J.P. Euzéby : Dictionnaire de Bactériologie Vétérinaire

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Créé le 25 août 2005

 

WINOGRADSKYELLA

 

Winogradskyella, Winogradskyella epiphytica, Winogradskyella eximia et Winogradskyella thalassocola sont les nomenclatures validement publiées le 11 janvier 2005 par Nedashkovskaya et al. pour trois souches bactériennes isolées d'algues collectées dans le Golf Pierre le Grand (Baie de Troitsa, Mer du Japon ou Mer de l'Est).

L'analyse des ARNr 16S montre que les souches appartiennent à la famille des ¤ Flavobacteriaceae. Au sein de cette famille, l'espèce phylogénétiquement la plus proche est Psychroserpens burtonensis. Toutefois, les pourcentages d'homologie obtenus avec l'ARNr 16S de la souche type de Psychroserpens burtonensis ne dépassent pas 93,8 ce qui permet de placer les trois souches dans un nouveau genre.
Les hybridations ADN-ADN révèlent que ces trois souches forment trois genomospecies distinctes (voir le fichier ¤ "Définitions d'une genomospecies et d'une espèce bactérienne") ce qui conduit Nedashkovskaya et al. à proposer les nouvelles nomenclatures de Winogradskyella, Winogradskyella epiphytica, Winogradskyella eximia et Winogradskyella thalassocola.

L'intérêt tout relatif du genre Winogradskyella en biologie vétérinaire est lié à la description de Winogradskyella poriferorum dont la nomenclature a été validement publiée le 11 juillet 2005. L'espèce Winogradskyella poriferorum a été décrite pour une unique souche bactérienne isolée de la surface d'une éponge (Lissodendoryx isodictyalis) récolté dans l'archipel des Bahamas. L'individualisation de cette espèce repose sur les homologies de séquence des ARNr 16S et sur les résultats des hybridations ADN-ADN.

Le genre Winogradskyella rassemble des bacilles à Gram négatif, non sporulés, mobiles par glissement, halophiles, produisant un pigment jaune non diffusible, n'élaborant pas de flexirubine, aérobies, chimio-organotrophes, oxydase positive et catalase positive.
. Une réponse positive est obtenue pour les tests phosphatase alcaline, hydrolyse de la gélatine et hydrolyse du Tween 40.
. Une réponse négative est observée avec les tests réduction des nitrates, uréase, indole, bêta-galactosidase, hydrolyse de la cellulose, hydrolyse de la chitine, assimilation du D-adonitol, du L-arabinose, du citrate, du dulcitol, du D-galactose, de l'inositol, du D-lactose, du D-mélibiose, du L-rhamnose, du D-sorbitol, du D-xylose et du L-xylose.
Quelques caractères permettant de différencier le genre Winogradskyella des autres représentants de la famille des ¤ Flavobacteriaceae sont donnés dans le tableau I.
Le tableau II présente quelques caractères permettant de différencier les quatre espèces du genre.

Winogradskyella poriferorum cultive à des températures comprises entre 12 et 44 °C (aucune croissance n'est observée à 4 ou à 52 °C) et à un pH variant de 6,0 à 10,0. La culture nécessite la présence de 1 à 4 p. cent de NaCl.
Sur le milieu Marine Agar 2216, incubé à 30 °C, les colonies sont circulaires, jaunes, convexes, lisses, à contour régulier et leur diamètre est compris entre 2 et 4 mm après 48 heures d'incubation.

 

Orientation bibliographique

 

LAU (S.C.K.), TSOI (M.M.Y.), LI (X.), PLAKHOTNIKOVA (I.), DOBRETSOV (S.), LAU (K.W.K.), WU (M.), WONG (P.K.), PAWLIK (J.R.) et QIAN (P.Y.) : Winogradskyella poriferorum sp. nov., a novel member of the family Flavobacteriaceae isolated from a sponge in the Bahamas. Int. J. Syst. Evol. Microbiol., 2005, 55, 1589-1592.

NEDASHKOVSKAYA (O.I.), KIM (S.B.), HAN (S.K.), SNAUWAERT (C.), VANCANNEYT (M.), SWINGS (J.), KIM (K.O.), LYSENKO (A.M.), ROHDE (M.), FROLOVA (G.M.), MIKHAILOV (V.V.) et BAE (K.S.) : Winogradskyella thalassocola gen. nov., sp. nov., Winogradskyella epiphytica sp. nov. and Winogradskyella eximia sp. nov., marine bacteria of the family Flavobacteriaceae. Int. J. Syst. Evol. Microbiol., 2005, 55, 49-55.

 

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