|
|||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
|
Dernière mise à jour le 31 janvier 2007
Le latin dans la nomenclature bactérienne
Voir aussi / See also :
Noms de la première déclinaison
Adjectifs qualificatifs latins
Adjectifs de la première classe
Adjectifs latins utilisés comme des substantifs Formation de néologismes latins
Néologismes dérivant des noms patronymiques
Noms latins de la première déclinaison
Prononciation des voyelles
Orientation bibliographique
L'auteur de ce fichier n'est pas un spécialiste en langues anciennes ! Son but est de rappeler quelques notions de base afin d'aider les bactériologistes à proposer de nouvelles nomenclatures.
Toutes les nomenclatures bactériennes sont des mots latins ou latinisés. En latin, les noms, les adjectifs et les pronoms (non envisagés dans ce fichier) obéissent aux catégories de genre (masculin, féminin et neutre), de nombre (singulier et pluriel) et de cas. Les cas servent à indiquer la fonction du mot dans la phrase* et, si on excepte le cas résiduel du locatif, on distingue six cas :
Les cas se caractérisent par une terminaison ou désinence qui varie selon le cas mais aussi en fonction du genre, du nombre et des déclinaisons. En effet, à part quelques rares exceptions, les noms et les adjectifs se déclinent. Le latin possède cinq déclinaisons pour les noms alors que les adjectifs, dont les déclinaisons sont calquées sur celles des noms, se répartissent en deux classes.
En bactériologie, l'usage du latin est assez simple car seuls sont utilisés (i) des noms au nominatif singulier, (ii) des noms au nominatif pluriel (uniquement pour les taxons d'un rang hiérarchique supérieur au genre), (iii) des noms au génitif singulier, (iv) des noms au génitif pluriel, (v) des adjectifs au positif, au comparatif ou au superlatif mais toujours au nominatif singulier, (vi) des adjectifs verbaux au nominatif singulier et (vii) les racines des mots afin de former des néologismes. La racine complète d'un nom ou d'un adjectif latin est trouvée à partir du génitif et non à partir du nominatif. Pour obtenir la racine d'un nom ou d'un adjectif, il suffit de le mettre au génitif singulier et de retrancher la terminaison caractéristique du génitif. Les dictionnaires latins listent les noms et les adjectifs selon leurs nominatifs singuliers mais les génitifs singuliers des noms (indispensables à l'identification des déclinaisons) et, parfois, ceux des adjectifs sont donnés. Par exemple, dans un dictionnaire latin le mot rosa (signifiant rose) est répertorié de la manière suivante : "rosa, ae, f."... ou "rosa -ae, f."... ce qui signifie que le nominatif rosa a pour génitif rosae (-ae étant la désinence du génitif) et que le mot est du genre féminin. La racine de rosa sera donc ros- (génitif rosae auquel on enlève la désinence -ae pour obtenir ros-). De nombreuses nomenclatures bactériennes dérivent de mots grecs mais ces mots doivent être latinisés. La latinisation d'un mot grec n'est pas toujours aisée notamment pour ce qui concerne les adjectifs. Les noms grecs latinisés par les romains sont envisagés avec les noms latins et seules quelques indications sommaires concernant les noms grecs latinisés après l'époque romaine sont données ci-dessous. Le latin possède de nombreuses exceptions grammaticales qui ne peuvent pas toujours être passées sous silence car plusieurs nomenclatures bactériennes font appel à ces exceptions. En revanche, les cas rares ou les formes irrégulières non utilisés en bactériologie ne seront pas pris en considération et le lecteur est prié de se reporter à un dictionnaire latin ou à une grammaire latine pour de plus amples informations. C'est le cas des noms de la première déclinaison ayant un génitif singulier en -ai, des noms de la quatrième déclinaison pouvant avoir un génitif en -i, des noms de la cinquième déclinaison ayant un génitif en -i...
. Le nominatif singulier est en -a.
Exemples de racines obtenues à partir de noms de la première déclinaison : la racine de aqua aquae (eau) est aqu- ; de capsa capsae (boîte) est caps- ; de catena catenae (chaîne) est caten- ; de incola incolae (un habitant) est incol- ; de margarita margaritae (perle) est margarit- ; de sphaera sphaerae (sphère) est sphaer- ; de spira spirae (spirale, spire) est spir-... Quelques noms de la première déclinaison se termine en -as avec un génitif en -ae. Par exemple, asterias -ae (une sorte de héron) ou trichias -ae (une sorte de sardine) dont les racines sont respectivement asteri- et trichi-.
. Le nominatif singulier est généralement en -us (noms du genre masculin ou plus rarement du genre féminin ou exceptionnellement du genre neutre) ou en -um (noms du genre neutre).
Quelques noms de la deuxième déclinaison n'ont pas la désinence -us ou -um au nominatif singulier. Il s'agit (i) de noms empruntés au grec dont la désinence peut être en -os, en -eus ou en -on ; (ii) de vir viri (homme) et de ses composés (triumvir, semivir...) et (iii) de quelques noms en -er : ager agri (champ), aper apri (sanglier), conger congri (congre), liber libri (livre), puer pueri (enfant), raster rastri (râteau, bêche)... Balneum -i, (le bain, la salle de bains d'un particulier, l'eau du bain) fait au pluriel balneae -arum (première déclinaison) et signifie les bains publics. Exemples de racines obtenues à partir de noms de la deuxième déclinaison : la racine de ager agri (champs) est agr- ; de bacillus (ou bacillum) bacilli (baguette) est bacill- ; de caseus casei (fromage) est case- ; de equus equi (cheval) est equ- ; de oceanus oceani (océan) est ocean- ; de oscillum oscilli (balançoire) est oscill- ; de reticulum reticuli (réseau, sachet, résille) est reticul- ; de sputum sputi (crachat) est sput- ; de vir viri (homme) est vir-...
. Le nominatif singulier possède des formes très variées (-al, -ar, -as, -e, -er, -es, -is, -men, -o, -on, -or, -os, -us, -ut, -x, -ys, ...).
La troisième déclinaison comprend des noms imparisyllabiques qui n'ont pas le même nombre de syllabes au nominatif singulier et au génitif singulier (exemples : homo hominis, homme ou salmo salmonis, saumon) et des noms parisyllabiques qui ont le même nombre de syllabes au nominatif singulier et au génitif singulier (exemples : avis avis, oiseau ou canis canis, chien ou ovis ovis, brebis). Dans un dictionnaire latin, ces noms sont cités de la manière suivante : homo, inis (ou homo -inis) dont la racine est homin-, salmo, onis (ou salmo -onis) dont la racine est salmon-, avis, is (ou avis -is) dont la racine est av-, canis, is (ou canis -is) dont la racine est can- et ovis, is (ou ovis -is) dont la racine est ov-. Quelques noms en -al et en -ar se terminaient primitivement en -ale et en -are et ce sont de faux imparisyllabiques (exemple : animal [primitivement animale] animalis, un animal). Se comportent également comme de faux imparisyllabiques les noms dont le radical se termine par deux consonnes (exemples : os ossis, un os, dont le radical est oss- ; fons fontis, une source, dont le radical est font- ; infans infantis dont le radical est infant- ; mons montis, une montagne, dont le radical est mont-...). Cependant, les mots d'une seule syllabe, d'origine grecque et dont le radical se termine par deux consonnes se comportent comme de vrais imparisyllabiques. C'est le cas par exemple de lynx lyncis, le lynx, dont le radical est lync- Les noms masculins ou féminins ont le nominatif pluriel en -es, les noms neutres imparisyllabiques ont le nominatif pluriel en -a et les noms neutres parisyllabiques ont le nominatif pluriel en -ia. Les imparisyllabiques ont le plus souvent le génitif pluriel en -um et les parisyllabiques ont le plus souvent le génitif pluriel en -ium. Par exemple, le génitif pluriel de homo est hominum, celui de salmo est salmonum**, celui de avis est avium, celui de animal (faux imparisyllabique) est animalium, de infans (faux imparisyllabique) est infantium, de mons (faux imparisyllabique) est montium... Par contre le génitif pluriel de lynx lyncis, qui se comporte comme un vrai imparisyllabique, est lyncum. Parmi les noms qui font exception et qui sont ou qui pourraient être utilisés en bactériologie on trouve :
1) Des imparisyllabiques dont le génitif pluriel est en -ium : mas maris (mâle) dont le génitif pluriel est marium, mus muris (rat) dont le génitif pluriel est murium, hospes hospitis (hôte) dont le génitif pluriel est hospitium, nix nivis (neige) dont le génitif pluriel est nivium et trabs trabis (poutre et au sens figuré arbre élevé, bateau, toit, plafond, maison) dont le génitif pluriel est trabium.
2) Des parisyllabiques dont le génitif pluriel est en -um : accipiter accipitris (épervier) dont le génitif pluriel est accipitrum, canis canis (chien) dont le génitif pluriel est canum, juvenis juvenis (jeune homme, jeune fille) dont le génitif pluriel est juvenum et senex senis (vieillard) dont le génitif pluriel est senum.
Certains mots d'une seule syllabe ne possèdent pas de génitif pluriel attesté bien qu'ils présentent un pluriel aux autres cas. C'est le cas de cor cordis (cœur), de os oris (bouche, visage), de rus ruris (campagne)... Quelques noms ont une déclinaison très particulière et ces particularités sont généralement signalées dans les dictionnaires. Ainsi, le génitif pluriel de bos bovis (bœuf, vache) est boum, le génitif pluriel de (h)olus -eris (légume, plante potagère et spécialement chou) est (h)olerorum, le génitif pluriel de vas vasis (récipient) est vasorum... Cepe ou caepe, l'oignon, n'est pratiquement utilisé qu'au nominatif et à l'accusatif. Pour désigner une bactérie isolée de l'oignon ou des oignons, un bactériologiste devra utiliser le mot cepa -ae ou caepa -ae (première déclinaison) et proposer cepae ou caepae (génitifs singuliers) ou ceparum ou caeparum (génitifs pluriels). Exemples de racines obtenues à partir de noms de la troisième déclinaison : la racine de animal animalis (animal) est animal- ; de arbor arboris est arbor- ; de bos bovis (bœuf, vache) est bov- ; de canis canis (chien) est can- ; de caro carnis (chair, viande) est carn- ; de caput capitis (tête) est capit- ; de corpus corporis (corps) est corpor- ; de feles (ou felis) felis (chat) est fel- ; de genus generis (origine, naissance, race, espèce, sorte, genre...) est gener- ; de leo leonis (lion) est leon- ; de mare maris (mer) est mar- ; de monile monilis (collier) est monil- ; de rumis rumis (rumen, estomac, ventre, panse) est rum- ; de sanguis sanguinis (sang) est sanguin-...
. Le nominatif singulier est en -us (noms du genre masculin ou féminin) ou en -u (noms du genre neutre).
Le mot pecu (bétail, troupeau) ne possède pas de génitif singulier et il est employé surtout au pluriel. Si un bactériologiste désire utiliser le nom pecu pour nommer une espèce bactérienne isolée du bétail, il devra proposer l'épithète pecuum (génitif pluriel).
Le mot neutre gelu -us (gel, glace) n'est pratiquement employé qu'à l'ablatif et pour les autres cas, il est préférable d'utiliser le nom masculin gelus -us (quatrième déclinaison) ou le nom neutre gelum -i (deuxième déclinaison). À la connaissance de l'auteur, les mots gelu, gelus ou gelum n'ont jamais été utilisés en nomenclature bactérienne et les bactériologistes ont préféré l'emploi de l'adjectif gelidus (par exemple Gelidibacter et Cellulomonas gelida) ou du nom de la cinquième déclinaison glacies -ei (Glaciecola, Halomonas subglaciescola, Psychrobacter glacincola). Exemples de racines obtenues à partir de noms de la quatrième déclinaison : la racine de cornu cornus (corne) est corn- ; de flexus flexus (flexion, courbure, courbe) est flex- ; de gelus gelus (gelée, glace) est gel- ; de lacus lacus (réservoir, bassin, cuve) est lac- ; de manus manus (main) est man- ; de sputus sputus (crachat) est sput-...
. Le nominatif singulier est en -es.
Exemples de racines obtenues à partir de noms de la cinquième déclinaison : la racine de dies diei (jour) est di- ; de eluvies eluviei (eau qui coule, ravin, fondrière, écoulement des eaux sales, inondation) est eluvi- ; de facies faciei (aspect général, physique) est faci- ; de glacies glaciei (glace, glaçon) est glaci- ; de ingluvies ingluviei (gésier, jabot, estomac, voracité, gloutonnerie) est ingluvi- ; de scabies scabiei (aspérité, rugosité, gale) est scabi-... Les noms aux formes dédoublées Quelques noms peuvent suivre deux déclinaisons. Parmi ceux susceptibles d'être utilisés en bactériologie on peut citer : buxum (ou buxus) -i ou buxus -us (le buis), cupressus -i ou cupressus -us (le cyprès) ; ficus -i ou ficus -us (le figuier) ; gelum -i ou gelus -us (gelée, glace) ; laurus -i ou laurus -us (le laurier) ; margarita -ae ou margaritum -i (la perle) ; myrtus -i ou myrtus -us (le myrte), pinus -i ou pinus -us (le pin) et sputum -i ou sputus -us (crachat). Noms grecs latinisés après l'époque romaine
Les noms scientifiques des taxons bactériens dérivés du grec doivent être latinisés. Les racines de quelques noms grecs latinisés après l'époque romaine sont données ci-dessous :
Racines des noms de genre se terminant en -bacterium, -bacter ou -bactrum Dans son avis n° 2, la "Judicial Commission" a fixé la racine des noms de genre se terminant en -bacterium, en -bactrum ou en -bacter de la manière suivante : la racine des mots se terminant en -bacterium est bacteri-, la racine des mots se terminant -bactrum (ou -bactron) est bactr- et la racine des mots se terminant en -bacter est bacter-.
Adjectifs qualificatifs latins
Les adjectifs qualificatifs latins se divisent en deux classes. Si la déclinaison des adjectifs de la première classe est simple, il n'en va pas de même pour celle des adjectifs de la deuxième classe.
Adjectifs de la première classe Ces adjectifs possèdent une forme différente pour chaque genre. Ils se déclinent au masculin comme un nom masculin de la deuxième déclinaison (nominatif en -us ou, plus rarement, en -er et génitif en -i), au féminin comme un nom de la première déclinaison (nominatif en -a et génitif en -ae) et au neutre comme un nom neutre de la deuxième déclinaison (nominatif en -um et génitif en -i). Les dictionnaires indiquent la forme du nominatif singulier pour chacun des genres mais pas les génitifs singuliers. Par exemple, dans un dictionnaire latin l'adjectif bonus (signifiant bon) est cité de la manière suivante : "bonus, a, um" ou "bonus -a -um" ce qui signifie que le nominatif masculin singulier de l'adjectif est bonus, le nominatif féminin singulier est bona et le nominatif singulier neutre est bonum. Les génitifs ne sont pas donnés mais ils sont faciles à former. Au masculin le génitif est boni (formé sur la deuxième déclinaison), au féminin bonae (formé sur la première déclinaison) et au neutre boni (formé sur la deuxième déclinaison). La racine de l'adjectif sera donc bon-
Exemples de racines obtenues à partir d'adjectifs de la première classe :
Quelques adjectifs de la première classe ont (ou peuvent avoir) un génitif singulier en -ius pour les trois genres et cette forme particulière est généralement indiquée dans les dictionnaires. Ces exceptions ont peu d'importance en bactériologie car les adjectifs sont utilisés au nominatif singulier. La racine de ces adjectifs sera toujours obtenue en retranchant la désinence du génitif (-ius).
Adjectifs de la deuxième classe Ces adjectifs empruntent leurs formes à la troisième déclinaison et leurs génitifs singuliers sont en -is. Ils peuvent avoir (i) un nominatif singulier identique pour les trois genres ou (ii) un nominatif singulier en -is pour le masculin et le féminin et un nominatif singulier en -e pour le neutre ou (iii) un nominatif singulier variant selon les trois genres. Lorsque ces adjectifs ont un nominatif singulier commun aux trois genres, les dictionnaires donnent la forme du nominatif singulier suivie de celle du génitif singulier. Par exemple, dans un dictionnaire latin l'adjectif ferax (signifiant fertile, fécond) est répertorié de la manière suivante : "ferax, acis" ou "ferax -acis" ce qui signifie que le nominatif singulier au masculin, au féminin ou au neutre est ferax et que le génitif est toujours feracis. La racine de l'adjectif sera donc ferac-. Lorsque ces adjectifs ont un nominatif singulier en -is pour les genres masculin et féminin et un nominatif en -e pour le genre neutre, les dictionnaires donnent les nominatifs mais pas les génitifs. Par exemple, dans un dictionnaire latin l'adjectif friabilis (signifiant friable) est répertorié de la manière suivante : "friabilis, e" ou "friabilis -e" ce qui signifie que le nominatif au masculin et au féminin est friabilis et que le nominatif au neutre est friabile. Les génitifs singuliers ne sont pas donnés mais comme l'adjectif se décline selon la troisième déclinaison il sera toujours friabilis. La racine de l'adjectif sera donc friabil- Lorsque le nominatif singulier varie selon les trois genres, les dictionnaires donnent les trois nominatifs singuliers mais pas les génitifs. Par exemple, dans un dictionnaire latin l'adjectif acer (signifiant pointu, perçant, vif) est cité de la manière suivante : "acer, cris, cre" ou "acer -cris -cre" ce qui signifie que le nominatif masculin est acer, le nominatif féminin est acris et le nominatif neutre acre. Les génitifs singuliers ne sont pas donnés mais comme l'adjectif se décline selon la troisième déclinaison il sera toujours acris. La racine de l'adjectif sera donc acr-
Exemples de racines obtenues à partir d'adjectifs de la deuxième classe :
Les comparatifs et les superlatifs
Comme en français, les adjectifs latins peuvent avoir trois degrés de signification : le positif, le comparatif et le superlatif. Les comparatifs et les superlatifs sont parfois utilisés en nomenclature bactérienne.
Un comparatif ou un superlatif s'accorde en genre, en nombre et en cas avec le nom qu'il détermine. En bactériologie, seul l'accord en genre est à prendre en considération car le nom d'un genre bactérien est toujours un nominatif au singulier. À l'exception des formes particulières, les comparatifs et les superlatifs se forment de manière similaire pour les adjectifs de la première et de la deuxième classe. Comparatifs Le comparatif des formes régulières est obtenu par l'adjonction du suffixe -ior (au masculin ou au féminin) ou du suffixe -ius (au neutre) à la racine de l'adjectif. Exemples : frequentior, frequentior, frequentius ; modestior, modestior, modestius ; prudentior, prudentior, prudentius...
Les adjectifs en -dicus, -ficus et -volus intercalent le suffixe -ent- entre le radical et le suffixe -ior ou -ius.
Superlatifs . Le superlatif des formes régulières est le plus souvent obtenu par l'adjonction du suffixe -issimus (au masculin), -issima (au féminin) ou -issimum (au neutre) à la racine de l'adjectif. Exemples : frequentissimus, frequentissima, frequentissimum ; fulvissimus, fulvissima, fulvissimum ; prudentissimus, prudentissima, prudentissimum... . Pour les adjectifs dont le nominatif masculin singulier est en -er, on ne tient pas compte de la racine et on ajoute le suffixe -rimus, -rima, -rimum au nominatif masculin singulier. Exemples : pulcher a pour superlatif pulcherrimus, pulcherrima, pulcherrimum ; acer a pour superlatif acerrimus, acerrima, acerrimum... . Les adjectifs en -dicus, -ficus et -volus intercalent le suffixe -ent- entre le radical et le suffixe -issimus, -issima ou -issimum. Exemples : modicus : modicentissimus -a -um ; pacificus : pacificentissimus -a -um ; helvolus : helvolentissimus -a -um. Formes particulières Les formes particulières sont malheureusement nombreuses. Pour se limiter aux formes particulières utilisées (ou utilisables) en bactériologie on peut citer :
. Bonus (bon) : comparatif melior, melior, melius ; superlatif optimus, optima, optimum.
. Exterus ou exter (extérieur) fait au superlatif extremus, extrema, extremum.
. Six adjectifs, dont le nominatif masculin singulier est en -lis ( facilis, difficilis, similis, dissimilis, gracilis et humilis), ont un superlatif obtenu par l'adjonction du suffixe -limus, -lima, -limum à la racine de l'adjectif.
. Quelques adjectifs ont un comparatif ou un superlatif mais pas de positif. Exemples : ocior ocius (plus rapide), ocissimus -a -um (le plus rapide) ; potior potius (meilleur, préférable), potissimus -a -um (le plus important).
. Quelques comparatifs et superlatifs, formés sur des adverbes ou des prépositions, ne correspondent à aucun adjectif au positif :
Participes passés utilisés comme adjectifs
Les adjectifs issus des participes passés ont très généralement un suffixe en -tus -a -um ou en -sus -a -um, ils se déclinent tous comme des adjectifs de la première classe et ils s'accordent en genre, en nombre et en cas avec les noms. En bactériologie, seul l'accord en genre est à prendre en considération car le nom d'un genre bactérien est toujours un nominatif au singulier. Les participes passés utilisés comme adjectifs sont cités dans les dictionnaires et leur utilisation en nomenclature bactérienne ne pose donc pas de problèmes particuliers.
Participes présents utilisés comme adjectifs Les participes présents sont parfois utilisés comme adjectifs dans les épithètes spécifiques ou sous-spécifiques. Exemples : aerofaciens, cellulosolvens, fascians, fermentans, flavescens, inhibens, interrogans, liquefaciens, marcescens, multivorans, nigrifluens, nitroreducens, oboediens, pallens, resistens, rubrifaciens, rubrilucens, viridans... L'étude des différentes conjugaisons latines sort du cadre de ce fichier et la manière de former un participe présent, telle qu'elle est donnée ci-dessous, est peu orthodoxe ! Toutefois elle peut être mise en œuvre par un non-latiniste et elle ne semble pas conduire à des erreurs (à l'exception de quelques verbes irréguliers et des verbes déponents ; cf. infra).
Dans un dictionnaire latin, les verbes sont listés selon la première personne du singulier de l'indicatif présent qui se termine par la lettre -o (à l'exception des verbes déponents et de quelques verbes irréguliers ; cf. infra).
Pour former le participe présent des verbes dont l'infinitif est en -are il suffit de remplacer le -o de la première personne du singulier de l'indicatif présent par la désinence -ans.
Exemples :
1) Infinitif en -are :
2) Infinitif en -ere
3) Infinitif en -ire
Le participe présent de tous les verbes irréguliers ne peut être construit selon le modèle présenté ci-dessus et quelques exemples sont donnés dans la liste suivante.
Pour les verbes déponents***, la première personne du singulier de l'indicatif présent se termine en -or. À la connaissance de l'auteur, seuls cinq verbes déponents ont été utilisés dans la nomenclature bactérienne : comitor (infinitif comitari, accompagner), imitor (infinitif imitari, imiter), labor (infinitif labi, glisser, trébucher, tomber), nascor (infinitif nasci, naître) et utor (infinitif uti, se servir de). Leurs participes présents sont, respectivement, comitans (par exemple, Actinobacillus actinomycetemcomitans), imitans (par exemple, Mycoplasma imitans), labens (par exemple, Nonlabens), nascens (par exemple, Rhodococcus marinonascens) et utens (par exemple, Methanococcoides methylutens). Avant de proposer une nouvelle nomenclature faisant appel au participe présent d'un autre verbe déponent, un bactériologiste non-latiniste devrait consulter un professeur de latin. Un participe présent utilisé comme adjectif s'accorde en genre, en nombre et en cas avec le nom qu'il détermine. En bactériologie, cet accord est facile à faire car (i) les noms des genres bactériens sont au nominatif singulier et (ii) les participes présents possèdent un nominatif singulier identique pour les trois genres. Ainsi, que le nom du genre bactérien soit masculin, féminin ou neutre, le nominatif singulier de la forme adjectivale du participe présent de fascio est toujours fascians, celui de liquefacio est toujours liquefaciens, celui de oboedio est toujours oboediens... La racine d'un participe présent est parfois utilisée pour former un néologisme par composition (Cf. infra). Pour obtenir cette racine, il convient d'utiliser le génitif et de retrancher la terminaison -is du génitif. Le génitif d'un participe présent s'obtient en remplaçant les deux dernières lettres du nominatif (-ns) par -ntis. Exemples: fascians fasciantis a pour racine fasciant-, liquefaciens liquefacientis a pour racine liquefacient-, oboediens oboedientis a pour racine oboedient-...
Adjectifs latins utilisés comme des substantifs
En bactériologie, des adjectifs ou des adjectif verbaux peuvent être utilisés pour les noms de genres, mais ces adjectifs doivent être traités comme des noms (substantifs). Une telle substantivation existe également en latin classique, par exemple serpens (un serpent) est un substantif dérivé du participe présent du verbe serpere (ramper).
Les noms des taxons d'un rang hiérarchique supérieur au genre et incluant les ordres sont des adjectifs qualifiant le nom Procaryotae, mais ils doivent être traités comme des noms (substantifs) et ils sont au nominatif féminin pluriel. En pratique, ces adjectifs sont construits en ajoutant à la racine du genre type le suffixe -inae (sous-tribu), -eae (tribu), -oideae (sous-famille), -aceae (famille), -ineae (sous-ordre) ou -ales (ordre).
Formation de néologismes latins
De nombreux néologismes latins sont utilisés en nomenclature bactérienne. Nous envisagerons ci-dessous quelques néologismes forgés sur les noms patronymiques, les néologismes formés par dérivation et les néologismes formés par composition.
Néologismes dérivant des noms patronymiques
Les nomenclatures bactériennes sont fréquemment proposées pour honorer un bactériologiste ou un biologiste. La manière de latiniser un patronyme a fait l'objet de controverses et de plusieurs publications. En 1993, MacAdoo a rappelé l'origine des noms patronymiques utilisés par les romains et les règles ou usages présidant à la formation des prenomina (prénoms) des nomina (noms de famille transmis aux descendants) et des cognomina (noms basés sur une caractéristique physique, sur un trait de caractère, sur l'origine géographique, sur le métier..., mais pas automatiquement transmis à la descendance). MacAdoo proposait également une règle simple consistant à traiter tous les patronymes modernes comme des nomina.
Formation d'un nom de genre à partir d'un patronyme Le Code de Nomenclature prévoit que la formation d'un nom de genre soit basée sur le nom patronymique lui-même ou sur un diminutif de ce nom. La manière de former ces noms latins est présentée dans le tableau I. Formation d'une épithète spécifique ou sous-spécifique à partir d'un patronyme
Une épithète formée sur un patronyme peut être un nom au génitif singulier ou un adjectif au nominatif singulier qui s'accorde en genre avec le nom du genre bactérien. Le tableau II illustre la manière de former les génitifs et le tableau III la manière de former les adjectifs.
Cas particuliers des patronymes comportant un préfixe, un article ou une particule Les préfixes, les articles et les particules des noms patronymiques peuvent poser un problème lorsque de tels noms sont utilisés en nomenclature bactérienne. La recommandation 60C.4 de l'International Code of Botanical Nomenclature donne quelques conseils qui pourraient être suivis en bactériologie (dans les exemples hypothétiques cités ci-dessous, les épithètes ont été arbitrairement choisies pour un honorer une personne du sexe masculin) :
. Les préfixes Mac ou Mc ou M' utilisés dans les noms d'origine écossaise devraient être écrits Mac (pour un nom de genre) ou mac (pour une épithète) et conservés.
. Le préfixe O' utilisé dans les noms d'origine irlandaise peut être conservé ou supprimé.
. Un article précédant un nom (de, du, de la, des, del, della, le, la, l', el, il, lo...) devrait être conservé et uni au patronyme.
. Une particule nobiliaire ou un préfixe indiquant une canonisation devraient être omis.
. Les préfixes d'origine allemande ou hollandaise devraient être omis sauf s'ils font partie intégrante du patronyme.
Néologismes formés par dérivation En bactériologie, les néologismes par dérivation sont principalement utilisés pour les adjectifs formés à partir d'une localité ou d'un pays et pour les noms des taxons d'un rang hiérarchique compris entre le genre et la sous-classe. Adjectifs formés d'après un lieu géographique
Alors que le français peut utiliser indifféremment un complément de nom ou un adjectif, le latin emploie régulièrement l'adjectif pour exprimer un lieu d'origine.
Exemples :
À l'époque romaine ou au Moyen-Âge, de nombreuses localités portaient un nom très différent de leurs noms actuels. Par exemple, Argentoratus pour Strasbourg, Avaricum pour Bourges, Londinium pour Londres, Lucentum pour Alicante, Lugdunum pour Lyon, Lutetia pour Paris, Samarobriva pour Amiens... Il est alors possible d'utiliser les adjectifs latins correspondants ou d'utiliser des adjectifs néo-latins dérivés des noms actuels.
Exemples :
De nombreux noms de lieux sont composés d'un nom et d'un adjectif (Bâton Rouge, Long Island, Mer Morte, Mer Noire, Rio Grande, Santa Cruz) ou de plusieurs mots (Bourg-en-Bresse, Death Valley, Isigny-sur-Mer, Loch Ness, Villeneuve-Lès-Avignon, Villers-Cotterêts) et proposer une nomenclature latine pour de tels noms n'est pas facile.
Lorsque le nom d'un lieu est précédé d'un article (La Jola, Le Cheylard, Le Havre, Los Alamos...), Trüper suggère de ne pas incorporer l'article dans le nom latinisé. Par exemple, cheylardensis -e et non lecheylardensis -e ou havrensis -e et non lehavrensis -e. Noms des taxons d'un rang hiérarchique compris entre le genre et la sous-classe Les noms des taxons d'un rang hiérarchique compris entre le genre et la sous-classe sont formés par l'addition d'un suffixe à la racine du nom du genre type (-ales pour l'ordre, -ineae pour le sous-ordre, -aceae pour la famille, -oideae pour la sous-famille, -eae pour la tribu et -inae pour la sous-tribu). Il convient donc de former ces noms en utilisant une racine correcte ce qui n'est pas toujours le cas.
Exemples :
Néologismes formés par composition
La formation des néologismes par composition s'effectue en ajoutant un deuxième mot à la racine d'un premier mot.
Exemples de nomenclatures correctes :
Exemples de nomenclatures incorrectes :
Le genre des noms est important à prendre en considération pour les taxons qui ont le rang hiérarchique de genre (genus). En effet, les épithètes spécifiques et sous-spécifiques, lorsqu'elles sont des adjectifs, doivent s'accorder en genre avec les noms des genres bactériens (voir le fichier Genders of generic names in List of Procaryotic Names with Standing in Nomenclature). Noms latins de la première déclinaison Les noms de la première déclinaison sont généralement du genre féminin mais plus d'une centaine de noms (noms propres et noms communs) sont masculins**** ou peuvent être du genre masculin. C'est notamment le cas des noms d'hommes ou de peuples, des noms de fleuves ainsi que de accola (le voisin), de advena (l'étranger), de agricola (l'agriculteur, le paysan), de conviva (le convive), de incola (un habitant), de indigena (un indigène), de nauta ou navita (le marin, le matelot), de poeta (le poète), de pirata (le pirate)... Le nom incola est très utilisé pour former des noms de genre, notamment sous la forme abrégée de -cola. Exemples : Alkalilimnicola, Gallicola, Glaciecola, Haloincola, Marmoricola, Mycetocola, Natronincola, Subtercola... Incola est généralement du genre masculin et plus rarement du genre féminin si bien que, à l'exception des genres Algicola, Echinicola, Glaciecola, Halostagnicola et Thermincola les noms de genre se terminant par -incola ou -cola sont du genre masculin. Noms latins de la deuxième déclinaison Les noms de la deuxième déclinaison dont le nominatif singulier est en -us sont généralement du genre masculin. Parmi les exceptions, on peut noter (i) les noms en -us désignant des pays ou des villes qui sont du genre féminin ; (ii) beaucoup de noms en -us désignant des arbres ou des plantes qui sont du genre féminin, (iii) beaucoup de noms grecs latinisés qui conservent le genre qu'ils ont en grec (par exemple, arctus, atomus, abyssus et le néologisme rhabdus sont des noms féminins, pelagus, vulgus et virus sont des noms neutres) et (iv) divers noms dont alvus (le ventre) qui est du féminin et vulgus (la foule) qui est du neutre. Les noms dont le nominatif singulier est en -er ainsi que vir sont du genre masculin. Les noms dont le nominatif singulier est en -um sont du genre neutre. Les noms empruntés au grec et dont le nominatif singulier est en -os sont du genre masculin ou féminin, ceux dont le nominatif singulier est en -eus sont du masculin et ceux dont le nominatif singulier est en -on sont du genre neutre. Noms latins de la troisième déclinaison Les noms de la troisième déclinaison peuvent être du genre masculin, féminin ou neutre. Il existe quelques principes généraux permettant de trouver le genre d'un nom de la troisième déclinaison (Cf. infra) mais il existe de nombreuses exceptions et le plus simple est de consulter un dictionnaire latin. Les noms désignant un être mâle ou un cours d'eau sont du masculin. Par exemple, frater fratris (frère) et Arar (ou Araris) Araris (la Saône) sont du genre masculin. Les noms désignant un être femelle ou un arbre ou un pays sont du féminin. Par exemple, mulier mulieris (femme), hemeris hemeridis (chêne) et Lacedaemon (ou Lacedaemo) Lacedaemonis (Lacédémone, Sparte) sont du genre féminin. Les noms imparisyllabiques en -or (génitif en -oris ou en -ordis) et en -os (génitif en -oris) sont du masculin sauf arbor arboris (arbre), soror soris (sœur), uxor uxoris (épouse) qui sont du genre féminin et ador adoris (épeautre = une variété de blé dur), aequor aequoris (plaine), cor cordis (cœur), marmor marmoris (marbre) qui sont du genre neutre. Les noms imparisyllabiques en -x, en -as (-atis), en -us (-utis), en -us (-udis), en -es (-etis), en -o (-inis), en -o (-onis) sont du féminin sauf grex gregis (troupeau), ordo ordinis (rang, classe sociale), sermo sermonis (conversation, dialogue) qui sont du masculin. Les noms imparisyllabiques en -us (-oris), en -us (-eris) et en -men (-minis) sont du neutre. Les noms parisyllabiques en -is et en -es sont du féminin sauf collis (colline, coteau), finis (limite, borne), ignis (feu), mensis (mois), orbis (cercle), piscis (poisson) qui sont du masculin. Les noms parisyllabiques en -e sont du neutre. Les noms faux imparisyllabiques sont du féminin sauf fons fontis (fontaine), mons montis (montagne), pons pontis (pont) qui sont du masculin et les faux imparisyllabiques en -al et en -ar qui sont du neutre. Noms latins de la quatrième déclinaison Les noms de la quatrième déclinaison dont le nominatif singulier est en -us sont généralement du genre masculin. Les noms dont le nominatif singulier est en -u sont du genre neutre. Quelques noms dont le nominatif singulier est en -us sont cependant du genre féminin. Il s'agit des noms d'arbres (cupressus, ficus, laurus, quercus...), des noms désignant un être femelle (anus -us, vieille femme ; socrus -us, belle-mère...) et de divers noms dont acus (l'aiguille), tribus (la tribu), manus (la main), specus (la grotte)... Noms latins de la cinquième déclinaison À l'exception de dies (jour) qui peut être masculin ou féminin et de meridies (midi) qui est toujours au masculin, les noms de la cinquième déclinaison sont féminins. Noms se terminant en -bacterium, en -bactrum ou en -bacter
Les nomenclatures bactériennes se terminant en -bacterium ou en -bactrum respectent la règle générale. Ce sont des noms de la deuxième déclinaison, se terminant en -um et qui sont du genre neutre.
Les genres des noms grecs sont indiqués dans les dictionnaires grecs : un nom masculin est précédé de la lettre omicron (o), un nom féminin est précédé de la lettre êta (h) et un nom neutre est précédé des lettres tau et omicron (to).
À la période classique (-100 à -14), l'alphabet latin est proche de l'alphabet français mais les lettres j, v et w n'existent pas.
De manière comparable à celle du français, la prononciation du latin a varié selon les époques, les lieux et le milieu social. En France, le latin se prononce de trois manières différentes :
La prononciation traditionnelle française diffère de celle utilisée dans d'autres pays tels que les pays de langue anglaise (voir par exemple le site Bacterial Pathogen Pronunciation Station). Afin que tous les bactériologistes puissent se comprendre aisément, il serait peut-être souhaitable d'utiliser la prononciation restituée.
. Toutes les voyelles se prononcent sauf dans quelques digrammes. . Les voyelles a, i et o se prononcent comme en français. . La voyelle u se prononce "ou". Par exemple, tuba (trompette, trompe) se prononce touba. . La voyelle e se prononce "é". Par exemple, euax (bravo) se prononce éouax. . La voyelle y se prononce "u". Par exemple, l'adjectif xylinus (de coton) se prononce xulinousse. . Le digramme au se prononce "ou" et le digramme ei se prononce "é" comme dans le mot veine. . Toutes les consonnes se prononcent (h excepté). . La lettre w n'existe pas. . Les consonnes b, d, f, k, l, m, n, p et x se prononcent comme en français. . Quelle que soit la voyelle suivante, c, g ou t se prononcent comme devant un a. Par exemple, cera (cire) se prononce kéra, gelu (gelée, glace) se prononce guélou et natio (naissance, nation) se prononce nat-io. La recommandation 6 (7) du Code de Nomenclature préconise de préserver la lettre k lors de la translitération d'un mot grec en latin. Cette recommandation s'inspire d'une proposition de Trüper qui déclare vouloir éviter que la lettre c, placée devant e, i ou y, ne soit prononcée "s" ou "ts" (prononciation traditionnelle du latin par un allemand lorsque c est suivi de i, e ou y). Toutefois, de nombreuses sources montrent que les latins prononçaient toujours le c comme un k (voir (i) Harry Thurston Peck : Pronunciation of Latin ; (ii) Quintilien, Institutio Oratoria, Liber primus, 7 : X) et cette recommandation semble injustifiée. L'orthographe de Acinetobacter (nom néo-latin d'un genre bactérien dans lequel on trouve le mot grec kinêsis, mouvement) semble donc plus correcte que celle de "Akinetobacter" suggérée par Trüper. . Le ch se prononce "k". Par exemple, chelidon (hirondelle) se prononce kélidon. . Les deux lettres g et n forment deux sons séparés comme dans le mot français gnose (jamais comme le son gne dans les mots agneau ou digne). Par exemple, magnus (grand) se prononce mag-nousse. . Le ph se prononce "p". Par exemple, phager (pagre, pageot) se prononce paguér. Ce n'est qu'après la période classique que "ph" se pronce "f". . Le th se prononce "t". Par exemple, thalassa (marée) se prononce talassa. . Un h initial est ou non aspiré (voir : Quintilien, Institutio Oratoria, Liber primus, 5 : XIX, XX et XXI).
Le h aspiré a été utilisé au début de la civilisation latine mais son usage a été abandonné dès le premier siècle avant J.-C. Toutefois, quelques personnes cultivées (ou affectées) ont continué à employer le h aspiré jusqu'à l'époque de Saint Augustin (voir la célèbre épigramme de Catulle, ad Arrium). Faire entendre l'aspiration pouvait également être considéré comme un signe de provincialisme car certains dialectes italiques avaient volontiers recours à l'aspiration.
Pour les Français mais aussi pour les Russes, les Portugais..., il n'est pas toujours facile d'utiliser un h aspiré ce qui, à l'oral, peut poser des problèmes de compréhension (voir par exemple, les annotations dans les fichiers Allochromatium et Halochromatium de List of Procaryotic Names with Standing in Nomenclature). . Les lettres i et u, à l'initiale d'une syllabe, se comportent comme des consonnes.
Dans les textes, les Latins ne distinguaient pas le i ou le u consonne du i ou du u voyelle. Par exemple, ils écrivaient iactantia (vantardise) ou uulgus (la foule). Pour faciliter la lecture des textes anciens, Pierre de la Ramée (1515 - 1572), plus connu sous son nom latin de Petrus Ramus, a proposé de remplacer le i consonne et le u consonne par les lettres j et v. L'utilisation des consonnes ramistes a été conservée dans de nombreux ouvrages scolaires mais leur emploi est plus rare dans les ouvrages savants et il est souvent contesté par les latinistes.
Le j (ou le i consonne) se prononce comme la lettre y dans yeux. Par exemple, jactus ou iactus (action de lancer) se prononce yactous. La lettre i suivi de la lettre a forme une seule syllabe et se prononce comme le ia allemand. Le v (ou le u consonne) se prononce "ou" comme dans ouate. Par exemple, l'adjectif vagus (vagabond) se prononce ouagous. . La consonne q est toujours suivie de la voyelle u et qu se prononce "kou" comme dans le français quatuor. Par exemple, quadra (un carré) se prononce kouadra. . La lettre r est roulée. . La consonne s se prononce "ss" ou "sse" à la fin d'un mot. Par exemple, rosa (la rose) se prononce rossa. . La lettre z se prononce "dz". Par exemple, zelus (jalousie, zèle, ardeur) se prononce dzélouss. Exemples de prononciation de quelques taxons bactériens
. Abiotrophia peut se prononcer abiotropia.
Prononciation des noms et des épithètes formés à partir d'un nom de lieu ou d'un nom d'auteur La prononciation des noms et des épithètes formés à partir d'un nom de lieu ou d'un patronyme est un problème non résolu et, comme le souligne Trüper (1999), il est difficile de "légiférer" à ce sujet.
Peut être serait-il souhaitable d'utiliser la prononciation latine ou la prononciation de la langue d'origine. Dans ce dernier cas, il est nécessaire que les auteurs indiquent la prononciation correcte. Par exemple, Collins et al., dans la publication décrivant Facklamia sourekii (espèce nommée en l'honneur du bactériologiste tchèque J. Sourek), préconisent et indiquent la prononciation tchèque, shou-rek-i-i.
Accent tonique des mots latins
Pour prononcer correctement le latin, il faut également tenir compte de l'accent tonique. Dans International Journal of Systematic Bacteriology ou dans International Journal of Systematic and Evolutionary Microbiology, l'étymologie des nomenclatures bactériennes est généralement accompagnée de l'indication de l'accent tonique.
Les principales règles à respecter sont les suivantes : 1) Les mots latins ne sont jamais accentués sur la dernière syllabe et dans un mot latin de deux syllabes l'accent tonique est toujours placé sur la première syllabe. Exemples : len' tum, par' vus, ru' bra... 2) Dans les mots de plus de deux syllabes, l'accent tonique est placé sur l'avant-dernière syllabe (ou pénultième) si elle est longue ou sur la syllabe qui précède la pénultième (ou antépénultième) si la pénultième est brève. . Si la syllabe comporte une seule voyelle et si celle-ci est longue, la syllabe est longue. Si la syllabe comporte une seule voyelle et si celle-ci est brève, la syllabe est brève. Les dictionnaires indiquent le plus souvent la longueur d'une voyelle : une voyelle longue est alors surmontée d'une barre horizontale et une voyelle brève est surmontée d'un signe ressemblant à un u dont les deux branches sont écartées. . Si la syllabe comporte une voyelle suivie d'une autre voyelle ou d'un h muet, elle est généralement brève. . Si une syllabe comporte une diphtongue, elle est toujours longue. . Si une syllabe comporte une double consonne ou une voyelle suivie de deux consonnes ou une voyelle suivie d'un x, elle est toujours longue.
Exemples :
La description d'une nouvelle bactérie nécessite d'attribuer un nom latin au nouveau taxon. Ce nom doit respecter la grammaire latine et parmi les erreurs les plus courantes on peut citer :
Depuis juillet 2001, les noms proposés dans les articles soumis à IJSEM (voir l'entrée International Journal of Systematic and Evolutionary Microbiology in Glossaire de Nomenclature Bactérienne) sont contrôlés par deux bactériologistes considérés comme des "experts" en latin et en grec. En dépit de ce contrôle quelques nomenclatures incorrectes sont encore publiées pour au moins trois raisons (i) certains noms ne sont pas soumis aux "experts" ; (ii) les commentaires des "experts" ne sont pas toujours communiqués aux auteurs ; et (iii) les "experts" ne sont pas infaillibles (certains bactériologistes n'ayant aucune connaissance en latin ou en grec, il est facile de passer pour un "expert" !).
Le respect de la grammaire latine est important mais il n'est pas suffisant. Pour éviter des corrections ultérieures, sources de désagréments et de confusions, on peut rappeler les quatre impératifs suivants :
Le Code de Nomenclature donne également quelques recommandations dont le respect est souhaitable :
Afin d'éviter une confusion avec les végétaux ou les virus, le BioCode (futur code de nomenclature universel qui devrait ou qui pourrait voir le jour dans un avenir que les optimistes qualifieront de "plus ou moins proche" et les réalistes de "certainement éloigné") prévoit d'interdire les nomenclatures bactériennes se terminant en -myces, -phyta, -phyces ou -virus. Bien qu'il n'y ait actuellement aucune obligation il semble souhaitable de respecter ce principe.
BUCHANAN (R.E.): Chemical terminology and microbiological nomenclature. Int. Bull. Bacteriol. Nomencl. Taxon., 1960, 10, 16-22. Réimpression : Int. J. Syst. Bacteriol., 1994, 44, 588-590. Également disponible sur Internet. CHAMBERLAIN (N.) : Bacterial Pathogen Pronunciation Station. A l'aide d'exemples sonores, ce site illustre la manière dont les (certains ?) Anglo-Saxons prononcent les nomenclatures bactériennes. Il est une excellente illustration de la nécessité de promouvoir la prononciation latine restituée. EUZÉBY (J.P.) : Grammatical or orthographical changes prohibited by Rule 61. In : List of Procaryotic Names with Standing in Nomenclature. GAFFIOT (F.) : Dictionnaire latin français, Hachette, Paris, 1934, 1720 pages. GAFFIOT (F.) : Le grand Gaffiot, nouvelle édition revue et augmentée sous la direction de P. Flobert, Hachette, Paris, 2000, 1824 pages. GOELZER : Dictionnaire latin français, Garnier-Flammarion, Paris, 1966, 699 pages. GUISARD (P.) et LAIZÉ (C.) : Grammaire nouvelle de la langue latine, Bréal, Rosny-sous-Bois, 2001, 386 pages. HANNICK (J.M.) et POUCET (J.) : Bibliotheca Classica Selecta, BCS. JEANNEAU (G.) : L A T I N pour grands débutants. LAPAGE (S.P.), SNEATH (P.H.A.), LESSEL (E.F.), SKERMAN (V.B.D.), SEELIGER (H.P.R.) et CLARK (W.A.) : International Code of Nomenclature of Bacteria (1990 Revision). American Society for Microbiology, Washington, D.C., 1992. MacADOO (T.O.) : Nomenclatural literacy. In : M. GOODFELLOW et A.G. O'DONNELL (ed.) : Handbook of New Bacterial Systematics, Academic Press, London, 1993, pp. 339-358. SAUSY (L.) : Grammaire latine complète. Fernand Lanore, Paris, 8ème édition, 1995, 371 pages. SIMPSON (D.P.) : Cassell's Latin dictionary, Cassell Publishers, London, fifth edition, reprinted 1997, 902 pages. TRÜPER (H.G.) : Help! Latin! How to avoid the most common mistakes while giving Latin names to newly discovered prokaryotes. Microbiología (Sociedad Española de Microbiología), 1996, 12, 473-475. Également disponible sur Internet. TRÜPER (H.G.) : How to name a prokaryote? Etymological considerations, proposals and practical advice in prokaryote nomenclature. FEMS Microbiol. Rev., 1999, 23, 231-249. TRÜPER (H.G.) : Etymology in nomenclature of procaryotes. In : D.R. BOONE, R.W. CASTENHOLZ et G.M. GARRITY (eds): Bergey's Manual of Systematic Bacteriology, second edition, vol. 1 (The Archaea and the deeply branching and phototrophic Bacteria), Springer-Verlag, New York, 2001, pp. 89-99.
. Dictionnaires latins disponibles sur Internet :
1) Dictionnaire latin-français in L A T I N pour grands débutants (G. Jeanneau).
2) Latin-English-Latin Dictionary (Perseus Project).
3) Latin Morphological Analysis (Perseus Project)
4) Vademecum in opus Saxonis et alia opera Danica compendium ex indice verborum
5) Vocabulary in Orbis Latinus (Zdravko Batzarov).
6) Dictionnaires anciens :
P. Danet : Grand dictionnaire françois et latin (1735).
R. Estienne : Dictionarium latinogallicum (1552).
. Dictionnaires des noms latins de localités : 1) Latin Place Names (Robert L. Maxwell). 2) ORBIS LATINUS online (Dr. J. G. Th. Graesse,1909). 3) Names of printing towns (Cathedral Libraries Catalogue). 4) Modern equivalents of Latin place-names in early printed books (Catholic history)
. Grammaires latines ou éléments de grammaire latine disponibles sur Internet : 2) Premiers pas en latin et Quelques points de grammaire latine in L A T I N pour grands débutants (G. Jeanneau). 3) Précis de grammaire latine rédigé par Anne-Marie Boxus in Bibliotheca Classica Selecta (J.M. Hannick et J. Poucet). 4) Anne Mahoney, Overview of Latin Syntax (Perseus Project). 5) Descriptive Latin Grammar in Orbis Latinus (Zdravko Batzarov). 6) William Harris' Latin Grammar (The intelligent person's guide to the Latin Language) in Orbis Latinus (Zdravko Batzarov). 7) Morphological Analyses for Inflected Latin Words (Perseus Project).
. Prononciation du latin : 1) Pronunciation of Latin (Perseus Project) in Harry Thurston Peck, Harpers Dictionary of Classical Antiquities (1898). 2) The Pronunciation of Classical Latin in Orbis Latinus (Zdravko Batzarov). 3) Prononciation du latin in L A T I N pour grands débutants (G. Jeanneau).
. Choix de textes latins disponibles sur Internet : 1) THE LATIN LIBRARY at Ad Fontes Academy 2) Latina litteratura (IntraText Digital Library: Literature)
. Dictionnaires grecs :
Greek-English Dictionary (Perseus Project).
. Grammaires grecques : 1) Herbert Weir Smyth, A Greek Grammar for Colleges (Perseus Project). 2) Morphological Analyses for Inflected Greek Words (Perseus Project). 3) Précis de grammaire grecque rédigé par Anne-Marie Boxus in Bibliotheca Classica Selecta (J.M. Hannick et J. Poucet).
. Pour une liste très complète de liens pointant vers des sites consacrés au latin et au grec : Bibliotheca Classica Selecta [Jean-Marie Hannick (Université de Louvain, à Louvain-la-Neuve) et Jacques Poucet (Université de Louvain à Louvain-la-Neuve et Facultés universitaires Saint-Louis à Bruxelles)] Carnet d'adresses en langues anciennes (Jacques Julien, académie de Versailles) : latin et grec.
AVIS JURIDIQUE IMPORTANT : Les informations qui figurent sur ce site sont soumises à une clause de non responsabilité et sont protégées par un copyright.
* :
En français, "Le chien mord le loup" n'a pas le même sens que "Le loup mord le chien". Les mots de ces deux phrases sont identiques mais le seul fait de changer l'ordre des mots modifie le sens.
En latin, bien que l'ordre des mots ne soit pas totalement indifférent (notamment pour marquer des nuances), il est loin d'avoir la même importance qu'en français. "Le chien mord le loup" est généralement traduit par "Lupum canis mordet" (on remarquera que le latin n'a pas d'article) mais on peut aussi écrire "Canis mordet lupum" ou "Lupum mordet canis".
La traduction latine de la phrase "Le loup mord le chien" serait "Canem lupus mordet" ou "Lupus mordet canem" ou "Canem mordet lupus".
** :
*** :
**** :
***** :
Tableau I : Formation des noms de genre à partir d'un patronyme (d'après H.G. Trüper 1996, 1999, 2001)
Tableau II : Formation des épithètes à partir d'un patronyme : noms au génitif singulier (d'après H.G. Trüper 1996, 1999, 2001)
Tableau III : Formation des épithètes à partir d'un patronyme : formes adjectivales (d'après H.G. Trüper 1996, 1999, 2001)
|
|||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||