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Dernière mise à jour le 19 avril 1999
ARCANOBACTERIUM PYOGENES
Autres dénominations : "Bacillus pyogenes", Corynebacterium pyogenes, Actinomyces pyogenes.
Systématique
Voir ¤ Arcanobacterium. Les souches qualifiées de Actinomyces pyogenes-like isolées de l'homme (bactéries corynéformes du groupe E du CDC) ont été dénommées Actinomyces radinguae et Actinomyces turicensis. En revanche, le statut des souches de Arcanobacterium (Actinomyces) pyogenes-like isolées de l'animal n'est pas clarifié.
Caractères bactériologiques
La description de Arcanobacterium pyogenes est identique à celle donnée par Reddy et al. (1982) pour Actinomyces pyogenes. Les caractères bactériologiques présentés ci-dessous prennent également en compte les résultats publiés en 1992 par Guérin-Faublée et al. (étude de 103 souches isolées de ruminants et de la souche type ATCC 19411).
Arcanobacterium pyogenes est une bactérie immobile, non sporulée, à Gram positif lorsque la coloration est effectuée à partir d'un bouillon de 24 heures mais, pouvant apparaître à Gram variable dans les cultures plus âgées.
Après 24 heures d'incubation (en aérobiose ou en anaérobiose) les colonies obtenues sur gélose au sang de mouton sont minuscules (0,1 à 0,2 mm) et entourées d'une zone d'hémolyse bêta dont le diamètre peut être 2 à 3 fois celui de la colonie (habituellement, la zone d'hémolyse est beaucoup plus étroite). Après 48 ou 72 heures d'incubation, les colonies ont un diamètre de 0,5 à 1,5 mm, elles sont convexes, circulaires, blanchâtres ou gris-blanchâtres, lisses et à contour régulier. Sur milieu SFM* (Serum-Free Medium), la croissance est stimulée et les colonies obtenues sur gélose SFM ont un diamètre de 1,5 à 3 mm. La température optimale de croissance est de 37 °C mais une culture peut être obtenue pour d'autres températures (notamment pour des températures comprises entre 20 et 40 °C).
Le métabolisme est fermentatif et une acidification** sans production de gaz est notée pour l'amidon, le cellobiose, la dextrine, le fructose, le galactose, le glucose, le glycogène, lactose, le maltose, le mannose, le mélézitose et le xylose. L'acidification de l'adonitol, de l'arabinose, de l'érythritol, du glycérol, du mannitol, du saccharose et du sorbitol varie selon les souches.
Une réponse positive est obtenue pour l'hydrolyse de l'ADN, l'hydrolyse de la gélatine, l'hydrolyse de la caséine, la digestion du sérum coagulé en 24 heures et pour le test de CAMP réalisé vis-à-vis d'une souche de Staphylococcus aureus subsp. aureus à condition d'effectuer la lecture après 3 jours d'incubation. Une réponse négative est notée pour les tests catalase, oxydase, réduction des nitrates, indole, uréase, ADH, H2S, lipase, lécithinase, Tween 80-estérase, hydrolyse de l'amidon, hydrolyse de l'esculine et pour le test de CAMP réalisé vis-à-vis d'une souche de ¤ Streptococcus agalactiae.
Plusieurs auteurs ont eu recours à des tests prêts à l'emploi afin de caractériser Arcanobacterium pyogenes et/ou de différencier cette bactérie de Arcanobacterium haemolyticum :
La présence de rhamnose dans la paroi explique que Arcanobacterium pyogenes puisse réagir avec un sérum dirigé contre l'antigène des streptocoques du groupe G et, dans une moindre mesure, avec un sérum anti-groupe B. Pour Arcanobacterium pyogenes, l'utilisation de kits commerciaux conduit à une agglutination avec des billes de latex revêtues d'un sérum anti-groupe G alors que, avec Arcanobacterium haemolyticum, l'agglutination se produit avec un sérum anti-groupe B. La recherche de cette agglutination a été préconisée pour différencier ces 2 espèces (voir tableau III) mais une évaluation systématique de la validité de ces agglutinations n'a pas été effectuée.
Habitat, pouvoir pathogène et facteurs de pathogénicité
Arcanobacterium pyogenes est un commensal des amygdales et des muqueuses (notamment des muqueuses des voies respiratoires supérieures, des voies génitales et du tube digestif) des animaux endothermes. Les infections ont généralement une origine endogène, elles sont souvent sporadiques (à l'exception des mammites d'été chez les bovins) et elles nécessitent des facteurs prédisposants comme des traumatismes ou des stress.
L'isolement de Arcanobacterium pyogenes est très fréquent chez les ruminants domestiques et, dans une moindre mesure, chez les ruminants sauvages. Cette bactérie provoque des infections des plaies, des abcès superficiels et profonds (notamment des abcès hépatiques, des abcès de la mamelle et des abcès du poumon), des adénites, des arthrites, des broncho-pneumonies, des pneumonies, des septicémies, des endocardites, des avortements survenant à tous les stades de la gestation et expérimentalement reproductibles, des métrites (reproductibles expérimentalement et éventuellement suivies d'avortements), des pyomètres, des infections néonatales, des mammites et, notamment, des mammites d'été chez les bovins (en association avec d'autres bactéries, notamment ¤ Peptoniphilus indolicus). Au Brésil, on a également décrit des périodontites (en association avec Prevotella melaninogenica) survenant chez de jeunes bovins pâturant des zones récemment déboisées. Le germe peut être transmis par des mouches telles que Hydrotaea irritans et cette transmission a été reproduite expérimentalement lors de mammites d'été. Les plaies, les abrasions cutanées, les rétentions placentaires et les défauts d'asepsie lors d'injections ou d'actes chirurgicaux comme les castrations ou l'ablation des cornes constituent des facteurs favorisants. Chez les porcs, ce germe est à l'origine d'abcès sous-cutanés, d'arthrites, d'abcès vertébraux, d'ostéomyélites, d'endocardites, de péritonites, d'omphalophlébites, de métrites accompagnées parfois d'avortements, de mammites et c'est un agent de surinfection lors de pneumonies. Certaines lésions, provoquées chez le porc par Arcanobacterium pyogenes, peuvent évoquer celles de la tuberculose. Les facteurs prédisposants sont représentés par les morsures, les rétentions placentaires, les lésions de la glande mammaire, les contaminations du cordon ombilical et les défauts d'asepsie lors d'injections ou d'actes chirurgicaux comme les castrations ou les caudectomies. Chez les oiseaux, Arcanobacterium pyogenes provoque des infections généralisées, la formation d'abcès sous-cutanés et des ostéomyélites (dindons). Chez le cheval ce germe a été isolé d'abcès et d'infections néonatales. Arcanobacterium pyogenes n'est pas une bactérie commensale de l'homme mais des cas d'infections ont été décrits. Les données de la littérature doivent être interprétées avec prudence car il est facile de confondre cette bactérie avec Arcanobacterium haemolyticum (germe de la flore de la peau et du naso-pharynx et pouvant être à l'origine de diverses infections comme des pharyngites, des atteintes cutanées, des ostéomyélites, des abcès, des arthrites, des pleurésies, des septicémies, des endocardites, des méningites) et, dans une moindre mesure, avec Arcanobacterium bernardiae. Simeon et al. (1997) font état de quinze publications relatant 552 cas cliniques mais, pour ces auteurs, seuls 15 cas sont absolument établis. Les souches isolées ont été responsables de sept infections abdominales, de trois abcès sous-cutanés, de deux bactériémies, de deux otites, de deux cystites, d'une septicémie et d'une mastoïdite. Dans certains cas, les patients avaient eu un contact avec des animaux.
Les facteurs de pathogénicité de Arcanobacterium pyogenes sont mal connus :
Diagnostic bactériologique
Le diagnostic bactériologique est facile en médecine vétérinaire. L'examen bactérioscopique révèle des bactéries à Gram positif, polymorphes, souvent groupés en amas. L'isolement est effectué sur une gélose au sang incubée de préférence sous CO2 et les boîtes doivent être conservées au moins 2 jours (après 24 heures d'incubation, il est possible de ne pas distinguer les colonies). Outre les caractères morphologiques et culturaux, l'identification est orientée par l'absence de catalase et par le pouvoir protéolytique (digestion du sérum coagulé). L'ensemencement d'une galerie miniaturisée (galerie API Coryne) assure assez souvent le diagnostic (notamment, il conviendra de vérifier que la bactérie fermente le xylose et possède une bêta-glucuronidase et une gélatinase alors qu'elle ne produit pas de pyrazinamidase). Il est intéressant de rappeler que Arcanobacterium pyogenes agglutine avec un sérum dirigé contre l’antigène du groupe G des streptocoques et, dans une moindre mesure, avec un sérum anti-groupe B. Aussi, en l’absence de coloration de Gram, cette bactérie peut être confondue avec un streptocoque. Les caractères permettant de différencier Arcanobacterium abortisuis des autres espèces du genre Arcanobacterium sont donnés dans le tableau III et dans le tableau IV. Le diagnostic indirect (mise en évidence d'anticorps par une technique immuno-enzymatique) n'est d'aucune utilité car des animaux apparemment sains (infections latentes) présentent des titres comparables à ceux des animaux infectés.
Sensibilité aux antibiotiques et prophylaxie médicale
Arcanobacterium pyogenes est sensible à la pénicilline G, à l'amoxicilline, aux isoxazolyl-pénicillines, à la céfalotine, à la céfopérazone, à la pristinamycine, au chloramphénicol, à la vancomycine, à la novobiocine et à la rifampicine. Des résistances ont été mises en évidence vis-à-vis de la streptomycine (résistance de haut niveau), des cyclines, des macrolides et de la lincomycine.
Des vaccins inactivés (mélanges de cellules et d'hémolysines) sont utilisés bien que leur efficacité apparaisse médiocre. De tels vaccins ne sont pas disponibles en France.
Remerciements
L'auteur remercie Madame le Dr. V. Guérin-Faublée (Ecole Nationale Vétérinaire de Lyon) qui a bien voulu relire ce fichier et lui apporter des corrections ainsi que des compléments d'information.
Orientation bibliographique
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Milieux SFM : Serum-Free Media. Les milieux SFM sont délicats à préparer et, à la connaissance de l'auteur, ils ne sont pas d'un usage courant dans les laboratoires de diagnostic. . Bouillon SFM (composition pour 100 mL) :
Trypticase (BBL Microbiology Systems) : 0,5 g
Les ingrédients, à l'exception de la cystéine et du NaHCO3, sont mélangés dans l'eau distillée, le pH est ajusté à 6,5 (avec de la soude 2,5 N), le milieu est réparti à raison de 9,5 mL dans des tubes (18 X 150 mm) bouchés au coton cardé puis autoclavé (121 °C, 15 min.). La cystéine et le NaHCO3 sont autoclavés séparément et ajoutés juste avant d'ensemencer les tubes. . La gélose SFM est préparée en ajoutant 1,5 g d'agar au bouillon SFM. Les boîtes doivent être conservées dans une atmosphère de CO2 pour éviter une acalinisation du milieu.
** : Résultats obtenus dans un bouillon SFM exempt de glucose et ensemencé avec 0,05 mL d'un bouillon SFM incubé 24 heures. Les tubes sont incubés 3 jours ou plus à 37 °C et en anaérobiose.
*** : Le milieu de suspension des bactéries est obtenu par addition de rouge de phénol et de 5 p. cent de sérum de cheval au milieu préconisé par G. Wagener : casitone (Difco) : 6 g ; extraits de levure (Difco) : 0,5 g ; eau d'Evian (Evian-les-Bains) : quantité suffisante pour 1 L.
**** En utilisant la technique de dilution en milieu solide (gélose de Mueller-Hinton additionnée de 5 p. cent de sang de mouton), Faublée-Guérin et al. (1993) obtiennent (103 souches testées) les résultats suivants :
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