J.P. Euzéby : Dictionnaire de Bactériologie Vétérinaire

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Dernière mise à jour le 04 novembre 1999

 

EREMOCOCCUS

 

Voir aussi le fichier ¤ Aerococcaceae.

 

Systématique

 

L'utilisation conjointe de techniques génétiques (notamment l'étude de la séquence des ARNr 16S) et phénotypiques (notamment l'électrophorèse des protéines) permet de décrire de nouveaux genres ou de nouvelles espèces de coques à Gram positif, catalase négative, aéro-anaérobies si bien que, le nombre des taxons inclus dans la famille des Streptococcaceae ne cesse de croître. Ainsi, au cours de l'année 1999 ont été décrits les genres Dolosicoccus, Eremococcus, Ignavigranum et les espèces ou sous-espèces ¤ Granulicatella (Abiotrophia) balaenopterae, ¤ Granulicatella (Abiotrophia) elegans, Dolosicoccus paucivorans, Eremococcus coleocola, Facklamia sourekii , Facklamia tabacinasalis, ¤ Gemella palaticanis, Gemella sanguinis, ¤ Helcococcus ovis, Ignavigranum ruoffiae, Streptococcus constellatus subsp. constellatus, Streptococcus constellatus subsp. pharyngis, ¤ Streptococcus pluranimalium, Streptococcus waius et ¤ Vagococcus lutrae.

Le genre Eremococcus a été proposé pour deux souches bactériennes isolées chez le cheval. L'étude de la séquence des ARNr 16S montre que ces souches représentent une nouvelle espèce apparentée aux genres ¤ Globicatella, Ignavigranum et ¤ Facklamia ainsi qu'à l'espèce ¤ Abiotrophia defectiva. Les caractères biochimiques et le profil électrophorétique des protéines permettent d'identifier ces souches aussi, Collins et al. (1999) proposent la création du nouveau genre Eremococcus comprenant une seule espèce : Eremococcus coleocola.

Le genre Eremococcus est actuellement classé dans la famille des ¤ Aerococcaceae.

 

Caractères bactériologiques

 

Le genre Eremococcus rassemble des coques à Gram positif, parfois allongés, se présentant de manière isolée ou groupés par deux ou groupés en petites chaînes, immobiles, non sporulés, catalase négative, aéro-anaérobies, n'acidifiant qu'un nombre très limité de sucres mais acidifiant le glucose (sans production de gaz), produisant une arginine di-hydrolase et une pyrrolidonyl arylamidase, hydrolysant l'hippurate, donnant une réponse négative aux tests leucine arylamidase, phosphatase alcaline et production d'acétoïne. Les souches sont alpha-hémolytique sur gélose au sang de cheval ou de mouton et incapables de croître à 10 °C ou en présence de 10 p. cent de NaCl. Le peptidoglycane est du type A1a (voir : ¤).

Les caractères biochimiques de Eremococcus coleocola ont été étudiés à l'aide de galeries API ZYM et de galeries API Rapid ID32 strep. Les résultats obtenus avec les deux souches disponibles sont les suivants :
. Caractères positifs : hydrolyse de l'hippurate, estérase C4 (réaction faiblement positive) estérase lipase C8 (réaction faiblement positive), acidification (faible) de la N-acétylglucosamine.
. Caractères négatifs : oxydase, hydrolyse de l'esculine, hydrolyse de la gélatine, hydrolyse de l'amidon, alanine-phénylalanine-proline arylamidase, valine arylamidase, phosphatase acide, alpha-fucosidase, alpha-galactosidase, bêta-galactosidase, bêta-galacturonidase, bêta-glucosidase, bêta-glucuronidase, glycine-tryptophane arylamidase, alpha-mannosidase, bêta-mannosidase, lipase C14, trypsine, chymotrypsine, pyrazinamidase, acidification du D-arabitol, du L-arabinose, de la cyclodextrine, du glycogène, du lactose, du mannitol, du mélibiose, du mélézitose, du méthyl-bêta-D-glucopyranoside, du pullulane, du raffinose, du ribose, du saccharose, du sorbitol, du tagatose, du tréhalose et du D-xylose.
. Caractères variables : uréase.

Les souches de Eremococcus coleocola ne poussent pas sur gélose bile-esculine ou en présence de 10 p. cent de NaCl. Une croissance faible est observée en présence de 6,5 p. cent de NaCl et le germe cultive à 42 °C.
Après 24 heures d'incubation à 37 °C, dans une atmosphère enrichie de 5 p. cent de CO2, les colonies obtenues sur gélose Columbia au sang (5 p. cent de sang de cheval ou de mouton) sont très petites, brillantes, entières, circulaires, convexes et elles s'entourent d'une zone d'hémolyse alpha.

L'acidification d'un nombre très restreint de sucres est un caractère important pour le diagnostic différentiel. Parmi les espèces phylogénétiquement proches, Ignavigranum ruoffiae, Facklamia hominis et Facklamia ignava présentent également cette caractéristique. ¤ Helcococcus ovis possède également un pouvoir fermentatif très limité mais cette espèce n'a pas été incluse dans les études phylogénétiques et sa parenté avec Eremococcus coleocola est inconnue. Les caractères permettant de différencier ces bactéries figurent dans le tableau I.
Le tableau II présente d'autres caractères pouvant permettre d'orienter le diagnostic au sein de la famille des Streptococcaceae.

 

Habitat et pouvoir pathogène

 

L'habitat et le pouvoir pathogène de Eremococcus coleocola ne sont pas encore connus avec certitude car, seules deux souches ont été identifiées. La souche type de Eremococcus coleocola a été isolée, en association avec une corynébactérie, d'un écouvillonnage vaginal effectué chez une jument. Initialement, l'animal avait présenté une infection à ¤ Gardnerella vaginalis qui n'avait pas été guérie par un traitement. La deuxième souche a pour origine un écouvillonnage de la fosse clitoridienne effectué chez une jument saine.

 

Orientation bibliographique

 

COLLINS (M.D.), RODRIGUEZ JOVITA (M.), LAWSON (P.A.), FALSEN (E.) et FOSTER (G.) : Characterization of a novel Gram-positive, catalase-negative coccus from horses: description of Eremococcus coleocola gen. nov., sp. nov. Int. J. Syst. Bacteriol., 1999, 49, 1381-1385.

 

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