazaki et al. étudient 1072 souches de "Oceanomonas parahaemolytica" et ils placent ce micro-organisme dans le genre Vibrio. Au sein de l'espèce Vibrio parahaemolyticus, ces auteurs individualisent deux biovars, le biovar 1 ou Parahaemolyticus (ne produisant pas d'acétoïne et incapable de cultiver en présence de 10 p. cent de NaCl) et le biovar 2 ou Alginolyticus (produisant de l'acétoïne et cultivant en présence de 10 p. cent de NaCl). En 1971, Baumann et al. transfèrent Vibrio parahaemolyticus, ainsi que d'autres vibrions isolés de l'eau de mer, dans le genre Beneckea**. En 1974, la huitième édition du "Bergey's Manual of Determinative Bacteriology" décrit Vibrio parahaemolyticus et reconnaît l'existence des biovars Parahaemolyticus et Alginolyticus. En 1975, le sous-comité de taxonomie des Vibrio recommande d'élever chacun des ces biovars au rang d'espèce et, ultérieurement, les résultats des hybridations ADN-ADN confirmeront l'individualisation des espèces Vibrio parahaemolyticus et Vibrio alginolyticus.
Le 01 janvier 1980 les Approved Lists of Bacterial Names retiennent les nomenclatures de Vibrio parahaemolyticus et de Beneckea parahaemolytica.
Caractères bactériologiques
Vibrio parahaemolyticus présente les caractères généraux du genre Vibrio.
Les caractères biochimiques présentés ci-dessous sont extraits du Bergey's Manual of Systematic Bacteriology, Volume 2, Part C (Farmer III et al. 2005). Sauf indications contraires, les résultats ont été obtenus après 48 heures d'incubation à 36 °C et 1 p. cent de NaCl a été rajouté aux milieux pour la réalisation des tests indole, rouge de méthyle, VP, ADH, LDC, ODC et hydrolyse de la gélatine.
Vibrio parahaemolyticus possède un temps de génération très court. Dans un bouillon il peut être de 8 à 9 minutes mais, pour la majorité des souches, il varie de 10 à 14 minutes. Dans les denrées alimentaires, le temps de génération est de l'ordre de 12 à 18 minutes.
Vibrio parahaemolyticus ne pousse pas dans des milieux dont la concentration en NaCl est inférieure à 0,4 p. cent ou égale ou supérieure à 10 p. cent.
Vibrio parahaemolyticus cultive à des pH compris entre 5 et 11 (pH optimal de 7,5 à 8). La capacité de cette bactérie à croître à des pH alcalins est mise à profit pour la réalisation de milieux sélectifs et d'enrichissement. À un pH voisin de la neutralité, aucune croissance n'est obtenue à 4 ou à 45 °C, mais le germe cultive pour des températures comprises entre 9 et 44 °C (optimum compris entre 35 et 37 °C). Dans un milieu alcalin, une faible croissance est observée à une température de 5 °C. Comme la plupart des espèces du genre Vibrio, Vibrio parahaemolyticus cultive sur de nombreux milieux à la condition qu'ils contiennent au moins 1 p. cent de NaCl. Après 18 à 24 heures d'incubation, les colonies obtenues sur une gélose cœur-cervelle ont un diamètre de 2 à 4 mm, elles sont convexes, lisses, circulaires, à contour régulier. Les souches produisant beaucoup de polysaccharides capsulaires donnent des colonies opaques alors que les souches produisant peu de polysaccharides capsulaires donnent des colonies transparentes.
L'étude des antigènes O et K est mise à profit pour le sérotypage des souches. Les souches isolées de l'homme présentent au moins 13 antigènes O et 71 antigènes K différents. La diversité antigénique des souches est plus importante, mais le "Committee on the serological typing of Vibrio parahaemolyticus" a décidé de ne pas prendre en compte les antigènes présents chez les souches isolées de l'environnement.
Habitat et pouvoir pathogène
Habitat
Vibrio parahaemolyticus est présent dans l'environnement marin (notamment dans les eaux côtières et les eaux des estuaires) où il est isolé d'eaux dont la température est supérieure à 10 °C. Sa multiplication est favorisée par une température supérieure à 20 °C et une salinité modérée (15 à 25 g par litre).
L'isolement de Vibrio parahaemolyticus à partir d'eau douce ou d'eau de mer récoltée au large des côtes est rare. Dans l'eau douce le germe est associé à des particules organiques, il ne peut être isolé que durant les mois chauds et sa densité est toujours faible [moins de 5 UFC (unités formant colonies) par litre]. Au large des côtes, la plus forte salinité de l'eau, le manque de nutriment et une basse température ne sont pas favorables à sa survie.
La répartition géographique est vaste et Vibrio parahaemolyticus a été isolé des eaux côtières de très nombreux pays répartis dans les cinq continents.
Vibrio parahaemolyticus se trouve à l'état libre dans l'eau ou associé au zooplancton et à la végétation marine. Les coquillages (huîtres, moules, clams, coquilles Saint-Jacques ...) se contaminent par filtration de l'eau et le germe est présent dans l'intestin et les tissus. Vibrio parahaemolyticus colonise également des mollusques gastéropodes (bigorneaux, ormeaux, Clithon corona, Clithon retropictus, Heminerita japonica, Nerita albicilla ...), des crustacés (crevettes, crabes, araignées de mer, homards ...), des céphalopodes (calamars, encornets) et il est isolé de l'intestin de nombreux poissons (anchois, sardines, anguilles, sigans pintades, mérous aréolés, mulets, tilapias, maquereaux, Aphanius iberus, Leiognathus sp., Cynoglossus sp. Epinephelus sp. ...).
Une morbidité et une mortalité élevées ont été associées à la présence de Vibrio parahaemolyticus chez les mollusques bivalves, les crevettes, les crabes, les ormeaux et les poissons (Epinephelus coioides, Aphanius iberus).
Infections intestinales Les infections intestinales sont liées à la consommation de coquillages (notamment des huîtres), de crustacés (notamment des crabes) ou de poissons crus ou insuffisamment cuits. Les malades présentent une diarrhée aqueuse, des crampes abdominales, des nausées, des vomissements, des maux de tête et, dans environ la moitié des cas, une fièvre modérée. Dans les formes les plus graves, on note la présence de sang dans les selles et un ténesme. La maladie se déclare en moyenne 12 à 24 heures après l'ingestion d'un aliment contaminé (extrêmes de 3 à plus de 72 heures) et elle persiste 3 à 5 jours (la persistance des symptômes est cependant supérieure à 7 jours chez 10 à 20 p. cent des malades). L'évolution est généralement bénigne, mais environ 10 p. cent des malades sont hospitalisés et le taux de mortalité peut atteindre 2 p. cent.
Ces toxi-infections alimentaires ont été décrites sur les cinq continents. Au japon elles représentent environ 70 p. cent des gastro-entérites survenant durant les mois d'été (summer diarrhea) et elles succèdent le plus souvent à l'ingestion de poissons crus ou insuffisamment cuits. Dans les autres pays, l'incidence est plus faible (environ 2 à 36 p. cent des toxi-infections alimentaires) et les aliments les plus souvent incriminés sont les coquillages et les crustacés. Comme au Japon, l'incidence est plus forte durant les mois chauds.
En février 1996, un nombre de cas anormalement élevé a été noté chez des individus hospitalisés à Calcutta. Une analyse des souches a révélé la présence d'un clone particulier appartenant au sérovar O3:K6. Ultérieurement, d'autres clones, aptes à provoquer des pandémies et appartenant aux sérovars O1:K25, O1:K41, O4:K12, O4:K68, O6:K18 et O1:KUT (UT pour untypable) ont été identifiés. Les analyses génétiques (ribotypage, AP-PCR, électrophorèse en champ pulsé, séquençage du gène toxRS ...) montrent que ces clones dérivent du clone O3:K6. Tous ces clones possèdent le gène tdh, mais ils sont dépourvus du gène trh (Cf. infra).
Infections extra-digestives Au début des années 1970, plusieurs publications ont fait état d'infections extra-intestinales à Vibrio parahaemolyticus. Ces publications sont à considérer avec précaution car la majorité de ces infections pourrait être due à ¤ Vibrio vulnificus (Beneckea vulnifica), espèce caractérisée en 1979. Toutefois, depuis les années 1980, plusieurs cas d'infections extra-intestinales à Vibrio parahaemolyticus ont été décrits.
Les infections des plaies sont considérées comme rares mais, entre 1988 et 1997, 118 cas dont trois mortels ont été déclarés aux CDC d'Atlanta par les états du Golfe du Mexique. À la suite de l'ouragan Katrina (août 2005), au moins trois cas d'infections des plaies, dont deux cas mortels, ont été rapportés chez des individus vivant en Louisiane et au Mississippi.
Des septicémies, consécutives à la consommation de produits de la mer ou à une infection des plaies, sont observées chez des malades présentant souvent une pathologie sous-jacente (alcoolisme, diabète, maladies hépatiques, neutropénie). Des infections oculaires et des otites, consécutives à des baignades sont également décrites. Exceptionnellement, on note des infections urinaires et des péritonites (consécutives à une chirurgie intestinale chez des patients ayant préalablement consommés des produits de la mer).
Facteurs de pathogénicité
Attachement L'adhésion aux cellules intestinales est considérée comme une étape essentielle dans la pathogénie des bactéries entéropathogènes. Cependant, les facteurs d'adhésion de Vibrio parahaemolyticus sont encore mal connus. Les souches de Vibrio parahaemolyticus présentent des pili dont l'antigénicité varie selon les souches. Les pili purifiés des souches LVP9, Na2 et Ha7 adhèrent aux cellules intestinales de lapin et ils permettent l'adhésion des bactéries à ces cellules. Le traitement préalable des souches avec des anticorps spécifiques abolit cette adhésion. Les souches de Vibrio parahaemolyticus présentent une hémagglutinine associée à la cellule et désignée sous le sigle cHA (cell-associated hemagglutinin). La protéine cHA, formée de quatre sous-unités identiques d'un poids moléculaire de 26 kDa, est détruite par un chauffage de 10 minutes à 60 °C. Elle permet aux germes d'adhérer aux entérocytes de lapin au niveau d'un récepteur contenant du D-mannose (l'adhésion est inhibée par le D-mannose).
La capsule joue un rôle dans l'adhésion car les souches produisant de grandes quantités de polysaccharides capsulaires adhèrent plus fortement aux cellules intestinales humaines Int-407.
Les clones responsables de pandémies possèdent une séquence génétique particulière (la séquence ORF8 du phage f237) qui coderait pour une protéine d'adhésion. Toxine TDH (Thermostable Direct Hemolysin)
Les souches de Vibrio parahaemolyticus peuvent hémolyser les hématies humaines ou de lapins lorsqu'elles sont cultivées sur le milieu de Wagatsuma**** qui favorise l'expression du pouvoir hémolytique. Après 18 à 24 heures d'incubation à 37 °C, une zone d'hémolyse très nette est alors visible autour et en dessous des colonies. Ces souches sont dites Kanagawa-positives.
À la fin des années 1960 et au début des années 1970, des études réalisées chez des volontaires montraient que l'ingestion de 2 x 105 à 3 x 107 UFC d'une souche Kanagawa-positive reproduisait la maladie alors que l'ingestion de 1,6 x 1010 UFC d'une souche Kanagawa-négative ne provoquait aucun symptôme. Pendant de nombreuses années, on a estimé que le pouvoir pathogène était exclusivement lié aux souches Kanagawa-positives. Dans la réalité, la situation est plus complexe car des toxi-infections alimentaires dues à des souches Kanagawa-négatives ont été décrites (Cf. infra).
Les souches Kanagawa-positives produisent une hémolysine, la toxine TDH pour Thermostable Direct Hemolysin.
L'activité hémolytique de la toxine TDH varie selon l'origine des hématies. Les hématies les plus sensibles sont celles de cobayes suivies par les hématies de lapin, d'homme, de singe, de souris, de chien et de rat. Les hématies de cheval sont résistantes.
La toxine TDH est constituée de deux sous-unités identiques, de 189 acides aminés, possédant un pont disulfure proche de l'extrémité COOH-terminale et dont le poids moléculaire est de 21 kDa. Chacune des sous-unités de la toxine TDH est codée par les gènes tdh. Il existe au moins cinq gènes tdh présentant de fortes homologies de séquence.
Lorsqu'elle est administrée à des cobayes à la dose de 2,5 µg, la toxine TDH augmente la vasoperméabilité et elle provoque un œdème, un érythème et une induration de la peau. L'injection intraveineuse de 5 µg de toxine purifiée est létale pour la souris, mais l'administration par voie intrapéritonéale ne conduit qu'à l'apparition de crampes abdominales. La toxine TDH est aussi douée d'une activité cardiotoxique expliquant que chez certains malades on note des perturbations de l'électrocardiogramme (l'onde T est réduite et la durée de l'onde P est augmentée).
L'administration de la toxine par voie orale à des souriceaux nouveau-nés provoque une diarrhée voire même la mort des animaux lorsque la quantité de toxine ingérée est d'environ 50 µg.
Toxine TRH (TDH-related hemolysin) A partir du milieu des années 1980, des souches Kanagawa-négatives ont été isolées de cas de gastro-entérites. En 1988, Honda et al. montrent qu'une souche Kanagawa-négative synthétise une toxine apparentée à la toxine TDH.
La toxine TRH (TDH-related hemolysin), codée par les gènes trh (trh1 et trh2) est voisine, mais non identique, à la toxine TDH :
Les gènes trh ont été mis en évidence chez environ 35 p. cent des souches isolées de cas cliniques, dont 24 p. cent de souches dépourvues de gènes tdh. La toxine TRH pourrait jouer un rôle important dans le pouvoir pathogène et elle expliquerait la survenue de diarrhées chez des patients dont les selles ne renferment que des souches Kanagawa-négatives.
Autres hémolysines
Une hémolysine thermolabile de 398 acides aminés, désignée par les sigles TLH (thermolabile haemolysin) ou LDH (lecithin-dependent haemolysin), a été mise en évidence chez les souches de Vibrio parahaemolyticus, isolées ou non de cas cliniques. Son rôle dans la pathogénicité est inconnu.
Altération de la perméabilité intestinale Environ 5,6 p. cent des souches isolées de cas cliniques, ne produisent ni toxine TDH ni toxine TRH.
Lynch et al. ont montré que les souches de Vibrio parahaemolyticus provoquent (i) une réorganisation du cytosquelette des cellules Caco-2 (cellules venant d'un adénocarcinome du colon de l'homme), (ii) une répartition anormale des occludines et des protéines ZO-1 (zonula occludens 1) et (iii) une rupture des jonctions serrées (tight junctions) ce qui conduit à une altération de la perméabilité de l'intestin.
Cette altération de la perméabilité intestinale est indépendante de la production des toxines TDH et TRH et elle ne peut pas être obtenue par l'administration de toxine TDH, même à forte dose. Ces observations suggèrent que d'autres facteurs de pathogénicité, encore non caractérisés, sont synthétisés par les souches de Vibrio parahaemolyticus. Captation du fer Dans un milieu gélosé, la croissance de Vibrio parahaemolyticus est stimulée par l'addition de ferritine, de transferrine, de lactoferrine, d'hémine, d'hémoglobine ou de citrate de fer ammoniacal. Dans un environnement carencé en fer, les souches de Vibrio parahaemolyticus synthétisent un sidérophore de type polyhydroxycarboxylate, la vibrioferrine, et elles expriment deux protéines de membrane externe de 78 et de 83 kDa. La protéine de 78 kDa est le récepteur membranaire de la vibrioferrine et la protéine de 83 kDa est capable de fixer l'hémine ou l'hémoglobine.
La vibrioferrine permet aux bactéries de capter 30 p. cent du fer lié à la transferrine, par contre elle ne permet pas la captation du fer lié à la lactoferrine.
D'autres systèmes de fixation du fer existent car les mécanismes décrits ci-dessus ne permettent pas la captation du fer lié à la lactoferrine alors que celle ci stimule la croissance du germe.
La recherche du germe dans les selles ou dans le milieu extérieur ou dans les aliments fait appel à un enrichissement dans une eau peptonée alcaline (eau peptonée à pH 8,6 et contenant 3 p. cent de NaCl) ou dans un bouillon sélectif (voir la note *****), suivi d'un isolement sur l'un des milieux sélectifs présentés dans la note *****. Les milieux sélectifs les plus utilisés sont une gélose TCBS ou une gélose BTP-Teepol.
Lors de contamination des plaies, le prélèvement est cultivé en parallèle sur un milieu non sélectif, par exemple une gélose au sang, et sur un milieu sélectif (voir la note *****), généralement une gélose TCBS ou une gélose BTP-Teepol.
L'identification biochimique des Vibrio spp. devrait nécessiter la réalisation d'au moins 25 tests : résistance au O/129, oxydase, réduction des nitrates, ONPG, indole (recherche effectuée dans un bouillon cœur-cervelle contenant 1 p. cent de NaCl), production d'acétoïne (recherche effectuée dans un milieu de Barrit contenant 1 p. cent de NaCl), LDC, ODC et ADH (recherches effectuées dans des milieux de Moeller contenant 1 p. cent de NaCl), lipase, acidification du glucose avec recherche de la production de gaz, acidification du L-arabinose, du D-arabitol, du cellobiose, du lactose, du maltose, du mannitol, du saccharose, de la salicine, croissance en présence de 0, 1, 6, 8, 10 et 12 p. cent de NaCl.
Les systèmes commercialisés, prêts à l'emploi, ne sont pas toujours en mesure d'identifier correctement des souches typiques de Vibrio parahaemolyticus. Une étude portant sur 30 souches montre que les pourcentages de souches correctement identifiées sont de 96,6 pour le système "API 20E", de 83,3 pour le système "Crystal E/NF", de 83,3 pour le système "MicroScan Neg ID2", de 40 pour le système "MicroScan Rapid Neg ID3", de 96,6 pour le système "Vitek GNI+" et de 90 pour le système "Vitek ID-GNB". La recherche des antigènes O et K est réservée aux laboratoires de référence et elle est utilisée pour les enquêtes épidémiologiques. L'antigène K doit être détruit par chauffage à 100 °C avant de rechercher les spécificités antigéniques O. Plusieurs tests de PCR ont été décrits, mais ils ne sont pas toujours spécifiques de Vibrio parahaemolyticus. Toutefois, l'amplification du gène tl (codant pour la toxine TLH) ou l'amplification de la séquence R27H (fonction inconnue) donnent des résultats à la fois sensibles et spécifiques. L'utilisation d'amorces spécifiques permet d'amplifier les gènes tdh et/ou trh et de caractériser les souches productrices de toxine TDH et/ou TRH.
L'opéron toxRs des clones responsables de pandémies diffère de celui souches "normales" par 7 bases. Ce polymorphisme a été mis à profit dans un test PCR spécifique des souches pandémiques (GS-PCR pour Group Specific PCR).
Sensibilité aux antibiotiques
Il est difficile de donner un aperçu de la sensibilité aux antibiotiques des souches de Vibrio parahaemolyticus car elle varie selon les pays et, pour un même pays, des modifications sont observées au cours du temps (en 1995, neuf souches isolées aux Philippines étaient sensibles à la céfalotine ; en 2001, 94 p. cent des 35 souches isolées dans ce pays étaient résistantes à cet antibiotique). De plus, la concentration en NaCl des milieux utilisés est susceptible de modifier les résultats soit en agissant sur la perméabilité membranaire soit en entravant le diffusion des antibiotiques. Selon Ottaviani et al., la concentration en NaCl doit toujours être inférieure à 4 p. cent et ces auteurs préconisent l'utilisation d'un milieu de Mueller-Hinton contenant 1 p. cent de NaCl.
Les résultats obtenus par Farmer III et Hickman-Brenner et portant sur 144 souches sont les suivants :
Une étude plus récente, portant sur 35 souches isolées en 2001 aux Philippines, montre (i) que toutes les souches sont sensibles à l'association triméthoprime-sulfaméthoxazole et à la norfloxacine ; (ii) que toutes les souches résistent à l'ampicilline ; et (iii) que la sensibilité est variable vis-à-vis du chloramphénicol (85 p. cent de souches sensibles), de la tétracycline (91 p. cent de souches sensibles), de la céfalotine (6 p. cent de souches sensibles), de la ceftriazone (86 p. cent de souches sensibles) et de la ciprofloxacine (89 p. cent de souches sensibles).
Prophylaxie
En zones contaminées, seule une prophylaxie sanitaire peut prévenir les infections humaines : éviter la consommation de coquillages, de crustacés et de poissons crus ou insuffisamment cuits, éviter la contamination croisée d'autres denrées alimentaires (lavage des mains après la manipulation de produits de la mer, absence de contact entre les denrées alimentaires et les coquillages ou les poissons crus), conserver au froid les produits de la mer, éviter les bains lors de blessures préexistantes, manipuler avec précaution les poissons et les coquillages. La détection des coquillages, des crustacés et des poissons contaminés, suivie de l'interdiction de leur vente, diminuent les risques liés à la consommation des produits de la mer. La présence de Vibrio parahaemolyticus n'étant pas corrélée à une contamination fécale, ce dépistage nécessite la recherche spécifique du germe.
Orientation bibliographique
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Les anchois à l'origine de la toxi-infection alimentaire collective avaient été bouillis dans de l'eau salée et consommés après une dessiccation partielle.
Le genre Beneckea a été proposé dans la septième édition du Bergey's Manual of Determinative Bacteriology. Ce genre incluait six espèces, Beneckea labra, Beneckea ureasophora, Beneckea chitinovora, Beneckea hyperoptica, Beneckea indolthetica et Beneckea lipophaga. Le genre Beneckea était défini comme un genre regroupant des bactéries à Gram négatif, isolées de l'eau de mer, de l'eau saumâtre ou du sol, mobiles grâce à des flagelles péritriches, fermentant les sucres et hydrolysant la chitine.
En 1971, Baumann et al. placent dans le genre Beneckea des espèces halophiles isolées de l'eau des océans : Beneckea alginolytica, Beneckea campbellii, Beneckea natriegens, "Beneckea nereida", Beneckea nigripulchritudo corrig., Beneckea parahaemolytica et Beneckea pelagia. Ultérieurement, le genre Beneckea s'est enrichi des espèces Beneckea gazogenes, Beneckea harveyi, Beneckea splendida et Beneckea vulnifica.
En étudiant en détail les espèces du genre Beneckea, ce genre est apparu comme étant aussi hétérogène que le genre Vibrio. Aussi, en 1981, Baumann et al. transfèrent toutes les espèces dans le genre Vibrio. Cette proposition a été largement acceptée par les bactériologistes et la nomenclature de Beneckea n'est pratiquement plus utilisée.
Références :
Le test se réalise de manière extrêmement simple et rapide. Avec une effilure de pipette Pasteur, on prélève un fragment de colonie bactérienne qui est plongé dans une goutte d'une solution de désoxycholate de sodium à 0,5 p. cent déposée sur une lame de verre. Après avoir homogénéisé la culture, l'effilure de la pipette est retirée lentement du liquide toutes les 10 secondes. Lorsque le string test est positif, il se forme en moins de 60 secondes un filament visqueux, bien visible si on a pris la précaution de lever la lame à hauteur des yeux. Le string test est généralement positif pour les Vibrio spp. alors qu'il est négatif pour les Aeromonas spp. ou pour Plesiomonas shigelloides.
**** : Milieu de Wagatsuma
Peptones : 10 g
Dissoudre à chaud, ajuster le pH à 7,5, faire bouillir durant 5 minutes, ramener la température à 50 °C, ajouter du sang humain ou de lapin défibriné de manière à avoir une concentration finale de 5 p. cent, couler en boîtes de Petri.
***** : Quelques milieux sélectifs utilisés pour l'isolement de Vibrio parahaemolyticus Gélose TCBS : Thiosulfate Citrate Bile salt Sucrose
Extraits de levure : 0,5 p. cent (poids/volume)
Porter à ébullition pour dissoudre les ingrédients. Ne pas autoclaver. Les colonies de Vibrio parahaemolyticus sont de couleur verte.
BTP-Teepol agar
Extraits de viande de bœuf : 5 g/L
Les colonies de Vibrio parahaemolyticus sont de couleur verte.
MAAC agar (modified arabinose ammonium sulfate cholate)
Arabinose : 5 g/L
Les colonies de Vibrio parahaemolyticus sont de couleur verte (souches n'acidifiant pas l'arabinose) ou jaune (souches acidifiant l'arabinose).
SST agar (sucrose tellurite Teepol)
Extraits de viande de bœuf : 1 g
Les colonies de Vibrio parahaemolyticus sont de couleur verte.
VP agar (Vibrio parahaemolyticus)
Peptone : 1 g
Les colonies de Vibrio parahaemolyticus sont de couleur verte.
Milieu de Twedt et Novelli
Peptones : 2 p. cent
La majorité des souches de Vibrio parahaemolyticus hydrolyse l'amidon.
GST broth (Glucose salt-Teepol)
Peptone: 10 g/L
Bouillon HAE (Horie arabinose-éthyl violet)
Peptone : 5 g/L
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