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Créé le 23 août 2005
ROSEOVARIUS CRASSOSTREAE
Le genre Roseovarius et l'espèce Roseovarius tolerans ont été validement publiés le 13 janvier 1999 pour accueillir des bactéries à Gram négatif, non sporulées, appendiculées, portant une prosthèque*, halophiles et isolées d'un lac salé de l'Antarctique.
Roseovarius crassostreae est l'agent étiologique de la maladie des huîtres juvéniles ou juvenile oyster disease (JOD). Ce syndrome affecte les jeunes huîtres de l'espèce Crassotrea virginica*** lorsque la température de l'eau excède 20 °C. Il se traduit par une réduction du taux de croissance, par une fragilité des bords de la coquille, par une rétraction du manteau, par un dépôt de conchioline à la face interne de la coquille et par le dépôt d'une substance amorphe et contenant du calcium au niveau des branchies et du manteau.
L'étiologie de la maladie est restée inconnue durant de nombreuses années et on a évoqué le rôle d'une toxine, d'une bactérie, d'une micro-algue ou d'un protozoaire. Une étude réalisée en 1997 a permis d'isoler une bactérie apparentée au groupe des Roseobacter sp. Ultérieurement, la même bactérie a été mise en évidence lors d'épizooties décrites dans le Maine, le Massachusetts et l'état de New York et la maladie a été expérimentalement reproduite.
Les souches de Roseovarius crassostreae sont constituées de bacilles à Gram négatif pouvant avoir une forme ovoïde, aérobies, oxydase et catalase positives, réduisant les nitrates jusqu'au stade azote, bêta-galactosidase négative, n'hydrolysant ni l'esculine ni la gélatine, modérément halophiles (croissance optimale en présence de 1 à 1,5 p. cent de NaCl), assimilant un nombre limité de substrat (dans le système Biolog GN2 Microplates, seuls le glycérol et le bêta-hydroxybutyrate sont assimilés), mais cultivant facilement sur une gélose SWT****.
En utilisant des galeries API ZYM, une réponse fortement positive est notée pour les tests estérase (C4), estérase lipase (C8), phosphatase acide, phosphatase alcaline et valine arylamidase. Une réponse faiblement positive est observée avec les tests lipase (C14) et valine arylamidase.
La croissance est optimale pour des températures comprises entre 34 et 37 °C et pour un pH compris entre 6,5 et 8,0. Aucune croissance n'est observée pour des températures de 4 ou de 42 °C et pour un pH inférieur à 6.
Orientation bibliographique
BOETTCHER (K.J.), BARBER (B.J.) et SINGER (J.T.) : Use of antibacterial agents to elucidate the etiology of juvenile oyster disease (JOD) in Crassostrea virginica and numerical dominance of an alpha-proteobacterium in JOD-affected animals. Appl. Environ. Microbiol., 1999, 65, 2534-2539. BOETTCHER (K.J.), BARBER (B.J.) et SINGER (J.T.) : Additional evidence that juvenile oyster disease is caused by a member of the Roseobacter group and colonization of nonaffected animals by Stappia stellulata-like strains. Appl. Environ. Microbiol., 2000, 66, 3924-3930. BOETTCHER (K.J.), GEAGHAN (K.K.), MALOY (A.P.) et BARBER (B.J.) : Roseovarius crassostreae sp. nov., a member of the Roseobacter clade and the apparent cause of juvenile oyster disease (JOD) in cultured Eastern oysters. Int. J. Syst. Evol. Microbiol., 2005, 55, 1531-1537. Bower, S.M. (2005): Synopsis of Infectious Diseases and Parasites of Commercially Exploited Shellfish: Juvenile Disease of Eastern Oysters. URL: http://www-sci.pac.dfo-mpo.gc.ca/shelldis/pages/jdeoy_e.htm. FORD (S.E.) et BORRERO (F.J.) : Epizootiology and pathology of juvenile oyster disease in the Eastern oyster, Crassostrea virginica. J. Invertebr. Pathol., 2001, 78, 141-154. GONZÁLEZ (J.M.), COVERT (J.S.), WHITMAN (W.B.), HENRIKSEN (J.R.), MAYER (F.), SCHARF (B.), SCHMITT (R.), BUCHAN (A.), FUHRMAN (J.A.), KIENE (R.P.) et MORAN (M.A.) : Silicibacter pomeroyi sp. nov. and Roseovarius nubinhibens sp. nov., dimethylsulfoniopropionate-demethylating bacteria from marine environments. Int. J. Syst. Evol. Microbiol., 2003, 53, 1261-1269. LABRENZ (M.), COLLINS (M.D.), LAWSON (P.A.), TINDALL (B.J.), SCHUMANN (P.) et HIRSCH (P.) : Roseovarius tolerans gen. nov., sp. nov., a budding bacterium with variable bacteriochlorophyll a production from hypersaline Ekho Lake. Int. J. Syst. Bacteriol., 1999, 49, 137-147. RENAULT (T.), CHOLLET (B.), COCHENNEC (N.) ET GERARD (A.) : Shell disease in eastern oysters, Crassostrea virginica, reared in France. J. Invertebr. Pathol., 2002, 79, 1-6.
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La prosthèque est une extension cellulaire portée par certaines bactéries appendiculées. Il s'agit d'une sorte d'appendice ou de prolongement comprenant le cytoplasme et les enveloppes cellulaires. La prosthèque permet à la bactérie de se fixer sur une surface solide et de la coloniser. Quelques bactéries à prosthèques, comme Roseovarius tolerans, présentent la particularité de se reproduire par bourgeonnement.
Classification d'après le NCBI Taxonomy Browser : Eukaryota ; Fungi/Metazoa group ; Metazoa ; Eumetazoa ; Bilateria ; Coelomata ; Protostomia ; Mollusca ; Bivalvia ; Pteriomorphia ; Ostreoida ; Ostreoidea ; Ostreidae ; Crassostrea ; Crassostrea virginica. Pour des informations complémentaires, voir le fichier Crassostrea virginica in Animal Diversity Web (University of Michigan).
*** : Rôle de Roseovarius nubinhibens dans le métabolisme du diméthylsulfoniopropionate :
Le diméthylsulfoniopropionate (DMSP), produit par les algues, est métabolisé en diméthylsulfide (DMS) par le plancton. Le DMS est un composé volatile qui est en sursaturation dans l’eau et qui peut passer dans l'atmosphère où il sera oxydé. Les produits d'oxydations formés (diméthylsulfoxyde et acide méthane sulfonique) constituent des noyaux de condensation des nuages (CCN ou Cloud Condensation Nuclei), car les gaz soufrés, en particulier l'acide méthane sulfonique sont extrêmement hygroscopiques. Le DMS joue ainsi un rôle dans la formation des nuages et dans l'effet parasol. L'effet parasol est, en quelque sorte, l’opposé de l’effet de serre, dans le sens où il protège la terre des rayons du soleil en les renvoyant dans l’espace.
Roseovarius nubinhibens est capable de métaboliser le DMSP en 3-mercaptopropionate et en méthanethiol ce qui diminue les quantités de DMS produites et inhibe la formation des nuages et l'effet parasol. La nomenclature de nubinhibens signifie d'ailleurs inhibant les nuages (nom latin nubes, nuage ; adjectif verbal latin inhibens, inhibant ; adjectif néo-latin nubinhibens, inhibant les nuages).
**** : Gélose SWT, Sea Water-Tryptone (composition pour 1 litre) :
Bacto-Tryptone : 5 g
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